Le Pub de l'Amérique Latine
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Anonyme
6427

11 Avril 2014 à 09:29Le Pub de l'Amérique Latine
#1
Salut.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...
Bienvenue.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...
Bienvenue.
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AmerSoviet
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Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 12:03
#1176
Allez, je reprends.
Nous voilà en Mars 1999.
Après 3 voyages en Amérique Centrale dont 1 de 3 mois; du Mexique au Costa Rica en passant par le Guatemala, le Honduras et surtout le Nicaragua; j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure. L'Amérique du Sud, ce vieux rêve, les 40èmes et 50èmes rugissants et hurlants, la Pampa, la Patagonie, la Cordillère, l'Altiplano, le désert d'Atacama, le Titikaka, les Incas et j'en passe. Toujours plus au sud, toujours plus à l'ouest.
Je profite que Pinochet est coincé à Londres, inculpé pour ses crimes par des juges espagnol et chilien.
J'ai mon billet en poche, Paris-New York puis Santiago et retour depuis Lima et New York.
3 mois pour aller de Santiago à Lima sans trop savoir par où passer. J'ai bien quelques idées et envies.
Me voilà un matin à Santiago. Un coup de bus puis métro et j'arrive dans ce qui sera mon hôtel à chaque fois que je serai à Santiago. Hotel Londres.
Santiago ? Imaginez une ville de 4 ou 5 millions d'habitants au pied de la Cordillère, que l'on voit tant bien que mal à travers un nuage de pollution aux reflets cuivrés du plus bel effet. La ville est coupée en 2 par une artère géante, Avenida Libertador Bernardo O'Higgins ou l'Alameda. 2 fois 4 voies. Des bus à foison qui balancent du mazout brut, pas raffiné, qui font la course, des taxis pourris... Un vacarme terrible. Le long de l'avenue, autour de mon Barrio Londres, des grands magasins, des tours, des magasins pour chiliens fauchés, des banques, des restos populaires immenses. Depuis l'avenue, en enquillant des rues rectilignes, plan espagnol, le coin des ministères. C'est populeux, affairé. Plaza de Armas, le coeur historique de la ville. Le Rio Mapocho coupe aussi la ville en 2. C'était il y a longtemps un fleuve impétueux qui descendait des Andes pour se jeter dans le Pacifique. C'est aujourd'hui un ruisseau, entre l'égout et la décharge.
Les photos qui suivent sont pas d'un intérêt artistique évident, pas eu le temps de les retoucher, faites avec...
Santiago depuis le Cerro San Cristobal. La bande de végétation au milieu, le Mapocho. Au fond, on voit pas la Cordillère.Pollution. L'avantage quand on est sur le Cerro est qu'on respire mieux, qu'on a une vue sur la ville... et rarement sur les Andes. On y monte par un funiculaire dont l'une des cabines a été empruntée par JIPI 2... C'est le must pour les locaux de monter dedans. En haut y'a aussi une statue géante de la vierge. Ici le catholicisme fait des ravages.

Pis y'a un oratoire ou un machin dans le genre, on envoie les gosses y brûler des cierges, demander amour gloire et beauté ou labour gloire et béton, chacun fait selon ses goûts.

Je la trouve très belle cette jeune fille.

Qui vous savez...

Nous voilà en Mars 1999.
Après 3 voyages en Amérique Centrale dont 1 de 3 mois; du Mexique au Costa Rica en passant par le Guatemala, le Honduras et surtout le Nicaragua; j'ai décidé de passer à la vitesse supérieure. L'Amérique du Sud, ce vieux rêve, les 40èmes et 50èmes rugissants et hurlants, la Pampa, la Patagonie, la Cordillère, l'Altiplano, le désert d'Atacama, le Titikaka, les Incas et j'en passe. Toujours plus au sud, toujours plus à l'ouest.
Je profite que Pinochet est coincé à Londres, inculpé pour ses crimes par des juges espagnol et chilien.
J'ai mon billet en poche, Paris-New York puis Santiago et retour depuis Lima et New York.
3 mois pour aller de Santiago à Lima sans trop savoir par où passer. J'ai bien quelques idées et envies.
Me voilà un matin à Santiago. Un coup de bus puis métro et j'arrive dans ce qui sera mon hôtel à chaque fois que je serai à Santiago. Hotel Londres.
Santiago ? Imaginez une ville de 4 ou 5 millions d'habitants au pied de la Cordillère, que l'on voit tant bien que mal à travers un nuage de pollution aux reflets cuivrés du plus bel effet. La ville est coupée en 2 par une artère géante, Avenida Libertador Bernardo O'Higgins ou l'Alameda. 2 fois 4 voies. Des bus à foison qui balancent du mazout brut, pas raffiné, qui font la course, des taxis pourris... Un vacarme terrible. Le long de l'avenue, autour de mon Barrio Londres, des grands magasins, des tours, des magasins pour chiliens fauchés, des banques, des restos populaires immenses. Depuis l'avenue, en enquillant des rues rectilignes, plan espagnol, le coin des ministères. C'est populeux, affairé. Plaza de Armas, le coeur historique de la ville. Le Rio Mapocho coupe aussi la ville en 2. C'était il y a longtemps un fleuve impétueux qui descendait des Andes pour se jeter dans le Pacifique. C'est aujourd'hui un ruisseau, entre l'égout et la décharge.
Les photos qui suivent sont pas d'un intérêt artistique évident, pas eu le temps de les retoucher, faites avec...
Santiago depuis le Cerro San Cristobal. La bande de végétation au milieu, le Mapocho. Au fond, on voit pas la Cordillère.Pollution. L'avantage quand on est sur le Cerro est qu'on respire mieux, qu'on a une vue sur la ville... et rarement sur les Andes. On y monte par un funiculaire dont l'une des cabines a été empruntée par JIPI 2... C'est le must pour les locaux de monter dedans. En haut y'a aussi une statue géante de la vierge. Ici le catholicisme fait des ravages.

Pis y'a un oratoire ou un machin dans le genre, on envoie les gosses y brûler des cierges, demander amour gloire et beauté ou labour gloire et béton, chacun fait selon ses goûts.

Je la trouve très belle cette jeune fille.

Qui vous savez...

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AmerSoviet
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Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 12:33
#1177
Je me promène dans Santiago, à pied, au pif, sans guide ni plan. Je n'ai jamais su m'orienter dans cette ville. Quand j'y arrive je suis paumé. Le soleil qui passe au nord on a pas l'habitude. C'est perturbant. Heureusement la Cordillère est à l'est. Dommage qu'on la voie rarement...
L'Alameda.

On y trouve d'immenses restos façon cafétéria. Des fauteuils et banquettes en skai rouge, des dizaines, des tablées pour familles nombreuses, solitaires. Sièges défraîchis, rapiécés. Un comptoir de 10 mètres de long, derrière des photos de tout ce qu'on peut bouffer et boire, avec les prix. Y'en a de ras du sol au plafond. Tous les plats popus, burgers, empanadas, steak-frites, coca, café.
Et le Lomo a lo pobre... De la barbaque, des frites avec des oeufs au plat sur le dessus. Généreusement servi... 11750 calories.
Seul le Juke Box n'a pas l'air sorti des années 70. Lui c'est le dernier cri, tout au CD. Alors les jeunes vont foutre des pièces, faire jouer leur tube préféré. Y'a Alfonso qui fait jouer du Enrique Iglesias, que Contaminacion ou Carmen, la petite minette invitée elle raffole de ce morceau et qu'il espère bien se l'emballer avant ce soir... C'est une chanson qu'elle raconte une histoire d'amour terrible mais qui finira bien.
Y'a aussi des familles populaires, elles viennent avec les mômes, on se goinfre de burgers, de coca. C'est pas cher. Y'a aussi des employés de bureau, en solo ou en groupe, les nanas sont en tailleur, les mecs en costard, mais c'est pas du Chanel ou du Cerruti. Y'a des mecs en solo, dépressifs.
A côté du Juke Box, vers la sortie, y'a une grosse taulière d'une bonne cinquantaine d'années derrière sa caisse entièrement vitrée.
J'ai adoré ces restos. On en trouve plein le long d'Alameda. J'y ai emmené la Moujikette en 2019, elle a trouvé ça un peu glauque...
J'avais écrit un long texte sur ces endroits, en direct live, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je n'y ai pas fait de photos.
L'Alameda.

On y trouve d'immenses restos façon cafétéria. Des fauteuils et banquettes en skai rouge, des dizaines, des tablées pour familles nombreuses, solitaires. Sièges défraîchis, rapiécés. Un comptoir de 10 mètres de long, derrière des photos de tout ce qu'on peut bouffer et boire, avec les prix. Y'en a de ras du sol au plafond. Tous les plats popus, burgers, empanadas, steak-frites, coca, café.
Et le Lomo a lo pobre... De la barbaque, des frites avec des oeufs au plat sur le dessus. Généreusement servi... 11750 calories.
Seul le Juke Box n'a pas l'air sorti des années 70. Lui c'est le dernier cri, tout au CD. Alors les jeunes vont foutre des pièces, faire jouer leur tube préféré. Y'a Alfonso qui fait jouer du Enrique Iglesias, que Contaminacion ou Carmen, la petite minette invitée elle raffole de ce morceau et qu'il espère bien se l'emballer avant ce soir... C'est une chanson qu'elle raconte une histoire d'amour terrible mais qui finira bien.
Y'a aussi des familles populaires, elles viennent avec les mômes, on se goinfre de burgers, de coca. C'est pas cher. Y'a aussi des employés de bureau, en solo ou en groupe, les nanas sont en tailleur, les mecs en costard, mais c'est pas du Chanel ou du Cerruti. Y'a des mecs en solo, dépressifs.
A côté du Juke Box, vers la sortie, y'a une grosse taulière d'une bonne cinquantaine d'années derrière sa caisse entièrement vitrée.
J'ai adoré ces restos. On en trouve plein le long d'Alameda. J'y ai emmené la Moujikette en 2019, elle a trouvé ça un peu glauque...
J'avais écrit un long texte sur ces endroits, en direct live, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je n'y ai pas fait de photos.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 12:39 (modifié le 17 Aout 2026 à 12:39)
#1178
En descendant Alameda vers le sud, ça devient plus populaire, dans les rues adjacentes, tout pour la bagnole. Chez Marcelo, le roi du carburateur, Alfonso, l'empereur du pneu, Hernando, la plus belle collection de clés à molette du monde... Les bus font toujours la course, larguant leurs nuages de mazout.
Une ancienne gare dans le style français 19ème siècle. Quasiment plus de trains. Des locos à vapeur pour le souvenir...

Une ancienne gare dans le style français 19ème siècle. Quasiment plus de trains. Des locos à vapeur pour le souvenir...

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- Ouatisit
- sonicsnap
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 12:52
#1179
Je vais aller en pèlerinage. Plaza et Palacio de la Moneda, siège de la présidence de la République. C'est là que Monsieur Salvador Allende a été renversé et s'est suicidé le 11 Septembre 1973. Renversé par l'immonde Perrochet. Perrochet est un jeu de mots entre Perro, chien en français, et Pinochet. Entendu là bas. J'ai retenu.
Devant la Moneda, une statue de Allende. Une pensée émue pour Allende et toutes les victimes de la dictature. Quel bonheur d'être ici pendant que Perrochet est dans sa clinique à Londres, empêché de rentrer pour ses crimes...

Ça parle que de ça dans la presse l'Augusto à Londres. Ça fait de la peine au Mercurio, le Figaro local, plus gros tirage chilien aux mains depuis toujours de l'oligarchie. Surnommé, avec raison, par ses détracteurs El Merculo.

Devant la Moneda, une statue de Allende. Une pensée émue pour Allende et toutes les victimes de la dictature. Quel bonheur d'être ici pendant que Perrochet est dans sa clinique à Londres, empêché de rentrer pour ses crimes...

Ça parle que de ça dans la presse l'Augusto à Londres. Ça fait de la peine au Mercurio, le Figaro local, plus gros tirage chilien aux mains depuis toujours de l'oligarchie. Surnommé, avec raison, par ses détracteurs El Merculo.

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- Ekladam
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 14:23
#1180
Je reste quelques jours à Santiago, toujours en promenade sans but...

Je vais au bistro. La serveuse est jolie. Plaza de Armas.

Toujours Plaza de Armas, sous des arcades, j'ai trouvé d'autres restos. Populaires, décor années 50, assez petits, le midi on y sert un menu bon marché pour les employés du coin. Je glande quoi...
C'est décidé, je passe en Argentine. 3 ou 4 jours, aller et retour. Je vais à Mendoza de l'autre coté de la Cordillère. Le seul but de cette promenade est que la route passe au pied de l'Aconcagua, plus haut sommet des Amériques, pas loin de 7000 mètres. Je prends juste un petit sac, laisse le sac à dos à l'hôtel Londres.
La gare routière. Internationale donc moins crade qu'une pure locale en version guatémaltèque. Des cafés, des boutiques, des comptoirs pour chaque compagnie de bus. En attendant le départ du bus je vais boire un café au Café con Piernas. C'est un café où le café est plutôt bon mais surtout les serveuses ont des jupes tellement courtes qu'elles leur arrivent au nombril... j'exagère à peine. Elles sont recrutées au physique, bien sûr. Hein, Metoo ? On est au Chili en 1999... J'ai aucun souvenir des serveuses mais à force de boire des cafés expressos costauds j'ai le palpitant qui fait la cavalcade.

Combien durera le trajet ? J'en sais rien, m'en fous, j'ai 3 mois devant moi, je suis pas pressé... je me promène quoi...

Je vais au bistro. La serveuse est jolie. Plaza de Armas.

Toujours Plaza de Armas, sous des arcades, j'ai trouvé d'autres restos. Populaires, décor années 50, assez petits, le midi on y sert un menu bon marché pour les employés du coin. Je glande quoi...
C'est décidé, je passe en Argentine. 3 ou 4 jours, aller et retour. Je vais à Mendoza de l'autre coté de la Cordillère. Le seul but de cette promenade est que la route passe au pied de l'Aconcagua, plus haut sommet des Amériques, pas loin de 7000 mètres. Je prends juste un petit sac, laisse le sac à dos à l'hôtel Londres.
La gare routière. Internationale donc moins crade qu'une pure locale en version guatémaltèque. Des cafés, des boutiques, des comptoirs pour chaque compagnie de bus. En attendant le départ du bus je vais boire un café au Café con Piernas. C'est un café où le café est plutôt bon mais surtout les serveuses ont des jupes tellement courtes qu'elles leur arrivent au nombril... j'exagère à peine. Elles sont recrutées au physique, bien sûr. Hein, Metoo ? On est au Chili en 1999... J'ai aucun souvenir des serveuses mais à force de boire des cafés expressos costauds j'ai le palpitant qui fait la cavalcade.

Combien durera le trajet ? J'en sais rien, m'en fous, j'ai 3 mois devant moi, je suis pas pressé... je me promène quoi...
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 15:03
#1181
Le trajet passe par le paso Libertadores, la frontière, 3000 mètres d'altitude. C'est sympa. Ça grimpe...

En descendant sur Mendoza, des rails, une gare abandonnée... voilà, je sais où je vais passer la journée de demain.
Mendoza. Peut être la 3ème ville argentine. Moderne, européenne, un peu hispano-coloniale, au pied de la Cordillère. Auberge de jeunesse, pas chère. Je vais en vadrouille en ville. Me plante sur la Plaza de Armas. Plutôt que de faire des photos je tente de dessiner. Catastrophe. Je mate la vie locale assis sur un banc. Je suis tout de suite choqué par les Argentines. Beaucoup sont d'une beauté renversante. Le mélange Quechua, Mapuche, Guarani, Aymara, Espagnol, Européen, ça a été une réussite. Je vais au bistrot. Excellente chose, avec le café on a droit à un verre d'eau pétillant bien frais. Bon point.
Le soir je dine dans un boui-boui à côté de l'auberge. Y'a un match de foot à la tévé. Le matin au réveil j'entends Rock Collection de Laurent Voulzy à la radio.
Ouais, le morceau a fait un tube ici...
Allez, la gare routière, direction El Puente Del Inca repéré hier. Quelques heures de route. Des rails, une gare abandonnée, ça va me plaire. L'ancienne ligne ferroviaire Santiago-Mendoza. C'est aussi une station de ski, on y trouve un cimetière des Andinistes. Les morts de l'ascension de l'Aconcagua et autres sommets locaux. Il y avait aussi une station thermale. Voilà le décor...


Je me promène là dedans. Toute la journée.


Retour sur Mendoza.

Demain, départ pour Santiago, j'ai repéré d'où on pouvait voir l'Aconcagua sur le trajet... Le voilà.

C'est vraiment du glandage... Passionant, hein ?
J'ai le temps de bouquiner, le soir, je suis en train de lire Ulysse de James Joyce. Putain le pavé ardu. Certains l'ont lu ici ? Leur avis ? Ses 1000 pages m'ont fait 1 mois de voyage. Dans un sens c'est bien, je pensais que chaque pavé de 1OOO pages me ferait 15 jours, j'ai donc pas à craindre une rupture de littérature. Par contre ça veut dire que mon sac à dos ne s'allègera aussi tôt que je le pensais...

En descendant sur Mendoza, des rails, une gare abandonnée... voilà, je sais où je vais passer la journée de demain.
Mendoza. Peut être la 3ème ville argentine. Moderne, européenne, un peu hispano-coloniale, au pied de la Cordillère. Auberge de jeunesse, pas chère. Je vais en vadrouille en ville. Me plante sur la Plaza de Armas. Plutôt que de faire des photos je tente de dessiner. Catastrophe. Je mate la vie locale assis sur un banc. Je suis tout de suite choqué par les Argentines. Beaucoup sont d'une beauté renversante. Le mélange Quechua, Mapuche, Guarani, Aymara, Espagnol, Européen, ça a été une réussite. Je vais au bistrot. Excellente chose, avec le café on a droit à un verre d'eau pétillant bien frais. Bon point.
Le soir je dine dans un boui-boui à côté de l'auberge. Y'a un match de foot à la tévé. Le matin au réveil j'entends Rock Collection de Laurent Voulzy à la radio.
Ouais, le morceau a fait un tube ici...
Allez, la gare routière, direction El Puente Del Inca repéré hier. Quelques heures de route. Des rails, une gare abandonnée, ça va me plaire. L'ancienne ligne ferroviaire Santiago-Mendoza. C'est aussi une station de ski, on y trouve un cimetière des Andinistes. Les morts de l'ascension de l'Aconcagua et autres sommets locaux. Il y avait aussi une station thermale. Voilà le décor...


Je me promène là dedans. Toute la journée.


Retour sur Mendoza.

Demain, départ pour Santiago, j'ai repéré d'où on pouvait voir l'Aconcagua sur le trajet... Le voilà.

C'est vraiment du glandage... Passionant, hein ?
J'ai le temps de bouquiner, le soir, je suis en train de lire Ulysse de James Joyce. Putain le pavé ardu. Certains l'ont lu ici ? Leur avis ? Ses 1000 pages m'ont fait 1 mois de voyage. Dans un sens c'est bien, je pensais que chaque pavé de 1OOO pages me ferait 15 jours, j'ai donc pas à craindre une rupture de littérature. Par contre ça veut dire que mon sac à dos ne s'allègera aussi tôt que je le pensais...
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 15:13 (modifié le 17 Aout 2026 à 15:14)
#1182
Je suis de retour à Santiago... Bon alors, je vais aller où maintenant ? Tiens, le sud Chilien ? Pourquoi pas, il parait que l'ile de Chiloe est sympa. On y accède en bateau facilement depuis Puerto Montt, porte d'entrée de la Patagonie Chilienne. C'est dans les 40èmes parallèles sud. Voilà, je vais aller naviguer dans les 40èmes, rugissants parait-il. Je vais y aller en passant par Temuco et Villarica. Le lac et le volcan Villarica se laissent bien voir.
La suite au prochain épisode.
La suite au prochain épisode.
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Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 15:38
#1183
Petite promenade nocturne dans Santiago, entre Alameda et la Plaza de Armas.




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Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 10:28
#1184
Je suis parti pour Temuco, au centre sud du Chili. Gare routière, attente, départ. Dans les bus, pour les longs trajets on projette des films, y'a magnétoscope et écran tévé. Au programme du nanard bas de gamme tendance films d'action. Ce jour là, je m'en rappelle, c'était un film ou téléfilm d'action sud africain, avec des gentils mercenaires contre des méchants mercenaires. 57000 balles à blanc ( le truc est sud africain, je rappelle). Le décor dehors ? Ben ça m'a pas marqué plus que ça, commençait par du vaguement méditerranéen puis un peu plus vert. Temuco. Une ville banale, sans intérêt... Je me rappelle juste de ma piaule, dans un hôtel bancale, y'avait rien de droit là dedans, tout de traviole, sol en pente, tout en bois. Voilà tout ce qu'il me reste comme souvenirs de Temuco.
Le soir je suis allé bouffer dans un petit resto populaire, mon 347ème en Amérique latine et le lendemain je suis allé à la gare routière, la 150ème...
Je n'ai même pas fait de photos...
Allez, direction Villarica.
Le soir je suis allé bouffer dans un petit resto populaire, mon 347ème en Amérique latine et le lendemain je suis allé à la gare routière, la 150ème...
Je n'ai même pas fait de photos...
Allez, direction Villarica.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 10:49
#1185
Villarica est un peu plus au sud, un peu plus près de la Cordillère. On est dans des forêts de pins, on voit la Cordillère volcanesque... C'est les Alpes bavaroises ou suisses avec des volcans enneigés au loin. Villarica. C'est propret, l'architecture aussi suizo-bavaroise que le décor naturel. On sent l'influence germanique. Merde, j'ai quand même pas fait 10000 bornes pour ça. J'voulais voir des Incas ou Mapuche et je me retrouve face à des Teutons. Ça sent un peu le fric par ici.
Je trouve un hôtel, du bois partout, charmant, assez grand. J'entre, à l'accueil un papy et une mamy.
-Je voudrais une chambre, s'il vous plaît.
-On en a de disponible mais pas avant 15h.
-Je prends, dites moi où je peux poser mon sac et après je vais me promener et reviens dans l'après midi.
Papy et Mamy m'emmènent poser mon sac dans ma chambre, c'est très bavarois-suisse. Un grand pieu en bois avec un édredon d'1 mètre d'épaisseur, des meubles massifs en bois, des tableaux que ça représente des cerfs au bord d'un lac au pied des Alpes. Bon goût garanti.
-Vous avez petit-déjeuné, jeune homme ?
-Juste un café à Temuco.
-Vous voulez prendre un petit déjeuner ?
-Volontiers.
Et là, ils m'ont sorti le petit déjeuner divin... Pain frais, des confitures de fruits rouges maison, des oeufs sur le plat et surtout une tartelette maison sublime, encore tiède, préparée par Mamy. Ils étaient charmants tous les 2. Adolfo Schmidt et Concepcion Müller...
Je n'oublierai jamais ce vieux couple charmant.
Je trouve un hôtel, du bois partout, charmant, assez grand. J'entre, à l'accueil un papy et une mamy.
-Je voudrais une chambre, s'il vous plaît.
-On en a de disponible mais pas avant 15h.
-Je prends, dites moi où je peux poser mon sac et après je vais me promener et reviens dans l'après midi.
Papy et Mamy m'emmènent poser mon sac dans ma chambre, c'est très bavarois-suisse. Un grand pieu en bois avec un édredon d'1 mètre d'épaisseur, des meubles massifs en bois, des tableaux que ça représente des cerfs au bord d'un lac au pied des Alpes. Bon goût garanti.
-Vous avez petit-déjeuné, jeune homme ?
-Juste un café à Temuco.
-Vous voulez prendre un petit déjeuner ?
-Volontiers.
Et là, ils m'ont sorti le petit déjeuner divin... Pain frais, des confitures de fruits rouges maison, des oeufs sur le plat et surtout une tartelette maison sublime, encore tiède, préparée par Mamy. Ils étaient charmants tous les 2. Adolfo Schmidt et Concepcion Müller...
Je n'oublierai jamais ce vieux couple charmant.
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- Ouatisit
- sonicsnap
AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 11:01
#1186
Je me promène, sans but, dans Villarica. C'est pas l'Amérique du Sud dont j'avais rêvé mais je m'en fous...
Le volcan Villarica depuis la plage au bord du lac du même nom dans le patelin du même nom. C'est la fin de l'après midi, je suis assis sur la plage avec mon matos photo, je regarde, ça suffit à mon bonheur...
28mm



400mm

Le soir tombait illuminant le volcan enneigé. Je suis resté jusqu'à la nuit tombée. C'était une belle journée. Banale, sans intérêt.
Resto, retour à l'hôtel... et je continue ma lecture de Ulysse de James Joyce. Putain que c'est ardu... Génial ou chiant.
Le volcan Villarica depuis la plage au bord du lac du même nom dans le patelin du même nom. C'est la fin de l'après midi, je suis assis sur la plage avec mon matos photo, je regarde, ça suffit à mon bonheur...
28mm



400mm

Le soir tombait illuminant le volcan enneigé. Je suis resté jusqu'à la nuit tombée. C'était une belle journée. Banale, sans intérêt.
Resto, retour à l'hôtel... et je continue ma lecture de Ulysse de James Joyce. Putain que c'est ardu... Génial ou chiant.
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- Ouatisit
- eklektik38
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 11:12
#1187
Re-petit déjeuner le lendemain. J'ai souvenir d'une excellente nuit...
Et si j'allais à Pucón? C'est de l'autre coté du lac, un patelin avec son port lacustre où les riches chiliens amarrent leurs voiliers et hors bords pour les vacances d'été.
Pucón ne m'intéresse pas plus que ça alors je marche au bord du lac, me promène dans la forêt alentour. Toute la journée...
Si vous voulez de l'aventure c'est pas par ici... Moi j'suis ni voyageur ni aventurier mais simplement promeneur. Et j'me fais mes photos souvenir de vacances.
Voilà ma promenade à Pucón et dans ses environs...



C'était une belle journée.
Et si j'allais à Pucón? C'est de l'autre coté du lac, un patelin avec son port lacustre où les riches chiliens amarrent leurs voiliers et hors bords pour les vacances d'été.
Pucón ne m'intéresse pas plus que ça alors je marche au bord du lac, me promène dans la forêt alentour. Toute la journée...
Si vous voulez de l'aventure c'est pas par ici... Moi j'suis ni voyageur ni aventurier mais simplement promeneur. Et j'me fais mes photos souvenir de vacances.
Voilà ma promenade à Pucón et dans ses environs...



C'était une belle journée.
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- Ouatisit
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 12:58
#1188
Après 2 nuits dans mon hôtel chileno-bavarois je quitte Villarica. J'avance encore vers le sud, je veux absolument aller le plus au sud possible. Direction Puerto Montt.
Petite leçon de géographie. A l'époque des grands voiliers, les clippers et 3 mâts barque, avant la construction du canal de Panama, Puerto Montt était le dernier ou premier vrai port abrité avant ou après le Cap Horn, le Détroit de Magellan et la Terre de Feu. Du Détroit de Magellan et à l'exception du très bien nommé Golfe des Peines ce sont les canaux de la Patagonie chilienne. Des milliers d'îles coincées entre la cordillère et le pacifique. On y circule difficilement à la voile, les vents y sont capricieux et pas trop violents et un seul haut fond. Les voiliers préféraient passer au large quitte à se prendre le courant de Humboldt et les vents violents du Pacifique. Jamais aussi mal nommé... sacré Magellan.
Avant d'aller affronter le Horn dernière halte à Puerto Montt après la mythique Valparaiso. Ou inversement, 1ère escale après avoir franchi le Horn... à contre vent.
Puerto Montt est bien abritée au fond d'un golfe profond dont la sortie est protégée par l'ile de Chiloe. Bien protégée sauf du volcan qui la domine...
De la Panaméricaine une grande avenue descend sur le port... l'avenue Salvador Allende. J'en reviens pas. Et pendant ce temps Perrochet est dans sa clinique à Londres. Puerto Montt est une petite soeur de Valparaiso. Un peu la même architecture de bois, des collines où habite le prolétariat.
A la descente du bus une famille me propose de me louer une chambre pour la nuit. Moins cher que l'hôtel. Dans les hauts de la ville, baraque en bois dominant le port. Une grande baie vitrée devant mon lit, j'ai une vue imprenable sur le Pacifique Sud.
Je descends en ville dîner. Mes hôtes m'ont dit, tu verras, c'est facile pour revenir à la maison, depuis le port et l'avenue Comodoro Burnos tu vas tout droit, à la maison verte tu tournes à droite, tu vas tout droit, à la maison bleue tu tournes à gauche et là tu verras en haut de la colline notre maison jaune. Y'en a pour 20 minutes... j'ai mis 1 heure pour rentrer, me paumant avec plaisir dans le dédale de maisons en bois des collines de Puerto Montt.
Seul petit bémol avec cette charmante pension de famille, des puces ont décidé de squatter mon sac et mes fringues.
Mais le petit dej' était très sympa, on a papoté en famille avant mon départ.
Mon grand souvenir de Puerto Montt, à part les puces, chez un réparateur de montre. Il faisait nuit, ma montre publicitaire La Redoute n'avait plus de piles. Je vois éclairé comme en plein jour un magasin de réparation de montres. Magasin de 3 mètres de long avec le comptoir au fond et 1mètre 50 de large... Minuscule. Je rentre, bonjour monsieur, c'est pour changer la pile de ma montre. Le patron me regarde interloqué... Oui bien sûr. Vous êtes d'où ????
-Je suis français.
-Ahahah... vous êtes le 1er gringo que je rencontre qui parle espagnol avec l'accent nicaraguayen.
-Il y a 2 ans je suis resté quelques semaines au Nicaragua, voilà pourquoi. Vous connaissez ?
-Ouais, j'y suis allé à l'époque de la révolution sandiniste.
En sortant j'étais fier de savoir que j'avais pas l'accent l'accent pur gringo. Vu l'amour que j'ai pour le Nicaragua c'était un vrai compliment.
Merci monsieur pour ces 3 minutes inoubliables.
Puerto Montt




Petite leçon de géographie. A l'époque des grands voiliers, les clippers et 3 mâts barque, avant la construction du canal de Panama, Puerto Montt était le dernier ou premier vrai port abrité avant ou après le Cap Horn, le Détroit de Magellan et la Terre de Feu. Du Détroit de Magellan et à l'exception du très bien nommé Golfe des Peines ce sont les canaux de la Patagonie chilienne. Des milliers d'îles coincées entre la cordillère et le pacifique. On y circule difficilement à la voile, les vents y sont capricieux et pas trop violents et un seul haut fond. Les voiliers préféraient passer au large quitte à se prendre le courant de Humboldt et les vents violents du Pacifique. Jamais aussi mal nommé... sacré Magellan.
Avant d'aller affronter le Horn dernière halte à Puerto Montt après la mythique Valparaiso. Ou inversement, 1ère escale après avoir franchi le Horn... à contre vent.
Puerto Montt est bien abritée au fond d'un golfe profond dont la sortie est protégée par l'ile de Chiloe. Bien protégée sauf du volcan qui la domine...
De la Panaméricaine une grande avenue descend sur le port... l'avenue Salvador Allende. J'en reviens pas. Et pendant ce temps Perrochet est dans sa clinique à Londres. Puerto Montt est une petite soeur de Valparaiso. Un peu la même architecture de bois, des collines où habite le prolétariat.
A la descente du bus une famille me propose de me louer une chambre pour la nuit. Moins cher que l'hôtel. Dans les hauts de la ville, baraque en bois dominant le port. Une grande baie vitrée devant mon lit, j'ai une vue imprenable sur le Pacifique Sud.
Je descends en ville dîner. Mes hôtes m'ont dit, tu verras, c'est facile pour revenir à la maison, depuis le port et l'avenue Comodoro Burnos tu vas tout droit, à la maison verte tu tournes à droite, tu vas tout droit, à la maison bleue tu tournes à gauche et là tu verras en haut de la colline notre maison jaune. Y'en a pour 20 minutes... j'ai mis 1 heure pour rentrer, me paumant avec plaisir dans le dédale de maisons en bois des collines de Puerto Montt.
Seul petit bémol avec cette charmante pension de famille, des puces ont décidé de squatter mon sac et mes fringues.
Mais le petit dej' était très sympa, on a papoté en famille avant mon départ.
Mon grand souvenir de Puerto Montt, à part les puces, chez un réparateur de montre. Il faisait nuit, ma montre publicitaire La Redoute n'avait plus de piles. Je vois éclairé comme en plein jour un magasin de réparation de montres. Magasin de 3 mètres de long avec le comptoir au fond et 1mètre 50 de large... Minuscule. Je rentre, bonjour monsieur, c'est pour changer la pile de ma montre. Le patron me regarde interloqué... Oui bien sûr. Vous êtes d'où ????
-Je suis français.
-Ahahah... vous êtes le 1er gringo que je rencontre qui parle espagnol avec l'accent nicaraguayen.
-Il y a 2 ans je suis resté quelques semaines au Nicaragua, voilà pourquoi. Vous connaissez ?
-Ouais, j'y suis allé à l'époque de la révolution sandiniste.
En sortant j'étais fier de savoir que j'avais pas l'accent l'accent pur gringo. Vu l'amour que j'ai pour le Nicaragua c'était un vrai compliment.
Merci monsieur pour ces 3 minutes inoubliables.
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03 Septembre 2026 à 13:12
#1189
Gare routière de Puerto Montt. Je prends le bus en direction de l'île de Chiloe. A 2 ou 3 heures de Puerto Montt le bus monte sur un bac pour franchir le canal de Chacao qui sépare l'île du continent. Ça y est, je navigue dans les 40èmes... D'accord, c'est sur un bac qui transporte mon bus, la mer est d'huile et ça dure 1/2 heure à tout casser. Rien à foutre, je navigue dans les 40èmes, ça suffit à mon bonheur.






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03 Septembre 2026 à 13:23
#1190
L'île de Chiloe. C'est déjà la Patagonie Chilienne. Il y pleut 300 jours par an mais le climat n'est pas particulièrement froid, juste très humide. Lors de la guerre d'indépendance contre la couronne espagnole elle était la seule province chilienne à refuser l'indépendance. Elle voulait que soient respectées ses traditions.
Car Chiloe a cette particularité d'avoir des croyances étonnantes:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologie_chilote
Pour comprendre, lisez l'immense Francisco Coloane, pas seulement parce qu'il mesurait 1mètre 95... Francisco est natif de Quemchi sur Chlioe.
Il est l'écrivain du Grand Sud, de la Terre de Feu au Cap Horn, de la Patagonie à Magellan et Chiloe.
Autant Neruda disait de lui même qu'il était un marin de la terre ferme autant Coloane est un authentique marin.
Car Chiloe a cette particularité d'avoir des croyances étonnantes:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologie_chilote
Pour comprendre, lisez l'immense Francisco Coloane, pas seulement parce qu'il mesurait 1mètre 95... Francisco est natif de Quemchi sur Chlioe.
Il est l'écrivain du Grand Sud, de la Terre de Feu au Cap Horn, de la Patagonie à Magellan et Chiloe.
Autant Neruda disait de lui même qu'il était un marin de la terre ferme autant Coloane est un authentique marin.
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Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 13:40
#1191
J'arrive à Castro. Petite ville, capitale de l'île. Toute de bois. Multicolore. Les églises de l'île sont classées au patrimoine de l'Unesco. Elles ne sont faites que de bois, pas un clou... Castro est charmante. J'y trouve un petit hôtel, toujours du bois, multicolore, même l'intérieur est multicolore. L'hôtesse est charmante, elle me donne des conseils de visite.
Je lui demande les prévisions météo.
- Tu sais, on arrive en automne (austral), les jours sans pluie vont se faire rare. Mais si t'es bien équipé ça ira.
Non, je suis mal équipé. J'ai pas beaucoup de fringues dans mon sac, j'attends avant d'en acheter d'avoir largué quelques bouquins. Mais j'avance pas beaucoup sur mon Ulysse...
Je vais me promener dans Castro. La ville est franchement jolie, j'aime son atmosphère provinciale, tranquille, son architecture, ses bords de mer.




Je lui demande les prévisions météo.
- Tu sais, on arrive en automne (austral), les jours sans pluie vont se faire rare. Mais si t'es bien équipé ça ira.
Non, je suis mal équipé. J'ai pas beaucoup de fringues dans mon sac, j'attends avant d'en acheter d'avoir largué quelques bouquins. Mais j'avance pas beaucoup sur mon Ulysse...
Je vais me promener dans Castro. La ville est franchement jolie, j'aime son atmosphère provinciale, tranquille, son architecture, ses bords de mer.




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Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 13:57
#1192
Le gouvernement chilien a un jour décidé d'implanter sur Chiloe l'élevage de saumon. Belle réussite économique pour désenclaver l'île. Mais une catastrophe écologique intégrale. On enferme des milliers de saumon dans des cages de 20 ou 30 mètres de profondeur. On les gave d'antibiotiques. Quand ils chient ils polluent les fonds marins. Comme les filets sont implantés à l'intérieur de petits fjords sans courant tout a été stérilisé, pollué etc etc.
Il semblerait que l'actuel gouvernement chilien souhaite implanter maintenant des pêcheries de saumon encore plus au sud au beau milieu des dernières terres et mers non habitées et polluées par l'humain.
Ne bouffez jamais de saumon, c'est de la merde. On nous le vend comme un produit de luxe ou festif alors que sa production ne vaut pas mieux que celle du poulet KFC à 10 balles la tonne. Le saumon bio ? Tu parles, Charles, il est élevé en cages. Le saumon sauvage ? Quasi disparu et ne représenterait même pas 0,0001 % de la consommation mondiale.
Dernière petite précision, le saumon n'est pas un poisson de l'hémisphère sud. Beaucoup se sont échappés de leurs filets, comme ils sont carnivores ils sont en train d'éliminer les espèces locales et n'ont pas assez de prédateurs pour se faire bouffer.
Vive le saumon.
Sinon à Chiloe, il y a une vraie tradition de la pêche et de la mer.
Un grand merci à Mr Pernoud et Thalassa pour tous les reportages réalisés à Chiloe et dans d'autres régions où je suis passé.
Et dire que j'habite pas loin de l'Allée et du Square Georges Pernoud. Juste à coté de l'avenue Salvador Allende et de la rue Pablo Neruda. Rien que pour ça j'envisage pas de déménager.
Je préfère ça à l'avenue Patrick Devedjian et au square Charles Pasqua... Mais je m'égare. On pourrait penser que j'émets des opinions politiques ce qu'est interdit sur le Pub.
Il semblerait que l'actuel gouvernement chilien souhaite implanter maintenant des pêcheries de saumon encore plus au sud au beau milieu des dernières terres et mers non habitées et polluées par l'humain.
Ne bouffez jamais de saumon, c'est de la merde. On nous le vend comme un produit de luxe ou festif alors que sa production ne vaut pas mieux que celle du poulet KFC à 10 balles la tonne. Le saumon bio ? Tu parles, Charles, il est élevé en cages. Le saumon sauvage ? Quasi disparu et ne représenterait même pas 0,0001 % de la consommation mondiale.
Dernière petite précision, le saumon n'est pas un poisson de l'hémisphère sud. Beaucoup se sont échappés de leurs filets, comme ils sont carnivores ils sont en train d'éliminer les espèces locales et n'ont pas assez de prédateurs pour se faire bouffer.
Vive le saumon.
Sinon à Chiloe, il y a une vraie tradition de la pêche et de la mer.
Un grand merci à Mr Pernoud et Thalassa pour tous les reportages réalisés à Chiloe et dans d'autres régions où je suis passé.
Et dire que j'habite pas loin de l'Allée et du Square Georges Pernoud. Juste à coté de l'avenue Salvador Allende et de la rue Pablo Neruda. Rien que pour ça j'envisage pas de déménager.
Je préfère ça à l'avenue Patrick Devedjian et au square Charles Pasqua... Mais je m'égare. On pourrait penser que j'émets des opinions politiques ce qu'est interdit sur le Pub.
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03 Septembre 2026 à 14:17 (modifié le 03 Septembre 2026 à 14:18)
#1193
Je continue mes pérégrinations chilotes. J'ai décidé de prendre un bus, direction Chonchi. Ouais, il flotte pas mal, 7-8 degrés pas plus, j'ai juste un pull. Je sens la flotte qui transperce mes fringues. J'ai quand même fait quelques photos entre 2 averses.




C'est décidé, je vais quitter Chiloe demain matin.
Direction l'Atacama. Je suis au sud du Chili je fonce au nord. Sachant que le Chili fait 4200 kilomètres de long... et 30 de large.
Je viens de regarder sur Gogole. 2729 kilomètres.
J'annonce à mon hôtesse que je pars, elle me dit que j'ai raison sauf si j'adore la pluie sans discontinuer... Elle me conseille d'aller choper le bus pour Puerto Montt à Ancud, de l'autre coté de l'île. De Castro, peu de bus pour Puerto Montt mais beaucoup pour Ancud. Et d'Ancud beaucoup de bus pour Puerto Montt. C'est simple, non ?
Chiloe, ça m'a bien plu, je reviendrai plus tôt en saison. Ce que je referai en 2003.




C'est décidé, je vais quitter Chiloe demain matin.
Direction l'Atacama. Je suis au sud du Chili je fonce au nord. Sachant que le Chili fait 4200 kilomètres de long... et 30 de large.
Je viens de regarder sur Gogole. 2729 kilomètres.
J'annonce à mon hôtesse que je pars, elle me dit que j'ai raison sauf si j'adore la pluie sans discontinuer... Elle me conseille d'aller choper le bus pour Puerto Montt à Ancud, de l'autre coté de l'île. De Castro, peu de bus pour Puerto Montt mais beaucoup pour Ancud. Et d'Ancud beaucoup de bus pour Puerto Montt. C'est simple, non ?
Chiloe, ça m'a bien plu, je reviendrai plus tôt en saison. Ce que je referai en 2003.
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03 Septembre 2026 à 14:34
#1194
Dernier petit déjeuner dans ce charmant hôtel. Marcelo Rios, joueur de tennis chilien qui eut son heure de gloire à cette époque, 1999, joue en ce moment même le tournoi de Junior Wells contre le n°5 mondial, Buddy Guy.
La salle du petit déjeuner de l'hôtel est basse de plafond, le long d'un mur, de chaque coté d'une longue table en bois, 2 bancs où nous avons pris place, une journaliste belge et moi. Perpendiculaire à la table, la vraie cuisinière au bois, un machin en fonte d'une tonne, on fout le bois en dessous, le dessus reste à 500 degrés en permanence, on a de quoi faire cuire tout ce qu'on veut pour 50 personnes.
Comme tout le Chili la cuisinière, pas celle en fonte mais une vraie dame, mate la vieille télé en noir et blanc suspendue dans un angle de la pièce éloigné de la cuisinière en fonte. Elle savait même pas que le tennis était un sport mais qu'un chilien soit n°1 mondial de ce sport lui avait fait découvrir sa passion renversante pour la raquette...
-Au revoir Madame, merci pour l'accueil.
-Tu vas où ?
-Calama.
-Hein ??? Calama ? Mais c'est tout au nord. Tu t'arrêtes où d'ici là ?
-Nulle part, que des bus jusqu'à Calama.
Imaginez, vous êtes au nord de la Suède, vous quittez l'hôtel et annoncez au taulier que vous allez à Lisbonne, direct, sans passer par la case hôtel. Juste en changeant de bus.
La salle du petit déjeuner de l'hôtel est basse de plafond, le long d'un mur, de chaque coté d'une longue table en bois, 2 bancs où nous avons pris place, une journaliste belge et moi. Perpendiculaire à la table, la vraie cuisinière au bois, un machin en fonte d'une tonne, on fout le bois en dessous, le dessus reste à 500 degrés en permanence, on a de quoi faire cuire tout ce qu'on veut pour 50 personnes.
Comme tout le Chili la cuisinière, pas celle en fonte mais une vraie dame, mate la vieille télé en noir et blanc suspendue dans un angle de la pièce éloigné de la cuisinière en fonte. Elle savait même pas que le tennis était un sport mais qu'un chilien soit n°1 mondial de ce sport lui avait fait découvrir sa passion renversante pour la raquette...
-Au revoir Madame, merci pour l'accueil.
-Tu vas où ?
-Calama.
-Hein ??? Calama ? Mais c'est tout au nord. Tu t'arrêtes où d'ici là ?
-Nulle part, que des bus jusqu'à Calama.
Imaginez, vous êtes au nord de la Suède, vous quittez l'hôtel et annoncez au taulier que vous allez à Lisbonne, direct, sans passer par la case hôtel. Juste en changeant de bus.
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Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 14:54
#1195
Il est 10h du matin. Un Lundi ?
Gare routière de Castro. Direction Ancud. Je me rappelle très bien de la gare routière d'Ancud. En contrebas de la route, un long bâtiment ressemblant à un petit aéroport. L'intérieur ressemble aussi à un petit aéroport, haut de plafond, des comptoirs de compagnies de bus pour toute l'île et le continent. J'attends 2 heures le prochain bus pour Puerto Montt. Le canal de Chacao, le bac puis Puerto Montt. Où j'arrive vers 15 ou 16 heures. La gare routière longue distance est la même que celle pour Chiloe. Devant chaque comptoir de compagnie de bus des types font la retape... Départ 19h, Santiago direct, semi-cama, -30%. Nous on fait Salon Cama, même prix que le semi-cama d'à coté, gringo.
Traduction. Semi-cama, c'est plus de place pour les jambes, de quoi incliner un peu plus les sièges que dans un autocar normal. 4 sièges de front.
Salon Cama, c'est comme une 1ère classe d'avion d'il y a 40 ans. 3 sièges de front au lieu de 4. Inclinaison horizontale. Petit déjeuner inclus, sommaire mais inclus. 30 places dans le bus au lieu de 50.
Pour toutes les compagnies de bus, d'avant les vols low costs, il est préférable de brader une place que de la laisser vide...
Roule ma poule, je me prends un Salon Cama pour Santiago. Départ 19 ou 20h, je sais plus trop... Arrivée une douzaine d'heures plus tard. D'ici là je vais me promener le long des quais de Puerto Montt, j'ai encore les images en tête... le front de mer, le jour qui décline, la grisaille. Je mate la vie chilienne, je profite, j'engrange les souvenirs.
A la gare routière j'achète un paquet de gâteaux, une bouteille d'eau. C'est parti pour une nuit de bus... Bye bye Puerto Montt et Chiloe, on se reverra un autre jour.
Gare routière de Castro. Direction Ancud. Je me rappelle très bien de la gare routière d'Ancud. En contrebas de la route, un long bâtiment ressemblant à un petit aéroport. L'intérieur ressemble aussi à un petit aéroport, haut de plafond, des comptoirs de compagnies de bus pour toute l'île et le continent. J'attends 2 heures le prochain bus pour Puerto Montt. Le canal de Chacao, le bac puis Puerto Montt. Où j'arrive vers 15 ou 16 heures. La gare routière longue distance est la même que celle pour Chiloe. Devant chaque comptoir de compagnie de bus des types font la retape... Départ 19h, Santiago direct, semi-cama, -30%. Nous on fait Salon Cama, même prix que le semi-cama d'à coté, gringo.
Traduction. Semi-cama, c'est plus de place pour les jambes, de quoi incliner un peu plus les sièges que dans un autocar normal. 4 sièges de front.
Salon Cama, c'est comme une 1ère classe d'avion d'il y a 40 ans. 3 sièges de front au lieu de 4. Inclinaison horizontale. Petit déjeuner inclus, sommaire mais inclus. 30 places dans le bus au lieu de 50.
Pour toutes les compagnies de bus, d'avant les vols low costs, il est préférable de brader une place que de la laisser vide...
Roule ma poule, je me prends un Salon Cama pour Santiago. Départ 19 ou 20h, je sais plus trop... Arrivée une douzaine d'heures plus tard. D'ici là je vais me promener le long des quais de Puerto Montt, j'ai encore les images en tête... le front de mer, le jour qui décline, la grisaille. Je mate la vie chilienne, je profite, j'engrange les souvenirs.
A la gare routière j'achète un paquet de gâteaux, une bouteille d'eau. C'est parti pour une nuit de bus... Bye bye Puerto Montt et Chiloe, on se reverra un autre jour.
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Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 15:09
#1196
Lundi, 20h.
Je m'installe, le steward du bus se la joue façon Bizness Class d'avion. Salon Cama. Ah oui, c'est du confort... Fauteuil solo. Personne à côté de moi. Je teste l'inclinaison, presque comme un plumard. Bien large, à l'aise. C'est parti, quelques haltes rapides pour changer de chauffeur, vers Concepcion, Talca, Valdivia et autres villes du sud chilien où je n'ai pas encore mis les pieds. La nuit n'est pas mauvaise.
C'est avec émotion que je repense au trajet entre Tegucigalpa et la frontière avec le Nicaragua. Debout, 6 heures, dans la chaleur moite, plus serré que dans le RER parisien aux heures de pointe un jour de grève...
C'es bien le salon Cama.
Je m'installe, le steward du bus se la joue façon Bizness Class d'avion. Salon Cama. Ah oui, c'est du confort... Fauteuil solo. Personne à côté de moi. Je teste l'inclinaison, presque comme un plumard. Bien large, à l'aise. C'est parti, quelques haltes rapides pour changer de chauffeur, vers Concepcion, Talca, Valdivia et autres villes du sud chilien où je n'ai pas encore mis les pieds. La nuit n'est pas mauvaise.
C'est avec émotion que je repense au trajet entre Tegucigalpa et la frontière avec le Nicaragua. Debout, 6 heures, dans la chaleur moite, plus serré que dans le RER parisien aux heures de pointe un jour de grève...
C'es bien le salon Cama.
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03 Septembre 2026 à 15:36 (modifié le 03 Septembre 2026 à 15:38)
#1197
Santiago de Chile. Mardi matin, aux alentours de 7h,
Embouteillages. On arrive, le trajet ne m'a pas paru long. J'ai pas trop mal dormi.
A la sortie d'un souterrain dans la banlieue de Santiago, quelques graffitis.
"Monica, occupe toi du missile de Bill"
C'était l'époque où Bill Clinton bombardait Belgrade et où il était emmerdé pour sa relation avec Monica Lewinski.
Il y avait un autre graffiti où Pinochet était surnommé Perrochet. C'est de ce graffiti anonyme que j'ai gardé ce surnom de Perrochet.
Me voilà de retour à Santiago. Je revois la gare routière. Je récupère mon sac à dos, toilette sommaire, lavage des dents, les passagers en partance ou à l'arrivée avant-après un long trajet, tout ce petit monde dans l'immense salle où se trouvent lavabos, chiottes, douches... pas très propres. Je chope un billet de bus pour Antofagasta, désert d'Atacama. Cette fois j'ai pris un Semi-Cama. Départ à 18h. Il me reste environ 6-8 heures à glander. Je laisse le sac à dos à la consigne de la gare.
Je vais me promener vers le Rio Mapocho, ou ce qu'il en reste, le Parque Quinta Normal. On y trouve de vieilles locos à vapeur, musée des chemins de fer.
Un immense parc avec des machines à vapeur et des wagon disséminées à droite à gauche.



Je suis assis sur un banc. Sur un autre banc, un vieux monsieur. Il s'approche de moi, on commence à discuter de tout de rien. Il me demande.
- Vous connaissez cette chanson, Amor de mis amores ?
- Bien sûr, un des grands classiques d'Edith Piaf, La foule.
- Vous saviez que Amor de mis Amores est l'originale, que c'est Piaf qui en a fait une reprise ?
- Non.
On a fredonné Amor de mis Amores ou La foule...
De mon coté je lui ai appris ce que signifiait Piaf en argot, il l'ignorait. Pourquoi je me rappelle de ce moment, de ce monsieur ? Il y a longtemps que j'ai oublié son visage mais 27 ans après je n'ai rien oublié de cette rencontre fortuite. Tellement insignifiante que je ne l'oublierai jamais...
Gracias, Amigo.
Embouteillages. On arrive, le trajet ne m'a pas paru long. J'ai pas trop mal dormi.
A la sortie d'un souterrain dans la banlieue de Santiago, quelques graffitis.
"Monica, occupe toi du missile de Bill"
C'était l'époque où Bill Clinton bombardait Belgrade et où il était emmerdé pour sa relation avec Monica Lewinski.
Il y avait un autre graffiti où Pinochet était surnommé Perrochet. C'est de ce graffiti anonyme que j'ai gardé ce surnom de Perrochet.
Me voilà de retour à Santiago. Je revois la gare routière. Je récupère mon sac à dos, toilette sommaire, lavage des dents, les passagers en partance ou à l'arrivée avant-après un long trajet, tout ce petit monde dans l'immense salle où se trouvent lavabos, chiottes, douches... pas très propres. Je chope un billet de bus pour Antofagasta, désert d'Atacama. Cette fois j'ai pris un Semi-Cama. Départ à 18h. Il me reste environ 6-8 heures à glander. Je laisse le sac à dos à la consigne de la gare.
Je vais me promener vers le Rio Mapocho, ou ce qu'il en reste, le Parque Quinta Normal. On y trouve de vieilles locos à vapeur, musée des chemins de fer.
Un immense parc avec des machines à vapeur et des wagon disséminées à droite à gauche.



Je suis assis sur un banc. Sur un autre banc, un vieux monsieur. Il s'approche de moi, on commence à discuter de tout de rien. Il me demande.
- Vous connaissez cette chanson, Amor de mis amores ?
- Bien sûr, un des grands classiques d'Edith Piaf, La foule.
- Vous saviez que Amor de mis Amores est l'originale, que c'est Piaf qui en a fait une reprise ?
- Non.
On a fredonné Amor de mis Amores ou La foule...
De mon coté je lui ai appris ce que signifiait Piaf en argot, il l'ignorait. Pourquoi je me rappelle de ce moment, de ce monsieur ? Il y a longtemps que j'ai oublié son visage mais 27 ans après je n'ai rien oublié de cette rencontre fortuite. Tellement insignifiante que je ne l'oublierai jamais...
Gracias, Amigo.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 16:00
#1198
Mardi. 18h. Santiago.
Je suis installé juste derrière le chauffeur. Semi-Cama. De quoi allonger les jambes. Départ de Santiago, embouteillages.
Il fait nuit. Le bus s'arrête à droite à gauche, on en profite pour aller pisser, fumer une clope, se dégourdir les guiboles. La Serena puis le Norte Chico. Le petit nord. C'est comme ça qu'on appelle le sud de l'Atacama.
Les rideaux du bus sont fermés, je vois le jour poindre, j'entrouvre mon rideau. Putain, ça y est, je suis dans l'Atacama. Minéral. Pas un brin d'herbe, pas un arbre. C'est pas plat. Ça monte, descend, à ma droite la Cordillère, plus majestueuse que je l'avais jamais vu. A gauche le Pacifique, des plages, des falaises.
C'est gigantesque. Je l'ignorais mais l'Atacama est un immense plateau qui commence à quelques centaines de mètres de l'océan, grimpe vite vers 2000 mètres d'altitude pour finir aux pieds des Andes.
Une grande descente. En bas, au bord de l'Océan, Antofagasta, la capitale de l'Atacama. Ville moderne, moche, industrieuse. Ici arrive en train une partie du cuivre chilien, du lithium bolivien.
Antofagasta




Je suis installé juste derrière le chauffeur. Semi-Cama. De quoi allonger les jambes. Départ de Santiago, embouteillages.
Il fait nuit. Le bus s'arrête à droite à gauche, on en profite pour aller pisser, fumer une clope, se dégourdir les guiboles. La Serena puis le Norte Chico. Le petit nord. C'est comme ça qu'on appelle le sud de l'Atacama.
Les rideaux du bus sont fermés, je vois le jour poindre, j'entrouvre mon rideau. Putain, ça y est, je suis dans l'Atacama. Minéral. Pas un brin d'herbe, pas un arbre. C'est pas plat. Ça monte, descend, à ma droite la Cordillère, plus majestueuse que je l'avais jamais vu. A gauche le Pacifique, des plages, des falaises.
C'est gigantesque. Je l'ignorais mais l'Atacama est un immense plateau qui commence à quelques centaines de mètres de l'océan, grimpe vite vers 2000 mètres d'altitude pour finir aux pieds des Andes.
Une grande descente. En bas, au bord de l'Océan, Antofagasta, la capitale de l'Atacama. Ville moderne, moche, industrieuse. Ici arrive en train une partie du cuivre chilien, du lithium bolivien.
Antofagasta




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AmerSoviet
836

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Septembre 2026 à 16:22
#1199
Mercredi. 8h du mat'.
Ça fait 2 jours que j'ai quitté Chiloe. Je commence à fatiguer. Je prends un billet pour Calama. A quelques heures d'Antofagasta. Autre bus. L'attente à l'ombre dans la gare routière. Un peu miteuse. Sur un banc. Je bouffe, bois, me lave les dents, toilette à l'arrache, chie, pisse. J'attends.
Calama est à côté de Chuquicamata, plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Un monstre mais 1/3 du PIB du Chili.
Il est midi, je quitte Antofagasta, dernière étape. Paysages comme j'aime, du désert, de la caillasse, des lignes de chemin de fer, des villes abandonnées. Je déguste malgré la fatigue. Je vois un patelin qui me botte bien, avec plein de locos à vapeur, à l'abandon. Je reviendrai. Baquedano.
Comme un con, quand on m'a demandé où j'allais à Calama j'ai répondu al terminal... au terminus. Sauf que le terminus est à 4 bornes du centre ville.
Lessivé, épuisé, j'ai marché comme un con depuis le terminal du bus jusqu'au centre ville, le sac à dos parait avoir pris du poids.
Calama

Pendant des années je me suis demandé où j'avais pu prendre cette photo.
Mercredi, 16 heures. Je suis parti depuis Lundi matin 10 heures. J'en peux plus. Je trouve un hôtel dans le centre ville de Calama. Un long couloir. De chaque coté des chambres avec une fenêtre donnant sur le couloir. Je balance mon sac à dos par terre, m'allonge sans retirer mes pompes, je me relâche quelques minutes avant de penser à la douche. Je suis épuisé. Je me suis toujours dit, depuis, qu'il fallait être très con pour décider de rallier une des régions les plus arides du monde depuis une des plus humides d'une traite alors qu'on a tout son temps... j'étais tellement pressé de voir l'Atacama... Ce vieux rêve.
La bise.
Ça fait 2 jours que j'ai quitté Chiloe. Je commence à fatiguer. Je prends un billet pour Calama. A quelques heures d'Antofagasta. Autre bus. L'attente à l'ombre dans la gare routière. Un peu miteuse. Sur un banc. Je bouffe, bois, me lave les dents, toilette à l'arrache, chie, pisse. J'attends.
Calama est à côté de Chuquicamata, plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Un monstre mais 1/3 du PIB du Chili.
Il est midi, je quitte Antofagasta, dernière étape. Paysages comme j'aime, du désert, de la caillasse, des lignes de chemin de fer, des villes abandonnées. Je déguste malgré la fatigue. Je vois un patelin qui me botte bien, avec plein de locos à vapeur, à l'abandon. Je reviendrai. Baquedano.
Comme un con, quand on m'a demandé où j'allais à Calama j'ai répondu al terminal... au terminus. Sauf que le terminus est à 4 bornes du centre ville.
Lessivé, épuisé, j'ai marché comme un con depuis le terminal du bus jusqu'au centre ville, le sac à dos parait avoir pris du poids.
Calama

Pendant des années je me suis demandé où j'avais pu prendre cette photo.
Mercredi, 16 heures. Je suis parti depuis Lundi matin 10 heures. J'en peux plus. Je trouve un hôtel dans le centre ville de Calama. Un long couloir. De chaque coté des chambres avec une fenêtre donnant sur le couloir. Je balance mon sac à dos par terre, m'allonge sans retirer mes pompes, je me relâche quelques minutes avant de penser à la douche. Je suis épuisé. Je me suis toujours dit, depuis, qu'il fallait être très con pour décider de rallier une des régions les plus arides du monde depuis une des plus humides d'une traite alors qu'on a tout son temps... j'étais tellement pressé de voir l'Atacama... Ce vieux rêve.
La bise.
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sonicsnap
93050

Posteur haute vélocité
Membre depuis 20 ans
07 Septembre 2026 à 13:44
#1200
Merci AS pour ce récit. Tu racontes super bien (ça je le savais!) et je ne parle pas des photos. On peut ainsi voyager mentalement. C'est formidable!

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