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Le Pub

Le Pub de l'Amérique Latine

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Le Pub de l'Amérique Latine
Salut.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...

Bienvenue.
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Petite précision, toutes les photos sont issues de mes archives personnelles. Elles sont celles de ce voyage.
C'est parti mon kiki... En train sur l'Altiplano, 2 appareils photos, un chargé en noir et blanc, l'autre en couleurs, des pellicules. Je sais déjà que je vais vivre des moments inoubliables, de ceux dont on rappellera chaque seconde des décennies plus tard.

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Mon logis pour les 3 jours du voyage. Un wagon des années 70, divisé en 2. Un 1/3 bar resto sommaire, 2/3 pour les passagers. 30, 40 passagers à peu près.
C'est plein. Il y a une deuxième voiture qui sera laissée avec ses passagers à San Antonio de Los Cobres.
A côté de moi, un jeune argentin. 25 ans. Pas très futé. Il m'explique fièrement qu'il est descendu à Salta pour voter. Le billet de train et lui a été payé par le candidat pour lequel il a voté.
Autre souvenir, il y avait dans le wagon un ado absolument fascinant. Une tignasse toute frisée, noire comme du charbon, il était un peu crade. Je lui trouvais quelque chose de magnétique. Il avait l'air triste ou faisait la tronche, je ne sais pas. Il avait une gueule comme on dit.
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La porte de la voiture n'est pas fermée à clé, je l'ouvre, m'assieds sur le marche pieds. Les 2 appareils autour du cou. Je changerai de côté selon les paysages. Mes envies. On quitte Salta lentement, il doit être 10 ou 11 heures... Vendredi matin.

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Je vais essayer de respecter la chronologie pour les photos... pas évident, mon seul point de repère est la végétation qui changera puis disparaitra au fur et à mesure qu'on monte vers la Cordillère.



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Tout un petit monde dans le train...
Je me rappelle de quelques uns.
Un français genre jeune cadre dynamique dont on se demande ce qu'il foutait là. Un peu comme si j'allais au Jockey Club avec mon jean troué, mes cheveux longs, mon T-Shirt informe et mes Doc Martens pas cirées.

Une jeune brésilienne et sa mère. La fille allait pas tarder à tomber sous le charme du jeune cadre dynamique après qu'il lui ait expliqué qu'il vivait à Rio, qu'il était pété de thune, qu'il adorait le Brésil, qu'il était juste dommage qu'on y trouve trop de pauvres qui sont des gens sales et qui puent... Elle a expliqué qu'elle ne faisait pas partie de cette caste malfaisante, qu'elle s'était faite refaire les nibards, retirer la cellulite, redresser le cul, étirer les guiboles, fait implanter des dents façon grand Steinway mais sans les 1/2 tons. Je reviendrai sur ce trio.

Un jeune couple d'argentins genre routards. Un jeune couple d'italiens, toujours routards. Une jeune femme aussi belge que ravissante. Un jeune français, Benoît, qui quittait l'Argentine pour retourner en Californie. Spécialiste en vignes, français, il faisait le tour du monde des patelins viticoles. 6 mois à 1 an dans chaque pays. Il avait déjà fait l'Australie et l'Afrique du Sud mais disait que pour engranger du fric avant de repartir pour de nouvelles aventures il lui fallait retourner en Californie quelques mois. 1 an en Argentine ne lui a pas rapporté de quoi tenir d'autres mois en vadrouille.
Les 2 argentins sus-cités plus haut, et d'autres... dont le fan de Diego Maradona qui nous a quittés ivre mort à San Antonio, j'y reviendrai.

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On avance au milieu d'une végétation semi aride.

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Ça grimpe un peu. Au fond des vallées, à flanc de colline, cahin-caha. Doucement. 50 km/h, pas plus. Les voitures passagers sont à l'arrière du convoi. D'ici à la loco une vingtaine de wagons de marchandise. On s'arrête dans une gare, on lâche quelques wagons, on en reprend. Des gares qui n'en sont pas vraiment, juste une voie de garage où sont rangés les wagons en attente, où d'autres vont être laissés. Y'a quoi dedans, j'en sais rien.
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Des cactus, comme chez Sergio Leone.
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Je suis toujours assis sur le marche pieds. Je mate, je suis heureux. Je trouve ça sublime.
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Le Z.
Ça commence à grimper sévère. Pour éviter d'avoir à contourner les montagnes et trop rallonger le trajet il existe des portions en Z. Le train avance sur une voie de garage. On change la direction d'une aiguille derrière, le train recule et monte, sous un tunnel, en ressortant il enquille une nouvelle de garage. Une fois le train entièrement sur la voie de garage on change de position la nouvelle aiguille en on repart de l'avant. Cette partie est ou était l'une des plus pentues au monde pour les trains sans crémaillère.
La voie de garage du bas du Z.
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La vie continue dans le train, ça grimpe toujours. on prend ses marques, des pauses dans la partie bar-resto... 1$ le café, des bouteilles d'eau, du pinard... j'en reparlerai du pinard. A manger c'est steak frites ou empanadas. Le taulier est affairé, il va faire son chiffre... Tout ce petit monde fait connaissance. On a encore un peu plus de 48 heures dans le train. A chaque halte, changements de wagons, on sort pisser, mater, se promener.
On est au fond de vallées, tantôt étroites, tantôt larges, le long d'une route ou d'une rivière, on passe des ponts, on enquille des tunnels. Ça brinquebale, ça bouge dans tous les sens. Avec le recul je me demande comment j'ai pas fait 100% de photos floues... Enfin si, je me rappelle très bien. Entre 2 secousses, clic-clac, merci Kodak... ou Ilford. Ce vendredi, ça donne ça comme paysages. Je suis déjà aux anges... et je n'ai encore rien vu.

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Et pis le voilà, le pont sur la Quebrada Del Toro. Le gouffre du taureau. On le passe lentement.
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Celle là, et d'autres, j'ai mis 20 ans avant de la montrer à mes parents... Leur tronche quand ils l'ont vue... Vous imaginez pourquoi.
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La végétation disparait petit à petit, moins touffue...
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On croise du monde sur les voies, on ne sait d'où ils viennent, on distingue des hameaux au loin paumés dans la campagne.





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