Le Pub de l'Amérique Latine
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Anonyme
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11 Avril 2014 à 09:29Le Pub de l'Amérique Latine
#1
Salut.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...
Bienvenue.
Si comme moi vous adorez ce continent, êtes fascinés par ses cultures, sa géographie. Son football, sa musique, sa littérature, sa politique actuelle ou passée. Que vous la connaissiez ou non, que vous l'aimiez ou la détestiez.
N'hésitez pas à poster, même si c'est pour en dire pis que pendre...
Venez nous faire partager vos expériences de voyage, du Rio Grande au Cap Horn, en passant par le Sertao brésilien ou les cordillères.
Des sierras mexicaines au canal de Panama. Le sujet est aussi vaste que ce continent, et peut être aussi passionnant.
Si ça vous chante d'y aller, il se trouvera bien un Afien pour vous filer quelques tuyaux...
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 14:45
#1151
Petite précision, toutes les photos sont issues de mes archives personnelles. Elles sont celles de ce voyage.
C'est parti mon kiki... En train sur l'Altiplano, 2 appareils photos, un chargé en noir et blanc, l'autre en couleurs, des pellicules. Je sais déjà que je vais vivre des moments inoubliables, de ceux dont on rappellera chaque seconde des décennies plus tard.

Mon logis pour les 3 jours du voyage. Un wagon des années 70, divisé en 2. Un 1/3 bar resto sommaire, 2/3 pour les passagers. 30, 40 passagers à peu près.
C'est plein. Il y a une deuxième voiture qui sera laissée avec ses passagers à San Antonio de Los Cobres.
A côté de moi, un jeune argentin. 25 ans. Pas très futé. Il m'explique fièrement qu'il est descendu à Salta pour voter. Le billet de train et lui a été payé par le candidat pour lequel il a voté.
Autre souvenir, il y avait dans le wagon un ado absolument fascinant. Une tignasse toute frisée, noire comme du charbon, il était un peu crade. Je lui trouvais quelque chose de magnétique. Il avait l'air triste ou faisait la tronche, je ne sais pas. Il avait une gueule comme on dit.
C'est parti mon kiki... En train sur l'Altiplano, 2 appareils photos, un chargé en noir et blanc, l'autre en couleurs, des pellicules. Je sais déjà que je vais vivre des moments inoubliables, de ceux dont on rappellera chaque seconde des décennies plus tard.

Mon logis pour les 3 jours du voyage. Un wagon des années 70, divisé en 2. Un 1/3 bar resto sommaire, 2/3 pour les passagers. 30, 40 passagers à peu près.
C'est plein. Il y a une deuxième voiture qui sera laissée avec ses passagers à San Antonio de Los Cobres.
A côté de moi, un jeune argentin. 25 ans. Pas très futé. Il m'explique fièrement qu'il est descendu à Salta pour voter. Le billet de train et lui a été payé par le candidat pour lequel il a voté.
Autre souvenir, il y avait dans le wagon un ado absolument fascinant. Une tignasse toute frisée, noire comme du charbon, il était un peu crade. Je lui trouvais quelque chose de magnétique. Il avait l'air triste ou faisait la tronche, je ne sais pas. Il avait une gueule comme on dit.
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 14:57
#1152
La porte de la voiture n'est pas fermée à clé, je l'ouvre, m'assieds sur le marche pieds. Les 2 appareils autour du cou. Je changerai de côté selon les paysages. Mes envies. On quitte Salta lentement, il doit être 10 ou 11 heures... Vendredi matin.

Je vais essayer de respecter la chronologie pour les photos... pas évident, mon seul point de repère est la végétation qui changera puis disparaitra au fur et à mesure qu'on monte vers la Cordillère.

Je vais essayer de respecter la chronologie pour les photos... pas évident, mon seul point de repère est la végétation qui changera puis disparaitra au fur et à mesure qu'on monte vers la Cordillère.
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 15:57
#1153
Tout un petit monde dans le train...
Je me rappelle de quelques uns.
Un français genre jeune cadre dynamique dont on se demande ce qu'il foutait là. Un peu comme si j'allais au Jockey Club avec mon jean troué, mes cheveux longs, mon T-Shirt informe et mes Doc Martens pas cirées.
Une jeune brésilienne et sa mère. La fille allait pas tarder à tomber sous le charme du jeune cadre dynamique après qu'il lui ait expliqué qu'il vivait à Rio, qu'il était pété de thune, qu'il adorait le Brésil, qu'il était juste dommage qu'on y trouve trop de pauvres qui sont des gens sales et qui puent... Elle a expliqué qu'elle ne faisait pas partie de cette caste malfaisante, qu'elle s'était faite refaire les nibards, retirer la cellulite, redresser le cul, étirer les guiboles, fait implanter des dents façon grand Steinway mais sans les 1/2 tons. Je reviendrai sur ce trio.
Un jeune couple d'argentins genre routards. Un jeune couple d'italiens, toujours routards. Une jeune femme aussi belge que ravissante. Un jeune français, Benoît, qui quittait l'Argentine pour retourner en Californie. Spécialiste en vignes, français, il faisait le tour du monde des patelins viticoles. 6 mois à 1 an dans chaque pays. Il avait déjà fait l'Australie et l'Afrique du Sud mais disait que pour engranger du fric avant de repartir pour de nouvelles aventures il lui fallait retourner en Californie quelques mois. 1 an en Argentine ne lui a pas rapporté de quoi tenir d'autres mois en vadrouille.
Les 2 argentins sus-cités plus haut, et d'autres... dont le fan de Diego Maradona qui nous a quittés ivre mort à San Antonio, j'y reviendrai.

Je me rappelle de quelques uns.
Un français genre jeune cadre dynamique dont on se demande ce qu'il foutait là. Un peu comme si j'allais au Jockey Club avec mon jean troué, mes cheveux longs, mon T-Shirt informe et mes Doc Martens pas cirées.
Une jeune brésilienne et sa mère. La fille allait pas tarder à tomber sous le charme du jeune cadre dynamique après qu'il lui ait expliqué qu'il vivait à Rio, qu'il était pété de thune, qu'il adorait le Brésil, qu'il était juste dommage qu'on y trouve trop de pauvres qui sont des gens sales et qui puent... Elle a expliqué qu'elle ne faisait pas partie de cette caste malfaisante, qu'elle s'était faite refaire les nibards, retirer la cellulite, redresser le cul, étirer les guiboles, fait implanter des dents façon grand Steinway mais sans les 1/2 tons. Je reviendrai sur ce trio.
Un jeune couple d'argentins genre routards. Un jeune couple d'italiens, toujours routards. Une jeune femme aussi belge que ravissante. Un jeune français, Benoît, qui quittait l'Argentine pour retourner en Californie. Spécialiste en vignes, français, il faisait le tour du monde des patelins viticoles. 6 mois à 1 an dans chaque pays. Il avait déjà fait l'Australie et l'Afrique du Sud mais disait que pour engranger du fric avant de repartir pour de nouvelles aventures il lui fallait retourner en Californie quelques mois. 1 an en Argentine ne lui a pas rapporté de quoi tenir d'autres mois en vadrouille.
Les 2 argentins sus-cités plus haut, et d'autres... dont le fan de Diego Maradona qui nous a quittés ivre mort à San Antonio, j'y reviendrai.

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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 16:11
#1154
On avance au milieu d'une végétation semi aride.

Ça grimpe un peu. Au fond des vallées, à flanc de colline, cahin-caha. Doucement. 50 km/h, pas plus. Les voitures passagers sont à l'arrière du convoi. D'ici à la loco une vingtaine de wagons de marchandise. On s'arrête dans une gare, on lâche quelques wagons, on en reprend. Des gares qui n'en sont pas vraiment, juste une voie de garage où sont rangés les wagons en attente, où d'autres vont être laissés. Y'a quoi dedans, j'en sais rien.

Ça grimpe un peu. Au fond des vallées, à flanc de colline, cahin-caha. Doucement. 50 km/h, pas plus. Les voitures passagers sont à l'arrière du convoi. D'ici à la loco une vingtaine de wagons de marchandise. On s'arrête dans une gare, on lâche quelques wagons, on en reprend. Des gares qui n'en sont pas vraiment, juste une voie de garage où sont rangés les wagons en attente, où d'autres vont être laissés. Y'a quoi dedans, j'en sais rien.
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AmerSoviet
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Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 16:20
#1155
Des cactus, comme chez Sergio Leone.

Je suis toujours assis sur le marche pieds. Je mate, je suis heureux. Je trouve ça sublime.


Je suis toujours assis sur le marche pieds. Je mate, je suis heureux. Je trouve ça sublime.

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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
03 Aout 2026 à 16:30
#1156
Le Z.
Ça commence à grimper sévère. Pour éviter d'avoir à contourner les montagnes et trop rallonger le trajet il existe des portions en Z. Le train avance sur une voie de garage. On change la direction d'une aiguille derrière, le train recule et monte, sous un tunnel, en ressortant il enquille une nouvelle de garage. Une fois le train entièrement sur la voie de garage on change de position la nouvelle aiguille en on repart de l'avant. Cette partie est ou était l'une des plus pentues au monde pour les trains sans crémaillère.
La voie de garage du bas du Z.


Ça commence à grimper sévère. Pour éviter d'avoir à contourner les montagnes et trop rallonger le trajet il existe des portions en Z. Le train avance sur une voie de garage. On change la direction d'une aiguille derrière, le train recule et monte, sous un tunnel, en ressortant il enquille une nouvelle de garage. Une fois le train entièrement sur la voie de garage on change de position la nouvelle aiguille en on repart de l'avant. Cette partie est ou était l'une des plus pentues au monde pour les trains sans crémaillère.
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Membre depuis 5 ans
05 Aout 2026 à 17:26 (modifié le 05 Aout 2026 à 17:27)
#1157
La vie continue dans le train, ça grimpe toujours. on prend ses marques, des pauses dans la partie bar-resto... 1$ le café, des bouteilles d'eau, du pinard... j'en reparlerai du pinard. A manger c'est steak frites ou empanadas. Le taulier est affairé, il va faire son chiffre... Tout ce petit monde fait connaissance. On a encore un peu plus de 48 heures dans le train. A chaque halte, changements de wagons, on sort pisser, mater, se promener.
On est au fond de vallées, tantôt étroites, tantôt larges, le long d'une route ou d'une rivière, on passe des ponts, on enquille des tunnels. Ça brinquebale, ça bouge dans tous les sens. Avec le recul je me demande comment j'ai pas fait 100% de photos floues... Enfin si, je me rappelle très bien. Entre 2 secousses, clic-clac, merci Kodak... ou Ilford. Ce vendredi, ça donne ça comme paysages. Je suis déjà aux anges... et je n'ai encore rien vu.



On est au fond de vallées, tantôt étroites, tantôt larges, le long d'une route ou d'une rivière, on passe des ponts, on enquille des tunnels. Ça brinquebale, ça bouge dans tous les sens. Avec le recul je me demande comment j'ai pas fait 100% de photos floues... Enfin si, je me rappelle très bien. Entre 2 secousses, clic-clac, merci Kodak... ou Ilford. Ce vendredi, ça donne ça comme paysages. Je suis déjà aux anges... et je n'ai encore rien vu.



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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
05 Aout 2026 à 17:37
#1158
Et pis le voilà, le pont sur la Quebrada Del Toro. Le gouffre du taureau. On le passe lentement.

Celle là, et d'autres, j'ai mis 20 ans avant de la montrer à mes parents... Leur tronche quand ils l'ont vue... Vous imaginez pourquoi.

La végétation disparait petit à petit, moins touffue...


On croise du monde sur les voies, on ne sait d'où ils viennent, on distingue des hameaux au loin paumés dans la campagne.

Celle là, et d'autres, j'ai mis 20 ans avant de la montrer à mes parents... Leur tronche quand ils l'ont vue... Vous imaginez pourquoi.

La végétation disparait petit à petit, moins touffue...


On croise du monde sur les voies, on ne sait d'où ils viennent, on distingue des hameaux au loin paumés dans la campagne.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 10:32 (modifié le 13 Aout 2026 à 10:33)
#1159
J'avais oublié les hameaux où nous sommes arrêtés, avons largué des passagers. J'ai oublié les noms de ces charmantes localités. Le convoi a 2 voitures passagers, tout à l'arrière. Elles appartiennent à la province de Salta et histoire de payer un peu le gouffre financier que représente ce train elles sont logotées Coca Cola et peintes en rouge et blanc.
La 1ère voiture fera l'aller et retour, y sont tous les touristes et ceux qui seront lâchés à Socompa, les militaires et douaniers punis et qui devront passer l'hiver tout là haut, à 4000 mètres d'altitude, dans le froid et la solitude de l'Altiplano à la frontière avec le Chili.
La 2ème voiture, une fois largués tous ses passagers locaux, restera à San Antonio de Los Cobres. Saint Antoine des cuivres.
Une gare quelque part, c'est animé...


Quelques mois plus tard, à Paris, j'ai rencontré la sosie de cette jeune femme... Brève histoire d'amour. Et encore plus tard, toujours en Amérique latine, lisant Héros et tombes d'Ernesto Sabato, écrivain argentin du 20ème siècle, je découvrais une description de cette jeune femme. Troublant...
La 1ère voiture fera l'aller et retour, y sont tous les touristes et ceux qui seront lâchés à Socompa, les militaires et douaniers punis et qui devront passer l'hiver tout là haut, à 4000 mètres d'altitude, dans le froid et la solitude de l'Altiplano à la frontière avec le Chili.
La 2ème voiture, une fois largués tous ses passagers locaux, restera à San Antonio de Los Cobres. Saint Antoine des cuivres.
Une gare quelque part, c'est animé...


Quelques mois plus tard, à Paris, j'ai rencontré la sosie de cette jeune femme... Brève histoire d'amour. Et encore plus tard, toujours en Amérique latine, lisant Héros et tombes d'Ernesto Sabato, écrivain argentin du 20ème siècle, je découvrais une description de cette jeune femme. Troublant...
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 10:40
#1160
Je suis toujours assis sur mon marche pieds, le jour baisse, des jolies lumières. On va contourner la colline pour passer sur le pont... 40 ou 50 km/h, jamais plus.


L'Altiplano commence vraiment. Ah oui, je fous une majuscule à Altiplano, il ne devrait pas y en avoir mais comme j'adore ce nom, qu'il me fait rêver et que je trouve ces paysages absolument sublimes... c'est comme ça et pas autrement.


L'Altiplano commence vraiment. Ah oui, je fous une majuscule à Altiplano, il ne devrait pas y en avoir mais comme j'adore ce nom, qu'il me fait rêver et que je trouve ces paysages absolument sublimes... c'est comme ça et pas autrement.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 11:11
#1161
Je reste de moins en moins sur mon marche pieds, avec le crépuscule le froid tombe, coupant, sec. Nous arrivons à San Antonio. On largue encore des passagers dont notre trio franco-brésilien. Notre trader français trouve ce voyage d'un chiant... des paysages qu'il en voit pas l'intérêt, il s'emmerde quoi. Pis surtout il aurait bien envie de conclure au pieu avec sa brésilienne. Ses nibards en silicone et ses guiboles compensées en titane ça l'a chauffé et elle le compte en banque et l'idée d'aller voir la Tour Eiffel elle en peut plus. Maman tient la chandelle... Bon courage pour trouver un hôtel à San Antonio ou alors en version miteuse, très miteuse.
Ça y est, la voiture de queue est larguée, on va pas tarder à reprendre la route. Je suis assis peinard. Eclairage blafard, sièges en Skaï, parés pour la nuit.
Un argentin pas mal bourré m'interpelle.
- Tu viens d'où, gringo ?
- France.
- Ah, France... Michel Platini. Nous on a Diego Maradona.
Il n'évoque pas Zidane et les Bleus de 98 qui viennent d'être champions du monde.
- Hein, qui ça ?
- Ben, Diego Maradona, tu connais pas ???????!!!!!!!!
- Non, jamais entendu ce nom.
- Tu déconnes ? Diego Maradona, le plus grand footballeur de tous les temps, la main de dieu, tout ça, un saint homme. Après Jésus bien sûr.
Le mec est complètement bourré, il pue et suinte le pinard vendu par citernes et plus trafiqué que du kérosène de contrebande.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis dit que j'allais lui faire rater la descente du train, prochain arrêt on ne sait où, en pleine nuit dans le froid altiplanique avec son petit pull on va vite le retrouver congelé... et décongelé sur le retour en revenant à Salta.
Tous ceux qui parlent l'espagnol dans le wagon sont pliés de rire, ils ont compris que je me foutais de sa gueule. Lui, non... ne pas connaitre Diego Maradona, c'est pas possible, je suis martien.
- Putain, mais Diego Maradona quoi... je connais bien Michel Platini.
- Comment tu dis ?
- Diego Maradona. T'es con ou tu te fous de ma gueule ?
J'ai envie de lui répondre "réponse B". Il est titubant. On entend le sifflet du train, on est prêt à repartir.
Je continue à le chauffer. C'est pas très dur...
- Ah oui, Diego Maradona... j'ai déjà entendu ce nom mais je savais pas qu'il était footballeur, pour moi c'était le mec qui passait son temps à sniffer les lignes de touche sur les terrains de foot pensant que c'était de la coke. Il jouait au foot aussi ? Tu m'en apprends de belles.
- Hein, quoi ????? Jamais Diego n'a touché à la drogue, jamais.
Il est chaud là... bien brulant.
Dernier coup de sifflet de la loco... fort heureusement un de ses potes ne le voyant descendre est venu le chercher dans la voiture.
_
Ça y est, la voiture de queue est larguée, on va pas tarder à reprendre la route. Je suis assis peinard. Eclairage blafard, sièges en Skaï, parés pour la nuit.
Un argentin pas mal bourré m'interpelle.
- Tu viens d'où, gringo ?
- France.
- Ah, France... Michel Platini. Nous on a Diego Maradona.
Il n'évoque pas Zidane et les Bleus de 98 qui viennent d'être champions du monde.
- Hein, qui ça ?
- Ben, Diego Maradona, tu connais pas ???????!!!!!!!!
- Non, jamais entendu ce nom.
- Tu déconnes ? Diego Maradona, le plus grand footballeur de tous les temps, la main de dieu, tout ça, un saint homme. Après Jésus bien sûr.
Le mec est complètement bourré, il pue et suinte le pinard vendu par citernes et plus trafiqué que du kérosène de contrebande.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis dit que j'allais lui faire rater la descente du train, prochain arrêt on ne sait où, en pleine nuit dans le froid altiplanique avec son petit pull on va vite le retrouver congelé... et décongelé sur le retour en revenant à Salta.
Tous ceux qui parlent l'espagnol dans le wagon sont pliés de rire, ils ont compris que je me foutais de sa gueule. Lui, non... ne pas connaitre Diego Maradona, c'est pas possible, je suis martien.
- Putain, mais Diego Maradona quoi... je connais bien Michel Platini.
- Comment tu dis ?
- Diego Maradona. T'es con ou tu te fous de ma gueule ?
J'ai envie de lui répondre "réponse B". Il est titubant. On entend le sifflet du train, on est prêt à repartir.
Je continue à le chauffer. C'est pas très dur...
- Ah oui, Diego Maradona... j'ai déjà entendu ce nom mais je savais pas qu'il était footballeur, pour moi c'était le mec qui passait son temps à sniffer les lignes de touche sur les terrains de foot pensant que c'était de la coke. Il jouait au foot aussi ? Tu m'en apprends de belles.
- Hein, quoi ????? Jamais Diego n'a touché à la drogue, jamais.
Il est chaud là... bien brulant.
Dernier coup de sifflet de la loco... fort heureusement un de ses potes ne le voyant descendre est venu le chercher dans la voiture.
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Posteur haute vélocité
Membre depuis 19 ans
13 Aout 2026 à 12:18
#1162
T'as pas honte de blasphémer saint Maradona?
Ça me fait toujours marrer ces footeux qui croient que le monde entier crève d'admiration pour leur idole et qu'il suffit de prononcer son nom pour que l'interlocuteur quel qu'il soit tombe à genoux. Là, ça ne marche pas et le type n'y comprends rien. Il n'était pas programmé pour cette éventualité. Enfin heureusement que ça n'ait pas tourné à l'empoignade!
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 13:25
#1163
T'inquiète, Sonic, le type était tellement beurré qu'il m'aurait suffit de lui souffler dessus pour qu'il tombe... Les autres argentins avaient vite compris mon manège...
Alors il fait nuit. Dommage pour les paysages. Je me mets quand même à la fenêtre, je vois un peu grâce aux phares de la loco. On devine des étendues plates ou des parties creusées entre des collines, ça reste fascinant. On commence à se peler dans le wagon. Y'a bien un chauffage genre grille pain au plafond et en plein milieu mais il ne réchauffe que vaguement ceux dessous...
En attendant tout le monde squatte le bar, on se goinfre d'empanadas, des beignets fourrés à tout et n'importe quoi. Le taulier a tout pour cuisiner, frigo, gazinière sans oublier le frigo pour les bières, le coca et la flotte. Il a une réserve conséquente de boissons.
Je tente un vin argentin. Je m'en rappelle encore de celui là... un Termidor Blanc, en brique. Alléchant. Le goût ? C'est au Chablis ce que le gasoil est à la Romanée Conti. Ça rape le palais, décrasse le gosier, brûle le tube digestif. C'est avec un truc dans le genre que le fan de Diego s'était pinté. Efficace et pas cher.
La jeune belge et Benoît le français sont partis avec le strict minimum comme fringues. Genre un petit pull léger. Ils avaient pas percuté que ça montait à plus de 4000 mètres et que les nuits sont fraiches en haute altitude. Heureusement j'avais pas laissé toutes mes fringues à l'hôtel Alem, Calle Sagarnaga à La Paz.
Je me suis foutu dans mon duvet, ai prêté pull et polaire. Pour ce qui est de dormir... bof. Ça bouge dans tous les sens, il fait pas plus de 5 ou 6 degrés dans le wagon. Les fauteuils sont aussi confortables que ceux des trains de banlieue des années 70. Tout ce petit monde somnole, chuchote ou picole et fume dans le bar.
Alors il fait nuit. Dommage pour les paysages. Je me mets quand même à la fenêtre, je vois un peu grâce aux phares de la loco. On devine des étendues plates ou des parties creusées entre des collines, ça reste fascinant. On commence à se peler dans le wagon. Y'a bien un chauffage genre grille pain au plafond et en plein milieu mais il ne réchauffe que vaguement ceux dessous...
En attendant tout le monde squatte le bar, on se goinfre d'empanadas, des beignets fourrés à tout et n'importe quoi. Le taulier a tout pour cuisiner, frigo, gazinière sans oublier le frigo pour les bières, le coca et la flotte. Il a une réserve conséquente de boissons.
Je tente un vin argentin. Je m'en rappelle encore de celui là... un Termidor Blanc, en brique. Alléchant. Le goût ? C'est au Chablis ce que le gasoil est à la Romanée Conti. Ça rape le palais, décrasse le gosier, brûle le tube digestif. C'est avec un truc dans le genre que le fan de Diego s'était pinté. Efficace et pas cher.
La jeune belge et Benoît le français sont partis avec le strict minimum comme fringues. Genre un petit pull léger. Ils avaient pas percuté que ça montait à plus de 4000 mètres et que les nuits sont fraiches en haute altitude. Heureusement j'avais pas laissé toutes mes fringues à l'hôtel Alem, Calle Sagarnaga à La Paz.
Je me suis foutu dans mon duvet, ai prêté pull et polaire. Pour ce qui est de dormir... bof. Ça bouge dans tous les sens, il fait pas plus de 5 ou 6 degrés dans le wagon. Les fauteuils sont aussi confortables que ceux des trains de banlieue des années 70. Tout ce petit monde somnole, chuchote ou picole et fume dans le bar.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 13:35
#1164
Il fait froid, j'ai picolé un peu, ça rate pas, j'ai envie de pisser. J'arrive au chiotte...
Aïe. Dedans température négative, ça brinquebale tellement dans tous les sens qu'il y a 1 bon centimètre de pisse par terre, mélangée à de l'eau et peut être aussi un peu de merde... Le tout bien gelé. Heureusement le sol est métallique avec des petits ergots. Et à droite de la cuvette y'a une bienvenue barre en acier pour se tenir.
Un bon coup de talon pour casser la glace. Chaque pied. Je me tiens à la barre. Maintenant il faut, sans glisser ni lâcher la barre, se déboutonner et pisser.
D'une main dans un shaker sur une patinoire c'est pas si facile. Comme je suis bien élevé j'ai la prétention de pas pisser à côté ni de me faire dessus. Chier ?
J'y pense même pas.
J'ai quand même réussi... à pas me pisser dessus. Le lavage des mains ? Allons pas de gros mots, y'a belle lurette que la réserve du petit lavabo est vide.
J'y suis retourné 3 ou 4 fois. La magie du Termidor blanc.
Aïe. Dedans température négative, ça brinquebale tellement dans tous les sens qu'il y a 1 bon centimètre de pisse par terre, mélangée à de l'eau et peut être aussi un peu de merde... Le tout bien gelé. Heureusement le sol est métallique avec des petits ergots. Et à droite de la cuvette y'a une bienvenue barre en acier pour se tenir.
Un bon coup de talon pour casser la glace. Chaque pied. Je me tiens à la barre. Maintenant il faut, sans glisser ni lâcher la barre, se déboutonner et pisser.
D'une main dans un shaker sur une patinoire c'est pas si facile. Comme je suis bien élevé j'ai la prétention de pas pisser à côté ni de me faire dessus. Chier ?
J'y pense même pas.
J'ai quand même réussi... à pas me pisser dessus. Le lavage des mains ? Allons pas de gros mots, y'a belle lurette que la réserve du petit lavabo est vide.
J'y suis retourné 3 ou 4 fois. La magie du Termidor blanc.
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 13:47
#1165
Le jour se lève, on est tous un peu claqués, personne n'a vraiment dormi. Somnolence par alternance. On attend que le taulier émerge, il a dormi sur un matelas posé derrière le comptoir. On s'arrête dans des coins paumés. Boutdumondesques comme Caipe.

Ou d'autres aux pieds des volcans andins.

C'est joli.

Vous remarquerez que derrière la loco ce ne sont plus les mêmes wagons. Là c'est probablement du lithium. En partance pour le port chilien d'Antofagasta.


Ou d'autres aux pieds des volcans andins.

C'est joli.

Vous remarquerez que derrière la loco ce ne sont plus les mêmes wagons. Là c'est probablement du lithium. En partance pour le port chilien d'Antofagasta.

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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 13:54
#1166
Hommage à la loco full mazout qui nous a trimballés, le genre d'engin qui grimpe aux arbres avec 20 wagons au cul...



Les chauffeurs ont un wagon de marchandise dédié. Dedans c'est tout confort... enfin presque. Lits, chauffage, de quoi se faire à bouffer. Je parlerai d'eux plus tard.



Les chauffeurs ont un wagon de marchandise dédié. Dedans c'est tout confort... enfin presque. Lits, chauffage, de quoi se faire à bouffer. Je parlerai d'eux plus tard.
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AmerSoviet
803

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 14:10
#1167
Tolar Grande au petit matin. A l'époque ce gros village minier et ferroviaire était à moitié à l'abandon. Quelques habitants, employés du chemin de fer. On s'arrête faire le plein. Notre bistrotier prépare le café et les empanadas. On sort pisser... Les rares filles du wagon trouvent un coin un peu isolé. Chier ? Non toujours pas...
Tolar Grande, c'est là que descend un des argentins, celui qui est allé voter. Tolar Grande j'ai trouvé ça grandiose. Ah putain, le soleil qui se lève sur la cordillère derrière le hangar à locos. Il faisait encore frisquet, se réchauffait lentement.

Coup de flood photo sur Tolar Grande...






Tolar Grande, c'est là que descend un des argentins, celui qui est allé voter. Tolar Grande j'ai trouvé ça grandiose. Ah putain, le soleil qui se lève sur la cordillère derrière le hangar à locos. Il faisait encore frisquet, se réchauffait lentement.

Coup de flood photo sur Tolar Grande...






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AmerSoviet
803

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 14:23
#1168
Toujours Tolar Grande. Les chauffeurs font le plein, on monte dans la loco, ils nous montrent comment elle marche, on discute. L'arrêt dure 2 bonnes heures. Tant mieux, je profite.


On repart... samedi matin, on a 12 heures de spectacle en VistaVision et Panavision qui se préparent. Le grandiose, le sublime c'est pour aujourd'hui. On sera tous comme des gosses dans le wagon. On passe d'un côté à l'autre pour pas en perdre une miette. On est tous excités. Quel spectacle. J'ai les 2 appareils autour du cou, N&B et couleurs, du 28mm au 400mm. Y'a pas à tortiller, le train pour mater le paysage y'a rien de mieux surtout quand on peut se foutre sur le marche pied et que ça avance moins vite qu'un bourrin de course...


On repart... samedi matin, on a 12 heures de spectacle en VistaVision et Panavision qui se préparent. Le grandiose, le sublime c'est pour aujourd'hui. On sera tous comme des gosses dans le wagon. On passe d'un côté à l'autre pour pas en perdre une miette. On est tous excités. Quel spectacle. J'ai les 2 appareils autour du cou, N&B et couleurs, du 28mm au 400mm. Y'a pas à tortiller, le train pour mater le paysage y'a rien de mieux surtout quand on peut se foutre sur le marche pied et que ça avance moins vite qu'un bourrin de course...
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 14:34
#1169
12 heures à mater ça...








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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 14:51 (modifié le 13 Aout 2026 à 15:01)
#1170
12 heures de magie pure. Des couleurs, des paysages comme j'en rêvais depuis longtemps. Je sais pas si les photos rendent bien ce que j'ai pu voir... il reste ma mémoire. Elle n'a pas enjolivé, j'ai vécu ces 3 jours en état de quasi béatitude mystique. J'ai fait ce voyage sans en perdre une miette.
Samedi en fin d'après midi, on arrive à Socompa à la frontière avec le Chili. De l'autre coté c'est le désert d'Atacama puis le Pacifique. Impossible de passer la frontière. On laisse des wagons qui iront sur le port d'Antofagasta dans quelques heures ou jours ou semaines... Je rêverais de poursuivre le trajet. Je me suis déjà promené un peu dans l'Atacama quelques semaines plus tôt mais c'était en bus.
Socompa, le soleil se couche sur l'Altiplano.


Au pied du volcan.

J'ai découvert des années plus tard qu'à San Pedro de Atacama, en matant plein sud, on voyait le volcan Socompa. Alors j'ai regardé avec nostalgie.
Allez, la nuit est tombée, on fait demi tour, retour vers Salta. Arrivée dimanche entre 14h et 20h, à peu près. J'ai toujours pas chié. Depuis vendredi matin.
Petite info wiki, Socompa est à 3800 mètres d'altitude et son volcan à 6000. Le point culminant du trajet est à 4330.
Samedi en fin d'après midi, on arrive à Socompa à la frontière avec le Chili. De l'autre coté c'est le désert d'Atacama puis le Pacifique. Impossible de passer la frontière. On laisse des wagons qui iront sur le port d'Antofagasta dans quelques heures ou jours ou semaines... Je rêverais de poursuivre le trajet. Je me suis déjà promené un peu dans l'Atacama quelques semaines plus tôt mais c'était en bus.
Socompa, le soleil se couche sur l'Altiplano.


Au pied du volcan.

J'ai découvert des années plus tard qu'à San Pedro de Atacama, en matant plein sud, on voyait le volcan Socompa. Alors j'ai regardé avec nostalgie.
Allez, la nuit est tombée, on fait demi tour, retour vers Salta. Arrivée dimanche entre 14h et 20h, à peu près. J'ai toujours pas chié. Depuis vendredi matin.
Petite info wiki, Socompa est à 3800 mètres d'altitude et son volcan à 6000. Le point culminant du trajet est à 4330.
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AmerSoviet
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Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 15:15
#1171
Dernière nuit dans le train. Sans picoler. Lever du soleil, autres paysages. Ou presque...




Je passe plus de temps sur le marche pied, je suis mélancolique mais heureux. Putain, je l'ai fait. Je profite des dernières heures. J'ai pas envie de parler, juste de déguster. Y'en a qui font l'Everest ou qui gagnent la coupe du monde de foot moi je voulais simplement voir l'Altiplano depuis un train. 3 jours, j'en reviens pas.




Je passe plus de temps sur le marche pied, je suis mélancolique mais heureux. Putain, je l'ai fait. Je profite des dernières heures. J'ai pas envie de parler, juste de déguster. Y'en a qui font l'Everest ou qui gagnent la coupe du monde de foot moi je voulais simplement voir l'Altiplano depuis un train. 3 jours, j'en reviens pas.
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Ekladam
13565

Drogué·e à l’AFéine
Membre depuis 22 ans
13 Aout 2026 à 15:36
#1172
Les photos et le récit sont magnifiques et évocateurs . 
Merci ,
Merci ,
Ex Prétextat .
Comment tu peux t'égarer si c'est toi le chemin ...
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AmerSoviet
803

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
13 Aout 2026 à 15:39
#1173
Dernière petite aventure dans le train. Plus personne n'a de clopes, ni les passagers ni le bistrotier. Heureusement on arrive à San Antonio de Los Cobres, dernière étape importante avant l'arrivée à Salta. On se dit qu'obligé, à la gare y'aura une petite boutique ouverte. La fameuse tienda latino-américaine où on trouve de tout. PQ, clopes, alcool, fruits, ampoules, lessive, conserves. Ben non, rien. Dimanche, il doit être 14h...
Je descends du train, mate, rien d'ouvert... le village est à un bon kilomètre de la gare. Merde. Un type que je voyais dans le wagon du personnel, ou se dégourdissant les guiboles aux haltes, depuis notre départ de Salta m'interpelle...
- Qu'est que tu cherches ?
- Une tienda où acheter des clopes, plus personne n'en a dans le train.
- Ben viens, on descend à San Antonio en chercher, c'est qu'à 1/4 d'heure à pied. Moi faut que j'achète du pain.
- Ouais, et si le train se barre ?
- Ça risque pas, c'est moi le chauffeur, j'ai le dernier tour de conduite jusqu'à Salta.
- On arrive à quelle heure à Salta ?
- Entre 18h et 23h, si y'a des pannes, des animaux sur la voie, si les freins tiennent bon... on verra.
On est descendu à San Antonio, on a trouvé une tienda et du pain, que je lui ai offert... avec plaisir.
De retour dans le wagon...
- Qui veut des clopes ?
- C'est cool, merci à toi mais t'as eu du bol que le train soit pas reparti sans toi...
- Ça risquait pas, le chauffeur voulait du pain.
On est arrivé à Salta vers 18h, j'ai pris la première petite auberge de jeunesse venue. Dimanche 19 heures, j'ai pas chié depuis Vendredi 6 heures du mat'...
Je vous l'avais dit que le Tren a las Nubes en version Tren de carga c'était que de la magie.
Fin de l'histoire, ce n'était qu'un brouillon, j'ai fait ce que j'ai pu.
Il n'y avait pas d'internet à l'époque, j'envoyais de temps en temps un fax à mes parents. Je me rappelle de ce que je leur ai écrit à mon retour à Salta.
"Vous voyez le train en Corse vers Vizzavona et Corté, bien, le train des nuages c'est un peu pareil mais 3 jours à l'échelle de la Cordillère des Andes."
Je descends du train, mate, rien d'ouvert... le village est à un bon kilomètre de la gare. Merde. Un type que je voyais dans le wagon du personnel, ou se dégourdissant les guiboles aux haltes, depuis notre départ de Salta m'interpelle...
- Qu'est que tu cherches ?
- Une tienda où acheter des clopes, plus personne n'en a dans le train.
- Ben viens, on descend à San Antonio en chercher, c'est qu'à 1/4 d'heure à pied. Moi faut que j'achète du pain.
- Ouais, et si le train se barre ?
- Ça risque pas, c'est moi le chauffeur, j'ai le dernier tour de conduite jusqu'à Salta.
- On arrive à quelle heure à Salta ?
- Entre 18h et 23h, si y'a des pannes, des animaux sur la voie, si les freins tiennent bon... on verra.
On est descendu à San Antonio, on a trouvé une tienda et du pain, que je lui ai offert... avec plaisir.
De retour dans le wagon...
- Qui veut des clopes ?
- C'est cool, merci à toi mais t'as eu du bol que le train soit pas reparti sans toi...
- Ça risquait pas, le chauffeur voulait du pain.
On est arrivé à Salta vers 18h, j'ai pris la première petite auberge de jeunesse venue. Dimanche 19 heures, j'ai pas chié depuis Vendredi 6 heures du mat'...
Je vous l'avais dit que le Tren a las Nubes en version Tren de carga c'était que de la magie.
Fin de l'histoire, ce n'était qu'un brouillon, j'ai fait ce que j'ai pu.
Il n'y avait pas d'internet à l'époque, j'envoyais de temps en temps un fax à mes parents. Je me rappelle de ce que je leur ai écrit à mon retour à Salta.
"Vous voyez le train en Corse vers Vizzavona et Corté, bien, le train des nuages c'est un peu pareil mais 3 jours à l'échelle de la Cordillère des Andes."
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Ouatisit
4724

Squatteur·euse d’AF
Membre depuis 3 ans
13 Aout 2026 à 16:07
#1174
De belles photos magnifiées par le récit de ce périple.
Les ponts, la locomotive semblant sortir d’une époque ancestrale, monstre d’acier que rien ne semble pouvoir arrêter, les paysages grandioses que l’on a peine à imaginer l’immensité, des villages isolés dont on se demande pourquoi des gens ont choisi d’y habiter, que font ils, quels sont leurs loisirs, quel est leur rapport au temps qui semble suspendu.
Merci AmerSoviet
Les ponts, la locomotive semblant sortir d’une époque ancestrale, monstre d’acier que rien ne semble pouvoir arrêter, les paysages grandioses que l’on a peine à imaginer l’immensité, des villages isolés dont on se demande pourquoi des gens ont choisi d’y habiter, que font ils, quels sont leurs loisirs, quel est leur rapport au temps qui semble suspendu.
Merci AmerSoviet
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- eklektik38
AmerSoviet
803

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 5 ans
17 Aout 2026 à 10:00 (modifié le 17 Aout 2026 à 10:01)
#1175
Je vais essayer de répondre à ta question... D'abord je rappelle que ce voyage est de 1999. Avant internet. Pourquoi vivent-ils là haut ? J'ai 2 réponses possibles. Des populations Aymara ou Quechua. Là haut c'est leur territoire ancestrale, leur culture, pas sûr qu'ils soient bien accueillis ou acceptés en bas. C'est aussi sûrement un choix.
L'autre réponse possible est qu'il y a du boulot dans le chemin de fer, un peu de culture vivrière, un peu de mine.
Arte avait sorti en 98 un reportage appelé "le Transandino" sur le train Salta-Socompa. Le titre était une erreur cause que le Transandino était le train qui partait de Santiago, passait par le Paso Libertadores au pied de l'Aconcagua pour aller vers Mendoza et la Pampa. Ça fera l'objet d'autres posts... Mais passons... Je n'arrive pas à retrouver ce reportage dans les Internet. Dommage, il aurait fait un superbe complément à mes photos. Et vous y auriez vu la gueule du bistrotier du Tren a las Nubes. Et des interviews étonnantes dont un type qui vivait en ermite dans les régions les plus reculées du trajet. Ça répondait à une partie de tes questions.
Le rapport à la culture, aux loisirs et au temps... Bonne question. Déjà je crois qu'il faut oublier nos propres critères ou biais. Je ne sais même pas s'ils avaient la télé là haut à l'époque. J'dis pas que la télé c'est de la culture mais ça peut en être un début. Peut être qu'à Tolar Grande on trouvait un gus qui pouvait passer des VHS pirates défraichies sur un antique magnétoscope... Une mini bibliothèque dans l'école avec quelques livres ? N'oublions pas non plus que ces régions n'avaient pas beaucoup d'intérêt pour les gouvernements argentins... sauf si on trouve des minerais. Et ça en regorge. Cuivre, lithium etc etc... Donc la culture selon nos critères on oublie.
Le rapport au temps et à la culture ? Ceux ici qui sont assez vieux pour avoir connu des grands parents ou arrières grands parents qui vivaient dans les campagnes d'avant la guerre de 14 comprendront.
Je suis pas très explicite mais je ne sais pas comment répondre à ta question.
L'autre réponse possible est qu'il y a du boulot dans le chemin de fer, un peu de culture vivrière, un peu de mine.
Arte avait sorti en 98 un reportage appelé "le Transandino" sur le train Salta-Socompa. Le titre était une erreur cause que le Transandino était le train qui partait de Santiago, passait par le Paso Libertadores au pied de l'Aconcagua pour aller vers Mendoza et la Pampa. Ça fera l'objet d'autres posts... Mais passons... Je n'arrive pas à retrouver ce reportage dans les Internet. Dommage, il aurait fait un superbe complément à mes photos. Et vous y auriez vu la gueule du bistrotier du Tren a las Nubes. Et des interviews étonnantes dont un type qui vivait en ermite dans les régions les plus reculées du trajet. Ça répondait à une partie de tes questions.
Le rapport à la culture, aux loisirs et au temps... Bonne question. Déjà je crois qu'il faut oublier nos propres critères ou biais. Je ne sais même pas s'ils avaient la télé là haut à l'époque. J'dis pas que la télé c'est de la culture mais ça peut en être un début. Peut être qu'à Tolar Grande on trouvait un gus qui pouvait passer des VHS pirates défraichies sur un antique magnétoscope... Une mini bibliothèque dans l'école avec quelques livres ? N'oublions pas non plus que ces régions n'avaient pas beaucoup d'intérêt pour les gouvernements argentins... sauf si on trouve des minerais. Et ça en regorge. Cuivre, lithium etc etc... Donc la culture selon nos critères on oublie.
Le rapport au temps et à la culture ? Ceux ici qui sont assez vieux pour avoir connu des grands parents ou arrières grands parents qui vivaient dans les campagnes d'avant la guerre de 14 comprendront.
Je suis pas très explicite mais je ne sais pas comment répondre à ta question.
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