réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?
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Coramel
8137

Administrateur·trice du site
Membre depuis 23 ans
25 Juin 2026 à 17:00Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?
#1
Plugins qui mixent seuls, IA compositeurs et studios transformés en Airbnb : le milieu de l'audio est sous tension. Entre l'automatisation des tâches techniques et l'émergence de la création générative, nos métiers sont-ils condamnés ?
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Eliot33
221

Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 7 ans
15 Juillet 2026 à 17:20
#276
Citation de saturix (voir le message) :
Un autre avantage des discussions avec chatgpt, c'est qu'il est toujours bienveillant
C'est normal, il a été conçu pour faire plaisir à son utilisateur, quitte parfois à inventer le nom du mec recordman de la traversée de la Manche en courant.
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Eliot33
221

Posteur·euse AFfiné·e
Membre depuis 7 ans
15 Juillet 2026 à 17:27
#277
Citation de Shreddator (voir le message) :
Le coût écologique de cette technologie est un vrai problème, c'est malhonnête de dire que ceux qui s'y opposent ont juste peur du progrès technique
C'est vrai et faux à la fois. D'abord parce qu'à part les vidéos de chats qui conduisent des buggies assistés d'un raton laveur et d'un basset, il existe aussi des usages avec des générateurs locaux, qui consomment l'équivalent d'une requête lambda et qui garde l'apprentissage local.
Dans les domaines spécialisés (comme la compo par exemple), on peut tout à fait imaginer un hardware avec son IA intégrée ; ça arrive.
Les mini PC l'intègrent pour certains (pour l'instant encore chers).
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Shreddator
2988

Squatteur·euse d’AF
Membre depuis 20 ans
15 Juillet 2026 à 17:40
#278
Certes on peut faire tourner une IA en local mais l'entraînement des modèles demande des puissances bien plus importantes que ce qu'un particulier peut avoir (sans parler des armées de travailleurs du clic payés une misère). Le seul apprentissage qui est envisageable en local c'est du fine tuning de modèle pré-entraîné
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Belford
80

Posteur·euse AFfranchi·e
Membre depuis 7 mois
15 Juillet 2026 à 17:44 (modifié le 15 Juillet 2026 à 19:39)
#279
synthwalker,
Pour l'impact des BAR, il y a l'ouvrage Dancing to the Drum Machine: How Electronic Percussion Conquered the World, Dan LeRoy, 2023, Bloomsbury.
Pour l'impact du numérique sur la désindustrialisation des studios il y a Reformatted: Code, Networks, and the Transformation of the Music Industry, Andrew Leyshon, 2014, OUP. Le livre reprend les recherches de son article sur le "Software Slump"
Pour l'impact des BAR, il y a l'ouvrage Dancing to the Drum Machine: How Electronic Percussion Conquered the World, Dan LeRoy, 2023, Bloomsbury.
Pour l'impact du numérique sur la désindustrialisation des studios il y a Reformatted: Code, Networks, and the Transformation of the Music Industry, Andrew Leyshon, 2014, OUP. Le livre reprend les recherches de son article sur le "Software Slump"
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chapolin
10831

Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
15 Juillet 2026 à 19:00
#280
Citation de synthwalker (voir le message) :
Il serait intéressant de trouver des chiffres sur l'évolution du nombre d'orchestres, de batteurs et de studios pro en positionnant l'arrivée du sampleur, de la BAR et de pro-Tools.
Il y a des chercheurs en musicologie, des départements universitaires qui traitent de la musique, cela à peut-être déjà fait l'objet d'études ou est en cours ?
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synthwalker
12399

Rédacteur·trice
Membre depuis 23 ans
15 Juillet 2026 à 19:13
#281
darklinux
799

Posteur·euse AFfolé·e
Membre depuis 11 ans
15 Juillet 2026 à 19:38
#282
Citation de chapolin (voir le message) :
Citation de synthwalker (voir le message) :Il serait intéressant de trouver des chiffres sur l'évolution du nombre d'orchestres, de batteurs et de studios pro en positionnant l'arrivée du sampleur, de la BAR et de pro-Tools.
Il y a des chercheurs en musicologie, des départements universitaires qui traitent de la musique, cela à peut-être déjà fait l'objet d'études ou est en cours ?
Il dois bien y avoir un ou deux studies depuis le temps
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chapolin
10831

Professionnel·le de l’audio
Membre depuis 22 ans
15 Juillet 2026 à 23:05 (modifié le 15 Juillet 2026 à 23:12)
#283
Citation de synthwalker (voir le message) :
Ou un simple prompt IA bien senti pour sortir le graphique ?![]()
A vos claviers vous avez 4h !
Ma petite contribution, cadeau :
Spoiler - Cliquer ici pour lire la suite
Moi :
Bonjour, y-a-t-il des recherches dans le domaine musical pour évaluer l'impact des technologies sur les métiers de la musique ? Plus précisément à quel point, au cours de l'histoire, la technologie à occasionné des pertes d'emplois (dans les orchestres, studios, écoles ...
L'IA :
Bonjour ! Oui, c'est même un domaine de recherche assez actif. Il se situe à la croisée de l'économie de la culture, de la sociologie du travail, de l'histoire des techniques et de la musicologie. Les chercheurs s'intéressent depuis longtemps à la façon dont chaque innovation technologique modifie les métiers de la musique. La conclusion générale est assez nuancée : les technologies détruisent certains emplois, en transforment beaucoup d'autres, et en créent également de nouveaux. Mais les transitions peuvent être très douloureuses pour les professions concernées.
On peut retracer cette évolution sur plus d'un siècle.
## 1. Le phonographe et le disque (fin XIXe - début XXe siècle)
Avant l'enregistrement sonore, toute musique était jouée en direct.
Des milliers de musiciens travaillaient :
* dans les cafés,
* les hôtels,
* les restaurants,
* les théâtres,
* les bals,
* les salons privés.
L'arrivée du disque a permis de remplacer progressivement des musiciens par un appareil.
Les historiens estiment que les pertes d'emploi ont été importantes, mais elles sont difficiles à quantifier précisément.
En parallèle sont apparus de nouveaux métiers :
* ingénieur du son,
* technicien de gravure,
* producteurs,
* usines de pressage,
* maisons de disques.
Le bilan n'était donc pas uniquement négatif, mais les emplois n'étaient plus les mêmes.
---
## 2. Le cinéma parlant (années 1927-1935)
C'est probablement l'un des exemples les mieux documentés.
Avant le cinéma parlant :
chaque salle possédait souvent
* un pianiste,
* un organiste,
* parfois un petit orchestre.
Aux États-Unis seulement, plusieurs dizaines de milliers de musiciens accompagnaient les films.
Après l'arrivée du film sonore :
la majorité de ces emplois disparaît en quelques années.
L'American Federation of Musicians a beaucoup documenté cette crise.
C'est probablement la plus grande destruction brutale d'emplois musicaux de l'histoire moderne.
---
## 3. Les synthétiseurs (années 1970-1980)
Les premiers synthétiseurs remplacent parfois :
* les sections de cordes,
* les cuivres,
* certains percussionnistes.
Dans la musique populaire, un seul clavier peut reproduire :
* un orchestre à cordes,
* un chœur,
* une section de cuivres.
Les syndicats de musiciens américains ont dénoncé cette évolution dès les années 1970.
Cependant, les synthétiseurs créent aussi :
* des claviéristes spécialisés,
* des concepteurs de sons (sound designers),
* des fabricants d'instruments électroniques.
---
## 4. Le MIDI (1983)
L'apparition du protocole MIDI transforme totalement les studios.
Avant :
un arrangeur faisait appel à plusieurs musiciens.
Après :
un seul musicien peut programmer plusieurs pistes.
Les studios réduisent leurs effectifs.
En revanche apparaissent :
* programmateurs MIDI,
* compositeurs assistés par ordinateur,
* développeurs de banques de sons.
---
## 5. Les stations audionumériques (DAW)
Logiciels comme Pro Tools, Cubase, Logic ou Reaper.
Avant :
un grand studio pouvait employer :
* assistants,
* techniciens,
* monteurs sur bande,
* spécialistes du mixage analogique.
Aujourd'hui :
un producteur indépendant travaille souvent seul.
De nombreuses études montrent une baisse du nombre de grands studios commerciaux.
Mais une explosion des home studios.
---
## 6. Les banques de sons orchestrales
C'est un sujet très étudié.
Des bibliothèques comme Spitfire Audio, Vienna Symphonic Library ou EastWest permettent de simuler un orchestre entier.
Conséquences :
* moins de musiciens engagés pour les maquettes,
* moins de sessions de démonstration,
* réduction des petits ensembles enregistrés.
En revanche :
les grandes musiques de films continuent souvent d'utiliser de vrais orchestres pour le rendu final.
---
## 7. L'autotune
L'Autotune a réduit une partie du travail :
* des coachs vocaux en studio,
* des multiples prises de correction.
Mais il a créé :
* de nouveaux styles musicaux,
* de nouvelles spécialités de post-production.
---
## 8. L'intelligence artificielle (2020-...)
C'est aujourd'hui le sujet le plus étudié.
Les chercheurs examinent son impact sur :
* les compositeurs,
* les arrangeurs,
* les musiciens de studio,
* les illustrateurs sonores,
* les créateurs de jingles,
* les enseignants.
Les premières études suggèrent que les tâches les plus standardisées (musiques d'ambiance, habillages sonores simples, démonstrations, etc.) sont les plus susceptibles d'être automatisées, tandis que les activités reposant sur la création originale, l'interprétation en direct, la direction artistique ou la relation avec un public restent plus difficiles à remplacer.
## Qu'en est-il des orchestres ?
Le cas des orchestres symphoniques est intéressant.
Ils n'ont pas disparu malgré :
* le disque,
* la radio,
* la télévision,
* Internet,
* le streaming.
Pourquoi ?
Parce qu'ils vendent une expérience vivante.
En revanche :
* les orchestres de cinéma ont presque disparu,
* beaucoup d'orchestres de radio ont été réduits,
* les orchestres de danse des hôtels ont fortement diminué.
Les grands orchestres permanents subsistent, mais les opportunités pour les musiciens "de service" se sont raréfiées.
## Existe-t-il des chiffres ?
C'est la partie la plus difficile.
Il n'existe pratiquement aucune étude capable de dire :
> "la technologie X a détruit exactement Y emplois."
Les raisons sont multiples :
* les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent complètement ;
* plusieurs innovations se succèdent et leurs effets se mêlent (enregistrement, radio, télévision, informatique, Internet...) ;
* les statistiques sur les professions artistiques sont souvent incomplètes ou agrégées.
En revanche, il existe des études de cas très solides. Par exemple :
* la disparition rapide des musiciens accompagnant les films muets après l'arrivée du cinéma parlant ;
* la baisse de l'emploi dans les grands studios d'enregistrement avec la démocratisation des stations audionumériques ;
* le recul des orchestres permanents de radio dans plusieurs pays au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
## Quelques chercheurs de référence
Si le sujet vous intéresse, voici quelques auteurs souvent cités :
* William J. Baumol, connu pour la théorie de la « maladie des coûts » dans les arts du spectacle.
* Alan B. Krueger, qui a étudié l'économie de l'industrie musicale.
* David Hesmondhalgh, spécialiste du travail dans les industries culturelles.
* Richard Caves, auteur de travaux de référence sur les industries créatives.
Ce qui est frappant lorsqu'on parcourt l'histoire, c'est que les innovations les plus « destructrices » n'ont pas forcément été celles qui remplaçaient le mieux les musiciens, mais celles qui permettaient de diffuser une même interprétation à très grande échelle. Le disque, la radio et le cinéma parlant ont supprimé des milliers de prestations locales parce qu'un seul enregistrement pouvait être entendu simultanément par des millions de personnes. Les technologies numériques et l'IA prolongent cette logique, mais avec une automatisation croissante de certaines étapes de création et de production.
Si vous aimez les approches quantitatives, je peux également vous présenter les rares études qui tentent d'estimer les pertes d'emplois par grande révolution technologique (cinéma parlant, synthétiseurs, home studios, IA), avec les ordres de grandeur proposés par les historiens et les économistes.
Moi:
Oui, merci d'avance
L'IA:
Avec plaisir ! C'est un sujet qui me passionne également, car il permet de comparer ce que l'on craignait avant chaque révolution technologique avec ce qui s'est réellement produit. Les chiffres sont souvent moins simples qu'on ne l'imagine.
Voici les cas les mieux documentés.
---
# 1. Le cinéma parlant : la plus grande destruction d'emplois musicaux connue
Avant 1927, pratiquement chaque cinéma employait des musiciens.
On estime qu'aux États-Unis :
* environ **20 000 à 25 000 pianistes**
* **5 000 à 10 000 organistes**
* plusieurs **dizaines de milliers de musiciens d'orchestre**
jouaient quotidiennement.
Lorsque *The Jazz Singer* sort en 1927, la transition est fulgurante.
En moins de cinq ans :
* la majorité des orchestres de cinéma disparaît ;
* de nombreux musiciens doivent changer de métier ou se reconvertir ;
* certains deviennent professeurs, d'autres rejoignent les radios ou les studios, mais beaucoup quittent définitivement la profession.
Les historiens de la musique considèrent souvent cet épisode comme **la plus importante destruction d'emplois directement imputable à une technologie dans toute l'histoire de la musique**.
---
# 2. Les pianos mécaniques (1900-1930)
Avant le disque, les familles engageaient parfois un pianiste pour les réceptions.
Puis arrivent :
* le pianola,
* les rouleaux perforés,
* les jukebox.
Des études américaines montrent une baisse importante du nombre de musiciens employés dans les hôtels et restaurants.
En revanche, l'industrie de fabrication des rouleaux de musique crée plusieurs milliers d'emplois industriels.
On observe donc un déplacement des emplois plus qu'une disparition totale.
---
# 3. La radio
On pourrait croire que la radio a supprimé énormément d'emplois.
En réalité...
Elle en crée aussi beaucoup.
Dans les années 1930-1950, les radios nationales entretiennent leurs propres orchestres :
* BBC Orchestra,
* NBC Symphony,
* Radio France,
* Radio Berlin,
* etc.
Des centaines de musiciens obtiennent même un emploi stable grâce à la radio.
Mais à partir des années 1970-1990, les enregistrements remplacent progressivement les orchestres permanents de nombreuses stations.
---
# 4. Les synthétiseurs
Dans les années 1980, les syndicats américains s'inquiètent énormément.
Un exemple célèbre :
Autrefois, enregistrer une chanson pop impliquait parfois :
* 12 violons,
* 4 altos,
* 4 violoncelles,
* 2 contrebasses.
Soit plus de **20 musiciens**.
Avec un synthétiseur moderne :
un seul claviériste reproduit une section de cordes acceptable.
Certaines études estiment que les **sessions de cordes à Hollywood ont diminué de 30 à 50 %** pendant les années 1980, même si elles n'ont jamais disparu complètement.
---
# 5. Les stations audionumériques (DAW)
Avant Pro Tools :
un studio pouvait employer :
* un ingénieur principal ;
* un assistant ;
* un second assistant ;
* un monteur sur bande ;
* un technicien de maintenance ;
* parfois un coursier.
Aujourd'hui :
beaucoup d'albums sont réalisés par une ou deux personnes dans un home studio.
Les chercheurs parlent ici de **désintermédiation** : plusieurs métiers intermédiaires disparaissent parce que les outils deviennent accessibles à une seule personne.
---
# 6. Les banques orchestrales
C'est probablement le cas le plus étudié actuellement.
Pour les musiques de films ou de jeux vidéo :
Dans les années 1990 :
une maquette nécessitait souvent :
* 15 à 40 musiciens.
Aujourd'hui :
un compositeur prépare seul une maquette très réaliste.
Le vrai orchestre n'est engagé qu'à la fin... ou pas du tout lorsque le budget est limité.
Les premiers emplois touchés sont donc les musiciens de séance et les orchestrateurs intervenant sur des productions modestes.
---
# 7. Le streaming
Le streaming n'a pas supprimé directement des emplois de musiciens, mais il a profondément transformé la répartition du travail.
Une étude récente de l'Université d'Oxford montre par exemple que :
* 77 % des musiciens interrogés gagnent moins de 10 000 € par an grâce à leur activité musicale ;
* 69 % déclarent consacrer davantage de temps qu'auparavant à la promotion de leur musique sur les réseaux sociaux ;
* près d'un quart passent plus de la moitié de leur temps de travail à des tâches annexes (communication, organisation de tournées, gestion de communauté, etc.). ([oii.ox.ac.uk][1])
Autrement dit, une partie du temps autrefois consacré à la création est aujourd'hui absorbée par des activités de visibilité.
---
# 8. L'intelligence artificielle
Nous sommes encore trop près des événements pour disposer de statistiques solides.
En revanche, plusieurs études distinguent déjà les métiers selon leur niveau d'exposition.
Les plus vulnérables semblent être :
* création de musiques d'illustration ;
* jingles publicitaires ;
* musique d'attente téléphonique ;
* habillages sonores ;
* premières maquettes ;
* certaines tâches de mixage ou de mastering standardisées.
Les activités les moins exposées restent pour l'instant :
* les concerts ;
* les orchestres ;
* l'enseignement instrumental ;
* la direction artistique ;
* les interprétations de haut niveau.
Le Centre national de la musique souligne d'ailleurs que l'IA représente à la fois des opportunités de productivité et des risques pour certains métiers, ce qui rejoint les analyses internationales. ([le CNM : Centre national de la musique][2])
---
# Ce qui m'a le plus surpris en lisant ces travaux
En regardant un siècle d'histoire, on remarque que les technologies **ne remplacent presque jamais "la musique"**.
Elles remplacent surtout les **prestations répétitives**.
Par exemple :
| Technologie | Emplois les plus touchés |
| -------------------- | ------------------------------------------------------------------ |
| Disque | Musiciens de café, restaurant, hôtel |
| Cinéma parlant | Musiciens de cinéma |
| Synthétiseur | Musiciens de séance |
| DAW | Assistants de studio, monteurs |
| Banques orchestrales | Musiciens de maquettes |
| IA | Compositeurs de musique fonctionnelle, certaines tâches techniques |
À l'inverse, les activités où l'on paie pour une présence humaine (concerts, enseignement, direction artistique, interprétation de haut niveau) résistent beaucoup mieux.
---
## Une idée qui revient souvent dans les recherches
Les économistes décrivent une sorte de « pyramide » des métiers musicaux.
À chaque innovation, **la base de la pyramide** (les prestations nombreuses mais relativement interchangeables) tend à se réduire, tandis que **le sommet** (les artistes très reconnus, les grands interprètes, les chefs d'orchestre, les compositeurs de renom) est souvent préservé, voire renforcé par la capacité des nouvelles technologies à diffuser leur travail à une très grande échelle.
Cela conduit à une concentration accrue : quelques artistes peuvent toucher un public mondial, tandis que les occasions de travail pour les professionnels intermédiaires deviennent plus rares.
Je pense qu'il y aurait d'ailleurs un sujet de recherche passionnant consistant à comparer **chaque grande révolution technologique** (imprimerie musicale, phonographe, radio, télévision, synthétiseur, informatique, Internet, IA) sous le même angle : *combien d'emplois a-t-elle supprimés, combien en a-t-elle créés, et dans quels métiers ?* On obtiendrait une histoire économique de la musique sur plus de cinq siècles, et il est étonnant qu'un tel panorama soit encore relativement rare dans la littérature scientifique.
[1]: https://www.oii.ox.ac.uk/news-events/reports/musicians-at-work-in-the-platform-and-ai-era/ "OII | Musicians at Work in the Platform and AI Era"
[2]: https://cnm.fr/actus/etude-sur-lia-dans-la-filiere-musicale/ "Étude sur l'IA dans la filière musicale - Le CNM : Centre national de la musique"
Bonjour, y-a-t-il des recherches dans le domaine musical pour évaluer l'impact des technologies sur les métiers de la musique ? Plus précisément à quel point, au cours de l'histoire, la technologie à occasionné des pertes d'emplois (dans les orchestres, studios, écoles ...
L'IA :
Bonjour ! Oui, c'est même un domaine de recherche assez actif. Il se situe à la croisée de l'économie de la culture, de la sociologie du travail, de l'histoire des techniques et de la musicologie. Les chercheurs s'intéressent depuis longtemps à la façon dont chaque innovation technologique modifie les métiers de la musique. La conclusion générale est assez nuancée : les technologies détruisent certains emplois, en transforment beaucoup d'autres, et en créent également de nouveaux. Mais les transitions peuvent être très douloureuses pour les professions concernées.
On peut retracer cette évolution sur plus d'un siècle.
## 1. Le phonographe et le disque (fin XIXe - début XXe siècle)
Avant l'enregistrement sonore, toute musique était jouée en direct.
Des milliers de musiciens travaillaient :
* dans les cafés,
* les hôtels,
* les restaurants,
* les théâtres,
* les bals,
* les salons privés.
L'arrivée du disque a permis de remplacer progressivement des musiciens par un appareil.
Les historiens estiment que les pertes d'emploi ont été importantes, mais elles sont difficiles à quantifier précisément.
En parallèle sont apparus de nouveaux métiers :
* ingénieur du son,
* technicien de gravure,
* producteurs,
* usines de pressage,
* maisons de disques.
Le bilan n'était donc pas uniquement négatif, mais les emplois n'étaient plus les mêmes.
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## 2. Le cinéma parlant (années 1927-1935)
C'est probablement l'un des exemples les mieux documentés.
Avant le cinéma parlant :
chaque salle possédait souvent
* un pianiste,
* un organiste,
* parfois un petit orchestre.
Aux États-Unis seulement, plusieurs dizaines de milliers de musiciens accompagnaient les films.
Après l'arrivée du film sonore :
la majorité de ces emplois disparaît en quelques années.
L'American Federation of Musicians a beaucoup documenté cette crise.
C'est probablement la plus grande destruction brutale d'emplois musicaux de l'histoire moderne.
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## 3. Les synthétiseurs (années 1970-1980)
Les premiers synthétiseurs remplacent parfois :
* les sections de cordes,
* les cuivres,
* certains percussionnistes.
Dans la musique populaire, un seul clavier peut reproduire :
* un orchestre à cordes,
* un chœur,
* une section de cuivres.
Les syndicats de musiciens américains ont dénoncé cette évolution dès les années 1970.
Cependant, les synthétiseurs créent aussi :
* des claviéristes spécialisés,
* des concepteurs de sons (sound designers),
* des fabricants d'instruments électroniques.
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## 4. Le MIDI (1983)
L'apparition du protocole MIDI transforme totalement les studios.
Avant :
un arrangeur faisait appel à plusieurs musiciens.
Après :
un seul musicien peut programmer plusieurs pistes.
Les studios réduisent leurs effectifs.
En revanche apparaissent :
* programmateurs MIDI,
* compositeurs assistés par ordinateur,
* développeurs de banques de sons.
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## 5. Les stations audionumériques (DAW)
Logiciels comme Pro Tools, Cubase, Logic ou Reaper.
Avant :
un grand studio pouvait employer :
* assistants,
* techniciens,
* monteurs sur bande,
* spécialistes du mixage analogique.
Aujourd'hui :
un producteur indépendant travaille souvent seul.
De nombreuses études montrent une baisse du nombre de grands studios commerciaux.
Mais une explosion des home studios.
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## 6. Les banques de sons orchestrales
C'est un sujet très étudié.
Des bibliothèques comme Spitfire Audio, Vienna Symphonic Library ou EastWest permettent de simuler un orchestre entier.
Conséquences :
* moins de musiciens engagés pour les maquettes,
* moins de sessions de démonstration,
* réduction des petits ensembles enregistrés.
En revanche :
les grandes musiques de films continuent souvent d'utiliser de vrais orchestres pour le rendu final.
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## 7. L'autotune
L'Autotune a réduit une partie du travail :
* des coachs vocaux en studio,
* des multiples prises de correction.
Mais il a créé :
* de nouveaux styles musicaux,
* de nouvelles spécialités de post-production.
---
## 8. L'intelligence artificielle (2020-...)
C'est aujourd'hui le sujet le plus étudié.
Les chercheurs examinent son impact sur :
* les compositeurs,
* les arrangeurs,
* les musiciens de studio,
* les illustrateurs sonores,
* les créateurs de jingles,
* les enseignants.
Les premières études suggèrent que les tâches les plus standardisées (musiques d'ambiance, habillages sonores simples, démonstrations, etc.) sont les plus susceptibles d'être automatisées, tandis que les activités reposant sur la création originale, l'interprétation en direct, la direction artistique ou la relation avec un public restent plus difficiles à remplacer.
## Qu'en est-il des orchestres ?
Le cas des orchestres symphoniques est intéressant.
Ils n'ont pas disparu malgré :
* le disque,
* la radio,
* la télévision,
* Internet,
* le streaming.
Pourquoi ?
Parce qu'ils vendent une expérience vivante.
En revanche :
* les orchestres de cinéma ont presque disparu,
* beaucoup d'orchestres de radio ont été réduits,
* les orchestres de danse des hôtels ont fortement diminué.
Les grands orchestres permanents subsistent, mais les opportunités pour les musiciens "de service" se sont raréfiées.
## Existe-t-il des chiffres ?
C'est la partie la plus difficile.
Il n'existe pratiquement aucune étude capable de dire :
> "la technologie X a détruit exactement Y emplois."
Les raisons sont multiples :
* les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent complètement ;
* plusieurs innovations se succèdent et leurs effets se mêlent (enregistrement, radio, télévision, informatique, Internet...) ;
* les statistiques sur les professions artistiques sont souvent incomplètes ou agrégées.
En revanche, il existe des études de cas très solides. Par exemple :
* la disparition rapide des musiciens accompagnant les films muets après l'arrivée du cinéma parlant ;
* la baisse de l'emploi dans les grands studios d'enregistrement avec la démocratisation des stations audionumériques ;
* le recul des orchestres permanents de radio dans plusieurs pays au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
## Quelques chercheurs de référence
Si le sujet vous intéresse, voici quelques auteurs souvent cités :
* William J. Baumol, connu pour la théorie de la « maladie des coûts » dans les arts du spectacle.
* Alan B. Krueger, qui a étudié l'économie de l'industrie musicale.
* David Hesmondhalgh, spécialiste du travail dans les industries culturelles.
* Richard Caves, auteur de travaux de référence sur les industries créatives.
Ce qui est frappant lorsqu'on parcourt l'histoire, c'est que les innovations les plus « destructrices » n'ont pas forcément été celles qui remplaçaient le mieux les musiciens, mais celles qui permettaient de diffuser une même interprétation à très grande échelle. Le disque, la radio et le cinéma parlant ont supprimé des milliers de prestations locales parce qu'un seul enregistrement pouvait être entendu simultanément par des millions de personnes. Les technologies numériques et l'IA prolongent cette logique, mais avec une automatisation croissante de certaines étapes de création et de production.
Si vous aimez les approches quantitatives, je peux également vous présenter les rares études qui tentent d'estimer les pertes d'emplois par grande révolution technologique (cinéma parlant, synthétiseurs, home studios, IA), avec les ordres de grandeur proposés par les historiens et les économistes.
Moi:
Oui, merci d'avance
L'IA:
Avec plaisir ! C'est un sujet qui me passionne également, car il permet de comparer ce que l'on craignait avant chaque révolution technologique avec ce qui s'est réellement produit. Les chiffres sont souvent moins simples qu'on ne l'imagine.
Voici les cas les mieux documentés.
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# 1. Le cinéma parlant : la plus grande destruction d'emplois musicaux connue
Avant 1927, pratiquement chaque cinéma employait des musiciens.
On estime qu'aux États-Unis :
* environ **20 000 à 25 000 pianistes**
* **5 000 à 10 000 organistes**
* plusieurs **dizaines de milliers de musiciens d'orchestre**
jouaient quotidiennement.
Lorsque *The Jazz Singer* sort en 1927, la transition est fulgurante.
En moins de cinq ans :
* la majorité des orchestres de cinéma disparaît ;
* de nombreux musiciens doivent changer de métier ou se reconvertir ;
* certains deviennent professeurs, d'autres rejoignent les radios ou les studios, mais beaucoup quittent définitivement la profession.
Les historiens de la musique considèrent souvent cet épisode comme **la plus importante destruction d'emplois directement imputable à une technologie dans toute l'histoire de la musique**.
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# 2. Les pianos mécaniques (1900-1930)
Avant le disque, les familles engageaient parfois un pianiste pour les réceptions.
Puis arrivent :
* le pianola,
* les rouleaux perforés,
* les jukebox.
Des études américaines montrent une baisse importante du nombre de musiciens employés dans les hôtels et restaurants.
En revanche, l'industrie de fabrication des rouleaux de musique crée plusieurs milliers d'emplois industriels.
On observe donc un déplacement des emplois plus qu'une disparition totale.
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# 3. La radio
On pourrait croire que la radio a supprimé énormément d'emplois.
En réalité...
Elle en crée aussi beaucoup.
Dans les années 1930-1950, les radios nationales entretiennent leurs propres orchestres :
* BBC Orchestra,
* NBC Symphony,
* Radio France,
* Radio Berlin,
* etc.
Des centaines de musiciens obtiennent même un emploi stable grâce à la radio.
Mais à partir des années 1970-1990, les enregistrements remplacent progressivement les orchestres permanents de nombreuses stations.
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# 4. Les synthétiseurs
Dans les années 1980, les syndicats américains s'inquiètent énormément.
Un exemple célèbre :
Autrefois, enregistrer une chanson pop impliquait parfois :
* 12 violons,
* 4 altos,
* 4 violoncelles,
* 2 contrebasses.
Soit plus de **20 musiciens**.
Avec un synthétiseur moderne :
un seul claviériste reproduit une section de cordes acceptable.
Certaines études estiment que les **sessions de cordes à Hollywood ont diminué de 30 à 50 %** pendant les années 1980, même si elles n'ont jamais disparu complètement.
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# 5. Les stations audionumériques (DAW)
Avant Pro Tools :
un studio pouvait employer :
* un ingénieur principal ;
* un assistant ;
* un second assistant ;
* un monteur sur bande ;
* un technicien de maintenance ;
* parfois un coursier.
Aujourd'hui :
beaucoup d'albums sont réalisés par une ou deux personnes dans un home studio.
Les chercheurs parlent ici de **désintermédiation** : plusieurs métiers intermédiaires disparaissent parce que les outils deviennent accessibles à une seule personne.
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# 6. Les banques orchestrales
C'est probablement le cas le plus étudié actuellement.
Pour les musiques de films ou de jeux vidéo :
Dans les années 1990 :
une maquette nécessitait souvent :
* 15 à 40 musiciens.
Aujourd'hui :
un compositeur prépare seul une maquette très réaliste.
Le vrai orchestre n'est engagé qu'à la fin... ou pas du tout lorsque le budget est limité.
Les premiers emplois touchés sont donc les musiciens de séance et les orchestrateurs intervenant sur des productions modestes.
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# 7. Le streaming
Le streaming n'a pas supprimé directement des emplois de musiciens, mais il a profondément transformé la répartition du travail.
Une étude récente de l'Université d'Oxford montre par exemple que :
* 77 % des musiciens interrogés gagnent moins de 10 000 € par an grâce à leur activité musicale ;
* 69 % déclarent consacrer davantage de temps qu'auparavant à la promotion de leur musique sur les réseaux sociaux ;
* près d'un quart passent plus de la moitié de leur temps de travail à des tâches annexes (communication, organisation de tournées, gestion de communauté, etc.). ([oii.ox.ac.uk][1])
Autrement dit, une partie du temps autrefois consacré à la création est aujourd'hui absorbée par des activités de visibilité.
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# 8. L'intelligence artificielle
Nous sommes encore trop près des événements pour disposer de statistiques solides.
En revanche, plusieurs études distinguent déjà les métiers selon leur niveau d'exposition.
Les plus vulnérables semblent être :
* création de musiques d'illustration ;
* jingles publicitaires ;
* musique d'attente téléphonique ;
* habillages sonores ;
* premières maquettes ;
* certaines tâches de mixage ou de mastering standardisées.
Les activités les moins exposées restent pour l'instant :
* les concerts ;
* les orchestres ;
* l'enseignement instrumental ;
* la direction artistique ;
* les interprétations de haut niveau.
Le Centre national de la musique souligne d'ailleurs que l'IA représente à la fois des opportunités de productivité et des risques pour certains métiers, ce qui rejoint les analyses internationales. ([le CNM : Centre national de la musique][2])
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# Ce qui m'a le plus surpris en lisant ces travaux
En regardant un siècle d'histoire, on remarque que les technologies **ne remplacent presque jamais "la musique"**.
Elles remplacent surtout les **prestations répétitives**.
Par exemple :
| Technologie | Emplois les plus touchés |
| -------------------- | ------------------------------------------------------------------ |
| Disque | Musiciens de café, restaurant, hôtel |
| Cinéma parlant | Musiciens de cinéma |
| Synthétiseur | Musiciens de séance |
| DAW | Assistants de studio, monteurs |
| Banques orchestrales | Musiciens de maquettes |
| IA | Compositeurs de musique fonctionnelle, certaines tâches techniques |
À l'inverse, les activités où l'on paie pour une présence humaine (concerts, enseignement, direction artistique, interprétation de haut niveau) résistent beaucoup mieux.
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## Une idée qui revient souvent dans les recherches
Les économistes décrivent une sorte de « pyramide » des métiers musicaux.
À chaque innovation, **la base de la pyramide** (les prestations nombreuses mais relativement interchangeables) tend à se réduire, tandis que **le sommet** (les artistes très reconnus, les grands interprètes, les chefs d'orchestre, les compositeurs de renom) est souvent préservé, voire renforcé par la capacité des nouvelles technologies à diffuser leur travail à une très grande échelle.
Cela conduit à une concentration accrue : quelques artistes peuvent toucher un public mondial, tandis que les occasions de travail pour les professionnels intermédiaires deviennent plus rares.
Je pense qu'il y aurait d'ailleurs un sujet de recherche passionnant consistant à comparer **chaque grande révolution technologique** (imprimerie musicale, phonographe, radio, télévision, synthétiseur, informatique, Internet, IA) sous le même angle : *combien d'emplois a-t-elle supprimés, combien en a-t-elle créés, et dans quels métiers ?* On obtiendrait une histoire économique de la musique sur plus de cinq siècles, et il est étonnant qu'un tel panorama soit encore relativement rare dans la littérature scientifique.
[1]: https://www.oii.ox.ac.uk/news-events/reports/musicians-at-work-in-the-platform-and-ai-era/ "OII | Musicians at Work in the Platform and AI Era"
[2]: https://cnm.fr/actus/etude-sur-lia-dans-la-filiere-musicale/ "Étude sur l'IA dans la filière musicale - Le CNM : Centre national de la musique"
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