À l’instar de Fender qui a décliné plusieurs de ses amplis phares dans des versions numériques, EVH a présenté en décembre 2025 son 5150 III Hypersonic 6L6. Ce combo entièrement numérique reprend les sonorités, la puissance et la dynamique du 5150 III 6L6, dans un ampli plus léger. Voyons ensemble si ce nouveau combo tient toutes ses promesses.
Le p’tit nouveau
Le 5150 III Hypersonic 6L6 de la marque américaine EVH placée sous l’égide du géant Fender est un combo de 56.5cm X 62.2cm X 31.1cm. 

Au dos de notre combo du jour se trouvent de gauche à droite : le switch de mise sous tension, le switch pour couper le son et jouer silencieusement, la sortie casque sur Jack TRS, l’entrée MIDI IN sur connecteur DIN à cinq broches, un port USB-C avec son petit bouton permettant la mise à jour du firmware de l’ampli, une fiche RJ45 pour le footswitch à cinq boutons fourni, la boucle d’effets sur Jack, un sélecteur de puissance à six positions (50W, 35W, 25W, 15W, 5W et 1W) et les bloc dédié à la sortie directe (switch de sélection d’IR : OFF, 1 ou 2), le réglage de niveau de la sortie directe, le switch de mise à la terre et la fiche XLR. Aucune sortie pour connecter l’ampli à une enceinte externe n’est présente, c’est dommage. Comme son grand frère entièrement à lampes, le 5150 III Hypersonic 6L6 est équipé d’un haut-parleur Celestion EVH G12H Anniversary de 12 pouces. Ce haut-parleur d’une puissance admissible de 30 Watts confère sa voix à l’ampli, j’y reviendrai. Le gros carton dans lequel repose l’ampli accueille également le footswitch à cinq boutons (One, Two, Three, Reverb, Effects). Ce dernier est assez léger et semble plutôt robuste. Il est accompagné d’un câble RJ45 permettant de le connecter à l’ampli. Malgré son poids assez réduit, ce footswitch est très volumineux et occupera pas mal d’espace sur votre pedalboard. Le nom de l’ampli est assez curieux, surtout la mention « 6L6 » qui fait référence aux lampes de puissance, or l’ampli est complétement numérique. EVH sortira probablement une version numérique du 5150 III EL34 dans le futur, d’où cette dénomination assez étonnante.
Le son des lampes ?
Après avoir inspecté l’ampli sous toutes les coutures, je commence le test avec le canal One dédié aux sons « clairs ». Pour régler ce canal, on utilise les potentiomètres concentriques inférieurs qui sont assez compliqués à manipuler. En tournant ces réglages inférieurs, les potentiomètres supérieurs tournent aussi et dérèglent donc le canal Two. Ces réglages concentriques sont très serrés, ils deviennent peut-être plus souples avec le temps. J’ai commencé par écouter l’ampli avec le sélecteur de puissance sur sa valeur maximale, 50 Watts, avec tous les réglages à midi sauf le volume. Dans ce registre, on obtient un son à la limite du Crunch. Pour un son clair cristallin, il ne faudra pas dépasser 3.5 sur le réglage de gain. Au-delà de cette valeur, le son sature pour devenir un « edge of breakup » très musical. Sur le canal One avec l’égalisation à midi, le son est assez brillant mais on peut l’assombrir facilement, notamment via les potentiomètres de présence et résonance qui sont très efficaces. L’égalisation à trois bandes est elle aussi très réactive et permet de sculpter le son avec précision. Je poursuis l’exploration du canal One en plaçant le sélecteur de puissance sur 5W afin de pousser le volume (ce sélecteur a l’air très fragile, il est à manipuler avec précaution). En effectuant cette opération, le son gagne en épaisseur et en saturation, à la manière d’un ampli à lampes ; c’est sympa. Je termine avec le premier canal en activant mon Analog Man King of Tone. Elle a été très bien reçue et le son obtenu était très beau. En termes de sensations de jeu, je n’ai perçu aucune latence et le ressenti est très agréable et organique.

- CST24 – Clean – SM5801:01
- CST24 – Clean – DI01:01
- CST24 – Edge of Breakup – SM5801:22
- CST24 – Edge of Breakup – DI01:22
- Telecaster – Clean – SM5801:34
- Telecaster – Clean – DI01:35
- Telecaster – Edge of Breakup – SM5801:38
- Telecaster – Edge of Breakup – DI01:38
Je passe sur le canal Two avec l’égalisation à midi et le gain au minimum. Avec ce réglage, le son est assimilable à un léger crunch qui ne demande qu’à s’épaissir. Comme sur le canal One, le son est brillant, c’est une caractéristique de l’ampli original qui a été reproduite ici. J’augmente progressivement la valeur du réglage de gain pour arriver à un tiers de sa course. Le son gagne en épaisseur, en saturation et en sustain, et le grain est vraiment typique des amplis EVH. Sans toucher au noise gate pour le moment, je triture le volume de ma guitare pour tester la dynamique et la réactivité de l’ampli. Le 5150 III Hypersonic 6L6 a très bien réagi à cet exercice et les sonorités obtenues sont très musicales et proches de celles générées par le 5150 III à lampes. Avec le gain à midi, on obtient déjà d’un son bien moustachu qui sera idéal pour aborder des styles comme le Hard Rock ou encore le Glam Metal. Le jeu en Palm Mute est très bien retranscrit avec un côté sec et agressif très appréciable. On n’a absolument pas besoin de booster le son avec un overdrive, il est suffisamment resserré et l’ampli possède une énorme réserve de gain. Même avec un taux de saturation qui flirte avec le déraisonnable, la précision est toujours au rendez-vous, on reconnaît bien chaque note des accords qu’on joue ainsi que la guitare qui est branchée à l’ampli. La personnalité de ma Telecaster est bien ressortie, même avec beaucoup de gain. Bien que le noise gate soit dispensable sur le canal One, il est très bienvenu sur le canal Two. Comme l’ampli original duquel il est inspiré, le 5150 III Hypersonic 6L6 est bruyant et génère énormément de souffle (ce qui est normal compte tenu du taux de saturation). Toujours sur le canal Two, j’augmente le niveau de la réverbe qui est très musicale et pas trop envahissante. C’est une fonction très appréciable qui fait du 5150 III Hypersonic 6L6 un ampli très complet en termes de sons. J’en profite pour activer la boucle d’effets qui, contrairement à celle du Vox AC15 Handwired récemment testé dans nos colonnes, est totalement silencieuse.

- CST24 – Crunch Canal 2 – SM5801:27
- CST24 – Crunch Canal 2 – DI01:28
- CST24 – Lead Canal 2 – SM5801:59
- CST24 – Lead Canal 2 – DI01:59
- Telecaster – Crunch Canal 2 – SM5801:18
- Telecaster – Crunch Canal 2 – DI01:18
- Telecaster – Lead Canal 2 – SM5802:15
- Telecaster – Lead Canal 2 – DI02:15
Je passe, pour finir, sur le canal Three dédié aux gros sons modernes. Bien que le taux de saturation de ce canal ne soit pas beaucoup plus élevé que celui du canal Two, sa sonorité est beaucoup plus actuelles. On gagne en basses sans perdre en précision, c’est très chouette. Avec le gain autour de 2, armé de ma Telecaster, j’ai obtenu une sonorité très moderne qui sera idéale pour du Djent par exemple. En augmentant la valeur du réglage de gain, la sonorité s’épaissit davantage et le sustain devient presque infini. Le noise gate permet de jouer sans bruit de fond et surtout sans énorme Larsen. Je ne suis pas le plus grand fan de noise gate mais avec un tel niveau de gain, c’est indispensable. Le canal Three est pensé pour le Metal moderne et les solos. L’énorme sustain permet en effet de jouer des plans assez techniques sans trop de difficulté. J’ai retrouvé des sensations de jeu comparables à celles du 5150 III Combo. À l’aveugle, il sera très difficile d’identifier l’ampli numérique. La puissance du 5150 III Hypersonic 6L6 est comparable à celle du combo à lampes duquel il est inspiré, on profite d’une grosse puissance claire (selon la position du sélecteur de puissance). Le son authentique de l’ampli est obtenu grâce à un processeur très puissant, une modélisation précise et bien réalisée et surtout le haut-parleur Celestion G12H, identique à celui qu’on trouve dans le combo à lampes. Ce haut-parleur très équilibré délivre des sonorités très plaisantes, que ce soit en son clair, crunch ou en gros son saturé. Il retranscrit bien la voix de l’ampli, même avec une guitare accordée très bas.

- CST24 – Rythm Canal 3 – SM5802:00
- CST24 – Rythm Canal 3 – DI02:00
- CST24 – Lead Canal 3 – SM5801:29
- CST24 – Lead Canal 3 – DI01:29
- Telecaster – Rythm Canal 3 – SM5802:12
- Telecaster – Rythm Canal 3 – DI02:12
- Telecaster – Lead Canal 3 – SM5801:16
- Telecaster – Lead Canal 3 – DI01:16
Je termine le test en écoutant les deux simulations de HP qui sont beaucoup plus convaincantes que celle qui équipe le 5150 Iconic 15W. Elles ont des caractères sonores assez différents mais sont très musicales. Elles offrent un son très agréable au casque. C’est une fonction très pratique, surtout si on doit jouer sur une scène silencieuse ou si on souhaite simplement s’enregistrer sans gêner ses voisins. On aurait cependant aimé pouvoir importer nos propres réponses impulsionnelles, d’autant que l’ampli dispose d’un port USB-C. Pour ce test, j’ai utilisé la réponse impulsionnelle 1 avec la Harley Benton et la réponse impulsionnelle 2 avec la Telecaster.



























