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Test de la Millenium MPS-1500 Hybrid-X - le Nexus plus ultra ?

Rédigé par un humain
8/10

Avec ses fûts de taille acoustique et son module Nexus à neuf pads, la MPS-1500 Hybrid-X réunit batterie électronique et outil de création pour 1 398 €. Une formule ambitieuse, qui réserve de belles surprises à l’usage, mais soulève aussi quelques réserves.

Test de la Millenium MPS-1500 Hybrid-X : le Nexus plus ultra ?

IMG 0386Présen­ta­tion de la Mille­nium MPS-1500 Hybrid-X

Avec la MPS-1500 Hybrid-X, Mille­nium propose une batte­rie élec­tro­nique qui reprend le format d’un kit acous­tique. La grosse caisse mesure 22 × 16 pouces, la caisse claire 13 × 5,5 pouces et les trois toms 10, 12 et 14 pouces. On trouve égale­ment un char­les­ton de 13 pouces sur pied, deux crashs de 15 pouces et une ride de 18 pouces. Le tout est affi­ché à 1 398 € chez Thomann au moment de ce test.IMG 0382

La parti­cu­la­rité du kit se situe surtout au niveau du module. Le Nexus est un multi­pad à neuf surfaces de jeu. Il regroupe 80 kits d’usine, 80 empla­ce­ments utili­sa­teur et 3 622 sons annon­cés par le fabri­cant. On peut ainsi jouer la batte­rie tout en déclen­chant des percus­sions, des sons mélo­diques ou des boucles depuis les pads placés au-dessus de l’écran.

La compa­rai­son avec le Roland SPD-SX vient vite à l’es­prit, même si elle a ses limites : le multi­pad Roland est plus abouti et permet notam­ment d’échan­tillon­ner direc­te­ment. Il coûte actuel­le­ment 777 € chez Thomann, contre 1 398 € pour le Nexus accom­pa­gné ici d’une batte­rie complète. Le rapport entre équi­pe­ment et prix est assez incroyable, et c’est ce que j’ai voulu éprou­ver une fois les baguettes en main.

Cette formule peut inté­res­ser le batteur amateur qui veut déve­lop­per un jeu hybride sans ache­ter sépa­ré­ment un multi­pad et un kit élec­tro­nique. Elle peut aussi conve­nir à un batteur plus expé­ri­menté cher­chant de bonnes sensa­tions pour pilo­ter une batte­rie virtuelle, ou à un produc­teur souhai­tant dispo­ser, dans un même instru­ment, de pads pour les sons mélo­diques et de fûts pour les parties ryth­miques. Ce sont des usages possibles plutôt que trois publics exclu­sifs.

IMG 0388Débal­lage et montage : 4 cartons et un kit prêt à jouer

La batte­rie arrive dans quatre gros cartons. En condi­tions normales, je comp­te­rais envi­ron 45 minutes pour la monter. Le kit comprend les pieds de cymbales, de caisse claire et de char­les­ton, la pédale de grosse caisse ainsi que le support du module. Une paire de baguettes 5A est aussi four­nie et, pour une fois, elle fait vrai­ment le travail. Il faut en revanche prévoir son propre casque, avec une fiche mini-jack de 3,5 mm, et son siège.IMG 0399

Le système qui permet de fixer la partie basse du char­les­ton sur son pied m’a parti­cu­liè­re­ment plu. Deux vis se serrent avec une clé de batte­rie : je n’avais encore jamais rencon­tré ce montage, que j’ai trouvé simple et ingé­nieux. J’ai seule­ment dû ajus­ter légè­re­ment la pédale de grosse caisse avant de commen­cer à jouer. Le bloc d’ali­men­ta­tion est en deux parties, léger et sans parti­cu­la­rité gênante pendant l’es­sai.

Le câblage me convainc moins. Les pads rejoignent le module par un bornier à vis, une solu­tion clas­sique sur les batte­ries élec­tro­niques abor­dables, et les fiches jack de 6,3 mm me paraissent assez légères. Le câble destiné à la crash de droite est trop court pour le place­ment que je souhai­tais. Tout a fonc­tionné, mais la tenue de ces connexions dans le temps m’in­quiète davan­tage que celle des fûts.

IMG 0385Construc­tion et sensa­tions de jeu : de bonnes réponses, quelques doutes sur la fini­tion

Visuel­le­ment, la MPS-1500 Hybrid-X fait son effet. Sa fini­tion noire est sobre et les fûts de taille acous­tique donnent au kit une présence que l’on trouve rare­ment à ce prix. Le logo Mille­nium rétroé­clairé sur les côtés du Nexus ajoute une touche réus­sie. On peut aussi person­na­li­ser la couleur des neuf pads, ainsi que leur éclai­rage à la frappe ou au rythme du métro­nome. J’ai adoré pouvoir donner une iden­tité visuelle à mes propres kits.IMG 0384

En regar­dant la grosse caisse de près, le bois visible m’a toute­fois paru assez modeste. Certaines fixa­tions métal­liques des toms donnent la même impres­sion. Elles ont fait leur travail pendant l’es­sai, mais la fini­tion ne m’ins­pire pas la même confiance que l’ap­pa­rence géné­rale. Avec sa grosse caisse de 22 pouces, la batte­rie prend égale­ment de la place. Une 20 pouces m’au­rait semblé suffi­sante et plus facile à instal­ler.

Du côté du jeu, la surprise est bien meilleure. La tension des peaux se règle sur chaque fût et j’ai trouvé le toucher agréable sur la batte­rie comme sur les cymbales. Les capteurs sont placés au centre des peaux, à l’in­té­rieur des fûts. Les pads du Nexus réagissent, eux aussi, remar­qua­ble­ment aux nuances : coups légers et frappes plus appuyées sont bien retrans­crits. Leur réponse donne envie de jouer les percus­sions et les sons mélo­diques direc­te­ment sur le module, et pas seule­ment de déclen­cher les boucles prévues dans les kits.

Le char­les­ton dispose de plusieurs arti­cu­la­tions et d’un menu dédié à ses posi­tions d’ou­ver­ture et de ferme­ture. Le module permet aussi d’ajus­ter le gain, le seuil, la courbe de vélo­cité ou encore les para­mètres desti­nés à limi­ter les doubles déclen­che­ments. L’en­semble est très complet et permet d’adap­ter fine­ment la réponse du kit à son jeu.

IMG 0393Le Nexus : des kits inégaux, mais un multi­pad très inspi­rant

Au démar­rage, le kit 001 Pop Rock fait une très bonne première impres­sion. Ses sons répondent bien au jeu et consti­tuent une base convain­cante. En parcou­rant les premiers préré­glages, j’ai toute­fois trouvé plusieurs batte­ries moins inté­res­santes. Les sons ne sont pas tous au même niveau et certains kits sont déséqui­li­brés : le char­les­ton ou la ride prennent parfois trop de place. Un réglage de volume suivi d’une sauve­garde suffit à corri­ger cela, mais il faut le faire.

L’in­té­rêt du Nexus appa­raît vrai­ment lorsque les kits commencent à exploi­ter les pads supé­rieurs. Avec le 015 Funk ou le 023 Hip Hop, on déclenche des boucles et des samples tout en conti­nuant à jouer sur la batte­rie. Les sons de batte­rie seuls ne m’ont pas toujours impres­sionné, mais leur asso­cia­tion avec les éléments placés sur le multi­pad fonc­tionne très bien. On se met rapi­de­ment à impro­vi­ser autour des boucles.IMG 0398

J’ai aussi beau­coup appré­cié les nombreuses percus­sions propo­sées dans les kits suivants. Les couleurs vont bien au-delà du rock et de la pop, avec des sons adap­tés à des jeux plus orien­tés world music. Le kit 038 Latin Percus­sion, par exemple, permet de lancer une boucle de shaker depuis un pad supé­rieur, puis de jouer toute une série de percus­sions par-dessus. Sur le 073 Chord & Bass, des sons mélo­diques sont répar­tis entre plusieurs pads : chacun joue une note, et l’en­semble devient un instru­ment poly­pho­nique parti­cu­liè­re­ment amusant. J’ai adoré passer du temps sur ces sons : j’avais davan­tage l’im­pres­sion de compo­ser de la musique que de simple­ment jouer de la batte­rie.

L’édi­tion va égale­ment loin. Chaque pad peut rece­voir deux couches sonores A et B. On peut par exemple choi­sir une grosse caisse dans une caté­go­rie pour la première couche, puis lui ajou­ter une attaque diffé­rente depuis une autre caté­go­rie dans la seconde. Les sons sont clas­sés par familles et les échan­tillons person­nels disposent d’un dossier USER. Volume, hauteur, pano­ra­mique, enve­loppe, départ vers les effets et réponse à la vélo­cité peuvent ensuite être ajus­tés pour chaque couche. On peut construire ses propres kits dans les 80 empla­ce­ments utili­sa­teur. Les gros boutons métal­liques du Nexus sont agréables à mani­pu­ler, et la fonc­tion KNOB permet de désac­ti­ver les réglages directs pour éviter de modi­fier un son acci­den­tel­le­ment en jouant.

Effets, métro­nome et connec­tique : beau­coup d’ou­tils, mais des inci­dents gênants

Le module propose huit réver­bé­ra­tions, trois effets de modu­la­tion (chorus, trémolo et flan­ger), plusieurs délais, ainsi qu’une égali­sa­tion et une compres­sion réglables. Il y a diffé­rentes possi­bi­li­tés d’éga­li­sa­tion sur la sortie géné­rale, le casque et les pads, et elles suffisent large­ment pour affi­ner les sons. Les départs d’ef­fet peuvent être dosés selon les pads. J’ai égale­ment appré­cié la touche DISCARD, qui permet d’an­nu­ler une modi­fi­ca­tion direc­te­ment depuis le module. Le bouton géné­ral d’ac­ti­va­tion des effets est pratique, même si son état pour­rait être indi­qué plus clai­re­ment à l’écran.

Le métro­nome est parti­cu­liè­re­ment bien pensé. Plusieurs sons sont dispo­nibles, dont clave, cloche, bip, cowbell et agogo. On peut régler le tempo, la signa­ture et le volume, mais surtout choi­sir où envoyer le clic. Pour mes enre­gis­tre­ments, j’ai pu le garder dans le casque tout en le reti­rant de la sortie prin­ci­pale. C’est une fonc­tion simple, mais vrai­ment utile. Certains pads peuvent aussi être affec­tés à des commandes, comme le chan­ge­ment de kit, le lance­ment du métro­nome ou le tap tempo.

Le Nexus dispose de sorties ligne, de huit sorties directes, d’une entrée audio, d’une connexion USB MIDI et d’un port USB pour impor­ter des sons. Je l’ai relié en USB à mon ordi­na­teur et utilisé pour jouer avec Super­ior Drum­mer 3. L’in­té­gra­tion a été immé­diate et tout a fonc­tionné sans diffi­culté pendant cet essai. Le fabri­cant annonce le char­ge­ment de boucles et d’échan­tillons WAV depuis une clé, dans une limite de 600 échan­tillons et 500 Mo. En revanche, je n’ai trouvé aucune fonc­tion permet­tant d’en­re­gis­trer direc­te­ment une boucle jouée sur le module. C’est dommage tant les kits four­nis donnent envie de créer ses propres séquences et de rejouer par-dessus.

Deux problèmes ont cepen­dant marqué l’es­sai. En explo­rant la compres­sion, l’ap­pui sur la commande « SYSTEM » a bloqué le module à deux reprises. Le son a disparu et, lors d’un des blocages, le bouton d’ali­men­ta­tion ne répon­dait plus : j’ai dû débran­cher puis rebran­cher l’ap­pa­reil. Je n’ai pas pu déter­mi­ner la fonc­tion exacte de cette commande, ni si le problème dépend de la version logi­cielle ou de cet exem­plaire. Le compres­seur lui-même, avec ses réglages de ratio, de seuil, d’at­taque et de relâ­che­ment, m’avait semblé fonc­tion­ner correc­te­ment avant cet inci­dent.

Je n’ai pas non plus réussi à utili­ser le Blue­tooth audio. Lors du jume­lage, mon appa­reil deman­dait un code que je n’ai trouvé ni sur le module ni dans le manuel. Je ne peux donc pas me pronon­cer sur la qualité de cette liai­son ; dans mes condi­tions de test, elle est simple­ment restée inuti­li­sable. Un autre télé­phone ou une mise à jour logi­cielle pour­raient permettre d’en déter­mi­ner la cause.

Notre avis : 8/10

À 1 398 €, la Mille­nium MPS-1500 Hybrid-X en offre énor­mé­ment. La batte­rie possède une vraie présence acous­tique, les pads du Nexus répondent très bien et les kits mêlant percus­sions, sons mélo­diques et boucles rendent le jeu immé­dia­te­ment créa­tif. Le module repré­sente la grande surprise de ce test : à lui seul, il donne envie de pour­suivre l’ex­plo­ra­tion bien après les premières minutes.

Cette richesse s’ac­com­pagne pour­tant de réserves sérieuses. Le blocage répété du module dans le menu de compres­sion et l’échec du jume­lage Blue­tooth ont limité mon essai. Le câblage et certains détails de construc­tion me laissent aussi des doutes sur le vieillis­se­ment de l’en­semble. Je ne peux pas conclure qu’il sera peu durable, ni préju­ger de sa répa­ra­bi­lité sur la base de cet essai. Mais ces inci­dents m’em­pêchent de recom­man­der le kit sans réserve malgré son rapport équi­pe­ment/prix impres­sion­nant.

La propo­si­tion me semble surtout perti­nente pour un amateur qui veut abor­der le jeu hybride avec un budget limité : ache­ter un multi­pad et une batte­rie élec­tro­nique de ce format sépa­ré­ment revien­drait plus cher. Les bonnes sensa­tions de jeu et l’in­té­gra­tion immé­diate avec n’im­porte quel instru­ment virtuel peuvent aussi séduire un batteur confirmé qui utilise des sons logi­ciels. Enfin, les pads du Nexus et les fûts réunis dans un même ensemble offrent une piste inté­res­sante pour produire aussi bien des parties mélo­diques que ryth­miques. Dans tous les cas, la stabi­lité du firm­ware et la tenue du maté­riel dans le temps restent à surveiller.

Points forts

  • Rapport équipement/prix impressionnant
  • Module Nexus à neuf pads, riche et très agréable à jouer
  • Sons du Nexus inspirants et d'une grande diversité
  • Édition approfondie des sons et des effets
  • Métronome avec routage séparé pour le casque et la sortie principale

Points faibles

  • Deux blocages du module lors de l’utilisation de « SYSTEM »
  • Bluetooth audio impossible à jumeler pendant l’essai
  • Câble de la seconde crash trop court dans la configuration essayée
  • Qualité perçue inégale du câblage et de certaines fixations
  • Pas de fonction d’enregistrement direct de boucles
Pays de fabrication : Chine
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