Test de la Millenium MPS-1500 Hybrid-X - le Nexus plus ultra ?
Publié par Bastien.Lafaye,
mis à jour le 06/11/2026
8/10
Avec ses fûts de taille acoustique et son module Nexus à neuf pads, la MPS-1500 Hybrid-X réunit batterie électronique et outil de création pour 1 398 €. Une formule ambitieuse, qui réserve de belles surprises à l’usage, mais soulève aussi quelques réserves.
Présentation de la Millenium MPS-1500 Hybrid-X
Avec la MPS-1500 Hybrid-X, Millenium propose une batterie électronique qui reprend le format d’un kit acoustique. La grosse caisse mesure 22 × 16 pouces, la caisse claire 13 × 5,5 pouces et les trois toms 10, 12 et 14 pouces. On trouve également un charleston de 13 pouces sur pied, deux crashs de 15 pouces et une ride de 18 pouces. Le tout est affiché à 1 398 € chez Thomann au moment de ce test.
La particularité du kit se situe surtout au niveau du module. Le Nexus est un multipad à neuf surfaces de jeu. Il regroupe 80 kits d’usine, 80 emplacements utilisateur et 3 622 sons annoncés par le fabricant. On peut ainsi jouer la batterie tout en déclenchant des percussions, des sons mélodiques ou des boucles depuis les pads placés au-dessus de l’écran.
La comparaison avec le Roland SPD-SX vient vite à l’esprit, même si elle a ses limites : le multipad Roland est plus abouti et permet notamment d’échantillonner directement. Il coûte actuellement 777 € chez Thomann, contre 1 398 € pour le Nexus accompagné ici d’une batterie complète. Le rapport entre équipement et prix est assez incroyable, et c’est ce que j’ai voulu éprouver une fois les baguettes en main.
Cette formule peut intéresser le batteur amateur qui veut développer un jeu hybride sans acheter séparément un multipad et un kit électronique. Elle peut aussi convenir à un batteur plus expérimenté cherchant de bonnes sensations pour piloter une batterie virtuelle, ou à un producteur souhaitant disposer, dans un même instrument, de pads pour les sons mélodiques et de fûts pour les parties rythmiques. Ce sont des usages possibles plutôt que trois publics exclusifs.
Déballage et montage : 4 cartons et un kit prêt à jouer
La batterie arrive dans quatre gros cartons. En conditions normales, je compterais environ 45 minutes pour la monter. Le kit comprend les pieds de cymbales, de caisse claire et de charleston, la pédale de grosse caisse ainsi que le support du module. Une paire de baguettes 5A est aussi fournie et, pour une fois, elle fait vraiment le travail. Il faut en revanche prévoir son propre casque, avec une fiche mini-jack de 3,5 mm, et son siège.
Le système qui permet de fixer la partie basse du charleston sur son pied m’a particulièrement plu. Deux vis se serrent avec une clé de batterie : je n’avais encore jamais rencontré ce montage, que j’ai trouvé simple et ingénieux. J’ai seulement dû ajuster légèrement la pédale de grosse caisse avant de commencer à jouer. Le bloc d’alimentation est en deux parties, léger et sans particularité gênante pendant l’essai.
Le câblage me convainc moins. Les pads rejoignent le module par un bornier à vis, une solution classique sur les batteries électroniques abordables, et les fiches jack de 6,3 mm me paraissent assez légères. Le câble destiné à la crash de droite est trop court pour le placement que je souhaitais. Tout a fonctionné, mais la tenue de ces connexions dans le temps m’inquiète davantage que celle des fûts.
Construction et sensations de jeu : de bonnes réponses, quelques doutes sur la finition
Visuellement, la MPS-1500 Hybrid-X fait son effet. Sa finition noire est sobre et les fûts de taille acoustique donnent au kit une présence que l’on trouve rarement à ce prix. Le logo Millenium rétroéclairé sur les côtés du Nexus ajoute une touche réussie. On peut aussi personnaliser la couleur des neuf pads, ainsi que leur éclairage à la frappe ou au rythme du métronome. J’ai adoré pouvoir donner une identité visuelle à mes propres kits.
En regardant la grosse caisse de près, le bois visible m’a toutefois paru assez modeste. Certaines fixations métalliques des toms donnent la même impression. Elles ont fait leur travail pendant l’essai, mais la finition ne m’inspire pas la même confiance que l’apparence générale. Avec sa grosse caisse de 22 pouces, la batterie prend également de la place. Une 20 pouces m’aurait semblé suffisante et plus facile à installer.
Du côté du jeu, la surprise est bien meilleure. La tension des peaux se règle sur chaque fût et j’ai trouvé le toucher agréable sur la batterie comme sur les cymbales. Les capteurs sont placés au centre des peaux, à l’intérieur des fûts. Les pads du Nexus réagissent, eux aussi, remarquablement aux nuances : coups légers et frappes plus appuyées sont bien retranscrits. Leur réponse donne envie de jouer les percussions et les sons mélodiques directement sur le module, et pas seulement de déclencher les boucles prévues dans les kits.
Le charleston dispose de plusieurs articulations et d’un menu dédié à ses positions d’ouverture et de fermeture. Le module permet aussi d’ajuster le gain, le seuil, la courbe de vélocité ou encore les paramètres destinés à limiter les doubles déclenchements. L’ensemble est très complet et permet d’adapter finement la réponse du kit à son jeu.
Le Nexus : des kits inégaux, mais un multipad très inspirant
Au démarrage, le kit 001 Pop Rock fait une très bonne première impression. Ses sons répondent bien au jeu et constituent une base convaincante. En parcourant les premiers préréglages, j’ai toutefois trouvé plusieurs batteries moins intéressantes. Les sons ne sont pas tous au même niveau et certains kits sont déséquilibrés : le charleston ou la ride prennent parfois trop de place. Un réglage de volume suivi d’une sauvegarde suffit à corriger cela, mais il faut le faire.
L’intérêt du Nexus apparaît vraiment lorsque les kits commencent à exploiter les pads supérieurs. Avec le 015 Funk ou le 023 Hip Hop, on déclenche des boucles et des samples tout en continuant à jouer sur la batterie. Les sons de batterie seuls ne m’ont pas toujours impressionné, mais leur association avec les éléments placés sur le multipad fonctionne très bien. On se met rapidement à improviser autour des boucles.
J’ai aussi beaucoup apprécié les nombreuses percussions proposées dans les kits suivants. Les couleurs vont bien au-delà du rock et de la pop, avec des sons adaptés à des jeux plus orientés world music. Le kit 038 Latin Percussion, par exemple, permet de lancer une boucle de shaker depuis un pad supérieur, puis de jouer toute une série de percussions par-dessus. Sur le 073 Chord & Bass, des sons mélodiques sont répartis entre plusieurs pads : chacun joue une note, et l’ensemble devient un instrument polyphonique particulièrement amusant. J’ai adoré passer du temps sur ces sons : j’avais davantage l’impression de composer de la musique que de simplement jouer de la batterie.
L’édition va également loin. Chaque pad peut recevoir deux couches sonores A et B. On peut par exemple choisir une grosse caisse dans une catégorie pour la première couche, puis lui ajouter une attaque différente depuis une autre catégorie dans la seconde. Les sons sont classés par familles et les échantillons personnels disposent d’un dossier USER. Volume, hauteur, panoramique, enveloppe, départ vers les effets et réponse à la vélocité peuvent ensuite être ajustés pour chaque couche. On peut construire ses propres kits dans les 80 emplacements utilisateur. Les gros boutons métalliques du Nexus sont agréables à manipuler, et la fonction KNOB permet de désactiver les réglages directs pour éviter de modifier un son accidentellement en jouant.
Effets, métronome et connectique : beaucoup d’outils, mais des incidents gênants
Le module propose huit réverbérations, trois effets de modulation (chorus, trémolo et flanger), plusieurs délais, ainsi qu’une égalisation et une compression réglables. Il y a différentes possibilités d’égalisation sur la sortie générale, le casque et les pads, et elles suffisent largement pour affiner les sons. Les départs d’effet peuvent être dosés selon les pads. J’ai également apprécié la touche DISCARD, qui permet d’annuler une modification directement depuis le module. Le bouton général d’activation des effets est pratique, même si son état pourrait être indiqué plus clairement à l’écran.
Le métronome est particulièrement bien pensé. Plusieurs sons sont disponibles, dont clave, cloche, bip, cowbell et agogo. On peut régler le tempo, la signature et le volume, mais surtout choisir où envoyer le clic. Pour mes enregistrements, j’ai pu le garder dans le casque tout en le retirant de la sortie principale. C’est une fonction simple, mais vraiment utile. Certains pads peuvent aussi être affectés à des commandes, comme le changement de kit, le lancement du métronome ou le tap tempo.
Le Nexus dispose de sorties ligne, de huit sorties directes, d’une entrée audio, d’une connexion USB MIDI et d’un port USB pour importer des sons. Je l’ai relié en USB à mon ordinateur et utilisé pour jouer avec Superior Drummer 3. L’intégration a été immédiate et tout a fonctionné sans difficulté pendant cet essai. Le fabricant annonce le chargement de boucles et d’échantillons WAV depuis une clé, dans une limite de 600 échantillons et 500 Mo. En revanche, je n’ai trouvé aucune fonction permettant d’enregistrer directement une boucle jouée sur le module. C’est dommage tant les kits fournis donnent envie de créer ses propres séquences et de rejouer par-dessus.
Deux problèmes ont cependant marqué l’essai. En explorant la compression, l’appui sur la commande « SYSTEM » a bloqué le module à deux reprises. Le son a disparu et, lors d’un des blocages, le bouton d’alimentation ne répondait plus : j’ai dû débrancher puis rebrancher l’appareil. Je n’ai pas pu déterminer la fonction exacte de cette commande, ni si le problème dépend de la version logicielle ou de cet exemplaire. Le compresseur lui-même, avec ses réglages de ratio, de seuil, d’attaque et de relâchement, m’avait semblé fonctionner correctement avant cet incident.
Je n’ai pas non plus réussi à utiliser le Bluetooth audio. Lors du jumelage, mon appareil demandait un code que je n’ai trouvé ni sur le module ni dans le manuel. Je ne peux donc pas me prononcer sur la qualité de cette liaison ; dans mes conditions de test, elle est simplement restée inutilisable. Un autre téléphone ou une mise à jour logicielle pourraient permettre d’en déterminer la cause.
À 1 398 €, la Millenium MPS-1500 Hybrid-X en offre énormément. La batterie possède une vraie présence acoustique, les pads du Nexus répondent très bien et les kits mêlant percussions, sons mélodiques et boucles rendent le jeu immédiatement créatif. Le module représente la grande surprise de ce test : à lui seul, il donne envie de poursuivre l’exploration bien après les premières minutes.
Cette richesse s’accompagne pourtant de réserves sérieuses. Le blocage répété du module dans le menu de compression et l’échec du jumelage Bluetooth ont limité mon essai. Le câblage et certains détails de construction me laissent aussi des doutes sur le vieillissement de l’ensemble. Je ne peux pas conclure qu’il sera peu durable, ni préjuger de sa réparabilité sur la base de cet essai. Mais ces incidents m’empêchent de recommander le kit sans réserve malgré son rapport équipement/prix impressionnant.
La proposition me semble surtout pertinente pour un amateur qui veut aborder le jeu hybride avec un budget limité : acheter un multipad et une batterie électronique de ce format séparément reviendrait plus cher. Les bonnes sensations de jeu et l’intégration immédiate avec n’importe quel instrument virtuel peuvent aussi séduire un batteur confirmé qui utilise des sons logiciels. Enfin, les pads du Nexus et les fûts réunis dans un même ensemble offrent une piste intéressante pour produire aussi bien des parties mélodiques que rythmiques. Dans tous les cas, la stabilité du firmware et la tenue du matériel dans le temps restent à surveiller.
Points forts
Rapport équipement/prix impressionnant
Module Nexus à neuf pads, riche et très agréable à jouer
Sons du Nexus inspirants et d'une grande diversité
Édition approfondie des sons et des effets
Métronome avec routage séparé pour le casque et la sortie principale
Points faibles
Deux blocages du module lors de l’utilisation de « SYSTEM »
Bluetooth audio impossible à jumeler pendant l’essai
Câble de la seconde crash trop court dans la configuration essayée
Qualité perçue inégale du câblage et de certaines fixations
Pas de fonction d’enregistrement direct de boucles