Enregistrer une batterie électronique n'a jamais été aussi simple qu'aujourd'hui : d’une acquisition audio éclair sur smartphone à une production multipiste professionnelle, les possibilités sont nombreuses. Voici donc quatre méthodes différentes pour enregistrer vos performances de la meilleure manière. C’est parti !
Interface audio ou module intégré : que choisir pour enregistrer ?
De nombreux modules sonores intégrés avec les e-kits actuels peuvent être connectés directement à un ordinateur via USB, et parfois même à un smartphone ou une tablette, et servir ainsi d’interface audio. C’est pratique, car cela vous permettra d’enregistrer votre batterie électronique sans matériel supplémentaire. Souvent, des enregistrements multipistes complexes sont même possibles avec un simple câble USB. Néanmoins, une précision s’impose : les modèles les moins chers sont souvent limités au « MIDI over USB ». Et pour obtenir des enregistrements avec une conversion de haute qualité, dotée d’une résolution et une fréquence d’échantillonnage irréprochables, une interface audio dédiée reste la meilleure solution.
Smartphone ou ordinateur : quel support pour enregistrer sa batterie ?
De même, de nombreuses applications pour Android et iOS permettent d’effectuer un enregistrement rapide directement sur smartphone ou tablette. C’est une option efficace pour les utilisateur·ices en mouvement, la capture d’idées ou la création de contenu pour les réseaux sociaux. Cependant, pour les besoins d’une postproduction plus complexe, aux exigences plus élevées, un ordinateur équipé d’une STAN (station de travail audio numérique) reste la solution privilégiée. L’écran d’un ordinateur offre un confort d’édition supérieur à celui d’un petit écran tactile pour la plupart des utilisateur·ices souhaitant peaufiner les détails, même si, parfois, les fonctionnalités avancées d’une STAN professionnelle ne sont pas forcément nécessaires.
Audio ou MIDI : quelle différence pour votre batterie électronique ?
Alors que les enregistrements audio capturent le son issu du module de batterie électronique, les enregistrements MIDI ne contiennent que les informations de contrôle (une simple série de triggers sensibles à la vélocité). L’avantage d’une capture MIDI est que vous pouvez retravailler entièrement les sons et l’interprétation par la suite dans votre logiciel, en modifiant le placement des frappes, leur intensité, etc.). De plus, les résultats obtenus avec un logiciel de batterie comme Toontrack EZdrummer 3 sont généralement bien meilleurs qu’avec les sons intégrés d’usine dans les modules prêts à l’emploi. Bien entendu, ce n’est pas une vérité générale, car certains modules sont vraiment excellents, mais il faut reconnaître que la variété offerte par les logiciels tiers spécialisés vous offrira la possibilité d’accéder à des sonorités beaucoup plus variées et aussi souvent plus flexibles (choix des fûts, choix des micros, accordage des peaux, effets intégrés, etc.).
La fonction d’enregistrement interne des modules de batterie
Enfin, de nombreux modules de batterie électronique proposent également une fonction d’enregistrement interne. Très souvent, cette fonction est plutôt conçue pour la pratique ou l’auto-écoute (comme chez Efnote, par exemple). Aussi, chez tous les fabricants actuels, cette fonction d’enregistrement interne ne propose pour l’instant que l’option de réaliser un enregistrement stéréo global, il sera donc impossible d’obtenir un enregistrement multipiste. Les V-Drums 3/5/7 de Roland, quant à elles, offrent la possibilité de jouer sur des morceaux enregistrés sur une carte SD et d’exporter l’intégralité de la performance, y compris la piste d’accompagnement. Yamaha, de son côté, propose une solution élégante avec une application dédiée qui synchronise automatiquement la vidéo, la batterie et la piste d’accompagnement. Il est d’ailleurs conseillé de vérifier que ces fonctionnalités soient bien disponibles pour votre modèle spécifique, car ce n’est pas forcément le cas en fonction de la gamme de prix dans laquelle se situe l’instrument.
Quatre méthodes concrètes pour enregistrer sa batterie électronique
Option 1 : enregistrement stéréo analogique
L’enregistrement stéréo classique via des câbles est compatible avec toutes les batteries électroniques, des modèles d’entrée de gamme aux modèles haut de gamme. Vous aurez besoin d’une interface audio avec au moins deux entrées, connectées à la sortie stéréo principale de votre module de batterie électronique. La Focusrite Scarlett 2i2, par exemple, est une option abordable pour les débutant·es. Il vous faudra également deux câbles avec des prises jack 6,35mm. Les câbles avec connecteurs TS (câbles mono) sont généralement suffisants, mais si votre module possède des sorties symétriques, vous pouvez utiliser des connecteurs TRS (câbles stéréo). Sur Mac ou PC, vous aurez également besoin d’une station de travail audio numérique (STAN) pour l’enregistrement. Les interfaces audio sont souvent fournies avec des versions basiques de ces logiciels, parfaitement adaptées à un enregistrement de cette envergure.
Le processus d’enregistrement est enfantin : dans votre logiciel, créez une piste stéréo, sélectionnez les entrées appropriées et lancez l’enregistrement. Si vous jouez de la batterie en même temps qu’un morceau d’accompagnement, ou simplement en suivant le métronome du logiciel, branchez votre casque à l’interface audio et activez le monitoring direct pour entendre la batterie, sans latence supplémentaire. Les mêmes principes s’appliquent globalement à l’enregistrement avec un smartphone ou une tablette. Lors du choix d’une interface audio, assurez-vous qu’elle porte la mention « Class Compliant » pour profiter d’un fonctionnement « plug and play ». En ce qui concerne les interfaces alimentées via USB, vous aurez également besoin d’un hub USB actif, et, pour les anciens appareils iOS dotés d’un port Lightning, vous aurez également besoin du kit de connexion dédié. Ici aussi, vous devrez faire appel à une STAN mobile comme GarageBand (iOS) ou BandLab (iOS/Android) pour enregistrer vos performances. Sur iPad, notez que Logic Pro est également une option de choix.
Option 2 : Audio over USB
Si votre batterie électronique prend en charge l’audio via USB, tout devient plus simple. Dans ce cas, le module fera office d’interface audio, en envoyant le son directement vers l’ordinateur. Vous pourrez ainsi vous passer d’une interface externe et de l’achat de câbles supplémentaires. Dans de rares cas, il vous faudra peut-être télécharger et installer les pilotes nécessaires depuis le site web du fabricant, puis connecter le module directement à votre station. Et voilà ! L’enregistrement direct sur Mac ou PC est globalement identique à l’enregistrement avec une interface audio externe. Vous aurez donc besoin d’une STAN, et, en fonction du e-kit choisi, vous pourrez même diffuser de l’audio multicanal (huit canaux ou plus) directement via un simple câble USB. Cette option vous offrira une flexibilité considérable pour la postproduction et le mixage.
Dans l’écrasante majorité des cas, la connexion USB est bidirectionnelle. Cela signifie simplement qu’elle fonctionne aussi bien du module de sons vers l’ordinateur que de l’ordinateur vers le module. Vous pourrez ainsi entendre non seulement votre batterie, mais aussi un morceau d’accompagnement ou le métronome, au casque, directement depuis le module. Si votre module de batterie électronique porte la mention « Class Compliant », vous pourrez aussi le connecter facilement à votre smartphone ou tablette via USB pour enregistrer. Avec un peu de chance, vous pourrez même réaliser des enregistrements multicanaux comme sur un ordinateur. Cependant, la probabilité de réussite est plus élevée sur iOS que sur Android, mais cela dépend encore de votre e-kit. Néanmoins, de manière générale, pour les enregistrements multicanaux complexes et le mixage ultérieur, il sera beaucoup plus pratique d’utiliser un ordinateur.
Option 3 : enregistrement multipiste analogique
Pour enregistrer séparément la grosse caisse, la caisse claire et les autres éléments de votre batterie électronique, l’audio USB, comme décrit précédemment, est l’option la plus simple, à condition que votre batterie électronique soit compatible. Cependant, un inconvénient existe : vous ne pouvez enregistrer que la batterie, mais aucune autre source audio simultanément. Donc, dès que vous travaillez avec du matériel ou du contenu musical additionnel, comme un Roland SPD-SX supplémentaire ou d’autres instruments (par exemple, pour enregistrer des répétitions de groupe), vous aurez besoin d’une interface audio multicanal. Bien entendu, le nombre d’entrées nécessaires dépendra de vos besoins, et notamment du nombre de sorties individuelles de votre batterie électronique. Une configuration courante pour un enregistrement de e-kit multipiste consiste à capturer la grosse caisse et la caisse claire sur des canaux mono, et les toms et les cymbales regroupés sur des canaux stéréo. Mais, comme la caisse claire d’une batterie électronique se compose souvent de plusieurs sons (un micro pour la peau et un micro pour le timbre, par exemple), deux canaux dédiés peuvent également s’avérer utiles.
Une interface audio dotée du nombre d’entrées approprié est naturellement plus chère qu’une petite interface à deux canaux. La Focusrite Scarlett 18i20, avec ses huit entrées micro/ligne combinées, constitue une option abordable et de très bonne qualité. Néanmoins, rappelons qu’un module de batterie électronique délivre uniquement des signaux de niveau ligne, aucun préampli micro n’est donc nécessaire pour effectuer l’enregistrement. Avec une RME Fireface 802, par exemple, vous pouvez utiliser les huit entrées ligne pour la batterie et conserver les quatre préamplis disponibles pour des micros supplémentaires. Ces deux interfaces offrent une extension ADAT pour travailler avec encore plus de canaux, et, bien sûr, il existe encore de nombreuses autres alternatives sur le marché actuel.
Option 4 : capture MIDI
L’enregistrement MIDI ne concerne pas le son de votre batterie électronique, mais uniquement les informations de déclenchement des échantillons : quelle note a été jouée, sur quelle touche et à quelle vélocité. C’est particulièrement utile si vous prévoyez d’utiliser des sons issus de sources tierces, comme des éditeurs de banques d’échantillons ou d’instruments virtuels. Les modules modernes proposent presque toujours une interface MIDI via USB et sont donc très faciles à connecter. On trouve parfois aussi des connecteurs DIN à cinq broches, qui nécessitent une interface MIDI dédiée. Cette dernière présente des avantages pour l’intégration d’autres périphériques ou pour assurer sa tâche sur les longues distances de câblage. Cependant, pour la plupart des utilisateur·ices, l’USB restera la meilleure option. L’enregistrement MIDI avec un logiciel de batterie spécialisé élargit considérablement les possibilités. Non seulement il est permis de rattraper des breaks ratés ou d’améliorer le timing en quelques secondes, mais les sonorités sont aussi, dans la plupart des cas, bien meilleures que les échantillons d’usine proposés dans les modules intégrés. Parmi les logiciels très populaires dans ce domaine, on trouve Toontrack EZdrummer 3, le très complet Superior Drummer 3, ou bien encore XLN Audio Addictive Drums 2, entre autres.
Une fois le plug-in de batterie installé sur votre ordinateur, chargez-le dans une piste de votre STAN et sélectionnez votre batterie électronique, connectée en USB, comme entrée MIDI.
Avant de commencer, une précision s’impose : lorsque vous jouez de la caisse claire sur votre batterie électronique, le logiciel doit comprendre qu’il s’agit bien de la caisse claire et non d’un tom ou de la cloche de la cymbale ride. C’est ce qu’on appelle le mapping MIDI. Les logiciels modernes proposent souvent des préréglages pour les modèles de batterie électronique les plus courants. Mais si ce n’est pas le cas, prenez le temps d’assigner chaque canal au pad correspondant, puis sauvegardez vos réglages.
En principe, vous pourrez gérer un flux MIDI entièrement avec la carte son intégrée de votre ordinateur, sans interface supplémentaire. Si vous travaillez exclusivement au casque, un ordinateur portable sans équipement additionnel suffira. Les problèmes de latence sont de moins en moins courants avec les ordinateurs actuels, mais si vous rencontrez un décalage audible sur Windows, n’hésitez pas à mettre à jour votre pilote ASIO. En principe, les enregistrements MIDI sont également possibles avec un smartphone ou une tablette, même si l’on n’obtient pas la même flexibilité et la même qualité sonore qu’avec un logiciel installé sur un ordinateur. Mais après tout, au final, rien ne vous empêchera de transférer les fichiers enregistrés pour les retravailler plus tard sur un ordinateur.
La suite au prochain épisode !




