Depuis quelque temps, les fabricants d'accessoires pour batterie ont bien compris le besoin des musicien·nes de s’équiper avec du matériel léger. Emboîtant le pas de marques comme Tama, Gibraltar, Pearl, Canopus, Ludwig et DW, Mapex a récemment présenté le kit StreetLite. Alors, réussite ou échec ? On passe au test !
Déballage : 10,7 kg et une housse à bretelles
Conçu dans une optique de légèreté, le kit StreetLite est dépourvu de tout élément superflu et propose de remettre au goût du jour le design rétro dit « Flatbase », caractérisé par des pieds posés à plat sur le sol. L’ensemble est livré avec une housse de transport (StreetLite Metro Pack) équipée de bretelles de sac à dos, d’un système de répartition de charge, de poignées supplémentaires et d’une cloison interne amovible.
À part ça, on retrouve deux pieds de cymbale, un pied de caisse claire et une pédale de charleston. Sur la balance, le tout pèse environ 10,7 kg et le constructeur précise qu’il en a profité pour intégrer plusieurs brevets et innovations maison, d’abord le système SafeKeep Unit pour le transport du charleston, mais aussi les embouts de panier SONIClear pour la caisse claire. Néanmoins, d’un autre côté, il a aussi fait le choix silencieux de supprimer les bagues de fixation Memory Lock et de réduire la visserie au minimum vital. Voyons donc voir ce que cela donne en pratique…
Deux pieds de cymbale à 1,9 kg : réglages et stabilité
Chaque pied de cymbale reprend donc un design plat très sobre façon « Flat Base » avec des embases simples, ou Single Braced. Ils pèsent environ 1,9 kg chacun et disposent d’un petit mécanisme qui se replie très facilement pour obtenir un encombrement minimal une fois rangés, mais permettent tout de même de profiter d’un réglage continu assez précis de la hauteur (dit Gearless), qui s’étend de 68 à 139 cm environ.
L’axe d’inclinaison variable, ou Tilter, fabriqué en aluminium moulé sous pression, paraît légèrement surdimensionné, mais offre, encore une fois, un réglage continu qui s’avère plutôt stable à l’usage. Enfin, pour protéger chaque cymbale, la pointe de fixation est équipée de deux gaines en plastique et de deux petits patins en feutre. Lors de nos différentes phases de jeu, nous avons alterné entre plusieurs cymbales de diamètre variables et n’avons pas constaté de défaut particulier, à un détail près. En effet, si vous choisissez d’utiliser des métaux lourds de diamètres imposants (cymbales heavy de 24 pouces, par exemple), vous remarquerez sans doute un léger vacillement à la base du pied, de quelques millimètres par-ci par-là. Rien d’alarmant, certes, mais il était tout de même important de le signaler.
Pied de caisse claire : le levier Snare Basket Trigger
Ensuite, sur le pied de caisse claire, le fabricant a choisi de remplacer la molette filetée traditionnelle par un petit levier à cliquet, baptisé Snare Basket Trigger dans la langue de Shakespeare. Ici, rien d’extraordinaire, Mapex propose simplement d’utiliser ce levier pour ouvrir ou fermer les bras du panier en un seul geste, sans perdre de temps à tourner une molette. À par ça, l’axe d’inclinaison fonctionne, encore une fois, en mode continu. Un mot toutefois sur les nouveaux embouts de panier de type SONIClear, qui ont été conçus pour maintenir le cercle inférieur tout en réduisant la surface de contact direct avec le fût, afin de préserver la résonance naturelle et la clarté du son après chaque frappe (du moins, d’après les dires du fabricant). Pour conclure sur l’aspect technique, ce pied de caisse claire pèse environ 1,6 kg et offre un réglage de hauteur qui s’étend de 42 à 58 cm.
Lors de nos essais, nous n’avons eu aucun mal à l’utiliser avec différents fûts de 12 à 14 pouces de diamètre, cependant, l’absence d’un système de verrouillage de hauteur classique ne nous a pas mis assez en confiance pour essayer d’installer nos modèles les plus onéreux, par crainte de les abîmer. De plus, lors de nos premières frappes un peu brutales, nous avons constaté que le système SONIClear produisait, ici encore, un léger vacillement qui ne nous a pas beaucoup plu non plus. Au final, cela n’a jamais posé de véritable problème, mais on finit quand même par se dire qu’on ne préfèrerait pas tenter le coup avec une caisse claire trop lourde. Enfin, en ce qui concerne le surplus de résonance offert par le système SONIClear, nous n’avons pas entendu de différence notable par rapport à nos autres pieds de caisse claire. Dommage.
Pédale de charleston : SafeKeep Unit et réglage de tension
La pédale de charleston propose une hauteur réglable de 66 à 89 cm environ, et elle est équipée d’un système de transport breveté sous l’appellation SafeKeep Unit. Il s’agit tout bêtement d’un système de verrouillage de la tige supérieure, du tube et de l’axe d’inclinaison qui fonctionne à l’aide de petits clips à ressort situés sur la partie inférieure de la pédale, et qui garantit qu’aucun mouvement indésirable ne se produira lorsque la bête sera repliée sur elle-même, afin d’éviter les chocs intempestifs qui pourraient abîmer le matériel sur le long terme. L’un des autres atouts principaux de cette pédale se trouve dans la rotation de ces trois pieds (Swivel Legs Base), qui vous offrira la possibilité d’ajouter d’autres éléments de type Flatbase à proximité (une seconde pédale de grosse caisse ou des pieds supplémentaires, par exemple), qui restent toujours plus encombrants que les pédales et trépieds standards.
De plus, ce modèle est équipé d’un sélecteur de tension à ressort qui pourra être réglé de manière très souple ou très ferme, en fonction de vos préférences personnelles, et qui a le mérite de proposer un petit indicateur visuel pour contrôler le niveau de tension appliqué. Pour être un peu plus précis, il s’agit d’un petit repère gradué intégré au mécanisme, qui s’avèrera très pratique pour retrouver votre réponse de pédale favorite à chaque montage. Et, il faut bien l’admettre, c’est un petit plus très appréciable sur une pédale ultralégère, qu’encore trop peu de concurrents ont choisi d’utiliser. Enfin, avec un poids d’environ 2,9 kg, la pédale de charleston est l’élément le plus lourd du kit.
Stabilité et sensations : les limites du hardware léger
Soyons clairs, de par leur conception légère, les supports StreetLite sont beaucoup plus sujets au vacillement que leurs homologues plus lourds à double embase. En bref, ça vacille beaucoup, beaucoup trop vite, surtout lorsque l’on joue un peu fort (coucou les métalleux·euses). Or, plus les fûts et cymbales fixés seront lourds, plus ce vacillement sera perceptible et gênant. En revanche, l’avantage du kit est qu’il vous permettra de gagner de la place et d’éviter de transporter un équipement hardware trop imposant, ce qui reste un choix envisageable pour les petites batteries jazz ou vintage, mais guère plus.
Malgré tout, l’aspect esthétique est plutôt réussi, hormis les axes d’inclinaison un peu trop encombrants des pieds de cymbales (à ce titre, on ne peut s’empêcher de penser que des axes d’inclinaison plus simples, comme celui proposé sur le pied de caisse claire, auraient largement suffi). D’ailleurs, en parlant du pied de caisse claire, un véritable système de blocage aurait été bienvenu pour maintenir plus fermement les fûts imposants à la bonne hauteur, sans susciter d’inquiétude particulière. Enfin, le sac de transport fourni est un bonus appréciable, mais qui reste limité, car il ne vous permettra pas d’ajouter votre pédale de grosse caisse pour compléter l’ensemble (et encore moins votre siège, bien évidemment).
Sur l’ensemble du kit, on regrettera en priorité l’absence de bague de fixation Memory Lock, que le fabricant a sans doute souhaité retirer pour réduire le poids au minimum, et garder un ensemble ultra-compact une fois rangé dans le sac à dos. Néanmoins, cette omission implique qu’à chaque montage, vous devrez réajuster à l’œil la hauteur et l’orientation de chaque pied plutôt que de retrouver directement vos repères habituels.













