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Comment acheter une guitare d'occasion - Guide d’achat des guitares d’occasion

Rédigé par un humain

Afin de consommer de manière responsable, faire des économies ou mettre la main sur un modèle qui n’est plus produit, le guitariste a tout intérêt à se tourner vers le marché de l’occasion pour acheter son instrument. Reste qu’il y a deux ou trois petites choses à savoir pour que tout se passe au mieux…

Comment acheter une guitare d'occasion : Guide d’achat des guitares d’occasion

Qu’il s’agisse d’ache­ter une première guitare, de monter en gamme sur votre instru­ment actuel ou de complé­ter votre arse­nal, le marché de la guitare d’oc­ca­sion est d’au­tant plus attrac­tif que la guitare est un objet rela­ti­ve­ment simple qui, lors­qu’il est bien conservé, jouit d’une longé­vité consi­dé­rable. Une guitare peut effec­ti­ve­ment traver­ser les décen­nies sans que cela remette le moins du monde en ques­tion ses perfor­mances ou sa joua­bi­lité.

guitareuseeEn se méfiant d’en faire une géné­ra­lité, on pour­rait même dire que, dans bien des cas, une guitare d’oc­ca­sion est supé­rieure à son équi­valent neuf, car au fil des années, les bois utili­sés pour sa fabri­ca­tion ont fini de travailler, que le son de l’ins­tru­ment s’est « ouvert »… Et même certains défauts liés à l’ef­fet du temps sur l’ins­tru­ment (grif­fures, vernis qui s’écaille, traces d’usure diverses et variées) peuvent aussi, suivant les goûts, être consi­dé­rés comme un avan­tage. Beau­coup de guita­ristes appré­cient en effet cette patine au point que certains des plus grands construc­teurs proposent des instru­ments « Relic », soit des guitares neuves dotées de marques d’usure arti­fi­ciel­les…

Préci­sons-le enfin : contrai­re­ment à ce qu’on peut obser­ver dans le domaine des équi­pe­ments tech­no­lo­giques qui connaissent de substan­tielles amélio­ra­tions d’une géné­ra­tion à l’autre, en marge d’op­ti­mi­sa­tions inté­res­santes (micros noise­less, méca­niques à blocage, fanfrets, accès aux aigus et au truss rod amélio­rés, radius compen­sés, etc.) la 6-cordes n’a plus connu de révo­lu­tion depuis des décen­nies et ne présente donc aucun risque d’ob­so­les­cence : on joue d’une guitare des années 2020 comme d’une guitare des années 60… et vice versa ! Une guitare d’oc­ca­sion n’a de ce fait rien à envier à une guitare neuve si elle a été conser­vée avec soin, tout en étant géné­ra­le­ment bien moins chère, ce qui permet­tra soit de faire des écono­mies, soit, à budget équi­valent, d’ache­ter un instru­ment de meilleure qualité.

Bref, vous avez toutes les raisons de vouloir ache­ter votre guitare d’oc­ca­sion, qu’elle soit élec­trique ou acous­tique, sachant que la prin­ci­pale ques­tion qui se pose lors de son achat, c’est de savoir si la belle a bien vieilli ou si, au contraire, elle s’est abimée au fil des années et d’éven­tuels mauvais trai­te­ments…

Les limites de l’oc­ca­sion

Même bien conser­vés, tous les instru­ments ne vieillissent en effet pas de la même façon en fonc­tion de la qualité des bois dans lesquels ils sont fabri­qués comme de leur concep­tion. Par ailleurs, leur envi­ron­ne­ment (pièce tempé­rée, cave humide ou grenier surchauffé) comme les plus ou moins gros acci­dents dont ils ont été victimes (chutes et chocs donnant lieu à des répa­ra­tions plus ou moins quali­ta­tives) vont aussi lais­ser leurs traces de façon plus ou moins heureuse.

Or, si certains problèmes décou­lant de cela peuvent être réso­lus simple­ment, d’autres sont plus complexes et vu que l’idée, ce n’est pas d’ache­ter un instru­ment d’oc­ca­sion pour se ruiner en répa­ra­tions ou chan­ge­ments de pièces, nous allons voir comment distin­guer une bonne affaire d’une mauvai­se…

Souli­gnons-le : le propos de ce guide est bien de vous aider dans votre achat d’oc­ca­sion, mais il ne se substi­tue pas au guide d’achat des guitares élec­triques, ni à celui des guitares acous­tiques folk, que vous êtes invité à lire pour arrê­ter votre choix sur un modèle

Quelle décote peut-on espé­rer ?

Comme pour tous les articles d’oc­ca­sion, on pour­rait espé­rer toucher une guitare de seconde main à moins de 20–30% de sa valeur neuve, mais cette décote est très variable d’une marque à l’autre et même d’un instru­ment à l’autre. Certains modèles de certaines marques deviennent même de plus en plus chers à mesure que le temps passe, comme c’est le cas des bonnes bouteilles de vin… ou sont dépré­ciés en fonc­tion des aléas de la construc­tion de la marque : c’est ainsi que les guitares produites par Martin & Co dans les années 70 se trouvent à moindre prix que des guitares plus récentes ou plus anciennes, tandis que toutes les guitares que Gibson a équi­pées de son système d’ac­cor­dage E-Tune dans les années 2010 sont boudées par les ache­teurs.

En regard de cela, d’autres instru­ments sont encore si rares que leur prix à l’ar­gus va s’en­vo­ler. Et il en sera de même pour les modèles qui vont, à la faveur d’une vedette, connaître un regain d’in­té­rêt se tradui­sant par une hausse des prix : si Kurt Cobain s’était équipé de Fender Jaguar et Mustang parce que ces modèles, tombés en désué­tude à l’époque où il les a ache­tés, ne valaient alors plus grand-chose, le succès de Nirvana a rebattu les cartes et fait monter la cote des Jaguar et Mustang de manière assez spec­ta­cu­lai­re…

Bref, le seul moyen de se faire une idée de la juste valeur d’une guitare sur le marché de l’oc­ca­sion, c’est d’ob­ser­ver les valeurs moyennes auxquelles elle se vend géné­ra­le­ment, ce qui est le prin­cipe de l’ar­gus d’Au­dio­fan­zi­ne…

Où ache­ter une guitare d’oc­ca­sion ?

Si la bonne affaire peut très bien se trou­ver dans une brocante, il vous faudra alors redou­bler d’at­ten­tion concer­nant l’état de l’ins­tru­ment. Vous pouvez en revanche vous sentir plus en confiance avec les maga­sins de guitares, parfois complè­te­ment dédiés à l’oc­ca­sion, car ces spécia­listes ne vendront a priori que des instru­ments en bon état et qu’ils ont eux-mêmes véri­fiés et révi­sés au besoin.

C’est toute­fois sur Inter­net, à commen­cer par les petites annonces d’Au­dio­fan­zine, que vous trou­ve­rez évidem­ment le plus gros volume d’offres. Seul incon­vé­nient : vous ne pour­rez pas d’em­blée tenir l’ins­tru­ment dans vos mains pour appré­cier son état et sa qualité. Il faudra donc être atten­tifs aux détails dès l’an­nonce et, pour plus de précau­tions, passer par un service de tiers de confiance comme Looper sur Audio­fan­zine. Grâce à ce dernier, la tran­sac­tion est sécu­ri­sée (vous versez le montant de la tran­sac­tion à Looper qui ne le rever­sera au vendeur qu’une fois que vous aurez reçu votre guitare) et vous dispo­se­rez de 48 heures pour exami­ner votre acqui­si­tion et signa­ler tout problème éven­tuel.

Bien lire une petite annonce de vente de guitare

Avant même de contac­ter le vendeur qui peut éven­tuel­le­ment être affu­blé d’une note de confiance à véri­fier, prenez quelques minutes pour analy­ser son annonce, sachant que si cette dernière comporte de nombreuses photos nettes et prises sous diffé­rents angles, c’est plutôt bon signe. À l’in­verse, soyez sur vos gardes face à trois clichés flous : ce n’est pas forcé­ment la preuve que le vendeur est malhon­nête, mais cela mérite que vous le contac­tiez pour récla­mer les photos qui vous manquent. Au mini­mum, assu­rez-vous de dispo­ser d’un recto et d’un verso de la tête du manche et du corps de l’ins­tru­ment.

À moins que le vendeur n’ait pris la peine de les mention­ner dans son annonce, ce qui est plutôt bon signe, n’hé­si­tez pas en outre à poser des ques­tions sur l’ins­tru­ment : pour­quoi se sépare-t-il de sa guitare ? Quand l’a-t-il ache­tée ? Quel en a été son usage ? Etc. N’hé­si­tez pas à deman­der aussi si l’ins­tru­ment a subi des modi­fi­ca­tions ou des répa­ra­tions, à vous enqué­rir d’éven­tuels défauts qui peuvent faire l’ob­jet de photos là encore.

Bref, rensei­gnez-vous en sachant que ce n’est toute­fois qu’en tenant l’ins­tru­ment dans vos mains que vous pour­rez vrai­ment procé­der à son examen complet.

Reste à savoir où et quoi regar­der pour distin­guer la bonne affaire de la mauvai­se…

L’es­sai d’une guitare d’oc­ca­sion : le moment de vérité

Si belles soient-elles, les photos sont une chose, mais la réalité en est une autre. Une fois l’ins­tru­ment entre vos mains, vous allez donc le scru­ter sous tous les angles, et le tester. Commen­çons par évoquer le cas d’une guitare élec­trique :

serialRecher­chez déjà un numéro de série qui se trouve soit au talon du manche (la jonc­tion corps-manche), soit sur la face ventrale du corps, soit derrière la tête. Suivant la marque de l’ins­tru­ment, vous pour­rez utili­ser des outils en ligne pour en savoir plus sur lui via ce numéro (www.guitar­da­ter­pro­ject.org) ou vous pour­rez au besoin contac­ter la marque depuis son site web pour vous assu­rer que vous n’êtes pas face à une contre­fa­çon.

Recher­chez ensuite d’éven­tuels impacts ou de traces de répa­ra­tion. Soyez parti­cu­liè­re­ment atten­tifs à la tête et ses méca­niques comme au manche, soit les éléments les plus fragiles de la guitare. N’hé­si­tez pas à donner un quart de tour dans un sens, puis dans l’autre de chaque méca­nique et profi­tez-en pour accor­der l’ins­tru­ment…

manchevrille - copieInspec­tez ensuite le manche. De côté, vous paraît-il droit et l’ac­tion des cordes uniforme ? En plaçant le cheva­let à hauteur de vos yeux, exami­nez la touche pour vous assu­rer qu’il n’y a pas de torsion suspecte. Ne vous conten­tez pas toute­fois de ce rapide coup d’œil. Fret­tez la corde la plus grave à la première et à la dernière case et véri­fiez l’écart entre la corde et la huitième frette : il devrait y avoir de quoi glis­ser une carte de visite. Pareil pour la corde la plus aiguë. Si les cordes touchent la frette des deux côtés ou au contraire, l’es­pace est plus impor­tant, le manche est mal réglé, ce qui n’est pas grave, mais il faudra y remé­dier. En revanche, si l’écart est diffé­rent entre la corde la plus grave et la plus aigüe, alors le manche est vrillé et la guitare ne pourra jamais être bien réglée. À éviter abso­lu­ment !

Véri­fiez ensuite que toutes les cases sonnent sans friser sur toutes les cordes. Si certaines notes frisent plus que d’autres, alors il faudra effec­tuer une plani­mé­trie chez un luthier, ce qui n’est pas grave, mais coûte un peu d’ar­gent. Les éven­tuels problèmes de justesse ne sont a priori pas rédhi­bi­toires : un simple réglage du cheva­let ou du sillet résou­dra les problèmes.

Inspec­tez d’ailleurs l’état du sillet et du cheva­let, et de l’éven­tuel vibrato en vous assu­rant que la guitare tient l’ac­cord quand vous l’ac­tion­nez.

Termi­nez enfin par l’élec­tro­nique en action­nant chaque switch et en tour­nant chaque bouton. Inspec­te­rez aussi le connec­teur Jack et bran­chez la guitare dans un ampli.

Testez alors chaque combi­nai­son de micro en jouant avec les potards de volume comme de tona­lité et en vous assu­rant qu’au­cun cracho­te­ment trop évident ou aucune ronflette persis­tante ne se fait entendre. Idem pour le jack.

chevaletdecolleLa plupart de ces conseils s’ap­pliquent aussi pour une guitare acous­tique, à ceci près qu’il faudra redou­bler d’at­ten­tion sur la plani­tude de la table et les éven­tuels impacts que vous pour­rez trou­ver sur le corps de la guitare. Regar­dez si le cheva­let est parfai­te­ment collé, et n’hé­si­tez pas à véri­fier l’in­té­rieur en passant une lampe de poche par la rosace.

Enfin, véri­fiez la hauteur des cordes sachant qu’une action très haute peut révé­ler un simple besoin de réglage, comme indi­quer un manche proche de la ruptu­re…

Évidem­ment, s’il s’agit d’une guitare élec­troa­cous­tique, pensez à la bran­cher et à vous assu­rer du bon fonc­tion­ne­ment du préam­pli comme de ses diffé­rentes fonc­tions (égali­sa­tion, accor­deur, etc.)

Notez qu’il ne s’agit pas d’être maniaque et de harce­ler votre vendeur en lui souli­gnant chaque petit défaut que vous avez pu rele­ver : un instru­ment d’oc­ca­sion n’est en effet pas un instru­ment neuf. De fait, il est par exemple normal qu’un pick­gard soit rayé par des coups de média­tor : c’est la preuve que la guitare a été jouée, et c’est même plutôt une bonne chose.

Ne vous foca­li­sez à la fin que sur les défauts rédhi­bi­toires :

  • un manche visi­ble­ment vrillé
  • un défaut de justesse à certains endroits du manche bien que la guitare soit correc­te­ment accor­dée à vide
  • une tête recol­lée sans que cela soit mentionné
  • une fissure traver­sant le bois
  • un cheva­let qui commence à se décol­ler
  • une action impos­sible à régler correc­te­ment
  • une élec­tro­nique produi­sant trop de para­sites
  • un vibrato qui compro­met à chaque mani­pu­la­tion la tenue de l’ac­cord

Ce sont là autant de problèmes qui peuvent vous conduire à annu­ler la vente, bien que certains puissent faire l’ob­jet de répa­ra­tions : dans ce cas, il va sans dire que le prix de l’ins­tru­ment doit être rené­go­cié.

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