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Test de l'interface audio USB Steinberg CI 2

test Pas si hideux que ça!
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En vis-à-vis de la MR816 CSX qui s’adresse aux plus exigeants des utilisateurs de Cubase, Steinberg enrichit son entrée de gamme hardware avec la CI 2, une petite interface audio USB proposant le strict minimum côté audio au profit d’un système de contrôle MIDI relativement original, hérité en partie du CC121 récemment testé par AudioFanzine.



De taille modeste, la CI 2 a un look bien à elle : on aime ou on n’aime pas mais entre le mélange de gris brunâtre et de pistache délavée, et la grille façon radiateur qui orne la façade, la petite interface de Steinberg nous change des finitions noires ou en alu brossé en vogue chez les concurrents. L’organisation de l’interface même reprend le design à deux couleurs : dans la partie foncée, on a tous les contrôles dédiés à l’audio, dans la claire, ceux dédiés au MIDI. Le design est donc un peu tristounet, mais la CI 2 a le mérite d’être simple dans son agencement, comme nous allons le voir en faisant un petit tour du propriétaire.


L’essentiel… et un peu plus !

Commençons par la partie audio qui rassemble 1 potard de gain pour chaque entrée, assorti d’une LED avertissant d’une éventuelle saturation, un potard pour le volume master, un pour le niveau la sortie casque et un dernier pour doser le mix entre signal direct et signal provenant du séquenceur (réglage qui n’affecte pas le niveau Master, précisons-le). S’ajoutent à cela 3 switchs : un pour passer l’entrée 1 en haute impédance (utile pour brancher une basse ou une guitare), un autre activer/désactiver l’alimentation fantôme commune aux deux entrées, et un dernier permettant de passer de en mode Mono, ce qui sera bien utile pour vérifier d’éventuels problèmes de phase.

Dans la partie droite, un switch, un bouton et une mollette jouxtent 3 LEDs attestant de l’état de l’interface, contrôles sur lesquels nous reviendrons après avoir jeté un œil en face arrière. A cet endroit nous attend le strict minimum : 2 entrées sur combo Jack/XLR, 2 sorties lignes et une sortie casque au format Jack 6,35, une entrée Footswitch au format Jack 6,35 et le connecteur USB à relier à votre ordinateur, lequel servira à alimenter la carte électriquement. C’est tout ? Oui, c’est tout : ni S/PDIF, ni entrée ligne et encore moins de MIDI. Steinberg s’est focalisé sur l’essentiel, ce qui n’est pas, après tout, un mauvais choix. Moins il y en a, plus on s’y retrouve et plus on peut bosse vite.


De fait, la mise en œuvre est des plus simples : on installer le pilote, le Cubase 5 AI fourni, on relie ses enceintes aux deux sorties lignes et nous voilà prêt à voir ce que la donzelle a dans le ventre…

 

Contrôle surprise

L’originalité de la CI 2 tient donc dans sa partie droite, laquelle est pensée pour s’interfacer avec la Cubase AI5 livré (AI signifiant Advanced Integration) ou n’importe Cubase de 5ème génération. Outre le voyant USB indiquant que l’interface est bien connectée, une LED AI Ready indique ainsi que l’interface a bien trouvé Cubase et que vous allez pouvoir utiliser l’AI Knob, le switch Lock et l’Action Pad. Comme pour la CC121, la molette cliquable peut servir à éditer, en théorie,  n’importe quelle valeur se trouvant sous le pointeur de votre souris, ce qui n’a rien d’extrêmement pratique si l’on considère que vous pouvez faire exactement la même chose d’une main avec la molette de votre souris. L’idée est toutefois sauvée par le bouton Lock, qui permet de bloquer la molette d’édition sur un paramètre, quoi que fasse votre souris par la suite…

Mais le plus gros défaut de ce système, c’est que de la théorie à la pratique, la très grosse majorité des plug-ins tiers ne sont pas contrôlables. Si la molette fonctionne avec les effets de Cubase ou les plugs utilisant l’interface graphique par défaut du séquenceur, comme la suite Simulanalog Suite, je ne suis pas parvenu à l’utiliser sur les plug-ins disposant de leur propre interface graphique, qu’il s’agisse d’Ambience ou de Cynanide de Smart Electronix, des Classic Series de Kjaerhus Audio, des Fishfillets de Digitalfishphones ou encore des softs développés avec SynthEdit. Bref, tout cela est très très perfectible, à l’heure où Novation propose l’Automap, M-Audio l’HyperControl et où votre souris, en dehors du switch Lock, permet de faire la même chose avec sa molette…

Plus intéressant, un clic central sur l’AI Knob permet d’accéder au mode Browser : dans le contexte d’un plug-in, vous accéderez ainsi à ses presets tandis que dans celui du séquenceur, vous affichez la fenêtre de recherche de sons. Dans ce mode, la molette permet de parcourir les sons ou presets, l’Action Pad de passer d’un colonne à l’autre, le clic molette de validaer et la bouton Lock à annuler et fermer la fenêtre. Pourquoi pas, sauf qu’on reste au même point : ça ne marche qu’avec les plug-ins de Cubase…

Reste à évoquer l’Action Pad qui permet d’accéder au mode de contrôle le plus intéressant de cette CI 2 : l’Interactive Recording. A la pression de ce dernier, une fenêtre affiche un cercle dont la circonférence est parcourue de triangles verts. Chaque triangle représente une étape du processus symbolisé par le cercle et se voit associé à une action de base : Lancer la lecture, enregistrer, retourner au début, insérer un marqueur, boucler, etc. Pas moins de 22 actions sont ainsi affectables à chaque triangle, en sachant que vous pourrez définir de 2 à 6 étapes dans un processus. Une fois la chose faite, il vous suffira de presser l’Action Pad pour passer d’une étape à une autre. C’est plutôt bien vu en terme de simplicité.

Ainsi, vous pourrez par exemple en pressant successivement une touche unique lancer un enregistrement, le stopper, et revenir à son début pour y placer un nouveau marqueur ou le boucler. Si plusieurs presets sont d’ailleurs fournis avec l’Interactive Recording, vous aurez tout à gagner à définir vos propres processus correspondant à vos habitudes de travail.

Le système est d’autant plus malin que les pas de vis présents sur le dessous de la CI 2 (pour le fixer sur un pied de micro) et la possibilité d’utiliser un footswitch pour piloter l’engin vous permettent de vous éloigner de votre ordinateur et de faire abstraction du séquenceur pour vous concentrer sur la prise. Ô joies d’un contrôleur déporté lorsqu’il est simple à utiliser ! Steinberg a tout compris sur ce coup.

 

Et l’audio ?

Reste à parler de la partie audio de l’interface qui s’avère tout à fait en adéquation avec le public ciblé par la CI 2, les home studistes. Si l’on n’est pas trop étonné de ne pas retrouver sur cette dernière les mêmes convertisseurs que sur la MR 816 CSX (la carte travaille notamment en 24 bits à 48 kHz max), on notera que les deux préamplis ne déméritent pas en matière de réserve de gain : sur un micro statique, j’ai obtenu un niveau tout à fait correct à mi-gain tandis que sur un ruban délivrant un signal plus faible, je n’ai pas eu à rentrer dans le dernier quart de la course du potentiomètre.

Côté informatique, on se restreint là encore au strict minimum, et donc à la simplicité, avec pour seul choix la fréquence d’échantillonnage (44,1 ou 48 kHz) et la taille du buffer ASIO réglable de 2048 à 128 samples, cette dernière valeur offrant une latence de 4,792 ms en entrée et 6,458 ms en sortie pour une fréquence d’échantillonnage de 48 kHz. Sur toute la durée du test sous Windows XP SP3 avec une latence réglée sur 256 samples en 48 kHz (soit une latence de 7,958 ms en entrée et 9,625 ms en sortie), la carte s’est montrée stable : pas de plantage ni de décrochage. Bon plan donc…

 

Conclusion

Livrée avec son petit Cubase AI 5 pour 229 € TTC, la CI 2 est un produit pour home studiste débutant un peu à part dans ce sens où elle tente de combiner interface audio et surface de contrôle. En se focalisant sur l’essentiel et en bénéficiant du savoir-faire de Yamaha en termes de construction, Steinberg nous propose un produit relativement efficace et simple à prendre en main, mais qui pêche sur certains aspects : l’AI Knob peine ainsi à faire mieux que la molette de la souris pour l’édition de paramètres… Seule vraie trouvaille et grand point fort de cette carte, l’Interactive Recording qui permet, avec une seule touche, de piloter son séquenceur sur les opérations de base. Si l’on ajoute à cela 2 préamplis tout à fait recommandables, l’affaire pourrait en intéresser plus d’un…

 


Notre avis :
Points forts Points faibles
  • L’essentiel côté audio, basique, mais efficace.
  • Simplicité d’utilisation
  • Bonne réserve de gain des préamps
  • Interactive Recording plutôt astucieux
  • Cubase AI5
  • Fréquence d’échantillonnage max à 48 kHz
  • L’AI Knob pas toujours pertinent
  • Un peu cher en regard des fonctionnalités
À propos de nos tests
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