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Pédago
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Travailler à la source - Le grand guide de l’enregistrement - 5e partie

On arrangera ça au mixage… Aujourd’hui, nous allons faire en sorte que cet équivalent français du tristement célèbre « we'll fix it in the mix » ne soit plus jamais employé dans votre home studio.

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Règle d’or N° 1

Vous vien­drait-il à l’idée de vouloir enre­gis­trer la fameuse intro rageuse de Smells Like Teen Spirit avec un ukulélé tout en espé­rant obte­nir le son dantesque du tube plané­taire de Nirvana ? Serait-il oppor­tun de choi­sir un chan­teur bary­ton pour inter­pré­ter l’air de la Reine de la Nuit à l’oc­ca­sion d’une reprise fidèle de La Flûte Enchan­tée, fameux Sing­spiel de notre ami Mozart ? Bien sûr que non, ce serait tout aussi vain que de vouloir jouer un riff de Jimi Hendrix au tambour ou d’es­sayer de faire aboyer un chat.

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Derrière ces images cari­ca­tu­rales se cachent pour­tant une évidence que beau­coup de MAOistes néophytes s’éver­tuent à igno­rer pour le plus grand malheur de leurs compo­si­tions : avant d’en­vi­sa­ger tout enre­gis­tre­ment, faites déjà en sorte d’avoir le son de votre source aussi proche que possible du résul­tat que vous avez en tête. En effet, vous aurez beau avoir tout le matos du monde et les meilleures tech­niques de sioux en matière de mixage, rien ne vaudra jamais le travail à la source !

Fort de cette consta­ta­tion, c’est avec la plus grande ferveur que je vous invite à prendre le temps néces­saire à la recherche de « ce son » qui trotte dans votre caboche bien avant d’ap­puyer sur le bouton « Record ». Cher­chez la bonne guitare, testez les combi­nai­sons d’ef­fets, choi­sis­sez la cymbale qui va bien, etc. En un mot comme en cent, prenez la bonne direc­tion dès le départ, c’est le moyen le plus rapide et surtout le plus sûr pour arri­ver à bon port.

La suite logique de cette histoire réside dans le choix du ou des micros ainsi que dans leur place­ment. Une fois de plus, qu’im­porte le temps que cela peut prendre, faites l’ef­fort de trou­ver la combi­nai­son magique qui retrans­crira le plus fidè­le­ment possible ce déli­cieux son source que vous avez patiem­ment plié à vos attentes. Vous verrez qu’en défi­ni­tive, ce sera du temps de gagné pour toutes les étapes à suivre. Et n’hé­si­tez surtout pas à prendre des déci­sions radi­cales, si c’est ce qu’il faut vous ne le regret­te­rez certai­ne­ment pas au moment du mix, faites-moi confiance.

Je vois déjà poindre le « oui, mais » sur vos lèvres…

Errare huma­num est

Que se passe-t-il si vous vous trom­pez à l’oc­ca­sion de ces choix ? Eh bien tout d’abord, dédra­ma­ti­sons un peu. Vous n’êtes pas en train de faire de la chirur­gie cardiaque, il n’y a donc aucun risque mortel à ce que vous vous trom­piez. D’autre part, seuls ceux qui ne font rien ne commettent jamais d’er­reur. L’ex­pé­rience de l’er­reur est même quelque chose à encou­ra­ger à mon humble avis tant les ensei­gne­ments que l’on peut en tirer sont sains. Allez-y donc gaie­ment, trom­pez-vous jusqu’à plus soif, c’est seule­ment ainsi que vous progres­se­rez et ferez mieux la fois d’après ! Et puis, mine de rien, le prin­ci­pal avan­tage du home studio par rapport aux grosses struc­tures, c’est l’ab­sence de pres­sion induite par l’équa­tion infer­nale temps/argent. Par consé­quent, si vous vous êtes four­voyé, prenez donc acte et recom­men­cez « à la source ».

Sur ce, je m’en vais commettre à mon tour quelques ravis­santes erreurs sur mes chefs-d’œuvre adorés. Rendez-vous la semaine prochaine !

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