Si les rumeurs sur la santé de Native vont bon train, cela n’empêche pas l’éditeur de nous proposer pour la 16e fois le plus hénaurme bundle du marché : Komplete… 26 !
Comment ça 26 ? Oui, vous avez bien lu : comme d’autres qui se sont lassés de l’incrémentation absconse, Native abandonne les numéros de version pour indiquer l’année du bundle. On peut donc peut-être s’attendre désormais à une mise à jour annuelle, ce qui devrait se traduire par des mises à jour plus régulières mais sans doute moins copieuses. Il s’agira de voir si c’est le cas, si les prix en tiendront compte, sachant que cette année, l’éditeur a revu les tarifs des différentes versions : si la Select reste au même prix de 99 €, la Standard baisse de 50 euros pour se retrouver à 449 euros, tandis que l’Ultimate passe de 1199 à 1249 € (+ 50 €) et la collector edition passe de 1799 à… 1 949 € ! Qu’en penser ? Que l’éditeur a décidé de se refaire une santé financière très probablement, mais qu’il ne veut pas que cela se fasse sur les plus petits budgets et les amateurs, les deux versions en augmentation ciblant clairement plus les professionnels qui, a priori, sont moins à un billet près en terme d’investissement.
Il faut l’admettre, comme on est face au plus énorme bundle du marché en termes de quantité comme de diversité, qu’il se fait plus gros à chaque nouvelle itération, il n’est donc pas surprenant de voir les prix augmenter, et ce d’autant plus dans le contexte d’une inflation galopante. Mais comme quantité et qualité ne vont pas nécessairement de paire, on s’attachera tout de même à voir ce que Native nous propose de neuf cette fois-ci, et si l’achat des différents bundles ou des mises à jour demeurent aussi pertinents en 2026…
Et cette visite commencera par…
Ebony and Ivory !
Les claviers sont en effet plutôt gâtés dans cette édition puisqu’en plus d’une nouvelle version de l’excellent ABsynth testé il y a peu par l’ami Coramel, on a le droit d’un côté à un nouveau piano acoustique, ainsi qu’à une complète collection de pianos électriques remplaçant les antédiluviens Scarbee…


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- bluesrhodes200:24
- blueswurly00:24
- blueswurly200:24

Voyez en tout cas ce que ça donne sur ces quelques presets :

- RavelClaire00:59
- RavelClaireDistant00:59
- RavelClairePerc00:59
- RavelClaireDecay00:59
En cordes et en cordes…
Tant qu’on est dans les cordes, on en profitera pour parler de deux nouveautés intéressantes…
Le très sympathique Cremona Quartet arrivé il y a quelques versions déjà se voit rebaptisé Cremona Quartet Solo en vis-à-vis d’un nouveau Cremona Quartet Ensemble. Comme le titre de ce dernier le laisse supposer, il s’agit de rassembler au sein d’un unique instrument les deux violons, l’alto et le violoncelle pour qu’ils soient jouables simultanément grâce à un système de divisi, c’est à dire que les notes des accords que vous jouez vont se répartir intelligemment en fonction des tessitures des instruments. Voilà donc un excellent ajout pour bâtir vite fait bien fait des arrangements de cordes réalistes avec le son particulier des Cremona qui a ses partisans comme ses détracteurs, même si e-instruments a procédé à des mises à jour qui ont grandement amélioré les vibratos et les notes tenues qui étaient un peu trop synthétiques à l’origine. On retrouve en tout cas tout ce qu’on pouvait apprécier sur les Cremona Solo, notamment des mappings assez intuitifs qui facilitent grandement la programmation…

Pas mal non, ce petit portamento, sachant que tout cela est interprété en polyphonie ?
En vis-à-vis de cet ajout, on saluera aussi l’arrivée des London Contemporary Orchestra Producer Strings moins traditionnelles dans leur approche. Il s’agit en effet avec cet instrument d’explorer les hybridations possibles entres cordes réelles (jouées avec des articulations plus ou moins contemporaines) et cordes artificielles avec une grosse pincée de synthèse granulaire… Relativement simple dans sa conception, l’instrument repose sur un quadruple moteur permettant de combiner quatre sources, sachant que chacun dispose de sa propre section d’effets et se voit soumis ensuite à une réverbe globale. Par la magie des variantes combinatoires, on peut de la sorte générer toutes sortes de sons de cordes plus ou moins trafiqués, avec un registre susceptible d’intéresser les compositeurs de son à l’image comme les producteurs de musique pop ou urbaine. Pourquoi pas, même si on aurait sans doute apprécier de disposer d’un peu plus de choses pour animer : pas d’arpégiateur ou de séquenceur à pas tandis que les capacités en modulation sont un peu chiches. On appréciera toutefois de disposer de la fonction auto-arranger qui permet, façon divisi, de répartir les notes des accords que vous jouez entre les quatre moteurs…
Force est en tout cas de constater qu’en regard de ce dont on disposait déjà, la Komplete est désormais assez complète en matière de cordes frottées : ne manque vraiment à l’appel qu’une contrebasse « cremonesque » pour compléter le quatuor…
Dans la famille guitare…


Voyons à présent les instruments pensés pour la musique « cinématique », grande spécialité de Native. On retrouve selon les cas trois ou quatre moteur de sampling permettant de combiner des sons, avec au besoin une section d’effets et quelques possibilités de modulation. Ce qui varie pour l’essentiel, c’est la thématique retenue par la collection sonore : Odes explore des instruments à corde frottés et à vent pour produire des rythmiques exotiques en diable (ça va du Moyen orient à la Mongolie en passant par l’Amérique du sud ou l’Afrique), Erosia donne dans les sons de frottement, de grincement et de grattements pour produire des textures un brin flippantes ou pour le moins étranges, et Moments:Vocal Cloud permet quant à lui de créer quantité de nappes et de motifs à partir de samples vocaux. Tout cela sonne assurément bien et s’avère extrêmement simple à utiliser, mais on a toutefois cette désagréable impression de déjà-entendu dans d’autres instruments de la Komplete. Plus intéressant, Circular est un générateur de séquences basé sur un système Euclidien qui va animer divers samples.
On finira côté instrument en mentionnant les sound designesques instruments issus de la collection Scene Series (Bloodplant, Lotus, Nightshade et Willow) et deux nouveaux titres dans les Play Series (Roux dédié au hip hop de Louisiane et Halo Vox dédié aux « voix éthérées) auxquels s’ajoutent 36 nouvelles expansions dans les genres les plus variés. J’allais oublier : un kit de batterie lambda « Songwriter Drums » et deux kits hip hop sont aussi de la partie (24K Drums et Marco Polo Drums). Qu’en dire ? Que comme beaucoup de ce qui nous est proposé en termes de banque de sons, on a cette vilaine impression que les nouveautés font souvent doublon avec ce qui existait déjà : c’est d’ailleurs souvent le défaut de Native, d’ajouter toujours plus de choses pour faire du volume, de la quantité, à défaut de faire évoluer les anciens instruments de la Komplete…
Notez toutefois que l’éditeur sait aussi retirer des choses comme on le voit avec les effets : la version standard de l’excellent Ozone n’est en effet plus de la partie, cédant la place aux versions Elements et très limitées d’Ozone 12, Neutron 5 et Nectar 4, et complété du multieffet FXEQ que nous avions testé. En provenance de Plugin Alliance, on a droit enfin à plusieurs plug-ins Brainworx : bx_enhancer, le compresseur bx_glue, le multieffet orienté mastering bx_masterdesk pro, la tranche bx_console-AMEK 200, bx_clipper et le limiteur bx_XL V3. Soit des ajouts tout à fait dignes d’intérêt en complément de Guitar Rig 7 et des nombreux plug-ins qu’on trouvait déjà dans la Komplete. Rien qui ne fasse sauter au plafond toutefois…
Et puis, et puis, et puis ?
Et puis c’est tout et c’est l’autre petite déconvenue de cette Komplete 2026 : aucune nouveauté n’est présentée à l’occasion de cette mise à jour qui indexe juste les productions de Native sorties depuis la Komplete 15. Voilà qui fera grincer certaines dents, même si l’on peut comprendre la chose vu le contexte difficile qui est celui de l’éditeur en ce moment…


