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Test de l'Arturia KeyStep mk2 - Step Two

8/10

Le KeyStep premier du nom avait mis tout le monde d'accord. Un petit clavier contrôleur associé à un arpégiateur/séquenceur simple, mais efficace, et armé pour dialoguer avec le modulaire. Alors, que vaut cette version mk2 ?

Test de l'Arturia KeyStep mk2 : Step Two

Il y a bien­tôt dix ans, Artu­ria surpre­nait son monde en dévoi­lant le KeyS­tep, un contrô­leur mêlant clavier maître nomade, séquen­ceur et arpé­gia­teur, avec contrôle par MIDI, USB et CV/Gate. Au fil du temps, le petit blanc est devenu un clas­sique, à la croi­sée des setups modu­laires, des studios et des musi­ciens qui voyagent léger. Là où le Micro­Lab, testé récem­ment dans sa version mk3, est surtout destiné à une confi­gu­ra­tion infor­ma­tique, la série KeyS­tep a toujours eu une voca­tion plus large. Avec son arpé­gia­teur, son séquen­ceur poly­pho­nique, ses sorties CV/Gate et sa compa­ti­bi­lité directe avec les synthés modu­laires ou vintage, le KeyS­tep mk2 conserve clai­re­ment son posi­tion­ne­ment d’ou­til “tout-terrain”, fait pour navi­guer entre ordi­na­teurs, synthé­ti­seurs analo­giques et numé­riques.

Aujour­d’hui, la marque française remet les comp­teurs à zéro avec une version mk2 présen­tée comme plus moderne, plus ergo­no­mique et surtout plus puis­sante. C’est donc l’heure de véri­fier si ce lifting améliore véri­ta­ble­ment l’ex­pé­rience ou s’il s’agit d’un simple dépous­sié­rage esthé­tique.

Design et connec­tique : écran OLED, USB-C, MIDI DIN et 4 sorties CV

couvkeystep 2Dès le débal­lage, on recon­naît la filia­tion avec le modèle origi­nal, mais le KeyS­tep mk2 se montre plus moderne et le choix des maté­riaux et la fini­tion géné­rale donnent une sensa­tion plus soignée que celle du premier modèle.
Les dimen­sions sont très proches du KeyS­tep, premier du nom, de même que le poids (484 × 145 × 50 mm pour 1.1 kg), mais le mk2 gagne en lisi­bi­lité grâce à la présence d’un petit écran OLED en façade. Celui-ci change beau­coup plus de choses qu’il n’y paraît, puisqu’il permet de visua­li­ser les réglages essen­tiels, la longueur de séquence, le tempo, les modes d’ar­pège ou les valeurs des para­mètres assi­gnés aux diffé­rents contrôles. À côté prend place le nouvel enco­deur cliquable, devenu central pour la navi­ga­tion interne. Rien qu’avec cette combi­nai­son écran plus enco­deur, le KeyS­tep mk2 appa­raît déjà nette­ment plus moderne. Malheu­reu­se­ment, cette nouvelle ergo­no­mie nous prive des trois enco­deurs dédiés au réglage de l’ar­pé­gia­teur et du séquen­ceur du premier modèle.
Le clavier reste composé de 32 mini-touches sensibles à la vélo­cité et à l’af­ter­touch par canal. L’ali­gne­ment des touches semble légè­re­ment amélioré par rapport au premier modèle et la méca­nique répond toujours avec la même préci­sion. Le toucher semi-lourd, qui avait large­ment contri­bué au succès du mk1, est inchangé. On retrouve égale­ment les bandeaux tactiles pour la modu­la­tion et le pitch bend, très réac­tifs, ainsi qu’une série de boutons posés au-dessus du clavier pour la trans­po­si­tion, le trans­port, la sélec­tion des modes ou l’ac­ti­va­tion des diffé­rentes fonc­tions. Tout est bien agencé et la séri­gra­phie plus claire, ce qui faci­lite la prise en main immé­diate. Si le châs­sis conserve cette couleur blanche, il accueille désor­mais un liseré bleu discret sur la partie infé­rieure, recou­vrant tout le dessous de l’ap­pa­reil. Sous l’ap­pa­reil, six patins assurent une excel­lente stabi­lité.
Dans la boîte, on retrouve un câble USB-C pour la connec­tique et l’ali­men­ta­tion ainsi qu’un petit guide rapide imprimé, destiné à expliquer le bran­che­ment et les fonc­tions de base. Le manuel complet est télé­char­geable en PDF sur le site d’Ar­tu­ria. Analog Lab Intro et Able­ton Live Lite sont égale­ment four­nis.

KeyStep mk2 12La face arrière, elle aussi, évolue dans le bon sens. Le passage à l’USB-C était attendu, tandis que les prises MIDI DIN (in et out) ravi­ront ceux qui travaillent sans ordi­na­teur. Les entrées et sorties Sync sont toujours au rendez-vous pour dialo­guer avec des machines vintage ou des séquen­ceurs analo­giques. Une prise jack stan­dard accueille une pédale de sustain. Mais c’est du côté des sorties CV que le chan­ge­ment est le plus notable. Là où la première version se conten­tait d’un trio pitch, gate et mod, la version mk2 propose désor­mais quatre sorties assi­gnables. L’uti­li­sa­teur peut déter­mi­ner indé­pen­dam­ment ce qui sort de chacune d’elles : pitch, vélo­cité, after­touch, bandeau de modu­la­tion, enve­loppe de séquence, ou toute autre source para­mé­trable depuis l’in­ter­face. Artu­ria corrige ici l’une des limites majeures du premier KeyS­tep en donnant enfin un vrai contrôle sur le routage des signaux.

Clavier 32 mini-touches : vélo­cité, after­touch et assi­gna­tions MIDI/CV via MIDI Control Center

KeyStep mk2 14Les premières minutes de jeu confirment que le clavier reste l’un des meilleurs du marché dans cette caté­go­rie. Les nuances dyna­miques sont parfai­te­ment retrans­crites, des attaques très douces jusqu’au jeu percus­sif. L’af­ter­touch reste mono-canal, mais sa courbe de déclen­che­ment a visi­ble­ment été revue : il faut exer­cer une pres­sion volon­taire pour l’ac­ti­ver, mais sans devoir écra­ser les touches. Les bandeaux tactiles sont toujours aussi sensibles et permettent des varia­tions très nettes sur le pitch ou la modu­la­tion. On appré­ciera égale­ment la possi­bi­lité d’as­si­gner main­te­nant les contrôles MIDI CC de manière encore plus flexible, notam­ment vers les sorties CV grâce au travail conjoint avec le MIDI Control Center.

Cette évolu­tion est d’ailleurs fonda­men­tale. On peut main­te­nant désac­ti­ver chaque sortie ou lui assi­gner un para­mètre précis, ce qui permet au KeyS­tep mk2 d’être aussi à l’aise avec des systèmes Euro­rack qu’avec des machines MIDI ou des plug-ins.

Séquen­ceur et arpé­gia­teur : 64 pas, chaî­nage, Mutate/Phrase Arp/Spice, Scale Mode et pistes de modu­la­tion

KeyStep mk2 10C’est là que la diffé­rence entre les deux géné­ra­tions se fait la plus flagrante. Le séquen­ceur du mk1 était déjà agréable et effi­cace malgré son absence totale de retour visuel. Cette fois, Artu­ria renforce l’en­semble sans le déna­tu­rer. Le séquen­ceur poly­pho­nique accepte toujours jusqu’à 64 pas et peut mémo­ri­ser 8 séquences, mais le mk2 intro­duit des fonc­tions avan­cées qui changent la manière de créer. Le mode d’en­re­gis­tre­ment peut être non quan­ti­fié, ce qui permet des phrases plus natu­relles que dans le premier modèle. L’édi­tion pas à pas gagne en clarté grâce à l’écran OLED qui affiche enfin les para­mètres essen­tiels en temps réel. On peut enchaî­ner plusieurs motifs les uns à la suite des autres pour créer de véri­tables struc­tures, ce qui rapproche le mk2 de machines plus ambi­tieuses.

L’ar­pé­gia­teur, lui, est trans­fi­guré. On passe de 8 modes à 16, et surtout, on gagne les fonc­tions Mutate, Phrase Arp et Spice (direc­te­ment héri­tées des Micro­Freak et Mini­Freak). Ces noms un peu cryp­tiques permettent en réalité d’ap­por­ter une dose contrô­lée de varia­tion ryth­mique ou mélo­dique. Le « Mutate » intro­duit de légères trans­for­ma­tions de motif. Le « Phrase Arp » permet de jouer des motifs prédé­fi­nis qui dépassent la simple montée ou descente de notes. Le « Spice », enfin, ajoute une grosse dose d’aléa­toire. Tout cela est très créa­tif, proche de ce que proposent certaines boîtes à rythmes ou séquen­ceurs bien plus coûteux.

On peut ajus­ter la durée des notes, la trans­po­si­tion de l’en­semble ou le taux d’aléa­toire en temps réel. Le tout, de manière extrê­me­ment ludique. On bascule rapi­de­ment d’un arpège clas­sique à un motif tota­le­ment inat­tendu, puis à un groove verrouillé dans une gamme défi­nie grâce au nouveau « Scale Mode ». Ce dernier empêche tout déra­page harmo­nique, très pratique sur scène ou dans un système modu­laire. Le mode « Chord », déjà présent dans le premier modèle, est ici plus fluide et permet d’en­re­gis­trer et rappe­ler un accord en un geste.

Le KeyS­tep mk2 inau­gure égale­ment un nouveau moteur de modu­la­tion. On peut enre­gis­trer dans la séquence des mouve­ments de pitch bend, de modu­la­tion, de gate ou de varia­tion de Spice. Quatre pistes de modu­la­tion sont dispo­nibles. En assi­gnant, par exemple, une modu­la­tion au cutoff d’un filtre ou à la vitesse d’un LFO d’un synthé­ti­seur externe, on obtient en quelques secondes des varia­tions rapides de timbre et de texture. L’en­semble fonc­tionne un peu comme un LFO univer­sel capable d’agir aussi bien sur les instru­ments MIDI que sur les machines analo­giques reliées en CV. Avec les deux sorties de modu­la­tion CV, il est possible d’en­voyer simul­ta­né­ment l’au­to­ma­tion vers deux para­mètres analo­giques distincts. Avec ce beau (et petit) écran OLED, on aurait aimé voir l’ani­ma­tion de ces modu­la­tions. Dommage. Signa­lons égale­ment l’ab­sence de ratche­ting et de chan­ge­ment de direc­tion.

Enfin, mention spéciale pour la gestion du MIDI et pour l’in­té­gra­tion au MIDI Control Center. Non seule­ment il est plus lisible qu’au­pa­ra­vant, mais la confi­gu­ra­tion des sorties, des courbes de contrôle ou des canaux MIDI se fait de manière très intui­tive. Et contrai­re­ment aux appa­reils plus anciens de la gamme, le mk2 commu­nique avec le logi­ciel même s’il est déjà connecté à une STAN, ce qui évite d’in­ter­rompre son travail en cours.

Notre avis : 8/10

Le KeyS­tep mk2 appa­raît comme une mise à jour cohé­rente et moderne du modèle origi­nal. Il conserve la simpli­cité du mk1 tout en enri­chis­sant l’ar­pé­gia­teur et le séquen­ceur, en amélio­rant la connec­tique et en offrant un écran OLED pour un retour visuel appré­ciable. Son clavier reste agréable à jouer, et les nouvelles fonc­tions permettent d’ex­plo­rer des motifs et séquences plus complexes. Le flux de travail est un peu moins immé­diat que sur le mk1 en raison des menus et combi­nai­sons, mais la profon­deur et la créa­ti­vité possibles sont large­ment accrues. Pour un appa­reil compact capable de navi­guer entre numé­rique, analo­gique et modu­laire, le compro­mis est convain­cant. Quelques limi­ta­tions subsistent, mais elles ne remettent pas en cause le statut du KeyS­tep comme séquen­ceur compact tout-terrain et inspi­rant pour la compo­si­tion et le live.

  • Arpégiateur beaucoup plus riche
  • Séquenceur modernisé (chainage, mutations, modulation, mémoire étendue)
  • Quatre sorties CV
  • USB-C
  • Écran OLED
  • Compatibilité large : MIDI, CV/Gate, informatique, modulaire
  • Qualité perçue plus flatteuse
  • Rapport fonctionnalités/prix

  • Pas de ratcheting ou de changements de direction
  • Plus de menus
  • Moins de commandes immédiates
Pays de fabrication : Chine
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