Le KeyStep premier du nom avait mis tout le monde d'accord. Un petit clavier contrôleur associé à un arpégiateur/séquenceur simple, mais efficace, et armé pour dialoguer avec le modulaire. Alors, que vaut cette version mk2 ?
Il y a bientôt dix ans, Arturia surprenait son monde en dévoilant le KeyStep, un contrôleur mêlant clavier maître nomade, séquenceur et arpégiateur, avec contrôle par MIDI, USB et CV/Gate. Au fil du temps, le petit blanc est devenu un classique, à la croisée des setups modulaires, des studios et des musiciens qui voyagent léger. Là où le MicroLab, testé récemment dans sa version mk3, est surtout destiné à une configuration informatique, la série KeyStep a toujours eu une vocation plus large. Avec son arpégiateur, son séquenceur polyphonique, ses sorties CV/Gate et sa compatibilité directe avec les synthés modulaires ou vintage, le KeyStep mk2 conserve clairement son positionnement d’outil “tout-terrain”, fait pour naviguer entre ordinateurs, synthétiseurs analogiques et numériques.
Aujourd’hui, la marque française remet les compteurs à zéro avec une version mk2 présentée comme plus moderne, plus ergonomique et surtout plus puissante. C’est donc l’heure de vérifier si ce lifting améliore véritablement l’expérience ou s’il s’agit d’un simple dépoussiérage esthétique.
Design et connectique : écran OLED, USB-C, MIDI DIN et 4 sorties CV

Les dimensions sont très proches du KeyStep, premier du nom, de même que le poids (484 × 145 × 50 mm pour 1.1 kg), mais le mk2 gagne en lisibilité grâce à la présence d’un petit écran OLED en façade. Celui-ci change beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît, puisqu’il permet de visualiser les réglages essentiels, la longueur de séquence, le tempo, les modes d’arpège ou les valeurs des paramètres assignés aux différents contrôles. À côté prend place le nouvel encodeur cliquable, devenu central pour la navigation interne. Rien qu’avec cette combinaison écran plus encodeur, le KeyStep mk2 apparaît déjà nettement plus moderne. Malheureusement, cette nouvelle ergonomie nous prive des trois encodeurs dédiés au réglage de l’arpégiateur et du séquenceur du premier modèle.
Le clavier reste composé de 32 mini-touches sensibles à la vélocité et à l’aftertouch par canal. L’alignement des touches semble légèrement amélioré par rapport au premier modèle et la mécanique répond toujours avec la même précision. Le toucher semi-lourd, qui avait largement contribué au succès du mk1, est inchangé. On retrouve également les bandeaux tactiles pour la modulation et le pitch bend, très réactifs, ainsi qu’une série de boutons posés au-dessus du clavier pour la transposition, le transport, la sélection des modes ou l’activation des différentes fonctions. Tout est bien agencé et la sérigraphie plus claire, ce qui facilite la prise en main immédiate. Si le châssis conserve cette couleur blanche, il accueille désormais un liseré bleu discret sur la partie inférieure, recouvrant tout le dessous de l’appareil. Sous l’appareil, six patins assurent une excellente stabilité.
Dans la boîte, on retrouve un câble USB-C pour la connectique et l’alimentation ainsi qu’un petit guide rapide imprimé, destiné à expliquer le branchement et les fonctions de base. Le manuel complet est téléchargeable en PDF sur le site d’Arturia. Analog Lab Intro et Ableton Live Lite sont également fournis.

Clavier 32 mini-touches : vélocité, aftertouch et assignations MIDI/CV via MIDI Control Center

Cette évolution est d’ailleurs fondamentale. On peut maintenant désactiver chaque sortie ou lui assigner un paramètre précis, ce qui permet au KeyStep mk2 d’être aussi à l’aise avec des systèmes Eurorack qu’avec des machines MIDI ou des plug-ins.
Séquenceur et arpégiateur : 64 pas, chaînage, Mutate/Phrase Arp/Spice, Scale Mode et pistes de modulation

L’arpégiateur, lui, est transfiguré. On passe de 8 modes à 16, et surtout, on gagne les fonctions Mutate, Phrase Arp et Spice (directement héritées des MicroFreak et MiniFreak). Ces noms un peu cryptiques permettent en réalité d’apporter une dose contrôlée de variation rythmique ou mélodique. Le « Mutate » introduit de légères transformations de motif. Le « Phrase Arp » permet de jouer des motifs prédéfinis qui dépassent la simple montée ou descente de notes. Le « Spice », enfin, ajoute une grosse dose d’aléatoire. Tout cela est très créatif, proche de ce que proposent certaines boîtes à rythmes ou séquenceurs bien plus coûteux.
On peut ajuster la durée des notes, la transposition de l’ensemble ou le taux d’aléatoire en temps réel. Le tout, de manière extrêmement ludique. On bascule rapidement d’un arpège classique à un motif totalement inattendu, puis à un groove verrouillé dans une gamme définie grâce au nouveau « Scale Mode ». Ce dernier empêche tout dérapage harmonique, très pratique sur scène ou dans un système modulaire. Le mode « Chord », déjà présent dans le premier modèle, est ici plus fluide et permet d’enregistrer et rappeler un accord en un geste.
Le KeyStep mk2 inaugure également un nouveau moteur de modulation. On peut enregistrer dans la séquence des mouvements de pitch bend, de modulation, de gate ou de variation de Spice. Quatre pistes de modulation sont disponibles. En assignant, par exemple, une modulation au cutoff d’un filtre ou à la vitesse d’un LFO d’un synthétiseur externe, on obtient en quelques secondes des variations rapides de timbre et de texture. L’ensemble fonctionne un peu comme un LFO universel capable d’agir aussi bien sur les instruments MIDI que sur les machines analogiques reliées en CV. Avec les deux sorties de modulation CV, il est possible d’envoyer simultanément l’automation vers deux paramètres analogiques distincts. Avec ce beau (et petit) écran OLED, on aurait aimé voir l’animation de ces modulations. Dommage. Signalons également l’absence de ratcheting et de changement de direction.
Enfin, mention spéciale pour la gestion du MIDI et pour l’intégration au MIDI Control Center. Non seulement il est plus lisible qu’auparavant, mais la configuration des sorties, des courbes de contrôle ou des canaux MIDI se fait de manière très intuitive. Et contrairement aux appareils plus anciens de la gamme, le mk2 communique avec le logiciel même s’il est déjà connecté à une STAN, ce qui évite d’interrompre son travail en cours.