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Seq Machine
8/10
Award Innovation 2018
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Connu pour ses contrôleurs malins comme ses synthés originaux, Novation revient sur le marché des claviers de contrôle haut de gamme avec la version MkIII du célèbre Remote SL. Et la surprise, c’est qu’il s’agit plus d’un nouveau concept que d’une simple mise à jour.

Sorti en 2009 et faisant suite au Remote SL premier du nom, le Remote SL MkII de Nova­tion est sans trop de problème devenu une valeur sûre du clavier de contrôle orienté MAO en propo­sant un produit sans compro­mis au niveau des équi­pe­ments comme de la qualité de la fabri­ca­tion. Outre un clavier Fatar semi-lesté, on y trou­vait une impres­sion­nante quan­tité de contrôles physiques à assi­gner (8 enco­deurs, 8 potards, 8 sliders sensi­tifs, 32 boutons lumi­neux, 8 pads, un joys­tick et pad tactile XY) assor­tis d’un écran LCD rétroé­clairé et du système d’as­si­gna­tion auto­ma­tique Auto­map. De l’eau a toute­fois coulé sous le ponts depuis et sans parler des inno­va­tions de Roli ou Touch­keys dans le domaine des claviers, Native Instru­ments, Akai, Nektar ou encore Artu­ria ont fait sensi­ble­ment avan­cer le schmil­blick de l’in­té­gra­tion entre maté­riel et logi­ciel, au point qu’on attend quelque chose d’énorme de la part de Nova­tion pour que la marque puisse reprendre le dessus sur cette concur­rence.

Là où le construc­teur risque de surprendre son monde, c’est que la version MkIII de son fameux Remote SL s’avère très diffé­rente de la version MkII en termes de fonc­tion­na­li­tés comme de concept, et donc de public. Sur le petit nouveau, point d’Au­to­map, de clavier signé Fatar, de panpot, de joys­tick ou de pad XY, et l’on perd même en face arrière un connec­teur DIN 5 broches. Et pour­tant, le Remote SL Mk3 en fait beau­coup plus, ou du moins, il fait bien d’autres choses comme nous allons le voir…

Oui, je sais, je tease comme un goret. Aussi allons-nous mettre fin à cet insup­por­table suspense et faire le tour de la machi­ne…

Lumi­neux concept

Que retrouve-t-on sur ce SL MkIII ? Bien des choses lumi­neuses vu que chaque touche du clavier se trouve face à une diode RVB comme sur les Komplete Kontrol S de Native Instru­ments (nous le verrons toute­fois : elles servent à toute autre chose que d’af­fi­cher les éven­tuels keys­witches des instru­ments virtuels). À gauche de nos 49 touches, en lieu et place du Joys­tick et du pad XY du MkII, on retrouve deux molettes plus tradi­tion­nelles mais souli­gnées d’un filet lumi­neux bleu pour le pitch bend et la modu­la­tion. Au-dessus de ces dernières, vous ne serez pas éton­nés de trou­ver 19 boutons lumi­neux pour para­mé­trer les diffé­rentes fonc­tions du clavier (et elles sont nombreuses, nous le verrons), tandis que la partie centrale est dévo­lue à une matrice de 2×8 pads RVB surmon­tée de 5 écrans LCD TFT couleurs et complé­tée de 8 enco­deurs et 16 boutons RVB pour navi­guer dans tout cela. À droite, on retrouve 8 sliders en vis-à-vis 16 boutons RVB et deux boutons de navi­ga­tion. À l’ex­trême droite nous attend pour finir un un bloc de 6 commandes éclai­rées pour le séquen­ceur. Comme vous le voyez, Nova­tion n’a lésiné ni sur les contrôles ni sur les lumières de sorte que l’ap­pa­reil sera aisé­ment utili­sable dans l’obs­cu­rité tandis que le mode ‘écran de veille’ prend des airs de light­show. Par rapport au Remote SL MkII, on saluera aussi une bien meilleure utili­sa­tion de l’es­pace offert par le bandeau pour répar­tir les commandes même si, du coup, on voit mal comment le construc­teur pour­rait décli­ner le SL MkIII en 25 touches sans devoir repen­ser toute cette orga­ni­sa­tion voire rétré­cir ou suppri­mer certaines choses. Pour l’heure, le choix se résume ainsi à une version 49 touches à 600 euros et une version 61 touches à 700 euros.

  • commandes
  • lcdscreen
  • sliders
  • playstop

 

En termes de fini­tions, préci­sons que le boîtier du SL est en plas­tique noir de bonne qualité, avec un assem­blage propre et des éclai­rages comme des écrans offrant suffi­sam­ment de contraste pour un usage en plein jour. Notons aussi que le MkIII est suffi­sam­ment lourd pour ne pas bouger du stand ou d’un bureau sur lequel vous le pose­rez, mais qu’il n’est pas intrans­por­table pour autant dans la version 49 touches dans lequel nous le testons. Ce dernier pèse ainsi 5,36 kg pour des dimen­sions de 81,66 × 10 × 30 cm, tandis que la version 61 touches pèse 6,32 kg pour des dimen­sions de 98,1 × 10 × 30 cm.

Les boutons semblent prove­nir du même four­nis­seur que ceux du Komplete Kontrol S Mk1, offrant un appui à la fois doux et franc, avec un petit clic qui se sent et s’en­tend à chaque pres­sion. Quant aux pads, ce sont très proba­ble­ment les mêmes que sur le Launch­pad Pro, sensibles à vélo­cité et offrant un after­touch poly­pho­nique, tandis que le clavier gère l’af­ter­touch en mono. Disons un mot sur ce dernier qui, s’il n’est pas fabriqué par Fatar, n’en demeure pas moins un semi-lesté de bonne qualité. Le toucher s’avère un tout petit peu plus ferme que sur le Native KKS Mk2 ou l’Ar­tu­ria Keylab mkII, et l’on sent bien à l’en­fon­ce­ment la zone de pres­sion de l’af­ter­touch tandis que le jeu sur les touches n’est pas spécia­le­ment bruyant. Un très bon point.

Les enco­deurs sont sans histoire si ce n’est qu’ils sont logique­ment dispo­sés 2 à 2 en face de chaque écran et qu’on les aurait préfé­rés un peu plus écar­tés pour le confort. Les sliders sont enfin ce qui semble le plus cheap d’ap­pa­rence, même s’ils offrent une course sans jeu et une résis­tance homo­gène. Pas de quoi se scan­da­li­ser donc, d’au­tant que des choses plus inté­res­santes nous attendent sur le face arrière du SL…

cvgateOutre le connec­teur pour le transfo fourni (et préci­sons-le, indis­pen­sable, vu que le clavier ne peut fonc­tion­ner sur la seule alimen­ta­tion d’un câble USB à cause de tous ses écrans et ses lumières), le bouton d’ali­men­ta­tion et le connec­teur USB, on a ici droit à trois connec­teurs MIDI sur DIN 5 broches (In – Out – Thru/Out 2), trois Jack 6,35 pour les habi­tuelles pédales de Sustain et Expres­sion et un foots­witch et… et… deux jeux de trois connec­teurs CV / Gate / Mod ! De quoi pilo­ter deux synthés par ce biais donc, et… et… un connec­teur Clock Out pour simpli­fier la synchro de tout ce petit monde…

midioutOr, le Remote SL MkIII le pilo­tera d’au­tant mieux qu’il intègre un séquen­ceur à patterns maté­riel qui n’a rien d’un gadget puisqu’il vous propose 8 pistes, en plus d’un arpé­gia­teur lui aussi maté­riel, et d’autres joyeu­se­tés que nous allons détailler.

Vous l’au­rez compris : si le Remote SL MkII se concen­trait sur le pilo­tage de logi­ciels et notam­ment de plug-ins via le système Auto­map, le synthé étant vrai­ment pensé alors pour l’in­for­ma­tique musi­cale et l’in­for­ma­tique musi­cale surtout, on est ici face à un clavier qui cible les musi­ciens à confi­gu­ra­tions hybrides, ceux-là mêmes qui utilisent des synthés maté­riels en vis-à-vis d’un Able­ton Live par exemple (dont une version Lite est juste­ment four­nie en bundle).

Ce posi­tion­ne­ment n’a rien d’idiot dans le mesure où Nova­tion évite de se trou­ver entre le marteau Native Instru­ments, l’en­clume Akai et le serre-joint Nektar sur le marché des claviers orien­tés logi­ciels, et propose un produit qui n’a pas de concur­rent direct en termes de spéci­fi­ca­tions : à la rigueur, c’est au Keylab d’Ar­tu­ria qu’il ferait le plus d’ombre, même si du côté pilo­tage de synthé maté­riel, il fait cava­lier seul avec son séquen­ceur maté­riel 8 pistes et ses deux jeux de sortie CV/Gate/Mod.

Sachant cela, il s’agit de rentrer un peu plus dans les détails pour voir ce que l’on peut espé­rer de cet origi­nal.

CV et lettre de modu­la­tion

La première origi­na­lité du SL MkIII, c’est évidem­ment son ouver­ture vers le monde hard­ware, que ce soit via les deux jeux de sorties CV/Gate/Modu­la­tion ou via MIDI. Un certain nombre de Templates prêts à l’em­ploi vous attendent d’ailleurs dans la machine, que ce soit pour les instru­ments Nova­tion évidem­ment, ou encore certains best-sellers signés Moog, Korg, DSI, Nord, Roland, Waldorf, Access, Elek­tron et même Stry­mon pour ce qui est des effets… Rien concer­nant Yamaha ? C’est un peu étrange mais gageons que ces ressources devraient prochai­ne­ment arri­ver, d’au­tant que rien ne vous empêche de brico­ler ça vous-même.

templatesPour ce faire, c’est toujours l’uti­li­taire Compo­nents bien connu des utili­sa­teurs de produits Nova­tion qui est de mise. Via ce dernier, vous pour­rez gérer le clavier, qu’il s’agisse de mettre à jour son firm­ware ou de réali­ser des Templates, de sauve­gar­der ces derniers ou d’en char­ger de nouveaux. Stable et effi­cient, le logi­ciel présente une inter­face claire et aérée dans laquelle vous pour­rez défi­nir l’as­si­gna­tion du moindre contrôle à l’ex­cep­tion des commandes de navi­ga­tion. Cela vaut pour les enco­deurs, pads, boutons ou sliders mais cela vaut aussi pour les sorties Jack des pédales, sachant que vous pouvez défi­nir diffé­rents compor­te­ments pour certains éléments (absolu ou rela­tif pour les potards, Momen­tary, Toogle, Increase/Decrase ou Trig­ger pour les boutons, etc.). Bref, tout cela est plutôt complet, sachant que le réglage de la courbe de vélo­cité des touches se fait depuis l’ap­pa­reil même, ce qui est l’oc­ca­sion d’une première décon­ve­nue : avec les écrans LCD dont dispose le clavier, on regret­tera que le construc­teur n’ait pas trouvé le moyen d’af­fi­cher la courbe en ques­tion, nous propo­sant juste de choi­sir entre des presets. Ceci étant dit, on sort les minijack, une NYX de Dread­box et un Artu­ria Mini­brute pour voir ce que la machine a dans le ventre.

Séquencé à la main sous le SL

seqOutre sa connec­tique, le plus gros point fort de ce nouvel arrivé est sans l’ombre d’un doute son séquen­ceur maté­riel. Vous dispo­sez ainsi de 64 sessions propo­sant 8 pistes chacune, sachant que chaque piste abrite 8 patterns de 16 pas. De quoi faire pas mal de choses sans avoir besoin du moindre ordi­na­teur, sachant que vous pouvez déter­mi­ner pour chaque note sa vélo­cité et son gate. La saisie se fera en live depuis le clavier (quan­tisé obli­ga­toi­re­ment à la réso­lu­tion de lecture du pattern, avec une préci­sion de 24 PPQN) ou en mode pas à pas en enfonçant le pad qui corres­pond au step désiré puis en enfonçant la note qu’il doit jouer. Évidem­ment, 16 pas, c’est un peu court mais pour contour­ner cela, Nova­tion propose de réali­ser des chaînes de patterns non destruc­tives. Et au niveau de ces derniers, on dispose bien évidem­ment de plusieurs modes de lecture (avant, arrière, ping-pong, aléa­toire) comme de la possi­bi­lité de chan­ger la vitesse de lecture en fonc­tion du tempo (de 30 à 300 BPM en synchro externe ou de 40 à 240 BPM en interne), de gérer le swing et d’uti­li­ser l’hor­loge interne de la machine pour synchro­ni­ser vos claviers ou au contraire d’uti­li­ser une horloge externe. Bref, même si les 16 pas d’un patterns semblent un peu sous-dimen­sion­nés, tout cela est plutôt bien pensé dans une logique de contrôle hard­ware, d’au­tant que vous pouvez aussi enre­gis­trer l’au­to­ma­tion de 8 para­mètres pour chaque piste, et que vous pouvez défi­nir la desti­na­tion de tout ce que vous séquen­cez : USB (pour pilo­ter un instru­ment logi­ciel), DIN 1, DIN 2 ou les deux, CV/Gate 1, CV/Gate 2 ou les deux.

arpQui peut le plus peut le moins : notre SL MkIII embarque égale­ment un arpé­gia­teur maté­riel complet qui se servira lui aussi de la matrice de 16 pads comme d’in­ter­face de saisie. Rien à redire là-dessus : toutes les fonc­tions usuelles d’un arpé­gia­teur sont là, avec une synchro­ni­sa­tion au 1/32 en trio­let au maxi­mum et de multiples modes de lecture.

zonesOn en dira autant de la possi­bi­lité d’uti­li­ser des gammes via la module Scale (16 gammes dispo­nibles avec trans­po­si­tion chro­ma­tique) ou de défi­nir des zones sur le clavier pour pilo­ter par exemple une basse sur une octave, des brass sur deux autres, un lead sur ce qu’il reste. Dans ces modes, les éclai­rages des touches sont bien sûr mis à contri­bu­tion de manière intui­tive, éclai­rant les zones de diffé­rentes couleurs ou indiquant les notes de la gamme sélec­tion­née. Elles permet­tront encore, en conjonc­tion avec les pads, de voir quelle note est jouée par le séquen­ceur interne. Mais je le souligne : elles ne servi­ront certai­ne­ment pas à affi­cher les keys­witches d’un instru­ment logi­ciel NKS, contrai­re­ment à ce que certains auraient pu penser en voyant l’air de famille de ces dernières avec le light­guide de Native Instru­ments.

Puisqu’on en parle, il est temps de bran­cher à chaud notre câble USB pour voir comment cela se passe du côté infor­ma­tique avec, au hasard, Able­ton Live. ;-)

Jour­nal du soft

softwarePour accé­der au versant MAO, il faudra pres­ser la touche InCon­trol qui active le contrôle de la STAN. Selon cette dernière, on sera logé à deux enseignes, sachant que Nova­tion assure pour l’heure le contrôle de Pro Tools, Cubase, Logic, Reaper, Reason, Live… et des autres logi­ciels via le proto­cole géné­rique HUI. Dans ce dernier cas, on dispose du contrôle des fonc­tions de base de la STAN : bloc de lecture, faders de volume, panpots, taux d’en­voi vers un bus auxi­liaire, Solo/Mute, arme­ment de l’en­re­gis­tre­ment… Mais les choses deviennent plus inté­res­santes avec une STAN offi­ciel­le­ment suppor­tée comme Live puisque non seule­ment le clavier dispose d’un mapping pour les instru­ments et plug-ins four­nis par Able­ton, mais il parvient même à mapper les para­mètres de plug-ins d’ef­fets VST de tierce partie (un reliquat d’Au­to­map ?). Pour les instru­ments, c’est une autre paire de manches en revanche, et je ne suis pas parvenu à accé­der à une telle fonc­tion­na­lité pour EZkeys, Massive, Falcon ou encore n’im­porte quel synthé Artu­ria… C’est dommage.

Il faut préci­ser égale­ment que l’on est abso­lu­ment pas dans un contrôle qui pourra se passer de la mani­pu­la­tion d’un ordi­na­teur et d’une souris : d’abord parce qu’il faut sélec­tion­ner le plug-in d’ef­fet dans la STAN pour que ses contrôles s’af­fichent sur le clavier, et ensuite parce que les 5 écrans que propose le SL MkIII sont utili­sés de manière assez basique : tous les réglages y sont propo­sés sous forme de potards et les noms corres­pon­dant à ces derniers sont souvent tronqués. Ne pensez pas non plus pouvoir affi­cher la vue globale d’un projet, un piano roll, une table de mixage ou quoi que ce soit d’un peu sophis­tiqué graphique­ment : juste des potards et du texte. Là dessus, il faudra donc être bien clair : ce SL MlkIII est un clavier de contrôle avant tout pensé pour pilo­ter des instru­ments maté­riels, et s’il dispose de fonc­tions orien­tée MAO, il est très loin d’of­frir le confort et la puis­sance de claviers dont c’est la spécia­lité. Ce n’est pas lui qui rempla­cera un Push ou un Komplete Kontrol, tout comme ces derniers seraient bien inca­pables de faire le quart de ce que propose le dernier né de Nova­tion sans avoir besoin d’au­cune connexion à aucun ordi­na­teur. Cette orien­ta­tion hard­ware n’est donc pas un défaut en soi, mais je veux m’as­su­rer que les éven­tuels acqué­reurs du SL MkIII aient bien compris que nous ne sommes pas là face au clavier parfait qui pourra tout faire. Nova­tion assume d’ailleurs parfai­te­ment ce parti-pris puisqu’au­cun mapping prêt à l’em­ploi n’est proposé pour aucun instru­ment virtuel alors qu’on nous propose quan­tité de choses pour des synthé­ti­seurs maté­riels.

Ceci étant dit, l’heure est venue de consi­gner les quelques reproches que nous aurions à adres­ser au dernier né de Nova­tion.

Si SeuLe­ment…

Sur la partie maté­rielle, sans reve­nir sur la limi­ta­tion à 16 pas des patterns du séquen­ceur, on regret­tera d’abord le fait qu’il ne soit pas possible de séquen­cer quoi que ce soit qui ne soit pas quan­tisé, même si l’on en comprend aisé­ment le pourquoi d’un point de vue tech­nique et marke­ting : on reste en effet sur un outil pensé pour de la musique élec­tro­nique, et pas pour faire du piano blues…

Par ailleurs, malgré la richesse des fonc­tions propo­sées dans ce cock­tail inédit, on souli­gnera que ce SL MkIII n’est certai­ne­ment pas aussi inno­vant d’un point de vue tech­no­lo­gique que ne l’était le Remote SL à l’époque de sa sortie. Si Auto­map était alors révo­lu­tion­naire et ouvrait une voie dans laquelle Akai et Native Instru­ments se sont depuis engouf­frés, ce que le SL MkIII a de nova­teur tient dans la concen­tra­tion de fonc­tions, et non dans les fonc­tions elles-mêmes. De fait, au-delà de la regret­table dispa­ri­tion du pad XY du Remote SL MkII, certains regret­te­ront que le clavier ne propose pas d’af­ter­touch poly­pho­nique et un regard sur ce que proposent Roli ou Touch­keys permet de comprendre que l’am­bi­tion de Nova­tion pour ce produit n’était pas d’ima­gi­ner LE clavier Next Gen qui allait boule­ver­ser la façon dont nous jouons du clavier, mais plutôt d’ex­haus­ser le souhait de nombreux musi­ciens qui rêvaient d’un contrô­leur moderne pour passer de leur STAN à leurs instru­ments élec­tro­niques via un simple bouton, et le souhait de ces autres musi­ciens qui souhaitent juste un clavier de contrôle bardé de fonc­tions, dont un séquen­ceur, pour se passer tout bonne­ment d’or­di­na­teur.

Novation 61 SL MkIII : screenknobsMais à l’usage, c’est surtout la sous-utili­sa­tion des écrans LCD que l’on regret­tera car ces derniers pèsent sans doute proba­ble­ment beau­coup dans le coût global de l’ap­pa­reil et ils n’ap­portent pas grand chose de plus, en l’état, que le bandeau LCD rétro-éclairé couplé aux pour­tours d’en­co­deurs lumi­neux du Remote SL MkII. On aurait de fait adoré que ces derniers affichent la matrice ou la vue Arran­ge­ment de Live ou la table de mixage de la STAN de manière un peu plus intui­tive qu’avec des potards. Surtout, on aurait souhaité avoir un aperçu global d’une séquence, voire d’une forme d’édi­tion dans un piano roll. Bref, ces écrans ont un poten­tiel qui semble pour l’heure sous-exploité, même si l’on a pleine confiance dans le fait que Nova­tion aura à coeur de faire évoluer le firm­ware du clavier comme il l’a fait avec ses autres produits pour répondre aux désirs des utili­sa­teurs.

Une chose est sûre en tout cas : si le SL MkIII est incon­tes­ta­ble­ment le plus doué des claviers de contrôle actuel pour pilo­ter (et séquen­cer !) des instru­ments élec­tro­niques et s’il est capable de dialo­guer avec une STAN, il ne se penche pas plus que ça sur les problé­ma­tiques propres à la MAO, qu’il s’agisse de se passer complè­te­ment du tandem clavier/souris et de l’écran, de navi­guer dans les presets ou de simpli­fier le contrôle des instru­ments virtuels les plus en vus du marché. De fait, en dépit de ce que son nom trom­peur laisse
suppo­ser, il remplace moins le Remote SL MkII qu’il ne le complète, ce dernier restant d’ailleurs, pour l’heure, au cata­logue du construc­teur.

Avant de conclure, disons enfin un mot sur le prix de ce SL MkIII proposé à moins de 700 euros en version 61 touches et moins de 600 en version 49 touches. Il est clair qu’à ce tarif, ce ne sera certai­ne­ment pas le clavier de tout le monde mais l’ad­di­tion n’a rien de déli­rant en regard de la qualité et des fonc­tion­na­li­tés propo­sées. Et comme il n’y a pas de réel concur­rent sur le concept du clavier de contrôle/séquen­ceur hard­wa­re…

Conclu­sion

Alors que la majo­rité des construc­teurs semblent obnu­bi­lés par le contrôle des logi­ciels (qui est d’ailleurs la préoc­cu­pa­tion première du Remote SL MkII, toujours au cata­logue), Nova­tion prend le contre­pied de la concur­rence en propo­sant un clavier pensé pour ceux qui utilisent des instru­ments élec­tro­niques en premier lieu. Jouis­sant d’une belle expé­rience en la matière, le construc­teur nous propose ainsi une machine bien pensée et dont les parti-pris comme les fonc­tion­na­li­tés n’ont pas d’équi­valent chez la concur­rence. Entre la double sortie CV/Gate/Modu­la­tion et le séquen­ceur maté­riel 8 pistes ou l’ar­pé­gia­teur inté­grés, personne ne semble pouvoir s’ali­gner et s’il serait exagéré de parler de révo­lu­tion, il ne fait aucun doute que Nova­tion inau­gure un nouveau segment de marché avec ce SL MkIII, ce qui mérite bien d’être salué par un Award Inno­va­tion.

Quant à savoir s’il s’agit du clavier de contrôle ultime qui rempla­cera tous les autres, le propos n’est certai­ne­ment pas là. Ceux qui cherchent à pilo­ter des instru­ments élec­tro­niques avec ou sans recours d’un ordi­na­teur seront ravis d’avoir enfin un clavier pour le faire. Quant à ceux qui cherchent un clavier aussi doué pour le maté­riel que ce SL MkIII et pour logi­ciel qu’un Komplete Kontrol S ou un Akai Advance, ils devront très proba­ble­ment se résoudre à ache­ter deux claviers en atten­dant que l’offre sur ce genre de produit hybride se déve­loppe. Bravo en tout cas à Nova­tion pour avoir bien fait avan­cer le schmil­blick !

Et en guise de bonus, voici une inter­view de Jérôme Meunier, Head of Product Nova­tion à propos de la réali­sa­tion du SL MkIII.

8/10
Award Innovation 2018
Points forts
  • Un concept sans équivalent sur le marché
  • Qualité globale de fabrication
  • Beaucoup de contrôles…
  • …et de lumières !
  • Les écrans couleur
  • Deux sorties CV/Gate/Mod
  • La sortie Clock Out
  • Le séquenceur matériel intégré : 64 sessions de 8 pistes x 8 patterns de 16 pas !
  • L’arpégiateur matériel complet
  • La gestion des gammes via Scale
  • La gestion des zones
  • L’aftertouch polyphonique sur les pads
  • L’utilitaire Components bien fichu
Points faibles
  • Malgré le nom, ça n’a pas grand-chose à voir avec un Remote SL MkII
  • Plus de pad XY comme sur le Remote SL MkII : c’est dommage
  • 16 pas par pattern : on en aurait aimé 32...
  • Sous-utilisation des écrans qui n’affichent pas grand-chose d’autre que des potards et des menus
  • Clairement plus dédié au pilotage d’instruments électroniques que de logiciels
  • Bundle bien maigre
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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