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Test de Spectrasonics Omnisphere 3 - Bon à tout sphere ?

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Award Valeur sûre 2026
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Il aura fallu dix ans pour que Spectrasonics nous livre la relève tant attendue d’Omnisphere 2. Une attente récompensée ?

Test de Spectrasonics Omnisphere 3 : Bon à tout sphere ?

Rares sont les éditeurs qui peuvent se vanter d’avoir accou­ché d’un instru­ment virtuel devenu un tel clas­sique qu’il a marqué la musique de son empreinte. C’est pour­tant le cas de Spec­tra­so­nics avec Omni­sphere qui, dès sa première version, a immé­dia­te­ment séduit les plus grands profes­sion­nels, qu’ils évoluent dans le monde de la musique ou celui du son à l’image. Les raisons d’un tel succès tiennent bien évidem­ment dans la puis­sance et la qualité du logi­ciel, mais sans doute plus encore dans la qualité des sound desi­gners employés par Spec­tra­so­nics. Car c’est la grande force d’Om­ni­sphere : il regorge de sons aussi énormes que passion­nants, avec tout ce qu’il faut comme outil pour les éditer, les trans­for­mer ou les combi­ner.

Bref, la réus­site est telle que Spec­tra­so­nics ne se presse pas d’ailleurs pour mettre à jour son bébé. Si près de huit ans sépa­raient la V1 de la V2, il aura fallu attendre plus de dix ans pour dispo­ser de la troi­sième mouture qui nous occupe aujour­d’hui. Inutile de dire qu’on est impa­tient de voir tout ce que l’édi­teur a pu faire de ce temps et qu’on trépigne en atten­dant le long télé­char­ge­ment (plus de 60 Go tout de même) de la bête et son instal­la­tion.

Un panneau pour les gouver­ner tous…

directoriesBien évidem­ment, la première chose qui saute aux yeux dès le démar­rage, c’est le rafraî­chis­se­ment de l’in­ter­face sur le plan graphique : au bon vieux design photo­réa­liste en simili 3D succède un look plus vecto­riel, « flat design » comme le nomment les anglo­phones, dépourvu de reflets, de volumes et d’ombres. La lisi­bi­lité n’en est que meilleure, même si celle-ci était déjà excel­lente, sachant qu’on peut à loisir redi­men­sion­ner l’in­ter­face pour l’adap­ter à son moni­teur. Mais la refonte n’est évidem­ment pas que cosmé­tique, Spec­tra­so­nics ayant profité de l’oc­ca­sion pour amélio­rer le navi­ga­teur de présets.

On dispose ainsi d’une nouvelle option Hide pour masquer les caté­go­ries de sons que l’on n’uti­lise pas, tandis qu’un nouveau système de tags fait son appa­ri­tion en regard des caté­go­ries, lequel peut être utilisé avec des opéra­teurs booléens en cas de sélec­tion multiple. Une bonne chose, indu­bi­ta­ble­ment, même si tout n’est pas parfait : l’in­sis­tance avec laquelle Spec­tra­so­nics orga­nise à la base ses sons en collec­tions (Direc­tory) n’a pas grand inté­rêt à l’usage : Analog Vibes, Clas­sic Digi­tal, Retro Vibes, etc. sont autant de noms fourre-tout qui ne rajoutent qu’une couche compliquant l’or­ga­ni­sa­tion…

mainAutre­ment plus perti­nent, un nouveau panneau nous accueille au char­ge­ment de chaque préset, lequel rassemble les réglages prin­ci­paux du patch (vibrato, filtre, unison, enve­loppe de volume/filtre, ambience, tone et effect en regard de deux colonnes utili­taires qui permettent de gérer l’ac­cor­dage, le compor­te­ment MIDI, etc) et donne un accès rapide aux layers.

Disons qu’il y a là suffi­sam­ment de para­mètres pour se passer la plupart du temps de descendre dans les entrailles du moteur pour adap­ter le son à ses besoins : c’est une très bonne chose, en regard de l’orbe qui se tient toujours à un clic…

Notons-le toute­fois : les commandes qui sont à notre dispo­si­tion se résument, comme depuis le premier Omni­sphere, à des boutons, des sliders et des potards. Que ce soit pour éditer une enve­loppe, un égali­seur ou un compres­seur, n’es­pé­rez pas dispo­ser d’in­ter­faces graphiques… « vrai­ment graphiques » comme chez la plupart des concur­rents. Spec­tra­so­nics semble privi­lé­gier l’er­go­no­mie oldschool…

Sous le capot…

quadzoneLe panneau prin­ci­pal est d’au­tant plus inté­res­sant qu’on repère une mention qu’on ne connais­sait pas jusqu’alors : Quad­zone. Derrière ce nom se cache un nouveau système « de modu­la­tion à… quatre zones. » Compre­nez par là que vous mixez quatre sources sonores diffé­rentes en fonc­tion de la hauteur des notes que vous jouez, de leur vélo­cité ou d’un slider que vous pour­rez évidem­ment modu­ler, comme dans une sorte de petit multi… Voilà qui devrait ravir plus d’un sound desi­gner pour créer des timbres évolu­tifs ou encore des instru­ments répon­dant à la vélo­ci­té…

Or, ce n’est pas la seule nouveauté qu’il y a à signa­ler du côté du moteur du logi­ciel puisqu’en plus de 36 nouveaux filtres répar­tis en sept “couleurs” sonores diffé­rentes, Spec­tra­so­nics a pris soin d’ajou­ter plus de 600 nouvelles tables d’ondes à morphing, mais aussi une fonc­tion Oscil­la­tor Drift (simu­lant l’in­sta­bi­lité des vieux oscil­los analo­giques), un Unison Phase Scat­ter et un Dual Frequency Shif­ter poly­pho­nique, assu­ré­ment inté­res­sant, surtout quand on module ses para­mètres, mais qu’il faudra apprendre à domp­ter. Voyez ce que ça donne sur le son de base du soft :

Nume­rique
00:0000:10
  • Nume­rique00:10
  • Deri­veA­nalo00:10
  • Deri­veA­na­loU­ni­son00:10
  • Deri­veA­na­lo­Dual­Freq­Shif­ter00:10

Spec­tra­so­nics propose de nouveaux modes de glide modé­li­sés depuis les porta­men­tos de l’OBXA, d’un clavier Moog, d’un Odys­sey® et le glis­sando d’un CS80. Surtout : il est désor­mais possible de mélan­ger les moteurs Granu­lar, Unison et Harmo­nia simul­ta­né­ment pour obte­nir des textures complexes, tandis qu’un petit bouton Mutate a fait son appa­ri­tion au bas du navi­ga­teur de présets.

  • dualfreq
  • glide

Spectrasonics Omnisphere 3 : mutateCe dernier propose de géné­rer à la volée des variantes du préset sélec­tionné, et qui seront plus ou moins éloi­gnées de ce dernier selon qu’on utilise le mode Normal ou Extreme. De ce qu’il m’a semblé, le mode normal se contente de modi­fier les para­mètres de synthèse du patch origi­nal quand le mode extreme change jusqu’aux Sound­sources qui le composent. Idéal pour les aficio­na­dos du hasard comme pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête avec la synthèse et veulent tout de même person­na­li­ser un préset quel­conque. Voyez ce que donnent quelques varia­tions autour du même préset :

Origi­nal
00:0000:12
  • Origi­nal00:12
  • Muta­tee­soft100:12
  • Muta­tee­soft200:12
  • Muta­teex­tre­me200:12
  • Muta­teex­tre­me100:12

Bref, le terrain de jeu du sound design s’est consi­dé­ra­ble­ment agrandi et cela sera d’au­tant plus inté­res­sant que l’édi­teur a bossé sur la compa­ti­bi­lité maté­rielle de son bébé qui recon­nait désor­mais plus de 300 claviers de contrôle du marché… et parle MPE ! Pour peu que vous dispo­siez d’un des petits monstres d’Ex­pres­sive E, Roli ou encore du Push 3 d’Able­ton, vous allez redé­cou­vrir Omni­sphere comme jamais, goûtant aux joies de faire évoluer ses sons au gré de l’af­ter touch ou du pitch bend poly­pho­niques. Cela est d’au­tant plus vrai qu’en plus d’avoir ajouté 18 nouvelles collec­tions de sons, Spec­tra­so­nics a revu l’in­té­gra­lité des anciens présets du logi­ciel pour qu’ils tirent parti de cette possi­bi­lité, comme de la nouvelle section d’ef­fets dont il est doté…

Avant de nous pencher sur cette dernière, je ne résiste pas au plai­sir de faire entendre quelques sons :

Omni1
00:0000:09
  • Omni100:09
  • Omni200:10
  • Omni300:10
  • Omni400:10
  • Omni500:10
OMNI­SPHE­RE3­demo
00:0002:01

 Omni­sphere en insert ?

fxmoreLa plupart des effets du logi­ciel ont été reco­dés (même si les anciens demeurent dans des réper­toires legacy) et on nous annonce du coup un total un peu arti­fi­ciel de plus de 90 effets ! Le chiffre force certes le respect et la qualité est au rendez-vous mais souli­gnons toute­fois que tout en propo­sant beau­coup d’ému­la­tions de grands clas­siques (1176, LA2A, pédales Boss, amplis Fender et Marshall), Omni­sphere est loin d’être exhaus­tif : on ne trouve ni compres­seur gérant la compres­sion ascen­dante, ni proces­seur de tran­si­toires par exem­ple… Pour arri­ver à ce nombre, vous vous en doutez, on nous propose aussi quan­tité de trai­te­ments redon­dants (on a ainsi 12 égali­seurs dont le même décliné en 7 et 12 bandes par exemple) tandis que les proces­seurs les plus inté­res­sants se trouve dans la section Crea­ti­ve…

Ceci étant dit, on regret­tera surtout le parti pris oldschool des inter­faces que nous évoquions plus haut et qui mène parfois à des ergo­no­mies aber­rantes. Chaque effet devant tenir dans un rack 1U, Il n’est pas rare qu’on trouve un bouton More sur l’in­ter­face pour accé­der… à la seconde page du rack… Un rack à pages ? Mon dieu comme c’est pratique !

Or, deve­nez quoi : Spec­tra­so­nics est fier de nous annon­cer que tous les effets d’Om­ni­sphere 3 sont désor­mais dispo­nibles dans un plug-in externe nommé Omni­sphere FX Rack ! Gageons que ça pourra éven­tuel­le­ment avoir son utilité pour homo­gé­néi­ser les instru­ments dans un projet (avoir la même réverbe sur une prise de guitare, de voix et un piano Toon­track que sur un synthé Omni­sphere par exemple) mais qu’au-delà de ça, il n’y a rien de très exci­tant à retrou­ver cette pano­plie lacu­naire à l’er­go­no­mie un brin datée, d’au­tant qu’au­cune possi­bi­lité ne nous est donnée en termes de fonc­tion­na­li­tés. Pas de trai­te­ment paral­lèle, pas de spilt de signal, que ce soit en stéréo clas­sique, M/S, ou en multi­bande, pas de modu­la­teurs prévus pour les para­mètres : on est très loin de ce que proposent un Native Instru­ments avec Guitar Rig ou un Kilo­hearts avec Snapheap et Multi­pass, pour ne citer que qu’eux… Disons que c’est un bonus, et qu’à ce titre, on ne sera pas trop exigeant, mais que pour en faire un plug-in vrai­ment convain­cant, il y a pas mal de boulot…

En atten­dant Omnsi­phere 4

Tant qu’à parler des petits détails qui fâchent comme cette section d’ef­fets, on ne peut pas ne pas voir qu’en dépit de quan­tité de bonnes choses, le moteur d’Om­ni­sphere, lui, n’a pas profité de ces dix ans pour se mettre à niveau de la « concur­rence ». Quand bien même on lui rajoute toujours plus de fonc­tions et d’ef­fets, il demeure ainsi toujours aussi limité en regard de ce qu’un Kontakt ou un Falcon savent faire grâce à leurs scripts. Ce n’est abso­lu­ment pas un problème pour des sons synthé­tiques ou sound desi­gnesques qui restent le sujet prin­ci­pal d’Om­ni­sphere, mais ça limite toujours gran­de­ment ce dernier dès qu’on aborde des instru­ments acous­tiques plus complexes que le piano, qu’il s’agisse d’ins­tru­ments à vent, de voix, de guitares ou de cordes frot­tées. De fait, même si l’on trouve de jolis présets dédiés au violon­celle par exemple, lesquels tirent partis de la quad­zone et du MPE pour offrir un maxi­mum d’ex­pres­si­vité, même si l’on note l’in­du­bi­table savoir-faire de l’édi­teur en matière de sampling, ce qu’il a à propo­ser dans ce registre est très loin en effet de ce qu’on trouve chez les leaders de marché (Vienna, Spit­fire, Orches­tra Tools, etc.), tant en termes de réalisme que de perfor­mances (Omni­sphere est loin d’être léger) et de simpli­cité de program­ma­tion. On se prend toujours à rêver à ce que l’on pour­rait faire avec un Omni­sphere s’il était doté d’un moteur plus moder­ne…

Que penser de cette mise à jour du coup ? Que Spec­tra­so­nics a assu­ré­ment rempli sa mission en propo­sant toujours plus de sons, d’ef­fets, de possi­bi­li­tés et en ouvrant son joujou à la compa­ti­bi­lité MPE, mais que tout en étant fidèle à l’iden­tité de son colosse, sur le plan musi­cal, il n’em­mène pas Omni­sphere 3 beau­coup plus loin qu’Om­ni­sphere 2 : une évolu­tion oui, une révo­lu­tion, non. De fait, on a toujours en l’uti­li­sant le plai­sir de retrou­ver ces sons énormes réali­sés avec amour par de brillants sound desi­gners, dont un accord suffi­rait presque pour faire une compo pour peu qu’on lui adjoigne une boucle ryth­mique. On a toujours aussi le plai­sir de bâtir des sons complexes en quelques clics en assem­blant tous ces beaux maté­riaux sonores, avec un son toujours gigan­tesque à l’ar­ri­vée… Mais cette dernière qualité, qui est aussi parfois un défaut (Omni­sphere a vite fait de prendre beau­coup de place dans un mix), est encore très percep­tible dans la V2 du logi­ciel… S’il ne fait donc aucun doute que le logi­ciel phare de Spec­tra­so­nics est un formi­dable instru­ment qui, même à 499 euros, mérite son prix pour les galaxies sonores auxquelles il vous donne accès, un must have notam­ment pour les compo­si­teurs de musique à l’image, il n’est pas si évident que les utili­sa­teurs de la V2 se ruent sur la mise à jour à 200 euros, surtout s’ils ne sont pas dotés d’un clavier MPE…

Notre avis : 9/10

Award Valeur sûre 2026
2026
Valeur sûre
Award

Dans la parfaite lignée de son prédé­ces­seur, Omni­sphere 3 est une formi­dable machine à voyage sonore qui subju­guera le plus diffi­cile des musi­ciens en quelques présets et en quelques clics, à plus forte raison quand on dispose d’un clavier MPE qui permet de jouir de toute l’ex­pres­si­vité de l’ins­tru­ment. De ce point de vue, il demeure un véri­table must have pour les musi­ciens, à plus forte raison pour les compo­si­teurs de son à l’image, parce qu’il offre non seule­ment une base de presets ô combien inspi­rants, mais aussi tout ce qu’il faut pour les tordre à loisir ou bâtir son propre univers sonore. Héri­tant des quali­tés de la version 2, il n’en corrige toute­fois aucu­ne­ment les défauts, se conten­tant d’en­ri­chir un instru­ment déjà très riche mais qui, en l’ab­sence d’un moteur audio plus sophis­tiqué, montre ses limites sur le terrain des instru­ments acous­tiques… Tout en ayant une iden­tité plus marquée en termes de son, il est ainsi loin de la poly­va­lence d’un Kontakt ou d’un Falcon qui savent tout faire. Après dix ans d’at­tente, on espé­rait donc plus de surprises, quand Spec­tra­so­nics s’est contenté de rendre une excel­lente copie : on aurait tort de leur en tenir grief…

  • Nouveau panneau global
  • Les nouveaux modules Oscillator Drift, Dual Frequency Shifter et Unison Phase Scatter
  • Nouveaux filtres, effets et tables d’ondes
  • La Quadzone
  • Mutate, une idée très intéressante
  • Compatibilité MPE
  • Refonte de toute la base de presets pour tirer partie des nouvelles possibilités et des nouveaux traitements
  • Tout ce qu’on aime dans Omnisphere : Le son énorrme, les presets toujours aussi inspirants, la simplicité de programmation, la puissance de l’ensemble et même…
  • …Omnisphere FX rack…

  • …même si ce dernier n’est ni exhaustif, ni ergonomique et rudimentaire sur le plan fonctionnel
  • Toujours pas de gestion de scripts comme Kontakt ou Falcon, et donc toujours aussi peu à propos pour les instruments acoustiques complexes (guitares, cordes frottées, vents, voix, etc.)
  • Un son énorme qui tend à prendre toute la place
  • Rien de révolutionnaire après 10 ans d’attente
Intêret de la mise à jour :
Pays de fabrication : États-Unis
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