Avec le modèle PM-404F, le fabricant Omnitronic enrichit son catalogue avec une table de mixage DJ à quatre canaux, compatible Bluetooth. Proposée à moins de 200 euros, cette machine saura-t-elle satisfaire les attentes d’un public de passionnées de plus en plus exigeant·es ? On passe au test !
Omnitronic PM-404F : déballage et premières impressions
À l’ouverture du carton, on découvre la table de mixage en question, accompagnée d’un câble d’alimentation, d’une antenne Bluetooth et d’un câble RCA. Comme souvent, le manuel d’utilisation et un feuillet dédié aux consignes de sécurité sont également inclus. La bête, proposée aux alentours de 199 euros, est logée dans un boîtier métallique relativement compact de 240 × 338 × 110 mm et, malgré son poids plutôt léger de 2,85 kg, sa construction nous semble plutôt solide. D’ailleurs, lors des premiers essais à blanc, en manipulant les commandes dans le vide, aucun jeu désagréable n’a été constaté et les embases de connexion du panneau arrière nous ont également paru très fermement fixées. De chaque côté du châssis, le fabricant a fraisé des fentes d’aération pour évacuer la chaleur de l’alimentation interne, situées à mi-hauteur de la bête. Quatre pieds de taille généreuse protègent la table des glissements intempestifs, mais, en retirant les capuchons des potentiomètres et des commutateurs, nous constatons qu’il s’agit de références bas de gamme fabriquées en plastique. Certes, ce matériau permet de réduire le poids et le coût, mais rend aussi les commandes beaucoup plus fragiles. En revanche, en ce qui concerne les curseurs linéaires, rien à dire : ils se déplacent avec une fluidité exemplaire et s’avèrent agréables à manipuler.
Le panneau arrière offre un total de huit paires d’entrées RCA pour connecter des sources audio externes, dont deux entrées phono sur les canaux 1 et 2. Si cela ne suffit pas, ou si la configuration des canaux ne vous convient pas, vous pouvez également connecter des platines vinyles de niveau ligne aux canaux 3 et 4. Les entrées ligne supplémentaires (5 et 6) et le port Bluetooth intégré devraient également permettre à cette table de mixage de séduire les DJ mobiles et les artistes solos, d’autant plus que l’entrée micro disponible sur embase XLR en face avant, dispose également d’une fonction talkover bien pratique dans ce genre de configuration. Cependant, premier bémol, il faudra se passer d’embases Jack et d’une boucle de départ / retour pour les effets externes. Dommage. Les sorties Master et Booth sont disponibles aux formats XLR et RCA pour votre système de sonorisation et d’écoute, ce qui est plutôt un bon point. Omnitronic a même inclus un contrôle de balance pour le signal mixé sur la sortie Master. Enfin, la sortie REC supplémentaire (RCA), comme les sorties Master et Booth, possède son propre réglage de niveau. Sur la face avant se trouvent également les deux prises casque (aux formats Jack et mini-Jack) ainsi que le commutateur d’inversion de la course du crossfader.
Installation et configuration de la PM-404F
Connecter une configuration complète en filaire ou en Bluetooth, comprenant deux platines (canaux 1 et 2), deux lecteurs multimédias/CD (canaux 3 et 4), une interface audio ou un appareil compatible (smartphone, tablette) pour profiter de quatre platines virtuelles via un logiciel DJ (canaux 1 à 4) ne pose aucun problème, du moins en théorie, avec cette console. Elle semble donc parfaitement tailler pour servir de pièce centrale afin de réaliser un DJ set de haut vol. Mais qu’en est-il en pratique ?
L’interface utilisateur·ice de l’Omnitronic PM-404F est claire et bien structurée. Elle permettra d’ailleurs aux débutant·es de maîtriser la bête rapidement. La section microphone et les commandes de pré-écoute se trouvent à gauche, suivis des quatre canaux, puis du bus master. Seul point négatif : les étiquettes grises et les inscriptions liées à certaines commandes sont parfois difficiles à lire, ce qui pourrait s’avérer gênant pour certain·es utilisateur·ices. Cependant, leur nombre reste raisonnable et il sera facile de s’en souvenir après quelques dizaines de minutes de pratique. Néanmoins, cela pourrait poser problème dans des environnements peu éclairés, comme c’est souvent le cas en club ou en plein air lors d’un DJ set nocturne.
Comme souvent, les sélecteurs de source sont situés au-dessus des tranches de la console, permettant une commutation rapide et aisée en live. Chaque tranche est équipée d’un réglage de gain, d’un égaliseur à deux bandes, d’un filtre bipolaire coupe-bas / coupe-haut et d’un commutateur de pré-écoute (Cue). Les commandes d’égalisation sont généreusement espacées, et permettent une manipulation précise des fréquences, même si on aurait préféré avoir accès à trois bandes distinctes pour gagner en liberté de traitement. Enfin, le tiers inférieur de chaque tranche est dédié aux curseurs linéaires et au crossfader.
En parlant du crossfader, il est important de noter que la courbe de ce dernier est réglable en continu via une commande rotative, il dispose même d’un commutateur d’inversion accessible directement en façade qui ravira les amateur·ices de scratch endiablé. Les canaux peuvent également lui être assignés librement, et vous pourrez même le remplacer s’il venait à s’user avec le temps (merci Omnitronic). Examinons maintenant la partie droite de la console. Comme nous l’avons noté plus haut, il est très appréciable qu’en plus des réglages de niveau pour les sorties Master et Booth, la table dispose également d’une commande de niveau dédiée à la sortie Rec. À part ça, on retrouve un VU-mètre LED à huit segments (de –20 à +3 dB, avec indicateur d’écrêtage inclus) et une commande de balance qui vous offrira la possibilité de compenser d’éventuels déséquilibres entre les canaux de gauche et de droite.
En pratique : prise en main et qualité sonore
Nous avons effectué nos premiers tests avec une paire de lecteurs AlphaTheta CDJ-3000X. Avant tout, nous avons constaté que la table de mixage offrait une qualité sonore tout à fait correcte, à la fois transparente et puissante, avec beaucoup de punch dans les fréquences graves et la reproduction des transitoires. Les bandes d’égalisation permettent un ajustement rapide et efficace, avec une plage d’accentuation / atténuation très confortable. Le filtre bipolaire disponible sur chaque canal est un outil prisé pour les transitions, et il faut reconnaître qu’il se fait plutôt rare sur les tables de mixage situées dans cette gamme de prix. Or, bien qu’il ne dispose pas de contrôle de résonance, il est plutôt bien réglé et s’avère parfaitement adapté aux conditions d’utilisation en live, aussi bien en mode coupe-bas qu’en mode coupe-haut. Enfin, la sortie casque offre un son clair et détaillé, et la réserve de niveau proposée est très satisfaisante.
Mais lors de nos essais avec une paire de platines Technics SL-1200 mk2 connectées aux entrées phono, et montées avec différentes cellules Ortofon quasi neuves (modèles Concorde Pro et OM Scratch), nous avons constaté que le VU-mètre LED n’affichait à peine que trois ou quatre segments actifs. En revanche, lorsque nous avons branché nos platines Pioneer PLX-500 en niveau ligne, nous avons retrouvé quasiment les mêmes performances qu’avec les CDJ-3000X. Ce cruel défaut de niveau fait malheureusement très mauvaise impression pour les utilisateur·ices de platines vinyles old-school. D’ailleurs, nous étions tellement surpris que nous avons contacté le fabricant, qui nous a informés que les ingénieurs de la marque travaillent déjà sur la sensibilité des préamplificateurs phono et que ceux-ci seraient ajustés avec le prochain lot de fabrication. Dommage pour nous (et dommage pour la note finale).
Extraits sonores de l’Omnitronic PM-404F

- Égalisation des aiguës00:19
- Égalisation des basses00:19
- Filtre coupe-bas00:33
- Filtre coupe-haut00:52
Bluetooth intégré : atout ou gadget ?
L’autre atout majeur de cette machine réside dans sa compatibilité Bluetooth, et il faut reconnaître que l’accès direct à un signal sans fil sur l’ensemble des canaux offre une grande flexibilité d’utilisation, en particulier lorsque d’autres sources audio sont déjà utilisées et connectées à la table. Bien sûr, vous pourrez aussi choisir d’utiliser votre tablette ou votre smartphone pour faire tourner une application DJ, mais, en raison de la latence perceptible générée par le protocole Bluetooth, nous vous le déconseillons assez vivement. À la place, il vaudra mieux privilégier une connexion à une interface audio classique, en filaire, pour mixer sans risque et surtout, avec de bien meilleures sensations sous les doigts.
Cela étant dit, l’appairage entre la table et un smartphone ou une tablette est simple et rapide grâce au bouton dédié sur la machine (pour information, ce même bouton permet également de lancer et/ou de mettre en pause un morceau en cours de lecture sur l’appareil connecté à distance). Ici encore, lors de nos tests, la puissance du signal Bluetooth affichait un maximum de quatre à cinq barres LED sur le VU-mètre. Enfin, l’entrée micro disponible est un atout supplémentaire. Outre un égaliseur à deux bandes dédié, elle intègre aussi un système d’atténuation du bruit ambiant (talkover) qui pourrait s’avérer utile pour effectuer des annonces lors d’une prestation avec un public chauffé à blanc. Cependant, elle ne possède pas de témoin LED, ni même d’indicateur d’écrêtage pour le contrôle du niveau. Son rendu sonore est passable, mais la reléguera au rang de fonction purement utilitaire. En tous cas, elle ne conviendra sûrement pas pour inviter un·e chanteur·se à vous accompagner sur scène.



















