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Test du contrôleur AlphaTheta XDJ-AN - Le DJing de A à N ?

Rédigé par un humain
7/10

Dispo­nible depuis le début du mois de juillet, le dernier contrôleur DJ autonome développé par AlphaTheta promet une expérience de mix tout-en-un, compatible avec à peu près toutes les configurations imaginables. Alors, cette machine saura-t-elle tirer son épingle du jeu face à une concurrence de plus en plus impitoyable ? C’est parti pour le test !

Test du contrôleur AlphaTheta XDJ-AN : Le DJing de A à N ?

Débal­lage et premières impres­sions

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À l’ou­ver­ture du carton, on découvre d’abord une machine dotée d’un châs­sis fabriqué en plas­tique ABS haute résis­tance, habillé d’une fini­tion noir mat du plus bel effet, qui lui permet de main­te­nir un poids plume d’à peine 5,2 kg sur la balance, à l’ins­tar de son prédé­ces­seur, le fameux XDJ-RR sorti en 2018. Ses dimen­sions sont de 638 × 359,2 × 89,9 mm, et, au premier coup d’œil, on ne peut qu’ap­pré­cier la sobriété de son design et l’es­pa­ce­ment géné­reux des commandes, qui invitent à mani­pu­ler l’en­gin en toute séré­nité. Néan­moins, même si le choix d’un maté­riau plas­tique s’avè­rera pratique pour trans­por­ter la bête dans un grand sac à dos, on est en droit de se ques­tion­ner sur la dura­bi­lité de l’en­gin, et on ne peut s’em­pê­cher de penser qu’on aurait très large­ment préféré un châs­sis en métal rigide.

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En termes de connexions, on retrouve deux sorties Master stéréo sur embases XLR et RCA, une entrée micro sur embase TRS 6,35 mm (accom­pa­gnée d’un préam­pli inté­gré, qui offre une réserve de gain très confor­table de 78 dB, d’un égali­seur à deux bandes avec une plage d’ac­cen­tua­tion / atté­nua­tion de +/-12 dB et d’une fonc­tion Talko­ver), mais aussi une sortie casque sur embase mini-Jack 3,5 mm.

Au niveau numé­rique, on découvre avant tout trois ports USB-C : un pour le bran­che­ment des médias (clef USB, disque dur), un pour le raccor­de­ment à un ordi­na­teur, une tablette ou un smart­phone, et, un dernier port pour l’ali­men­­ta­­tion. On aurait vrai­ment aimé qu’Alpha­Theta en propose au moins deux pour les médias, car de très nombreux·ses DJ travaillent avec deux clefs USB au mini­mum, sans parler des doublons.

Pour termi­ner, on retrouve aussi un port Blue­­tooth et un routeur Wi-Fi inté­­gré. Enfin, la présence d’un émet­­teur Soni­­cLink vous permet­tra éven­tuel­le­ment de travailler avec le casque sans fil HDJ-F10 (latence de 9 ms / distance maxi­­male de 5 m), sans devoir recou­rir à un émet­teur externe, comme c’était déjà le cas avec le contrô­leur Alpha­Theta Omnis-Duo ou la table de mixage DJM-V5. Ainsi, avec un prix construc­­teur annoncé de 1 149 €, cette machine se posi­tionne donc comme une solu­tion tout-en-un, située à mi-chemin entre l’en­trée et le milieu de gamme, mais fina­le­ment capable de séduire un public de DJ très large, des pratiquant·es débu­tant·es jusqu’aux DJ de niveau inter­mé­diaire.

Plateaux, mixeur et effets : ce que vaut la méca­nique

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Jog wheels : les mêmes que sur le DDJ-FLX4

Au niveau des plateaux, la bête dispose de deux jog wheels de taille moyenne (5,2 pouces de diamètre) posi­tion­nées sur chaque côté, reliées par une section centrale équi­pée d’un écran de contrôle tactile de 7 pouces et d’une table de mixage inté­grée à deux canaux. Pour les jog wheels, dans le menu Deck Settings, vous pour­rez choi­sir entre les modes Vinyl (simu­la­tion de moteur à entraî­ne­ment direct, idéale pour le scratch et les effets de type « motor stop »), Quan­tize et Slip, mais aussi choi­sir plusieurs options de démar­rage, d’ar­rêt et de vitesse de lecture (Vinyl Speed Adjust). Cepen­dant, en termes de mani­pu­la­tion et de sensa­tions de jeu, on est assez loin du compte et on sent bien que la marque a recy­clé les éléments méca­niques propo­sés sur le DDJ-FLX4. Or, pour ce prix, on aurait vrai­ment préféré avoir accès à quelque chose d’un peu plus agréable sous les doigts. 

Color FX et Beat FX : trois algo­rithmes seule­ment ?

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À part ça, chaque canal dispose de huit boutons en plas­tique rigide dédiés aux Hot Cues, sur lesquels nous revien­drons un peu plus tard en fin d’ar­ticle. Main­te­nant, en ce qui concerne la section mixeur, pour chaque voie, on accède à un égali­­seur à trois bandes (Low / Mid / Hi) commu­table en mode clas­sique ou isola­teur, accom­pa­gné d’un VU-mètre LED à huit segments. Sous l’éga­li­seur, vous retrou­ve­rez égale­ment deux enco­deurs bapti­sés Color, conçus pour fonc­tion­ner avec l’un des six algo­rithmes Color FX (Space : réver­bé­ra­tion / Dub Echo : délai / Crash : bitcru­sher / Sweep : filtre bipo­laire coupe-bande et passe-bande / Noise : géné­ra­teur de bruit blanc filtré / Filter : filtre bipo­laire coupe-haut et coupe-bas). Enfin, une section Beat FX est posi­tion­née sur la droite de la section mixeur, avec trois algo­rithmes à dispo­si­tion, synchro­ni­sables au tempo du set : Echo, Reverb et Flan­ger. De ce côté là, encore une fois, on ne peut que regret­ter qu’Al­pha­Theta n’ait pas inclus davan­tage d’al­go­rithmes et se soit contenté du mini­mum vital, surtout quand on connaît la qualité des effets de la marque et le nombre consé­quent de propo­si­tions créa­tives présentes sur certains modèles plus haut de gamme (à titre d’exemple, le modèle XDJ-AZ intègre pas moins de quatorze algo­rithmes Beat FX diffé­rents). Dommage.

Courbes de fader et cross­fa­der

Passons main­te­nant aux curseurs qui équipent la table de mixage : vous retrou­ve­rez deux curseurs linéaires (un pour chaque canal) avec une course de 60 mm chacun et un cross­fa­der central avec une course de 45 mm. Pour les curseurs linéaires, vous aurez la possi­bi­lité de faire varier la courbe de réponse dans le menu Mixer Settings en choi­sis­sant parmi trois options distinctes : Curve 1 (courbe loga­rith­mique : le niveau augmente de manière dras­tique en fin de course), Curve 2 (courbe linéaire : le niveau augmente de manière propor­tion­nelle sur toute la course), et Curve 3 (courbe expo­nen­tielle abrupte : le niveau augmente de manière dras­tique en début de course).

Pour le cross­fa­der, toujours dans le menu Mixer Settings, vous pour­rez choi­sir entre les options de courbe Thru (courbe équi­va­lente : les deux signaux jouent, peu importe la posi­tion du cross­fa­der), Curve 2 (courbe linéaire : lorsqu’un canal augmente, l’autre s’at­té­nue de manière propor­tion­nelle) et Curve 3 (courbe abrupte : équi­valent d’un « hard cut » conçu pour le scratch). Ces options sont très utiles, et bien­ve­nues, mais la réac­ti­vité de la troi­sième courbe du cross­fa­der (Curve 3) laisse un peu à dési­rer (la mise en sour­dine ne s’ac­tive qu’au bout de quelques milli­mètres), ce qui sera proba­ble­ment assez désa­gréable pour celles et ceux qui prévoient d’en­chaî­ner des heures de scratch endia­blé et qui auront besoin d’un cross­fa­der ultra précis et extrê­me­ment réac­tif.

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Écran tactile 7 pouces, Info Search et qualité audio

En termes de réponse tactile, l’écran fonc­tionne plutôt pas trop mal (même s’il y a quand même un coup de main à prendre avant de se sentir à l’aise, surtout si vous avez des doigts volu­mi­neux) et s’avère égale­ment parfai­te­ment lisible. En revanche, sa taille reste rela­ti­ve­ment limi­tée par rapport à d’autres modèles plus onéreux, ce qui pourra en rebu­ter certain·es. Pour pallier ce compro­mis de taille (sans mauvais jeux de mots), Alpha­Theta a eu la bonne idée d’ajou­ter des enco­deurs cliquables en haut à gauche de chaque jog wheel, qui vous permet­tront de navi­guer dans les menus affi­chés à l’écran avec une préci­sion sans faille (pour infor­ma­tion, ce type d’en­co­deur est aussi utilisé sur les nouveaux CDJ-1500X).

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À part ça, toutes les fonc­tions les plus utiles sont direc­te­ment acces­sibles sur la fenêtre prin­ci­pale de l’écran, notam­ment les commu­ta­teurs de synchro­ni­sa­tion (Sync On / Off), mais aussi la navi­ga­tion directe sur les formes d’onde de chaque titre (pour la lecture et la pré-écoute). D’ailleurs, l’un des prin­ci­paux atouts de ce contrô­leur se trouve dans la possi­bi­lité de créer et d’édi­ter la tota­lité de vos play­­lists direc­­te­­ment sur la machine, sans être obli­gé·e de passer par rekord­­box. Au niveau des menus, l’ar­bo­res­cence est claire et très bien orga­ni­sée, avec les onglets Source (sélec­tion du média), Browse (biblio­thèque de morceaux clas­sée par artiste, album, titre, tona­lité, play­list et histo­rique de lecture, le tout agré­menté une fonc­tion de pré-écoute instan­ta­née très pratique qui s’ac­tive simple­ment en main­te­nant la forme d’onde « preview » appuyée quelques secondes), Tag List (morceaux favo­ris), Play­list (quatre banques de play­lists) et Search (moteur de recherche). Du point de vue des perfor­mances audio, on reste ici sur les stan­dards exem­plaires d’Al­pha­Theta, avec une réponse en fréquences qui s’étend de 20 Hz à 20 kHz pour un rapport signal/bruit de 112 dB et un taux de distor­­sion (THD+N) de 0,003 %.

Strea­ming inté­gré : Apple Music, Beat­port, Tidal et le cloud rekord­box

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Soyons clairs, ce contrô­leur est avant tout conçu pour une utili­sa­tion combi­née aux diffé­rentes plate­formes de strea­ming, et il est évident que le fabri­cant a choisi de posi­tion­ner cette machine pour répondre aux diffé­rents besoins des nouvelles géné­ra­tions de DJ. Ainsi, outre une inté­gra­tion totale des services Apple Music, Beat­­port Strea­­ming et Tidal (Spotify annoncé pour une prochaine mise à jour), vous pour­rez aussi profi­ter des solu­tions d’hé­ber­ge­ment de données rekord­­box Cloud­­Di­­rect­­Play et Cloud Library Sync (compa­tibles avec Drop­box ou Google Drive) pour mémo­ri­ser vos play­lists et vos points de repère Hot Cue. Natu­rel­le­ment, la bête pourra égale­ment être utili­sée en tant que contrô­leur DJ asservi aux logi­ciels Serato DJ, djay ou rekord­­box (licence inté­grée), et, enfin, vous pour­rez vous connec­ter aux appli­­ca­­tions DJ mobiles rekord­­box, djay et DJM-REC, qui s’avè­rera très pratique si jamais vous souhai­tez strea­mer vos DJ sets en direct live depuis un smart­phone iOS ou Android. D’ailleurs, pour l’anec­dote, le XDJ-AN est le premier appa­reil du cata­logue Alpha­Theta à être pourvu de cette option avec DJM-REC.

L’ap­pai­rage avec les diffé­rents services de strea­ming est enfan­tin : dans le menu Source (onglet Cloud Log In), il vous suffira de scan­ner le QR code de la machine pour lier vos comptes en quelques secondes, et le tour sera joué. D’ailleurs, n’ou­bliez pas de cocher la case « Stay Logged In » pour éviter de réité­rer cette mani­pu­la­tion à chaque allu­mage de la bête. Mention spéciale pour la fonc­­tion Info Search, qui offre aux amateur·ices de carte digging un système de recom­­man­­da­­tion auto­­ma­­tique de morceaux, via un outil de recherche intui­tif direc­te­ment acces­sible sur l’écran central, en cliquant simple­ment sur le petit logo « Info ». Son fonc­tion­ne­ment est simple, il suffit d’ap­puyer sur le titre et l’al­go­rithme vous propo­sera une sélec­tion de titres « équi­va­lents », issus à la fois de votre biblio­thèque person­nelle (disques durs, clefs USB, cloud) et du cata­logue des services de strea­ming auxquels vous êtes connec­té·e (Apple Music, Beat­port, Tidal, et bien­tôt Spotify).

Pour qui, et à quel prix : les compro­mis du XDJ-AN

Contrai­re­ment aux modèles Alpha­Theta d’en­trée de gamme, on comprend vite que la marque a déve­loppé cette machine avec un objec­tif précis en tête : permettre aux DJ de s’ini­tier au mix et de prépa­rer leurs pres­ta­tions chez eux·elles, afin de pouvoir passer direc­te­ment sur du maté­riel profes­sion­nel en club ou en festi­val, sans perte de repères. Ainsi, si vous êtes fami­lier·ère avec les réfé­rences CDJ-3000X, XDJ-AZ, ou autres, vous ne serez pas débous­so­lé·es face au XDJ-AN. Néan­moins, comme on pouvait s’en douter, avec ce tarif plutôt agres­sif, le fabri­cant a dû faire quelques conces­sions supplé­men­taires par rapport aux modèles profes­sion­nels haut de gamme issus de son cata­logue.

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Selon nous, le plus gros handi­cap de ce contrô­leur réside dans l’ab­sence pure et simple d’une fonc­tion de sépa­ra­tion des stems, qui, elle aussi, est deve­nue quasi­ment indis­pen­sable de nos jours pour créer des sets origi­naux et des remixes à la volée. Alors, certes, on ne retrouve pour l’ins­tant cette fonc­tion­na­lité nulle part sur les contrô­leurs auto­nomes Alpha­Theta, mais n’ou­blions pas que Rane et Denon ont récem­ment fait bouger les choses avec le System One et le Prime 4 G2, en inté­grant un algo­rithme d’iso­la­tion des stems ultra perfor­mant, et on aurait vrai­ment appré­cié que le fabri­cant leur emboîte le pas sur ce coup-là.

Mais ce n’est pas tout, notre plus grande décep­tion concerne l’ab­sence de véri­tables pads de perfor­mance, rempla­cés ici par des boutons en plas­tique rigide. Or, depuis quelques années déjà, ce type de pads est devenu l’un des éléments de jeu indis­pen­sables du DJing actuel, et ne pas les inté­grer nous semble vrai­ment dommage. Surtout lorsque l’on constate que les réfé­rences d’en­trée de gamme de la marque en possèdent, comme le DDJ-FLX4 qui coûte envi­ron un quart du prix du XDJ-AN (329 € contre 1 149 €). En résumé, voici encore un choix très éton­nant, et surtout très discu­table de la part d’Alpha­Theta, qui nous laisse en défi­ni­tive une impres­sion plutôt miti­gée sur cette machine.

Notre avis : 7/10

Situé à mi-chemin entre le DDJ-FLX4 et le XDJ-AZ, le nouveau XDJ-AN reste avant tout conçu pour les débu­tant·es et les pratiquant·es de niveau inter­mé­diaire, et, pour cause, ce contrô­leur combine un ensemble de fonc­tion­na­li­tés et d’op­tions qui ravi­ront les jeunes géné­ra­tions de DJ habi­tué·es au strea­ming, mais aussi celles et ceux qui souhaitent se faire la main avant de passer sur un setup profes­sion­nel sur scène.

En revanche, pour les DJ confir­mé·es, d’autres outils plus complets seront sans doute plus perti­nents. En effet, la marque semble avoir recy­clé de nombreux éléments issus de modèles précé­dents et a volon­tai­re­ment choisi de brider les capa­ci­tés de la bête, sans doute pour justi­fier son prix et mieux segmen­ter son offre. Cela n’en fait pas pour autant une machine au rabais, car elle offre, malgré tout, un rapport qualité prix correct et un ensemble de possi­bi­li­tés créa­tives suffi­santes pour s’ini­tier au DJing.

Points forts

  • Solution tout-en-un
  • Qualité audio
  • Intégration totale du streaming
  • Facilité d’utilisation
  • Fonction Info Search
  • Pré-écoute instantanée (fonction tactile Preview)
  • Transportabilité
  • Prix relativement accessible

Points faibles

  • Éléments mécaniques d’entrée de gamme (jog wheels, curseurs)
  • Absence de véritables pads de performances
  • Absence d’algorithme de séparation des stems
  • Sélection d’effets beaucoup trop limitée
  • Unique port USB-C dédié aux médias externes (clef USB, Disque dur)
  • Doutes légitimes sur la durabilité du châssis
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