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5 conseils pour réussir ses transitions - DJing : les techniques de base

Maîtriser les techniques de base du mixage DJ n'est pas sorcier et s'acquiert rapidement avec un peu d'entraînement et de pratique. Un bon set requiert avant tout une excellente connaissance des morceaux et le savoir-faire nécessaire pour les enchaîner avec subtilité. Voici donc cinq conseils pour vous aider à démarrer et à créer des transitions aux petits oignons.

5 conseils pour réussir ses transitions : DJing : les techniques de base

Avant même de s’in­té­res­ser à l’as­pect tech­nique du DJing, il convient de rappe­ler que la sélec­tion des morceaux et la bonne compré­hen­sion de leur struc­ture restent les condi­tions essen­tielles d’un set réussi. Le public attend avant tout des tran­si­tions fluides et créa­tives, donc si les pistes qui s’en­chaînent ne s’ac­cordent pas correc­te­ment, tant d’un point de vue musi­cal que d’un point de vue émotion­nel, le résul­tat risque d’être déce­vant. Et toutes les pirouettes tech­niques du monde n’y chan­ge­ront rien. Malgré tout, on aurait tort de croire que les compé­tences requises à la console de mixage se limitent au manie­ment des curseurs linéaires et à l’éga­li­sa­tion des basses. C’était peut-être le cas il y a vingt ans, mais la situa­tion a bien changé depuis.

Et pour cause, à partir du milieu des années 90s, le déve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique des consoles n’a cessé d’évo­luer. On pense notam­ment au légen­daire modèle Pioneer DJM-500, qui fut sans doute la première table de mixage DJ dotée d’une section d’ef­fets, d’un filtre et d’un égali­seur à trois bandes par canal. Cette machine a apporté de nouvelles possi­bi­li­tés de créa­tion qui ont complè­te­ment trans­formé la manière d’en­chaî­ner des disques. Dernier point avant de commen­cer, pour effec­tuer vos tran­si­tions, vous devrez d’abord vous assu­rer de bien maîtri­ser la synchro­ni­sa­tion des morceaux entre eux (le fameux « beat­ma­ching »). Sur un contrô­leur DJ numé­rique, rien de plus simple, mais sur des platines vinyles clas­siques, un peu d’en­traî­ne­ment sera néces­saire.

Fade in/fade out: maîtri­ser les fondus enchaî­nés pour des tran­si­tions DJ fluides

TRANSITION FADERLe simple fait de faire appa­raître et dispa­raître un morceau de manière progres­sive consti­tue la base de toutes les tech­niques du DJing. En règle géné­rale, on préfère utili­ser des curseurs linéaires plutôt que des curseurs rota­tifs, car ils permettent de faire des chan­ge­ments quasi instan­ta­nés. Ce type de tran­si­tion peut s’ef­fec­tuer aussi bien de manière rapide ou lente, et aujour­d’hui avec la démo­cra­ti­sa­tion de la sépa­ra­tion des stems, il n’est pas rare d’en­tendre la voix lead d’un morceau entrer progres­si­ve­ment sur la partie instru­men­tale d’un autre, ou vice versa. Cette approche vous aidera à créer un senti­ment de satis­fac­tion énorme chez le public, qui sera toujours ravi de recon­naître telle ou telle chan­son, tout en conti­nuant à danser et à garder le rythme.

En alter­na­tive, on peut aussi faire le choix d’utili­ser le cross­fa­der pour effec­tuer ces fondus, mais, dans ce cas, il faudra porter une atten­tion parti­cu­lière au réglage de la courbe de tran­si­tion. Celle-ci déter­mi­nera la vitesse avec laquelle le morceau suivant sera inté­gré (et, par la même occa­sion, la vitesse avec laquelle le morceau en cours s’ef­fa­cera). Il est donc recom­mandé d’adop­ter la courbe la plus linéaire possible afin d’exé­cu­ter une tran­si­tion progres­sive et douce (contrai­re­ment aux confi­gu­ra­tions de scratch et de passe-passe, où on cher­chera plutôt la courbe la plus abrupte possible).

Gérer l’éga­li­sa­tion des basses fréquences pour éviter les conflits dans un mix DJ
EQ

Pour aller un peu plus loin, on peut aussi choi­sir de super­po­ser deux morceaux en simul­tané pour une durée un peu plus longue : deux parties instru­men­tales diffé­rentes ensemble, ou le refrain d’une chan­son connue avec la section ryth­mique d’un autre morceau, etc. Or, les systèmes de diffu­sion ont leurs limites, et pour éviter un écrê­tage trop impor­tant dans les basses fréquences, qui entraî­ne­rait un manque cruel d’in­tel­li­gi­bi­lité pour le public (et la colère des proprié­taires du lieu), il convien­dra de déci­der quel morceau l’em­por­tera sur l’autre, et donc d’éga­li­ser les basses fréquences en consé­quence.

En effet, si les fréquences graves des deux morceaux sont en phase, elles s’ad­di­tion­ne­ront (ce qui augmen­tera consi­dé­ra­ble­ment le niveau global du mix), mais si elles sont en oppo­si­tion de phase, elles s’an­nu­le­ront mutuel­le­ment, et le résul­tat final manquera de puis­sance. Par consé­quent, si les basses sont audibles simul­ta­né­ment sur les deux pistes en même temps, il faudra presque toujours les atté­nuer complè­te­ment sur l’une d’elles (géné­ra­le­ment sur la piste que l’on souhaite faire appa­raître progres­si­ve­ment). Une fois votre choix effec­tué, tour­nez le poten­tio­mètre d’éga­li­sa­tion des basses dans le sens anti­ho­raire, et le tour sera joué. Certaines consoles disposent aussi de commu­ta­teurs « kill » qui permettent de couper les basses d’une piste en un clic. C’est très pratique pour effec­tuer des chan­ge­ments instan­ta­nés, mais, avec un peu de pratique, vous pour­rez tour­ner le poten­tio­mètre assez rapi­de­ment pour produire un effet simi­laire. Une fois la tran­si­tion termi­née, vous pouvez réin­tro­duire les basses manquantes comme il vous plaira, de manière abrupte ou progres­sive.

Utili­ser le filtrage créa­tif pour enri­chir les tran­si­tions en DJing

TRANSITION FXCousin germain de l’éga­li­sa­tion, le filtrage est devenu ces dernières années un outil de choix pour effec­tuer des tran­si­tions de qualité. Et aujour­d’hui, la plupart des consoles de mixage possèdent un filtre multi­mode non réso­nant à 2 pôles (12dB/oct) ou à 4 pôles (24dB/oct), qui combine les modes passe-bas et passe-haut, sur chaque canal. De plus en plus, on trouve même des poten­tio­mètres bipo­laires qui permettent de passer progres­si­ve­ment d’une réponse passe-bas à une réponse passe-haut en une seule rota­tion (comme sur le dernier modèle d’Al­pha­Theta : DJM-V5, entre autres). Contrai­re­ment à l’éga­li­sa­tion, le filtrage permet donc de créer un effet artis­tique très appré­cié des oreilles actuelles, tout en accom­plis­sant une tâche simi­laire de gestion des fréquences.

Par exemple, vous pouvez utili­ser ce filtre pour effec­tuer un fondu d’en­trée sur une piste tout en exécu­tant un fondu de sortie sur une autre : d’une part, faire entrer le nouveau morceau en ouvrant progres­si­ve­ment la fréquence de coupure à la hausse (passe-bas) ou à la baisse (passe-haut), et d’autre part, faire sortir le morceau précé­dent en fermant progres­si­ve­ment la fréquence de coupure à la baisse (passe-bas) ou à la hausse (passe-haut). Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, à vous d’ex­pé­ri­men­ter et de vous amuser à trou­ver les combi­nai­sons qui vous plaisent. Mais soyez préve­nus·es, une fois lancée, on ne s’en passe plus !

Exploi­ter les effets tempo­rels (écho, réverbe) pour adou­cir les tran­si­tions DJ
DLY

L’écho (ou délai) et la réverbe sont deux effets éprou­vés et approu­vés pour effec­tuer des tran­si­tions, en plus d’être des outils de choix pour masquer une éven­tuelle erreur tech­nique (une synchro­ni­sa­tion approxi­ma­tive, un défaut de lecture, un morceau qui ne plaît pas au public, etc.). Dans le cadre des enchaî­ne­ments, leur rôle prin­ci­pal est d’adou­cir le passage d’un morceau à l’autre.

En pratique, on sélec­tionne d’abord l’ef­fet choisi dans la section dédiée de la table de mixage (en déter­mi­nant une durée d’une noire ou d’une croche pour l’écho). Ensuite, une fois les deux titres calés ensemble, et dès que les quatre ou huit dernières mesures du premier morceau arrivent, on augmente progres­si­ve­ment le niveau de l’ef­fet à l’aide du contrôle dry/wet. Lors d’une coupure abrupte, l’écho persis­tera légè­re­ment si l’ef­fet est appliqué après le curseur linéaire (post-fader). En revanche, si l’ef­fet est appliqué avant le curseur alinéaire (préfa­der) il suffira d’ar­rê­ter la lecture en gardant le curseur ouvert. Dans la grande majo­rité des cas, il sera inté­res­sant de combi­ner cette tech­nique avec les deux précé­dentes (l’éga­li­sa­tion des basses ou le filtrage créa­tif) pour faire de la place au nouveau morceau tout en créant une impres­sion d’ef­fa­ce­ment progres­sif pour le morceau précé­dent.

L’ef­fet d’an­nonce : intro­duire un morceau de façon ryth­mique et créa­tive

TRANSITION crossfaderPour cette dernière tech­nique, tout se joue dans la dexté­rité et le sens du rythme. Elle consiste à « annon­cer » le morceau qui arrive en insé­rant des frag­ments de ce dernier dans le morceau en cours : un mot, une phrase, une mesure complète, etc. Tout peut fonc­tion­ner et le résul­tat dépen­dra de vos goûts person­nels. Vos outils de prédi­lec­tion pour réali­ser cette tran­si­tion seront ben évidem­ment le curseur linéaire et/ou le cross­fa­der. N’hé­si­tez pas à vous entraî­ner à la maison jusqu’à ce que ce mouve­ment devienne une seconde nature et que vous puis­siez effec­tuer des « cuts » parfai­te­ment ryth­més.

Cette tech­nique est souvent utili­sée dans les styles hip-hop, r’n’b et drum 'n’ bass, ou même lorsque des morceaux ne peuvent pas être enchaî­nés faci­le­ment (faute d’in­tro/outro), ou bien encore parce que leurs styles musi­caux sont beau­coup trop diffé­rents. C’est une approche simple, mais qui a l’avan­tage de ravir le public, surtout si vous effec­tuez des enchaî­ne­ments inat­ten­dus entre des morceaux célèbres et connus du plus grand nombre. Dans la plupart des cas, si l’exé­cu­tion est bien réali­sée, l’au­dience appré­ciera. Pour conclure, n’hé­si­tez pas à lire ou à relire notre test du contrô­leur DJ Native Instru­ments Trak­tor MX2. La suite au prochain épisode !

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  • SmoothWax 1185 posts au compteur
    SmoothWax
    AFicionado·a
    Posté le 02/02/2026 à 12:03:51
    Bravo pour cet article.

    Personnellement je suis fan des transitions abruptes, de cuts, remplies "d'effets d'annonces" que je trouve plus tranchantes, "edgy" notamment dans la dance music où c'est peu courant. Je pense en particulier à Todd Terry. Je trouve que ça a une attitude très hip hop.
    Outre la sélection, l'approche de la transition est ce qui distingue le plus un DJ.

    J'ai du mal à imaginer commencer le mix aujourd'hui avec toutes les possibilités modernes : stems et multi-effets dans les mixers, cues à gogo, plateformes de streaming intégrées, des centaines de gigas de morceau sur un disque dur, etc. Je serai sûrement un peu perdu avec autant d'options pour commencer... quand j'étais ado, ça se limitait à une platine de salon, le mixer du copain et les vinyles des parents. Le cue c'était une gommette sur le sillon :mdr:

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