Première incursion de QSC Audio dans le domaine des solutions de sonorisation portables, l’enceinte autonome CB10 se positionne comme une concurrente directe des modèles Bose S1 Pro+, EV Everse 8/12, MusicCube T3 Pro ou Mackie Thump GO. Alors, saura-t-elle tirer son épingle du jeu ? C’est parti pour le test !
Que vous soyez DJ, musicien·ne ou amateur de streaming, il est fort probable que vous ayez un jour besoin de diffuser votre musique en live, en toute autonomie, sans avoir recours au réseau électrique. Qu’il s’agisse d’un concert de rue, d’un DJ set sauvage ou de tout autre type d’évènement. Les constructeurs de matériel audio l’ont bien compris, et proposent désormais de plus en plus de solutions clé en main, à travers des modèles d’enceintes qui fonctionnent sur batterie et intègrent un ensemble de fonctionnalités : entrées micro, mixeur, effets, etc.
Or, comme nous avons pu le voir par le passé sur d’autres enceintes similaires, l’aspect pratique (portabilité, autonomie, etc.) prend souvent le pas sur les qualités audio pures qui nous intéressent toutes et tous. En cause, de nombreux compromis techniques, mis en place pour baisser à la fois les coûts de production, et le poids du matériel en question : de la taille et de la qualité des transducteurs en passant par la conception du cabinet, etc. Voyons donc ce que QSC Audio nous réserve aujourd’hui.
Présentation de la QSC CB10 : conception, puissance et caractéristiques techniques
À l’ouverture du carton, on découvre une enceinte de sonorisation active et autonome, à deux voies, équipée d’un amplificateur de classe D. Sur le papier, QSC précise que sa création délivre une puissance de 440 watts (PEAK). En termes de transducteurs, on retrouve un haut-parleur de dix pouces (254 mm de diamètre) accompagné d’un moteur de compression de 1 pouce (25,4 mm de diamètre). La réponse en fréquences s’étend de 51 Hz à 18 kHz pour une tolérance de –6 dB (ou 47 Hz – 20 kHz @-10 dB) et une pression acoustique maximale mesurée à un mètre de 127 dB Max SPL. L’angle de dispersion, quant à lui, est de 90° x 90° (H x V). Le module DSP propose six présets d’égalisation, une ligne de retard destiné à l’alignement temporel des enceintes (pouvant aller jusqu’à 200 millisecondes), et le mixeur intégré à trois canaux offre des contrôles de gain et un effet de réverbération numérique.
En ce qui concerne les connexions, vous pourrez profiter de deux entrées micro/ligne (combo XLR/Jack), d’une entrée auxiliaire (mini-Jack stéréo 3,5 mm), d’une sortie Mix (XLR à trois broches) et enfin d’une embase pour footswitch/pédalier (Jack 6,35 mm). Vous retrouverez aussi un port Bluetooth 5.1 compatible avec la norme TWS (True Wireless Stereo) pour l’appairage de plusieurs CB10. La batterie incluse offre une autonomie estimée à douze heures (en fonction des conditions d’utilisation) et présente un temps de recharge d’environ quatre heures. Le châssis est fabriqué en résine thermoplastique (polypropylène) et dispose d’une poignée de transport. Il offre une option d’inclinaison de trente degrés vers l’arrière en configuration de retour (enceinte posée au sol), et, enfin, ses dimensions sont de 465 × 313 × 287 mm pour un poids total de 12,2 kg. L’enceinte est compatible avec l’application de contrôle propriétaire QSC Loudspeaker Control et la marque fournit une garantie constructeur de six ans, en ce qui concerne le modèle en lui-même, et une garantie d’un an, en ce qui concerne la batterie. Pour terminer, l’enceinte est proposée à un prix constructeur annoncé de 799 €, ce qui la place finalement dans le milieu de gamme des modèles de sonorisation autonomes.
Application QSC Loudspeaker Control : contrôle DSP, presets et réglages
Naturellement, nous avons téléchargé l’application QSC Loudspeaker Control (41,9 Mo) via l’App Store d’Apple (modèles utilisés : iPhone 16 SE). L’appairage se fait assez rapidement, et une fois l’enceinte et application jumelées, nous avons été invités à mettre à jour le firmware interne de la CB10, en passant de la version 1.0.7 à la version 1.0.21. Une vingtaine de minutes plus tard, l’affaire était dans le sac. Au cœur de l’application, on retrouve un accès direct à toutes les fonctions du DSP embarqué dans l’enceinte, en commençant par six présets d’égalisation prêts à l’emploi (dance, acoustic guitar, speech avec fonction talkover, vocal, etc.) et un petit module de réverbe avec un unique réglage d’intensité, très simple mais efficace en situation live.
Utilisation sur le terrain : transport, ergonomie et mise en place
Le châssis combine le meilleur des deux mondes, à la fois léger et solide, et on ne peut que saluer le choix du polypropylène dans ce cas de figure. L’enceinte est vraiment très facile à transporter, avec une poignée centrale sur la partie supérieure qui s’avère très ergonomique et permet une répartition équilibrée du poids une fois la prise en main effectuée. Le panneau de commandes arrière est aussi bien pensé, chaque potentiomètre est cranté et il est très simple de paramétrer l’enceinte avec précision. Certains·es regretteront le manque d’écran de contrôle à l’arrière, mais, avec l’application dédiée sur smartphone, nous n’avons pas trouvé cela gênant. Enfin, l’angle taillé à l’arrière du châssis, qui permet de positionner l’enceinte avec un angle de 30 degrés vers le haut, s’est avéré aussi très pratique, à la fois pour éviter les réflexions trop brutales avec le sol, mais aussi pour mieux atteindre les oreilles des auditeurs·ices.
Naturellement, nous avons choisi de profiter du streaming via Bluetooth, mais aussi d’utiliser l’enceinte de manière classique, avec de bons vieux câbles. Pour les essais, nous avons simplement fait le choix de nous installer en extérieur afin d’écouter une sélection de morceaux connus de tous·tes, facilement accessibles, et qui possèdent des qualités de productions et de mixages indéniables, afin de juger l’enceinte pour ce qu’elle est et d’essayer de partager au mieux notre expérience d’écoute. Nous avons aussi pris le parti de tester une configuration live en intérieur, dans notre cabine d’enregistrement, avec une configuration similaire à ce qu’on pourrait retrouver dans un petit concert de rue : un micro voix (Shure SM58), un clavier numérique (Nord Stage 3), et un ensemble de câbles Vovox.
Test audio de la QSC CB10 : analyse du rendu sonore selon les styles musicaux
Titre rock : Pour Some Sugar On Me – Def Leppard
Connu pour son mixage « In Your Face », à la fois puissant et compressé, mais toujours impeccable sur le plan sonore, ce morceau est un excellent test pour s’assurer que l’enceinte pourra convaincre les amateurs·ices de rock, et de musique amplifiée en général. Après plusieurs écoutes, une chose est sûre, le modèle CB10 à du punch à revendre. L’enceinte offre des transitoires bien définis, avec beaucoup d’impact dans le bas médium, notamment sur les parties de batterie, mais aussi une excellente représentation de l’ensemble du spectre de fréquences. On retrouve des graves ronds et puissants, qui restent toujours bien maîtrisés, sans que les parties de basse électrique ne bavent jamais de manière trop extrême dans les infragraves. Mention spéciale pour les guitares, qui ressortent particulièrement bien, et les voix qui restent parfaitement intelligibles, et ce, peu importe le niveau.
Titre électro : Around The World – Daft Punk
La ligne de basse filtrée proposée dès l’introduction représente, selon nous, un excellent test pour s’assurer de l’assise dans les graves d’un modèle d’enceinte. Et il faut le reconnaître, le modèle CB10 ne nous a pas déçus, bien au contraire. La combinaison de la basse et de la grosse caisse a pu profiter d’un rendu très dynamique et d’une excellente projection dans l’espace. On sent que QSC Audio a travaillé pour que l’enceinte délivre un maximum d’énergie et fasse danser les foules. Mission accomplie. De plus, chose assez rare sur des enceintes de ce type, les médiums nous ont paru très agréables à l’oreille, en restant à la fois présents et détaillés, sans jamais être agressifs. La mythique phrase de talk-box, très sirupeuse, ressortait parfaitement, tout comme les différentes lignes de synthétiseurs qui parcourent le morceau.
Tire hip-hop : Still D.R.E. – Dr. Dre, Snoop Dog
Avec tous les éléments principaux positionnés au centre du champ stéréo, mais aussi une puissance reconnue dans les fréquences basses et médiums, ce morceau est un excellent moyen de tester la « crédibilité » d’une enceinte sur le segment hip-hop. Ici encore, le modèle CB10 nous a donné entière satisfaction. Certes, on pourrait lui reprocher un léger manque d’extension dans les infrabasses, mais après tout, ce n’est pas son rôle, et puis le transducteur de 10 pouces fournit largement assez d’énergie pour nous permettre de profiter du titre, sans ressentir le besoin d’ajouter un caisson de basse supplémentaire. Encore une fois, nous avons été impressionnés par l’énergie délivrée par l’enceinte. Tant sur la batterie que sur le piano. Même avec un volume minimum, le son ressort avec beaucoup d’impact.
Titre jazz : Walkin’ – Quincy Jones
Ce morceau, synonyme de douceur auditive, est un excellent test pour vérifier les capacités d’une enceinte à reproduire les sonorités chaudes des instruments de la famille des cuivres, mais aussi d’une batterie jouée aux balais, accompagnée d’une contrebasse. Ici encore, le modèle CB10 a rempli sa mission avec brio. Les fréquences médiums sont toujours restées très détaillées, sans jamais montrer aucune agressivité, et ce, malgré quelques attaques de saxophone parfois un peu brutales. Néanmoins, même si le rendu des fréquences aiguës reste très correct, on note toutefois un léger manque d’extension dans les fréquences aériennes, mais après tout, rien que de très normal avec ce type d’enceinte, qui ne sont de toute façon pas conçues pour ça. Encore une fois, la projection dans l’espace est bien supérieure à ce que l’on trouve chez la concurrence, avec une directivité idéale pour diffuser le son vers le public, tout en restant à un niveau fortement atténué derrière l’enceinte.
Utilisation en live : amplification voix et clavier avec la QSC CB10
Une fois nos SM58 et Nord Stage branchés, nous n’avons eu aucun mal à les amplifier. La réserve de gain nous a paru tout à fait suffisante et ravira tous·tes les musiciens·nes qui ont besoin de pouvoir se produire en extérieur, en toute autonomie. L’algorithme de réverbe est simple mais remplit son rôle à merveille, et les présets d’égalisation permettent d’obtenir un résultat plutôt net en quelques clics. Naturellement, nous vous conseillons tout de même de vous munir d’une petite table de mixage, ou d’une pédale d’égalisation dédiée, afin d’accéder à plus de liberté dans les réglages. Mais même sans ces accessoires, votre prestation n’en souffrira pas. Contrairement à beaucoup d’enceintes autonomes moins chères, qui offrent un rendu très « boxy », avec une sensation d’étouffement très désagréable, et des aiguës souvent très rigides également, le son nous a beaucoup plu ici. Encore une fois, au-delà du rendu très régulier sur l’ensemble du spectre de fréquences, nous avons vraiment apprécié la directivité du modèle CB10 : une excellente projection du son vers l’avant, et une atténuation importante à l’arrière, à tel point que lorsque l’on joue derrière l’enceinte, on s’entend parfaitement bien. Et cerise sur le gâteau, on évite au mieux les risques d’interférence et de rétroaction acoustique, comme le larsen, qui pourrait rapidement gâcher une prestation. Dernier point, après avoir fait plusieurs essais espacés sur plusieurs jours, la batterie n’a montré aucun signe de faiblesse. Bien joué QSC !









