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Pseudo-sciences et zététique, avez vous un avis debunké ?

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Sujet de la discussion Pseudo-sciences et zététique, avez vous un avis debunké ?
Voila, on a un thread sur les ondes, un sur les ovnis, un sur les chemtrails, et même un sur le foot, alors je me dis qu'on a aussi droit a un espace d'expression dédié au lol zetetique, parce que quand même, ces gens sont bien funs.

J'inaugure avec une émission appelée a entrer dans la légende de la zetetique, l'interview de jacques grimaud par la TeB :



Le rat taupe nu !
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4776
L'Afis de pub !
4777
Jeudi dernier chez Courbet (en souligné mes petits red flags persos) :
- Marie-Noëlle est productrice en plantes aromatiques et médicinales (...) donc vous avez vous-même vos culture ? Qu'est-ce que vous faites pousser exactement ?
- Je cultive beaucoup de plantes, la lavande, le thym, le romarin, la consoude, la liste est longue, mais toutes les plantes aromatiques et médicinales.
- et après vous les donnez à un labo. Ou vous fabriquez vous-même...
- Nononon, je vends en local, du plant, et après je fais aussi des tisanes, je distille...
- Vous vendez carrément la plante, c'est à dire ce n'est pas un produit transformé, des gouttes, etc
- Les deux ! Je distille, je fais des hydrolats, j'ai un alambique. (... blagues sur le terme hydrolats pas connu sur le plateau ...) Quand vous distillez, à la sortie de l'alambique vous avez l'huile essentielle en très petite quantité qui surnage au dessus de l'hydrolat. C'est une eau florale qui est quand-même médicinale parce-qu'elle a très peu très peu d'huile essentielle, donc très peu de contre-indication. C'est doux ! C'est un traitement doux.


Mais pourquoi ces red flags ?
Oui tout ce dont elle a parlé existe et ces hydrolats ont des propriétés médicinales, voire médicales.
Mais qu'est-ce qui me fait tiquer ? Son vocabulaire, qui est surement déjà bien amoindri devant les caméras (et elle est clairement stressée de passer à l'antenne), me fait craindre une activité qui peut dangereusement approcher l'exercice illégal de la médecine, au minimum au même titre qu'un homéopathe (amoindrissement d'une observance thérapeutique), quelques potentiels effets secondaires en plus. (je doute qu'elle garde les huiles essentielles pour elle, ou qu'elle les jette)

C'est quelque-chose que j'ai énormément vu dans ma région, sans aller sur le coté sorcellerie de campagne, les plantes pour tous les bobos possibles (maux de ventre, de tête, irritations, prurits, infections...)
Bobos environ jamais perçus comme de possibles symptômes de quelque-chose d'autre, mais quasi toujours comme des maux en soi, à faire disparaitre... et ça perdure. (je crois que culturellement en France on tend à consommer du médoc de la même manière encore aujourd'hui, et le monde du travail nous y pousse, pour rester productif au max)

Je suis certain que cette dame a les meilleures intentions du monde, et probablement qu'elle est de bon conseil, et peut-être bien qu'elle encourage des gens le nécessitant à aller voir un médecin quand ça peut être sérieux... Mais si ce n'est pas le cas, ou si le médecin en question est le rebouteux d'en face, elle participe de toute cette sphère du traitement du symptôme non soignant, pour rester opérationnel quand il ne faudrait pas. Encourageant la mauvaise observance thérapeutique, voire la défiance envers la médecine conventionnelle.

Mais difficile de le lui reprocher, elle est sur ce plateau pour des soins dentaires catastrophiques, une dentiste qui a fait n'importe-quoi, dont un bridge qui casse à répétition, un second avis médical révèle des problèmes graves, sa mâchoire contient trop de matériaux différents suite à ces soins et re-soins... potentiellement dangereux pour ses problèmes cardiaques.
Et après de multiples échecs de réparation, malgré une note de près de 5000€, elle n'a pas de nouvelle de possible assurance... depuis 4 ans. (le conseil de l'ordre a suggéré une expertise, il y a 2 ans, et donc de ne pas faire refaire ses soins ailleurs... et elle attend en dégradant sa mâchoire en l'utilisant que d'un coté depuis...)
La dentiste ne lui a plus donné de nouvelles pendant 1 an... car elle avait été suspendue de droit d'exercice... Pour des cotisations (notamment Urssaf) non payées... (140.000€ selon le jugement, public)

[ Dernière édition du message le 03/03/2026 à 21:31:36 ]

4778
Citation :
C'est quelque-chose que j'ai énormément vu dans ma région, sans aller sur le coté sorcellerie de campagne, les plantes pour tous les bobos possibles (maux de ventre, de tête, irritations, prurits, infections...)

Mouais. Enfin, les plantes, ça fait quelques millénaires qu'on se soigne pas trop mal avec. Le savoir s'est en grande partie perdu, mais pas partout.
On peut aussi en faire un usage raisonné. Qui justement n'interdit pas de consulter si un symptome persiste.
Mais dans un monde où on manque considérablement de médecins, c'est pas ouf non plus de remplir leurs plannings de rendez-vous avec de la bobologie... qu'ils ne savent parfois pas traiter.
Alors oui, les plantes, c'est pas anodin (vs sophisme du "c'est naturel, donc c'est sans danger"). Oui il faut savoir les utiliser. Non n'importe quelle zozo qui sait les faire pousser et a lu 2 pauvres bouquins genre "se soigner par les plantes" n'est pas à même de poser un diagnostic valable.
Et en même temps, une bonne infusion de thym va bien t'aider en cas de rhume et des décoctions de menthe en cas de mal de ventre.
Donc, c'est pas parce qu'on parle d'usage de plantes dans un but médicinal, voire médical, que ça craint forcément.
4779
Je sais bien, et c'est tout mon propos : je ne condamne pas l'usage, mais une probable (car très courante) "pratique" qui tend à se substituer au médecin, sans en avoir les connaissances, ni médicales, ni même botaniques. (c'est vraiment très courant, ça se limite à quelques bouquins, parfois juste des tuto vidéo, et c'est tout)

Moi qui ai étudié (en école d'écologie) un peu la botanique, et notamment l'emploi de clefs de détermination, même avec l'édition de la Flore forestière française Tome 1 plaines et collines sous le bras, je me sentirais pas d'affirmer que telle plante qui ressemble très fort à tel page est à coup sûre celle qui est sensée soigner tel truc, et surtout qui ne va pas risquer provoquer un trouble chez telle personne alors que ça ne fait rien sur les 20 précédentes.

Et le ne parle même pas des naturopathes (qui concrètement achètent leurs diplômes non reconnus, pour ceux qui en ont un), et autres truc-praticiens, juste des gens qui font un petit commerce, avec une boutique, parfois. (il y a 5-10 ans, c'était notamment le plein boom de la mode wicca qui explosait sur les réseaux sociaux)

PS : et alors je crains les auto-médications encore plus improvisées, maintenant que l'IA sur les téléphones de tout le monde se déclare botaniste à partir d'une photo prise sur le vif et qui va t'indiquer de quelle plante il s'agit... peut-être...

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 01:02:06 ]

4780
Le truc qui me fait bien marrer, ce sont les "halopathes", apparemment très à la mode (enfin, apparemment plus sur l'offre que la demande :mdr:).

J'ai une copine qui est coach sportive. Elle n'a pas de formation scientifique et visiblement aucune formation à l'esprit critique. Elle passe son temps à commercialiser des machins du genre que G Milgram dénonce (notamment le "patch anti-douleur").
Elle organise régulièrement des "cafés réseaux" pour que les indépendants se rencontrent, échangent et fassent réseau. J'y suis allé une fois. Bon, c'était plutôt sympa, mais la majorité des gens étaient dans des trucs autour des "soins" et du "bien être" avec lesquels je n'ai évidemment rien à voir.
Il y avait au moins 3 "halopathes". J'ai pas mal discuté avec l'une d'elles, plutôt sympa. Si je me souviens bien, c'était une ancienne aide soignante.
Elle-même m'a finalement présenté son activité avec un peu de dérision. "Au lieu de s'intéresser aux symptômes, on traite l'ensemble de la personne... enfin autant qu'on peut parce que les médecins qui ont fait 10 ans d'études ne sont déjà pas capables de le faire, alors nous..."

Bon, je pense qu'au moins cette personne qui a ce recul minimum n'ira pas entraîner quelqu'un dans une absence de soins. Elle peut donc se montrer tout de même utile. Je repense à ce pharmacien qui me vantait pour une proche un complexe de plantes pour apaiser les nerfs et soigner un état dépressif. Il disait que sa femme en prenait et que ça marchait. Sa femme était en grosse galère parce que dans la boîte où elle bossait depuis 20 ans, elle avait été prise en grippe et subissait du harcèlement.
J'ai halluciné que la réponse à ce genre de situation soit de prendre des trucs. Pour moi, la réponse à ce genre de situation, c'est régler la situation dans la boîte et si c'est pas possible (je crois que ça ne l'était pas ici), se tirer de ce poste et solliciter les prud'hommes pour les dédommagements.
Or, il y a très peu de médecins qui vont prendre le temps d'une vraie discussion de leur situation avec leur patient et avoir ce genre de conseils : il leur faut prescrire, si possible en moins de 10 mn.

Dans ces cas, une personne qui a une écoute et une approche globale peut être extrêmement utile, à condition qu'elle ait bien le recul nécessaire sur ses limites pour orienter la personne vers les bonnes démarches auprès des professionnels compétents.
Hélas, je crains que beaucoup n'aient pas ce recul et amènent effectivement les gens vers des thérapies bullshit et des retards de soins. Je l'ai vu avec mon ex qui, dans les années qui ont suivi notre séparation, s'est effondrée au plan nerveux et moral (notre séparation n'étant qu'une des nombreuses causes à ça) et qui s'est abstenue de voir des professionnels pendant près de deux ans en étant soi-disant "accompagnée" par une sophrologue. :nawak: :fache2:

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 07:14:43 ]

4781
Sophro dont j'ai vu quelques affiches de promotion DANS mon bahut il y a 3 ou 4 ans...

Et l'allopathie, dont tout le discours repose sur la fable que la médecine ne prendrait pas l’intégralité du malade en compte.

Oui c'est le constat qu'environ tout le monde fait : les médecins manquent de temps, et parfois de moyens, pour écouter et apaiser... Ça laisse une niche écologique médicale libre pour les pseudo-médecins (mais aidants malgré tout), qui ont les moyens de prendre le temps de prendre soin (écouter, être aux petits soins, c'est déjà une aide énorme en soi).

Les trucs pseudo-médicaux sont très populaires dans le personnel infirmier, aides soignants, sans surprise pour moi : c'est le personnel soignant le plus confronté aux maux et à la détresse des patients, sans moyens ou presque, et vont chercher et trouver ce qu'ils peuvent pour apporter de l'aide et du réconfort.
Je n'aimerais pas être à leur place... même avec un salaire de malade.

Et avec la pénurie de médecins actuelle, ça ne peut qu'empirer d'ici à ce que la nouvelle génération soit formée. (si seulement les restrictions d'acceptation des diplômes étrangers étaient levées...)

(entre autres situations... comme mon amie chirurgienne dentaire iranienne...)

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 09:21:47 ]

4782
Citation de iktomi :
Jeudi dernier chez Courbet (en souligné mes petits red flags persos) :
- Marie-Noëlle est productrice en plantes aromatiques et médicinales (...) donc vous avez vous-même vos culture ? Qu'est-ce que vous faites pousser exactement ?

La dentiste ne lui a plus donné de nouvelles pendant 1 an... car elle avait été suspendue de droit d'exercice... Pour des cotisations (notamment Urssaf) non payées... (140.000€ selon le jugement, public)


Je comprends ta réaction. Ma moitié est productrice de plantes aromatiques et médicinales. C'est le titre officiel donné par la Chambre d'Agriculture et autorisé pour ce genre de production.
Néanmoins :
- Elle se garde bien de répondre à toute personne qui demande "vous auriez pas un truc contre ma sinusite ?" en préconisant telle ou telle plante. Soit elle répond "renseignez-vous de votre côté et revenez vers moi je vous vendrai ce que vous voulez", soit elle répond "traditionnellement, le thym est utilisé contre les affections ORL et la mauve contient un mucilage qui apaise les muqueuses", par exemple.
- Elle a fait la formation complète de l'Ecole Lyonnaise des Plantes médicinales qui propose une formation que j'ai trouvée sérieuse et prudente (j'ai souvent jeté un coup d'oeil aux supports).
- La pharmacopée venant des plantes est connue, reconnue, il faut juste et comme toute chose, se limiter à ce que l'on sait.
- La loi interdit d'afficher sur un produit une "allégation santé" mais autorise une information prudente et large qui ne cite pas un organe ou une fonction physiologique. "Contre les maux de l'hiver" ou "après repas" est toléré.

Les plantes, en usage modéré, sont efficaces et même si je déteste la tisane, je dois avouer que l'effet est parfois surprenant.

Le diplôme d’herboriste a été supprimé en 1941 par le Maréchal Pétain. De nos jours, 148 plantes sont autorisées à la vente en dehors des officines de pharmacie, mais les producteurs et les distributeurs de ces plantes, faute d’un diplôme officiel, ne peuvent théoriquement prodiguer aucun conseil à la vente. Il leur est en effet interdit de donner des indications à visée thérapeutique.

Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats.
Albert Schweitzer

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 16:31:37 ]

4783
Citation :
Et l'allopathie, dont tout le discours repose sur la fable que la médecine ne prendrait pas l’intégralité du malade en compte.

C'est pas une fable. Malheureusement, je peux encore en témoigner.
On a bien quelques généralistes sérieux·ses qui essayent d'avoir une écoute et une approche globale. Pour combien qui font de l'abattage pour payer l'abonnement au club de golf et le chalet à Courchevel ?
(ou juste parce qu'ils veulent traiter un max de patients, privilégiant la quantité, peut-être nécessaire, sur la qualité).

Citation :
Oui c'est le constat qu'environ tout le monde fait : les médecins manquent de temps, et parfois de moyens, pour écouter et apaiser...

Je m'étonne un peu de cette affirmation après les vidéos que tu as postées plus haut. Ils manquent de temps ou ne veulent pas le prendre ?

Ma toubib est vraiment pas mal. Dans son cabinet, ils se font une règle de consacrer au minimum 20 mn par consultation. Déjà bien. Mon ancien médecin (un médecin de gauche, hélas parti à la retraite) pouvait passer 40 mn, ou une heure quand c'était nécessaire (et 10 mn quand ça ne l'était pas, mais il prenait tout de même le temps de m'interroger sur mon état général et ma vie une fois vus les symptômes qui m'amenaient).

Le cabinet de ma toubib affiche bien "une seule pathologie par consultation. S'il y a plusieurs pathologies, il faudra reprendre rendez-vous".
Il y a quelques temps, elles ont affiché pendant des mois un panneau "d'information" disant que vu que les négociations étaient bloquées avec la sécu pour l'augmentation des consultations, elles étaient obligées de faire du dépassement d'honoraires, que sinon c'était la mort de la médecine.
On peut revoir une des vidéos que tu as postées plus haut sur l'impudence des médecins (elle parle même d'indécence), mais je m'étais livré à un petit calcul sur ce que ces toubibs devaient gagner. En prenant un nombre d'heures volontairement bas et des frais (coût de cabinet, etc) et charges volontairement haut, j'arrivais à un revenu mensuel net plus que confortable, les plaçant dans la tranche supérieure des revenus.

Et je le redis, c'est plutôt un bon cabinet, avec des médecins à l'écoute, loin de l'abattage pratiqué par certains.
4784
Citation de Will Zégal :
(ou juste parce qu'ils veulent traiter un max de patients, privilégiant la quantité, peut-être nécessaire, sur la qualité).


J'ai la charité de penser que c'est la majorité, compte tenu de l'état de notre service de santé actuellement... Mais les médecins aux dents longues sont 3.17 pouillèmes en dessous sur mon barème.

Et je suis bien d'accord J-Luc, je pense que le nœud du problème se situe encore dans cette balance précaire entre venir en aide à des gens en détresse (que ce soit en réelle errance médicale ou par défiance), et un bel exemple de Dunning-Kruger, où beaucoup vont s'improviser herboriste spé Witcher 3ème dan, sans même être en mesure de se rendre compte de l'étendue de leur ignorance et des risques qu'ils prennent et font prendre. (quand je vois ce que le Naturopathe­©®™ d'une collègue qui faisait des AIT à répétition lui donnait pour "soigner"...)
Parce-que "niche" de connaissance désertée, tout comme les cursus en édaphologie et pédologie, ça n'existe plus ou de manière exceptionnelle comme modules complémentaires... alors qu'on se nourrit à partir de ce même substrat.

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 19:03:47 ]

4785
Citation de Will Zégal :
Citation :
Oui c'est le constat qu'environ tout le monde fait : les médecins manquent de temps, et parfois de moyens, pour écouter et apaiser...

Je m'étonne un peu de cette affirmation après les vidéos que tu as postées plus haut. Ils manquent de temps ou ne veulent pas le prendre ?


Je ne saurais trancher.
Évidemment qu'il y a des machines qui passent les patients comme des assiettes à la plonge. Mais comme aujourd'hui la plupart des médecins sont arrivés dans un état de ce champ de service public de santé dégradé et en cours de pire, possible que ce soit une conséquence (et un symptôme) de cet état, et de l'absence de moyen pour y remédier à petite échelle, qui en a rendu la plupart cynique ? Pour sauver sa santé mentale au même titre que les employés d'abattoirs apaisent leur empathie en tabassant les animaux qui refusent d'aller à la mort...

L’œuf, la poule... C'est un peu comme ça que je le vois aujourd'hui, même si j'entends bien qu'au bout de la chaine, ça ne change rien au désastre pour les patients.

[ Dernière édition du message le 04/03/2026 à 19:10:59 ]

4786
La réponse ne saurait être univoque, quoi qu'il en soit. On sait que des gens choisissent la médecine par passion pour le fonctionnement du corps humain, d'autres par volonté de porter assistance aux gens et les soulager et d'autres pour le prestige social et le pognon que ce métier apporte.
Forcément, cela n'amène pas du tout la même approche du patient.
4787
cf l'entrevue de Mendax : Il y a de nombreuses expériences ayant pour objet l'empathie, sa distribution dans la population, ses origines possibles, ses modes de fonctionnement, sa fonction ou ses modes d'expression.
Il serait avéré que c'est notamment dans les métiers du soin qu'on retrouve les taux les plus élevés de personnes faisant preuve d'empathie (ainsi que chez les comptables, étonnamment).
Mais toujours pareil : corrélation ou causalité ? Est-ce cette empathie préalable qui fait aller vers les gens, ou le contact auprès des gens qui rend plus empathique ? Surement un peu des deux.

Par corollaire, cela fait très longtemps que j'estime que c'est un cadre de vie dégradé, une perspective d'évolution du monde catastrophiste, et un certain cynisme érigé en modèle dans les médias quotidiennement qui participe à rendre les gens cyniques et tournés vers eux-même.
On ne nait pas égoïste (au sens du fonctionnement par défaut dans une société), on le devient.
J'entends par là hors cadre de survie... Mais justement cet état mental d'un monde ultra-compétitif où la prédation serait encouragé, ça rend les gens convaincu que la survie est partout et permanente... Et on retombe sur les pattes des expériences de Milgram : qu'est-ce que ferait que certaines personnes arrivent à sortir de l'état agentique...
4788
Citation :
Par corollaire, cela fait très longtemps que j'estime que c'est un cadre de vie dégradé, une perspective d'évolution du monde catastrophiste, et un certain cynisme érigé en modèle dans les médias quotidiennement qui participe à rendre les gens cyniques et tournés vers eux-même.

+1
J'avais d'ailleurs vu que les français ont majoritairement des aspirations dites de gauche : partage, entraide, soutien aux plus faibles, etc.
Mais que le discours médiatico-politique disant "c'est plus possible, les caisses sont vides et en plus, elles sont pompées par les profiteurs" conduit les gens à voter à droite et à replier leur générosité sur le cercle familial.

Citation :
On ne nait pas égoïste (au sens du fonctionnement par défaut dans une société), on le devient.

A nuancer selon l'émission d'arte "combien coûte un connard ?"
On définit la psychologie des gens selon un curseur qui va du total égoïste au trop empathique (au détriment de son propre bien être). La plupart des gens sont dans une honnête moyenne, c'est à dire prêts à aider les autres tant que ça n'est pas (trop) à leur propre détriment. Mais il y aurait un pourcentage (pas négligeable) de gens qui seraient bloqués du côté totalement égoïste, ma gueule avant tout, etc.
Maintenant, déterminer l'inné de l'acquis là-dedans, c'est chaud.
Et puis, la façon dont l'égoïsme s'exerce est très variable. Je connais des gens très à droite qui estiment en gros qu'ils ne devraient payer des impôts que pour l'armée, les flics et la justice, mais qui te laisseront les clefs de leur voiture ou de leur maison de vacances si tu en as besoin et se mettront en 4 pour t'aider si t'es en situation de détresse.
Et inversement des gens qui militent à gauche et se comportent en parfaits profiteurs.
4789
Je sais bien.
Quelqu'un très proche de ma famille vote clairement très à droite et ne le cache pas, ne veut pas de mal aux étrangers (je le crois) mais "ils devraient tous partir du pays", il participe énormément à la chasse (c'est limite un sacerdoce à ce degré), faut pas le faire chier... mais il est là pour le moindre coup de main aussi (parfois des chantiers entiers), et souvent gratos.
C'est le principe des cercles de proximité et d'affinité, pour une majorité relativement honnête et plutôt aidante, mais même pour des profils plus fermés et discriminants, également un peu d'orgueil (pas si mal placé) qui fait rendre disponible et aider voire porter secours.
Il y a aussi les représentations personnelles, les profils types desquels on essaie de se distancier ou au contraire qu'on adopte par confort voire profit, les situations de domination et d'impunité, etc...
C'est multi-factoriel, situationnel, et instable.

Pour y voir plus clair il faut je pense notamment faire un distinguo ferme entre le déclaratif, et le factuel. Une personne qui dit être de telle obédience (politique, religieuse, morale, que sais-je), peut très bien, dans les faits, se comporter clairement plutôt selon un profil différent. Et j'ai tendance à considérer avant tout les faits,et non les déclarations. Et les études et expériences sociales tendent à faire ce distinguo, chaque champ pouvant être étudié séparément et même classé dans des secteurs de recherche tout à fait séparés.

Et récemment, des champs de recherche qui étudient les relations entre ces deux facettes, qui ne sont pas dénués d'intérêts.

[ Dernière édition du message le 05/03/2026 à 12:25:17 ]

4790
Dans la catégorie "distinction pour avoir voix au chapitre sans en avoir forcément la légitimité" :

Après le prix Nobel d'économie (dont le véritable nom est Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, demandons-nous si la réduction en "prix Nobel" est purement une question de confort labial), il y a également, voire surtout, le Prix Nobel de philologie...

En ce qui me consterne (pun intended), certes une différence de degré entre ces deux, mais point de différence de nature.

[ Dernière édition du message le 06/03/2026 à 12:24:53 ]

4791
Grand échange sous forme de "debriefing" des différents débats science vs religions de Mendax, abordant à peu près tous les angles de réflexion pro et anti, les arguments, leurs force, leurs limites, les formes de débat, et des pistes d'argumentaires. C'est vraiment intéressant.