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Mastering

réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Le mastering est-il devenu inutile ?

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Commentaires sur le dossier : Le mastering est-il devenu inutile ?#1
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Le mastering a longtemps été considéré comme l’étape indispensable pour finaliser un morceau. Avec les outils automatisés, les plugins “tout-en-un” et la normalisation des volumes par les plateformes, certains pensent qu’il est devenu secondaire. Et si son rôle avait simplement changé ?


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#51
Citation de Beatless :
Citation de kosmix :
Si vous regardez parfois des films à la télé (je sais que c'est de plus en plus rare et entre les pubs et le massacre sonore on comprend aisément pourquoi) on peut constater l'effet inverse, en particulier dans les grosses productions hollywoodiennes (action, SF en particulier) : la piste sonore est tellement compressée/limitée que les dialogues sont parfaitement audibles mais que tous les effets sonores (explosions, accidents, etc.) sont ridiculement faibles. Toute la dynamique est littéralement écrasée et les passages "calmes" deviennent alors plus forts que les passages où le son devrait être puissant et envahissant.
Donc ce genre de "mastering" pour le cinéma flingue totalement l'expérience du spectateur. Pour moi c'est ce qui s'appelle marcher sur la tête.

Merci kosmix pour ton éclairage de professionnel des salles obscures.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi concernant le nouveau mixage et/ou masterisation pour la difusion télévisée ou en streaming. J'ai souvent constaté que sur netflix ou canal les musiques sont beaucoup plus fortes que les dialogues. C'est très énervant car il faut avoir la télécommande dans la main pour gérer ces écarts de volumes: musique je baisse le son, ensuite dialogue je monte car je n'entends plus ce qu'ils disent. :oops2:

Je n'ai pas de compte Netflix, donc c'est une information à prendre avec des pincettes. J'avais toutefois lu sur un forum anglophone qu'il existerait une option plus ou moins cachée afin de compresser la piste destinée aux dialogues.

Même des anglophones natifs se plaignent de ne souvent pas comprendre les dialogues tellement le volume est faible, c'est dire :mrg:.
#52
Je rebondis sur toi DocK'S (je suis pas lourd, promis) : Je suis nul à chier sur ces sujets de l'arrangement, du mix, du mastering, en particulier s'il faut établir des frontières nettes. Je suis plus que débutant dans ces domaines, et n'en ai pas tellement besoin vu mon usage de ma musique, mais étant seul, cela m'amène je pense un peu "naturellement" à considérer toutes ces étapes comme un travail à penser, sinon à faire, tout au long de l'élaboration de mes morceaux.
Je vais parfois prendre en compte dès le sound design de mes instrus, puis durant l'élaboration de mon morceaux, au mix et à ce que ça va rendre une fois terminé, notamment sur des enceintes un peu cheap style mini portable pour smartphone, ou autoradio... (c'est notamment pour ça que j'ai parfois deux versions de les musiques, une pour mon matos, et une pour du "tout terrain")
#53
Citation de DocK'S :

....
Et bien pour faire une analogie culinaire, disons que le mixage c'est la recette, la découpe, la préparation et la cuisson de tous les éléments et que le mastering c'est le dressage de l'assiette et la pincée de fleur de sel.

........


Bon, comme je ne mange jamais l'assiette, même avec une pincée de fleur de sel...
:bravo: :mdr:

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#54
Je trouve l'article franchement léger. Si c'est une introduction à une série, why not, mais ça ne semble pas évident que ça le cas.

Je plussoie les propos de Dock's
Citation :
Mais le vrai intérêt du mastering, d'après moi, c'est le recul qu'on peut amener sur un projet et un environnement qu'on ne retrouve généralement pas en home studio (enceintes et acoustique).


Et ceux de Jean-Marc Boulier et le long post de pyrolator77.

J'ai l'impression que ceux qui déclarent le mastering obsolète sont soit des gens qui n'ont jamais produit un album complet en passant par un studio master, soit des gens qui l'ont fait et sont tombés sur des gens qui ont bossé comme des pieds et n'ont donc rien apporté qu'un algo aurait pu faire.

Les intérêts du mastering par un ingé master :
- avoir une personne compétente et expérimentée en son et en musique, totalement extérieure au projet, qui n'a ni écrit, ni composé, ni joué le morceau, ne l'a pas enregistré ni mixé et qui va entendre le morceau terminé pour la première fois, avec des oreilles fraîches, sans à-priori, sans biais lié à l'investissement en temps et émotionnel mis dans le morceau par les intervenants précédents
- que cette écoute et le travail qui va s'en suivre se passent dans un environnement acoustique (monitoring + studio) différent de celui dans lequel le morceau a été mixé. Les environnements neutres n'existant pas, ce passage dans une autre acoustique peut révéler des scories inaudibles dans l'environnement de production/mixage
- de façon plus anecdotique, mais pas égale à zéro, l'utilisation de quelques périphériques hardwares bien choisis qui peuvent apporter une plus value certes subtile, mais non négligeable
Et évidemement, l'expérience de l'ingé master pour que les morceaux passent au mieux sur tout type de système de diffusion

Tout ceci justifie la plupart du temps de ne pas zapper l'étape du mastering par un ingé son si on veut le meilleur pour sa musique.

Evidemment, le plus important restent, la composition et l'interprétation, puis l'enregistrement, puis le mixage. Si ceux-ci ne sont pas bons, le mastering ne fera pas de miracle.

Pour ma part, même si certains ingé masters préfèrent travailler tranquillement seuls, j'estime que l'artiste doit être présent au mastering, car il s'agit d'une étape artistique et qu'il y a des choix qui ne sont ni bons ni mauvais, mais relèvent d'une décision artistique.
Evidemement, il faut que l'artiste ait une vision suffisamment claire de ce qu'il veut et soit capable de l'exprimer.

Evidemment encore, le mastering a un coût. Mais celui-ci n'est pas si élevé, surtout si on le rapporte à tout l'investissement qui a été fait pour produire un album. Je ne parle pas que de l'investissement financier, mais du temps, de l'énergie et de la passion. Mais si on n'a guère d'ambition pour sa musique, qu'il ne s'agit que d'un loisir et qu'on veut enregistrer pour garder une trace et faire écouter à ses proches, on peut effectivement s'en passer.
#55
Citation de Beatless :
Merci kosmix pour ton éclairage de professionnel des salles obscures.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi concernant le nouveau mixage et/ou masterisation pour la difusion télévisée ou en streaming. J'ai souvent constaté que sur netflix ou canal les musiques sont beaucoup plus fortes que les dialogues. C'est très énervant car il faut avoir la télécommande dans la main pour gérer ces écarts de volumes: musique je baisse le son, ensuite dialogue je monte car je n'entends plus ce qu'ils disent. :oops2:


Oui la musique est souvent beaucoup trop fort et je pense que c'est une volonté "artistique" lors du mixage son, probablement pour plaire à un public jeune pour qui toute seconde de silence est déplaisante. Les musiques sont donc surmixées en plus d'être déjà surcompressées à la base.
Après tout cela est au cas par cas, moi ce que j'ai constaté c'est souvent en salles des dialogues trop faibles par rapport à tout le reste (ambiances, effets, musique) et hors des salles souvent une compression à la hache qui fait tout le contraire : dialogues trop forts par rapport au reste. Mais ce sont là des exemples extrêmes, dans bien des cas le mixage est bon en salles et le post-traitement correct pour le broadcast grand public.

Putain Walter mais qu'est-ce que le Vietnam vient foutre là-dedans ?

#56
x
Hors sujet :
Citation de Snowfall :
Je n'ai pas de compte Netflix, donc c'est une information à prendre avec des pincettes.

Si tu n'as pas netflix, ne donne pas TA conclusion trop hâtive. image.php

S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

#57
Citation de Beatless :
x
Hors sujet :
Citation de Snowfall :
Je n'ai pas de compte Netflix, donc c'est une information à prendre avec des pincettes.

Si tu n'as pas netflix, ne donne pas TA conclusion trop hâtive. image.php

Pourtant mon message exprimait l'exact opposé de ce que tu dénonces. Vraiment parfois, faut arrêter de chercher la petite bête pour rien :8O:.
#58
Citation de Will Zégal :

...
Les intérêts du mastering par un ingé master :
- avoir une personne compétente et expérimentée en son et en musique, totalement extérieure au projet, qui n'a ni écrit, ni composé, ni joué le morceau, ne l'a pas enregistré ni mixé et qui va entendre le morceau terminé pour la première fois, avec des oreilles fraîches, sans à-priori, sans biais lié à l'investissement en temps et émotionnel mis dans le morceau par les intervenants précédents
....
Evidemment, le plus important restent, la composition et l'interprétation, puis l'enregistrement, puis le mixage. Si ceux-ci ne sont pas bons, le mastering ne fera pas de miracle.

Pour ma part, même si certains ingé masters préfèrent travailler tranquillement seuls, j'estime que l'artiste doit être présent au mastering, car il s'agit d'une étape artistique et qu'il y a des choix qui ne sont ni bons ni mauvais, mais relèvent d'une décision artistique.
Evidemement, il faut que l'artiste ait une vision suffisamment claire de ce qu'il veut et soit capable de l'exprimer.
....


Je me suis arrêté à ces remarques de Will Zégal, parce qu'elles précisent assez bien ce qui m'a intéressé, personnellement, dans cet échange. Et qui est ce pour quoi je disais - plus ou moins - que "si c'est une bonne chose de confier, à un certain moment, le produit de son travail à une personne extérieure au chantier... pour avis d'un point de vue neutre... pourquoi spécialement à l'occasion du mastering ?"

Dans quelle mesure un auteur peut-il, doit-il, s'en remettre à l'avis d'une personne qui, pour reprendre les termes de Will, n'a en rien participé, ni techniquement ni artistiquement, ni à l'élaboration ni à la production de l'œuvre, en aucune de leurs étapes essentielles (composition, interprétation, enregistrement, mixage) ?
Si, comme le dit fort justement Will,
"l'artiste doit être présent au mastering, car il s'agit d'une étape artistique et qu'il y a des choix qui ne sont ni bons ni mauvais, mais relèvent d'une décision artistique", que peut-il rester d'intéressant à attendre de l'intervention de l'ingé master - de ce point de vue ?
(Je ne désigne ici que la fonction "ingé master", bien sûr ! La personne elle-même, en fonction de sa culture et de sa sensibilité personnelle, peut très bien être, par ailleurs, tout à fait apte à comprendre tout ou partie des enjeux artistiques du projet - de l'intention - de l'auteur.)

Mais, évidemement, si l'auteur, l'artiste n'a pas "une vision suffisamment claire de ce qu'il veut", ou s'il n'est pas par lui-même "capable de l'exprimer", je ne sais pas si qui que ce soit pourra ici lui porter assistance... :??:

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#59
Salut Patrick et merci pour tes questions, fort intéressantes.

Citation de patrick_g75 :

Dans quelle mesure un auteur peut-il, doit-il, s'en remettre à l'avis d'une personne qui, pour reprendre les termes de Will, n'a en rien participé, ni techniquement ni artistiquement, ni à l'élaboration ni à la production de l'œuvre, en aucune de leurs étapes essentielles (composition, interprétation, enregistrement, mixage) ?


Dans la même mesure que tout le reste. L'ingé master a son rôle à jouer, au même titre que le compositeur, le preneur de son, le mixeur etc. C'est juste le dernier maillon de la chaine de production d'un son prêt à être diffusé. Produire, c'est toujours un travail d'équipe, un artiste n'est jamais seul. Sauf si c'est son projet, bien sûr :). De nos jours selon le projet on peut choisir de sauter des étapes : ne pas composer, ne pas mixer, ne pas masteriser. Est-ce souvent une bonne idée ? (spoiler : non)

Citation de patrick_g75 :

Si, comme le dit fort justement Will,
"l'artiste doit être présent au mastering, car il s'agit d'une étape artistique et qu'il y a des choix qui ne sont ni bons ni mauvais, mais relèvent d'une décision artistique", que peut-il rester d'intéressant à attendre de l'intervention de l'ingé master - de ce point de vue ?


Je posais la même question dans mon post précédent, et c'est pas toujours évident de répondre. Qu'est ce qu'on peut attendre encore à ce stade où un morceau est déjà composé, produit, mixé; ou tout le monde a certainement donné le meilleur de soi même ? Est-ce que ça peut "encore être mieux" ? En plus de ça certains studios de mastering font leur promo en parlant de "sublimer" les tracks. Pourquoi pas ?

Dans la réalité les attentes des artistes sont diverses et ça dépend vraiment du projet. Voilà le genre de requêtes sur le volet "artistique" que je peux avoir quand on me donne des choses à masteriser :

-Je veux que ça sonne très très fort
-Je veux que ça sonne fort, mais qu'on ne dénature pas le mix
-Je suis pas hyper satisfait des mixes, est-ce que tu peux améliorer des choses à ce stade?
-L'album est assez disparate car il a été enregistré dans des conditions différentes, est-ce qu'on peut homogénéiser?
-"Do your magic" (idée que quoi qu'on fasse, ça sera mieux masterisé)
-Je suis très content.e de l'album, juste besoin d'une vérif finale faite par un expert
-J'ai des attentes de malade au moment de la phase du mastering parce que c'est vraiment à partir de là que le morceau va sonner.

Chacune de ses attente est valable et réalisable (la dernière un peu moins, quand même), en particulier si elle est en accord avec le projet. C'est à l'ingé master de dire si l'attente est bonne ou pas.

Il y aurait évidemment beaucoup de chose à dire sur ce métier qui n'est visiblement pas très clair:). Je ne sais pas si ça éclaircit un peu les choses.

T.
#60
Grand merci Tibu, pour avoir pris la peine de répondre si substantiellement à mes questions - même si, de mon côté (point de vue tout personnel, compte tenu de ma pratique tout artisanale et plutôt solitaire), je n'aurais jamais à faire avec un expert de ce genre.
En général, je ne publie que les choses qui "sonnent" comme je veux qu'elles sonnent, ni plus ni moins. Sans doute que, pour certains, elles pourraient (devraient) sonner mieux autrement ?
Sûrement. Mais alors, elles ne sonneraient pas comme je voudrais qu'elles le fassent...
:8)

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#61
L'un des intérêts c'est que ça sonne sur autant de supports possibles comme tu le voudrais, et ce n'est probablement pas le cas sans ce travail.
(la question ne se pose pas si tu souhaite que ça sonne comme tu veux juste pour toi sur ton matos dans ton environnement -et acoustique- habituels)
#62
Ayant subi la nullité des ingés de mastering en France en matière de musique électronique (de la Techno au Dub en gros) dans les années 90's qui ne juraient que par le bon vieux rock'n'roll ou de la variétoch derriere une SSL :facepalm: (attention je ne parle pas de la scène punk rock et/ou indé (ils savaient faire sonner les cons) , j'ai fini par tout faire moi même (après avoir compris dasn un 1er temps que ramener de la bouillie au mixage ne donnerait rien de bon de toute façon). Les seuls BOSS du mastering de l'électro dans ces années là en France : TRANSLAB coucou Pompon :clin: :aime:
#63
Citation de malc :
Ayant subi la nullité des ingés de mastering en France en matière de musique électronique (de la Techno au Dub en gros) dans les années 90's qui ne juraient que par le bon vieux rock'n'roll ou de la variétoch derriere une SSL :facepalm: (attention je ne parle pas de la scène punk rock et/ou indé (ils savaient faire sonner les cons) , j'ai fini par tout faire moi même (après avoir compris dasn un 1er temps que ramener de la bouillie au mixage ne donnerait rien de bon de toute façon). Les seuls BOSS du mastering de l'électro dans ces années là en France : TRANSLAB coucou Pompon :clin: :aime:


Désolé, je ne comprends pas le sens de ton message.
Qu'il y ait des ingés mastering plus à l'aise dans un style ou un autre, ça s'entend, surtout si on considère cette étape d'un point de vue esthétique. Quand l'électro est arrivée, les habitudes ont dû changer, certainement.
Mais c'est quoi, le "bon vieux rock n roll "?
Quel rapport avec le son des groupes indés ? (ils sonnent mieux que qui ?)

Question subsidiaire : comment peut on se pointer au mastering avec de la "bouillie au mixage" et croire un tant soit peu à la légitimité de ses propos ?
#64
Citation de patrick_g75 :

Sûrement. Mais alors, elles ne sonneraient pas comme je voudrais qu'elles le fassent...
:8)


Heeee, tu pourrais être surpris! Parfois d'une rencontre peuvent naitre tout un tas d'heureux inattendus. C'est ce qui fait souvent l'intérêt de la musique en tant que pratique collective. Même si je n'ai rien contre le fait de tout faire tout seul, hein...
#65
Citation de malc :
Ayant subi la nullité des ingés de mastering en France en matière de musique électronique (de la Techno au Dub en gros) dans les années 90's qui ne juraient que par le bon vieux rock'n'roll ou de la variétoch derriere une SSL


Ah tiens, ça ça m'intéresse : c'est quoi pour toi un "mauvais mastering"? En particulier en musique electronique.
#66
Clairement.
Mais :
1 - sans expérience, on peut croire que le mastering va sauver un mix raté. Après tout, on voit bien que ce processus relativement méconnu est parfois auréolé d'une sorte de magie. On voit bien des groupes débutants ne pas assez soigner leur son en se disant que l'ingé son règlera ça.
2 - la "bouillie au mixage" peut être le simple fait du manque de compétence pour faire mieux. On apprend tous. Réécouter mes premiers mix aujourd'hui est une torture :mrg:

Bref, ça ne sort pas forcément d'une volonté délibérée ou d'un je-m'en-foutisme.

Ceci dit, ça me fait penser que tenter de masteriser soi-même ses mixages peut au moins avoir cette pédagogie : apprendre qu'on ne rattrape pas au mastering un morceau qui sonne mal. :mrg:

+1 avec Tibu.

Moi, je suis profondément admiratif des gens qui sont capables de faire mieux tout seuls que ne le font des professionnels formés et qui ont des milliers d'heures de pratique, des années d'expérience enrichies de dizaines ou centaines de projets, artistes, styles musicaux différents.
Et qui sont totalement satisfaits du résultat obtenu.

Pour ma part, bien que ça fasse maintenant un paquet d'années que j'ai l'impudence de me déclarer ingé son et de vendre cette compétence à des clients qui en sont visiblement fort satisfaits, je ne me contente toujours pas des résultats obtenus et reste systématiquement persuadé qu'ils auraient pu être encore meilleurs. Je travaille toujours pour que les prochains le soient, j'apprends toujours énormément auprès des autres et je ne vais pas sur les terrains où je ne suis pas assez compétent (comme le mastering ou la sonorisation de moyens et gros concerts).

Je trouve aussi remarquable le fait d'être persuadé qu'on fait mieux tout seul. Perso, si j'adore travailler avec d'autres (musicien·nes comme techniciens), c'est parce qu'ils apportent des propositions différentes dans lesquelles je peux trouver des choses meilleures que mes propres façons de faire ou des choses auxquelles je n'avais pas pensé et qui vont enrichir l'œuvre.
Cela contribue fortement à ouvrir et à enrichir mon vocabulaire artistique et à élargir et approfondir mes compétences techniques.
#67
Citation de Tibu :
Citation de patrick_g75 :

Sûrement. Mais alors, elles ne sonneraient pas comme je voudrais qu'elles le fassent...
:8)

Heeee, tu pourrais être surpris! Parfois d'une rencontre peuvent naitre tout un tas d'heureux inattendus. C'est ce qui fait souvent l'intérêt de la musique en tant que pratique collective. Même si je n'ai rien contre le fait de tout faire tout seul, hein...


Je vois que, me disant "plutôt solitaire", je me suis assez maladroitement exprimé !
:facepalm:
Je pratique aussi beaucoup le 'collectif'.
La musique est d'ailleurs essentiellement, dès son origine, une affaire collective. Et là, je ne parle pas du fait qu'il faut faire nombre pour faire sonner simultanément tant et tant d'instruments divers !
Là, je parle bien de création collective.

Et d'ailleurs, je viens ce jour même de publier un album de douze morceaux composés, produits, etc., en duo. Et ce n'est pas pour moi le premier fruit d'une pratique collaborative !

Perso (itou !)... je vais paraphraser Will : j'adore travailler avec d'autres personnes, quand elles apportent des propositions (de penser, de faire) différentes des miennes, et qu'elles m'ouvrent ainsi des perspectives nouvelles.
Meilleures ?
Pourquoi pas. Parfois oui, mais parfois non.
Ce n'est pas parce qu'elles sont nouvelles qu'elles seront meilleures. Elles seront juste sûrement... nouvelles.
En tous les cas, ça discute...
Et ce n'est que moi qui en décidera au bout du bout, pour le meilleur... ou pour le pire !

L'objet (d'art) n'ayant pas d'existence réelle comme œuvre (d'art) en dehors des moments de sa réception..., il m'arrive même d'en discuter avec de "simples" auditeurs. Alors, un expert peut avoir son mot à dire. :clin:

Qui signe ? That's the question... :8)

Mais, il ne s'agit alors que de remplacer un 'je' par un 'nous' :
"Mais alors, elles ne sonneraient pas comme nous voudrions qu'elles le fassent..." ?
Alors...


Citation de iktomi :
L'un des intérêts c'est que ça sonne sur autant de supports possibles comme tu le voudrais, et ce n'est probablement pas le cas sans ce travail.


...
Ça me rappelle l'expérience de la peinture. La façon dont les tableaux peuvent être éclairés...
Le peintre ne peut livrer que le tableau tel que fait en son atelier, dans la lumière propre à son atelier.

Mais sans doute un galeriste magicien (et masterisateur ?) pourrait-il trouver le moyen d'un procédé de... de quoi ? Un truc du genre rétro-éclairage qui ferait que le tableau puisse être perçu en toutes circonstances exactement comme le peintre l'a voulu ?

En tous les cas, j'ai été assez souvent au bord du désespoir (:oo:) lorsque je retrouvais au matin, dans la lumière du jour, un tableau travaillé la nuit précédente, à la lueur des projecteurs...

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

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#68
Comme quelqu'un qui mixe dans un environnement inadéquat et découvre le résultat dans d'autres contextes de restitution. :bravo:

Citation :
Mais, il ne s'agit alors que de remplacer un 'je' par un 'nous' :
"Mais alors, elles ne sonneraient pas comme nous voudrions qu'elles le fassent..." ?

C'est pour ça que j'estime que l'artiste doit de préférence être présent au mastering. Ce n'est pas obligatoire s'il a bien exprimé ses désirs à l'ingé master ou si celui-ci connaît le travail de l'artiste, mais j'estime tout de même que c'est préférable.
(ça ne veut pas dire qu'il reste toute la séance ou qu'il intervient souvent)

Le résultat sera alors une concrétisation du souhait de l'artiste ou une proposition de l'ingé master que l'artiste trouvera meilleure. En gros, c'est généralement un croisement des deux.
Le mastering ne change pas radicalement le son. En tout cas il n'est pas sensé le faire. Il ne s'agit normalement (si le mix est bon) que d'apporter des petites touches qui vont permettre au mix de mieux sonner sur de nombreux supports différents, de choses qui vont éclaircir le son, d'apporter de la cohérence entre tous les morceaux d'un album, d'éclaircir un peu le mix... et parfois d'apporter une certaine couleur et richesse sonore grâce à l'usage de certains HW. Mais on ne parle pas de faire sonner dub un album de chanson ou techno un disque de rap... sauf si c'est la demande de l'artiste (et que les mix s'y prêtent).
#69
Bravo pour l'article qui en aiguillera plus d'un. Au final, depuis quelques années la définition du mastering tient en 1 phrase : optimiser le son de façon à ce que la musique sonne du mieux possible sur les systèmes d'écoute les plus variés.

C´est à cet emplacement que je devrais mettre une citation intelligente 

#70
Citation de Will Zégal :
Comme quelqu'un qui mixe dans un environnement inadéquat et découvre le résultat dans d'autres contextes de restitution. :bravo:
....


Le terme problématique étant alors cet 'inadéquat', ou plus précisément : ce à quoi il s'attache.
Est-ce que - pour continuer sur mon exemple - l'environnement inadéquat est celui de la lumière des projecteurs, ou bien celui de la lumière du jour ?

Transposé depuis le monde de la musique, sans doute que la baguette magique de l'expert en mastering permettrait que ma 'vision' obtenue à minuit soit aussi bien rendue à midi ?

Mes trente ans d'expérience dans le monde de la peinture m'ont appris qu'il n'y aurait pas d'autre moyen pour y parvenir que de disposer d'un 'contexte de restitution' identique à l'environnement de création.
Mais il est vrai que ma pratique de la musique, de la composition - dont les débuts datent d'ailleurs d'une époque reculée (:clin:) - a été très (trop ?) formatée par la pratique du dessin et de la peinture.
Mais, on s'en fout, hein, ça c'est que mon problème... :mdr:

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#71
Citation de Tibu :
Bonjour et merci pour cet article!

C'est dommage, beaucoup de questions sont posées, mais vous n'y répondez pas vraiment. Ou alors il faudrait préciser qu'il s'agit d'une intro pour un dossier plus sérieux, surtout avec un titre pareil :).
Du coup : utile, le mastering ou pas? On ne sait toujours pas vraiment, pour quoi, pour qui? Je pense que chacun.e gardera son opinion.

Alors peut-être qu'on peut se poser la question du geste artistique. Quel geste ou choix artistique va se faire lors du mastering? Au delà de la simple étape technique (adaptation à un support ou autre), un morceau peut il devenir encore "meilleur", ou "sonner mieux"? Y a-t-il encore vraiment la possibilité d'aller plus loin dans la vision d'un artiste?
C'est ce que prétendent tous les ingé son de mastering (en j'en suis un). Alors, au delà du mythe, est-ce que c'est vrai?
En tout cas si c'est faux, pas besoin de mastering, en effet.

Et aussi : je suis en désaccord avec vos propos sur la loudness war. Affirmer "les morceaux très loud sont fatigants", ça pose question. Déjà parce que dans les faits, les morceaux les plus consommés sont les plus loud. Dans la pop on se tape encore des masters à -5lufs et +1.5db true peak. Alors ça veut dire que visiblement tout le monde trouve ça super. Et on aurait pu croire que la normalisation des plateformes de streaming allait arrêter la loudness war, mais pas du tout ! Elle est même plus forte que jamais.
Alors pourquoi? Je pourrais en parler pendant des heures mais je ne suis pas journaliste :). En tout cas on peut aisément affirmer que ce n'est pas - que - la dynamique d'un morceau qui va déterminer le plaisir d'écoute.

Peut être que ce qui fait l'air du temps en 2026 au niveau du mastering c'est l'ouverture et la diversité des choix. On peut : masteriser soi-même avec des plugs, ozone fait des trucs automatisés, il y a 20000 tutos sur youtube, il y a les services en ligne, les machins par IA, des quantités d'humains différents qui bossent avec des machines très différentes. Ou alors même ne pas masteriser, si on pense avoir tout compris et que ça ne sert à rien. Et tout est possible!
Comme dans tout projet artistique, il n'y a rien qui est "mieux" ou "moins bien" par nature. Tout va être dans la démarche de l'artiste, la vision, le pourquoi.

Et sinon je ne comprends pas quand vous parlez de "péda­go­gie, ac­com­pa­gne­ment, trans­mis­sion" au mastering? Pourquoi plus maintenant qu'auparavant? Et pourquoi plus au mastering qu'à la prise de son ou au mix? Réponse dans un prochain article?

Désolé c'était long... Merci encore pour cet article et bravo pour l'écriture inclusive :).



Juste pour dire QUE JE SUIS D'ACCORD, :bravo:

La musique est la langue des émotions.

Emmanuel Kant

#72
Citation de patrick_g75 :
Citation de Will Zégal :
Comme quelqu'un qui mixe dans un environnement inadéquat et découvre le résultat dans d'autres contextes de restitution. :bravo:
....


Le terme problématique étant alors cet 'inadéquat', ou plus précisément : ce à quoi il s'attache.
Est-ce que - pour continuer sur mon exemple - l'environnement inadéquat est celui de la lumière des projecteurs, ou bien celui de la lumière du jour ?

Transposé depuis le monde de la musique, sans doute que la baguette magique de l'expert en mastering permettrait que ma 'vision' obtenue à minuit soit aussi bien rendue à midi ?

Mes trente ans d'expérience dans le monde de la peinture m'ont appris qu'il n'y aurait pas d'autre moyen pour y parvenir que de disposer d'un 'contexte de restitution' identique à l'environnement de création.
Mais il est vrai que ma pratique de la musique, de la composition - dont les débuts datent d'ailleurs d'une époque reculée (:clin:) - a été très (trop ?) formatée par la pratique du dessin et de la peinture.
Mais, on s'en fout, hein, ça c'est que mon problème... :mdr:



Patrick, je crois qu’on ne parle pas exactement de la même chose.
Même avec un bel argument d’autorité de trente ans d’expérience, que je respecte, d’autres ici ont autant, voire davantage, dans leur propre domaine.

On s’est probablement croisés à l’époque des Saisons Inspirées, un concours que j’ai fini par abandonner tant il était phagocyté par des comportements qui n’avaient plus rien à voir avec la création musicale. Trop de drama, trop de tensions, et plus vraiment l’impartialité qu’on est en droit d’attendre d’un concours digne de ce nom.

Tu développes des métaphores intéressantes autour de la peinture, de la lumière ou de la création collective. Mais le propos était beaucoup plus simple et concret, il portait sur la réalité technique du mastering, sur la cohérence de restitution, et sur la manière dont un environnement d’écoute influence les décisions.

Je ne remets pas en cause la dimension artistique ou collaborative. Je dis simplement que, dans la pratique, un mix réalisé dans un environnement donné ne se transpose pas automatiquement ailleurs. Et que le rôle du mastering est précisément d’assurer cette translation. C’est un sujet technique avant d’être philosophique.

J’aimerais donc que la discussion reste centrée sur ce point précis :
comment garantir qu’un mix sonne de manière fiable sur différents systèmes, sans dénaturer l’intention initiale ?

C’est là que se situe mon propos.
Le reste, la création, le “je” ou le “nous”, les analogies picturales, ce sont d’autres sujets, intéressants, mais qui ne répondent pas vraiment à la question posée.

Merci pour ta compréhension :bravo:

La musique est la langue des émotions.

Emmanuel Kant

#73
Je crois, SweetMask, que tes démêlées lors de ta participation aux Compositions inspirées n'intéressent strictement personne ici.

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#74
Ne présage pas trop non plus que la masse des réflexions que tu nous assènes alors que de ton propre aveu, ton expérience avec le mastering se résume à zéro (et par là, ta connaissance du processus aussi, visiblement), passionne forcément les foules.
#75
70 messages avant la première prise de tête. C'est un score correct.