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Mastering

réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Le mastering est-il devenu inutile ?

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Commentaires sur le dossier : Le mastering est-il devenu inutile ?#1
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Le mastering a longtemps été considéré comme l’étape indispensable pour finaliser un morceau. Avec les outils automatisés, les plugins “tout-en-un” et la normalisation des volumes par les plateformes, certains pensent qu’il est devenu secondaire. Et si son rôle avait simplement changé ?


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#26
Citation de Jean-Marc Boulier :

Peut-être une référence aux tutos YouTube ? Le problème, c'est que pour la majorité d'entre eux, ils ne sont pas réalisés par des ingés mastering professionnels (qui, en général, n'ont pas le temps de faire de vidéos YT). Du coup ils sont souvent de qualité discutable, en tous cas pour ce qui concerne le mastering.


Haha c'est clair, je me demande comment quelqu'un comme Strob, qui a pourtant l'air de quelqu'un d'assez sérieux (en tout cas il a un studio qui coute très cher) arrive à faire autant de vidéos! (qui sont pas si mal, d'ailleurs, bonne porte d'entrée vers une vraie formation) Alors peut être que ça gagne plus de faire des vidéos youtube que de faire des masters? Ou alors le coté autopromo est très valorisant en terme de clientèle...
#27
Bon en même temps, aucun de nous n'est ingénieur en mastering malgré nos connaissances + ou - concrètes, mais cela fait des années que je me pose la question donc ce sujet confirme mes interrogations. Oui jean-marc, je sais que beaucoup de productions des années 70 sonnent à merveille mais je suis pas sûr que le mastering de l'époque en était la cause première, je dirais plutôt les musiciens et l'ingé-son car beaucoup d'autres aussi ne sonnent pas bien, pire dans les années 80.

Dans certains de mes vinyls de funk en doublons, je perçois clairement la différence de son entre deux éditions, mais je pense qu'elle est plus liée au pressage en lui même du disque.
#28
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Hors sujet :
Citation de sinclar :
Audiofanzine en mode woke inclusif....je rêve, on s'en passera !!


Ça fait déjà plusieurs années, et à l'époque déjà on se passait des commentaires de ce genre. ;)
plot twist : tu vas survivre !
#29
Citation de sinclar :
Bon en même temps, aucun de nous n'est ingénieur en mastering malgré nos connaissances + ou - concrètes.

Jean-Marc Boulier est ingénieur master.
#30
Bonjour,

Je voudrais juste apporter mon témoignage.

Perso, ce qui me gène dans cet article (et dans les réactions) est que l'on parle beaucoup de technique, de business, d'industrie musicale, de consommation, mais assez peu de musique en fait...

C'est sur que le métier a changé, c'est sur que vu la difficulté actuelle de vivre de la musique, on peut être tenté de sacrifier certaine dépenses pour que ce soit viable et qu'à choisir, l'option de sacrifier le budget mastering plutôt qu'un autre poste peut se défendre à l'heure ou il existe des solutions informatiques pas chères qui permettent soi-même d'obtenir un résultat correct, pour peu qu'on maîtrise le truc à peu près. C'est une façon de voir les choses et ça se défend.

Reste qu'il y a quand même une question à se poser : pourquoi fait-on de la musique ? Est-ce pour devenir riche et célèbre ? Est-ce pour en vivre et faire carrière ? Est-ce pour avoir une reconnaissance sociale ? Est-ce pour flatter un égo défaillant ? Est-ce pour avoir un passe-temps sympa ? Est-ce pour le plaisir ? Est-ce pour partager l'acte de créer et faire des choses avec d'autres humains ? Est-ce parce qu'on ressent une nécessité vitale de créer et que l'on ressent quelque chose comme 'si je crée pas, je crève' ?

Pour ceux dont le seul but est de fabriquer un produit et de le peaufiner pour en vendre le plus possible, le mastering est incontestablement une étape purement technique et une étape indispensable puisque le but est d'avoir le maximum d'impact pour vendre le plus. J'ai l'impression que jusque là, dans ces échanges, c'est surtout de ces usurpateurs de la musique (dont le milieu est sur-saturé) que l'on parle. C'est dommage parce que je ne crois pas que ce soit en réalité le lecteur type d'AF.
Parce que - attention, scoop ! (c'est ironique bien sur !) - pour celui qui fait de la musique pour son plaisir ou par nécessité intrinsèque, le pinaillage de nouille sur le poil de db à gagner (ou pas), sur le niveau de LUFS, sur la compression plus ou moins différemment pareille des différentes-même plateformes, eh bien on s'en fout royal, mais à un point ! Croire que c'est ça qui fera la différence dans le son, dans la qualité sonore ou même dans l'impact, c'est une légende, bien ancrée chez certains, certes, mais c'est une légende ! Un master qui sonne bien sonnera bien sur n'importe quelle plateforme, qu'on soit à 13, 14 ou 15 (db LUFS), ou même 10 ou 17 ! Ce qui compte est la cohérence propre du morceau, c'est ça le principal. De toute façon, quoiqu'il arrive, le master repasse dans les algo de la plateforme. Tout cela est un débat de technicien du marketing, le seul but de cette fascination pour les LUFS (and co.) est d'uniformiser et de lisser toutes les productions de façon à pouvoir les intégrer dans un grand flux de diffusion sonore qui ne perturbera pas d'un iota l'auditeur qui subit ce flux plus qu'il ne l'écoute. Ca n'a rien à voir avec l'aspect artistique, avec la qualité du morceau, rien à voir non plus avec la qualité sonore, et je dirais même rien à voir avec ce que devraient être les préoccupations d'un ingénieur de mastering.

Pour ma part, si j'ai choisi de faire ce métier (ça fait pas loin de 30 ans), ce n'est pas pour être auxiliaire en marketing. Pour moi, un mastering, c'est sublimer une intention artistique, pas faire de la mise à niveau pour jouer à celui qui aura la plus grosse. C'est trouver ce qui fait la spécificité d'un artiste et faire tout pour le mettre en valeur. Au-delà de l'aspect technique, c'est un métier d'écoute, d'échange, de sensibilité, d'ouverture. L'IA et tous ces soi-disant mastering automatiques, c'est une farce, une insulte à la musique, une escroquerie à l'art. Je me considère comme un artisan d'art qui a acquis un savoir faire pointu, pas comme un expert es-technique.

De mon expérience personnelle, le grand changement de ces dernières années, c'est la multiplication des prods in the box à petit moyen. Et pour moi (qui ai toujours été spécialisé dans les petites prods barrées de passionnés), le changement principal du métier, il est là. Pour le résumer de façon un peu simpliste, avant, il fallait souvent éclaircir, nettoyer, redonner du volume, de l'espace, de l'impact. Aujourd'hui, je considère que mon rôle principal (au-delà de ces derniers points) est de donner du grain, de la texture, du 'mojo' à des prod qui le plus souvent en manquent. Redonner de la vie, du naturel, du 'souffle', de la respiration qui sont les points faibles du tout itb. Et c'est vrai que les échanges verbaux sur le long terme avec les artistes se sont développés. Pour des tas de raison. Déjà parce que comme ils enregistrent pour la plupart eux-mêmes, ils se sont intéressés à ces questions, ont développé une certaine 'expertise' et cherchent à apprendre, à comprendre. Ce sont des passionnés pour la plupart. Le côté pédagogique de notre métier s'est développé je trouve. Perso, j'adore ça, c'est enrichissant pour tout le monde. L'écrasante majorité de mes clients ne cherchent pas l'impact, il cherchent une forme de 'beauté' du son et du résultat, souvent, même sans le formuler clairement (ou même sans en avoir conscience), une forme de sensualité, de 'tactilité' du son. En fait, ils ne cherchent pas le son de telle ou telle prod existante, ils cherchent leur propre son, leur propre identité sonore. Ils ne cherchent pas à 'passer à la radio', ils cherchent à ce que le résultat correspondent à leurs intentions parce que c'est ce qu'il y a de plus important pour eux. Et c'est ce qui devrait être le plus important pour quelqu'un qui se sent viscéralement musicien / créateur. Enfin c'est mon avis de vieux con ! C'est aussi la raison pour laquelle l'utilisation du hardware n'a pour moi jamais été aussi indispensable. C'est sur, pour juste avoir du volume et lisser, on fait des trucs très bien avec une suite fabfilter (par exemple). Mais si on veut vraiment travailler le son dans son aspect organique et sensuel, dans sa spécificité propre, RIEN ne remplace le hardware, RIEN ne remplace l'humain, RIEN ne remplace les milliers d'heures de pratiques, RIEN ne remplace une solide culture musicale, RIEN ne remplace l'échange entre un artiste qui a une vision artistique propre et une oreille extérieure qui connait son matos sur le bout des ongles et qui a des milliers d'heures de pratique. Et à ce titre, le rôle du mastering est primordial, peut-être même plus que jamais dans ce monde de l'uniformisation. Evidemment, la question du coût se pose, c'est bêtement pragmatique et de fait parfaitement légitime comme question, mais si on veut vraiment réfléchir à ce qu'apporte le mastering, on devrait écarter cette question car cette question n'a rein à voir avec le mastering en lui-même (et de toute façon, la réponse à cette question appartient à chacun).


#31
Outre le fait que les sorties vinyle soient de plus en plus conséquentes, comment se passer de l'étape mastering pour rendre cohérente et équilibrée une production de type album ? Autant on peut concevoir une absence de mastering réalisé dans les règles de l'art pour un titre unique, autant pour un album, je ne vois pas...
#32
Accessoirement, le mastering en temps qu’adaptation aux contraintes techniques est systématique en broadcast ou en radio...
#33
AMHA le mastering est toujours une étape importante pour diverses raisons:

- Une correction finale de l'oeuvre avant "gravure" dans le marbre. Par une oreille indépendante (qui n'a pas produit le mixage et n'a pas d'appriori)
A ce sujet, le producteur au mastering, je suis pas pour. La production musicale est une chose, le mastering doit être impartial mais n'apporte rien d'artistique..
On ne peut pas être juge et partie.
Le producteur propriétaire de l'oeuvre établit un cahier des charges, et l'ingé mastering l'applique en toute indépendance, sans pression.

- Une homogénisation de l'oeuvre (cas d'un album) avec des titres corrigés et normalisés de façon cohérente, malgres les différences de style, dynamique, couleur entre les titres.

Moi je ne sauterais pas cette étape et ferais appel à un ingé indépendant et réputé, bref neutre. Je passerais sans doute beaucoup de temps à établir le cahier des charges mais ensuite je le laisserais travailler, Rien de plus pénible qu'un producteur qui est indécis en temps réel, au stade du mastering.


#34
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Hors sujet :
Citation de fivesstringer :
Rien de plus pénible qu'un producteur qui est indécis en temps réel, au stade du mastering.

Egalement à l'étape du mixage (producteur ou musicien(s)). 😉

S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

#35
Citation de sinclar :
Par contre, quand j'entends l'écart de dynamique dans les films et salles de cinéma, c'est n'importe quoi et là effectivement, le mastering à sa place.


Peut-être parce que certains films sont mixés avec les pieds...

Putain Walter mais qu'est-ce que le Vietnam vient foutre là-dedans ?

#36
Ou alors on devient tellement habitué à écouter des trucs surcompressés que ça "choque" dès qu'on écoute des trucs dont la dynamique est préservée. :|
#37
Citation de Snowfall :
Jean-Marc Boulier est ingénieur master.


Oui, et je ne suis pas le seul, nous sommes plusieurs à être intervenus sur ce fil (Dock'S, Tibu, et probablement d'autres que je ne connais pas forcément).

Citation de pyrolator77 :
Tout cela est un débat de technicien du marketing, le seul but de cette fascination pour les LUFS (and co.) est d'uniformiser et de lisser toutes les productions de façon à pouvoir les intégrer dans un grand flux de diffusion sonore qui ne perturbera pas d'un iota l'auditeur qui subit ce flux plus qu'il ne l'écoute. Ca n'a rien à voir avec l'aspect artistique, avec la qualité du morceau, rien à voir non plus avec la qualité sonore, et je dirais même rien à voir avec ce que devraient être les préoccupations d'un ingénieur de mastering.


On est bien d'accord, mais il me semble que sur AF on est quand même relativement à l'abri de cette obsession. Sur les groups FB ou sur Reddit par exemple, une grosse proportion de messages tourne autour de ces questions agaçantes.

Citation de kosmix :
Peut-être parce que certains films sont mixés avec les pieds...


Ca c'est bien possible... et quoiqu'il en soit c'est plus une question de mixage que de mastering. D’ailleurs, le métier d’ingénieur de mastering, au sens où on l’entend ici, n’existe généralement pas dans le cinéma, même s’il existe évidemment des professionnels chargés de la finalisation audio, avec des tâches qui présentent certaines similarités.
#38
Citation de Tibu :

Et aussi : je suis en désaccord avec vos propos sur la loudness war. Affirmer "les morceaux très loud sont fatigants", ça pose question. Déjà parce que dans les faits, les morceaux les plus consommés sont les plus loud. Dans la pop on se tape encore des masters à -5lufs et +1.5db true peak. Alors ça veut dire que visiblement tout le monde trouve ça super.


Comment on passe de "les plus" à "tout le monde".
Les plus consommés = tout le monde trouve ça super.
:8O:
De toute évidence, non. Ce n'est pas tout le monde qui trouve ça super.
Mais, en dehors de ce débat esthétique (qu'une musique doive être au même niveau dynamique d'un bout à l'autre, et que ce niveau soit à son maximum possible), il y a presque une position éthique à considérer : est-ce que la quasi unanimité d'une préférence (?) pour une pratique - que je pense, à titre personnel, complètement nocive et absurde -, est-ce que cette unanimité doit me convaincre que cette pratique serait bénéfique et intelligente ?
Admettons que cela me fasse "réfléchir". Pourquoi pas. C'est même, peut-être, intelligent. :clin:
Je peux me dire que la majorité a ses raisons, qui méritent d'être considérées. D'accord. Je "considère".
Et alors ? Que tant de personnes veuillent se faire péter les tympans... c'est la manifestation de leur choix. Ce n'est pas un argument. Que certains auditeurs n'aient aucun intérêt pour les jeux entre les nuances... pourquoi pas : c'est un effet de leurs prédilections particulières. Je trouve ça dommage pour eux. Ils s'en foutent ? Ils ont raison. Après tout, moi, je vois bien que leur pratique ne changera en rien la mienne.



"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#39
Je suis très surpris de voir que personne ne parlent de fréquences.
Car à mon sens il s'agit du travail essentiel du mastering afin de normaliser l'équilibre des basses, médiums et aîgues.
Sans cela, dans nos home-studio à l'acoustic erroné ce serait la vrai cata, Ozone ou IA inclus.
Donc essentiel ? Je dit toujours Oui !
#40
Je plussoie Sinclar qui parle du mastering au cinéma.
Je suis allé voir dernièrement "Marty Suprême" au cinéma et j'ai eu beaucoup de mal à supporter la bande sonore, c'était affreusement bruyant et bourré d'effets parfaitement inutiles.
#41
Le mastering pour vinyle reste -il me semble- une spécificité avec une grande utilité

Je pense la musique en dehors des genres

#42
Le support vinyle apporte une contrainte liée à la vitesse de défilement du disque sous la cellule différente selon l’endroit où elle se trouve. Plus elle se rapproche du centre, plus la vitesse de défilement est lente (la circonférence diminue avec le rayon donc sur un tour la distance est moindre) et les ingénieurs doivent donc rajouter de l’aigu. Un titre, selon l’endroit où il se trouve sur le disque, ne sera donc pas traité de la même manière !
#43
Citation de FranckyBee :
Je suis très surpris de voir que personne ne parlent de fréquences.
Car à mon sens il s'agit du travail essentiel du mastering afin de normaliser l'équilibre des basses, médiums et aîgues.
Sans cela, dans nos home-studio à l'acoustic erroné ce serait la vrai cata, Ozone ou IA inclus.
Donc essentiel ? Je dit toujours Oui !


J'étais heureux d'avoir lu cet article : j'apprenais enfin ce que c'était vraiment que ce mastering dont beaucoup faisaient si grand cas.
Je le distinguais enfin du mixage, ou du moins de ce que j'appelle, moi, petit amateur, le mixage : un ensemble d'opérations destinées, entre autres, à équilibrer les fréquences (basses, médiums et aiguës), des fondamentales aux harmoniques.
Mais, ces opérations relèveraient donc du mastering ?
Me voilà en pleine confusion...:8O:
Mais, peut-être n'ai-je pas bien compris ici le sens du verbe 'normaliser' ?

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#44
Comme assez souvent ici, ces échanges croisés ont un intérêt certain, et qui est en quelque sorte à côté de celui propre à l'article initial.
Certains parleront de hors-sujet, sans doute. Mais, parfois, faire quelques détours hors des pistes tracées peut permettre de mieux estimer l'ensemble du paysage ?

Par exemple, quelqu'un a dit que c'est une bonne chose de confier, à un certain moment, le produit de son travail à une personne extérieure au chantier. En quelque sorte "pour avis d'un point de vue neutre"...
Par exemple pour le mastering ? Oui, sans doute, mais alors, pourquoi seulement pour le mastering ?
Ou alors : faut-il confier cette tâche particulière à un 'externe' simplement pour ça - parce qu'il est externe -, ou parce qu'il est, d'abord, expert en la matière ?
...
Toutes sortes de questions qui intéressent sûrement quiconque s'intéresse au mastering.
Mais aussi quelques autres, qui s'interrogent déjà rien que sur la nécessité, ou la simple utilité, "de confier à un certain moment" (par principe) "le produit de son travail à une personne extérieure au chantier" - cette personne étant juste désignée pour son expertise technique, technicienne, dans tel ou tel part des processus du chantier ?
Ça se discute...

"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

http://patrickg75.blogspot.fr/

https://patrickg.bandcamp.com/

 

#45
Citation de patrick_g75 :
Citation de FranckyBee :
Je suis très surpris de voir que personne ne parlent de fréquences.
Car à mon sens il s'agit du travail essentiel du mastering afin de normaliser l'équilibre des basses, médiums et aîgues.
Sans cela, dans nos home-studio à l'acoustic erroné ce serait la vrai cata, Ozone ou IA inclus.
Donc essentiel ? Je dit toujours Oui !


J'étais heureux d'avoir lu cet article : j'apprenais enfin ce que c'était vraiment que ce mastering dont beaucoup faisaient si grand cas.
Je le distinguais enfin du mixage, ou du moins de ce que j'appelle, moi, petit amateur, le mixage : un ensemble d'opérations destinées, entre autres, à équilibrer les fréquences (basses, médiums et aiguës), des fondamentales aux harmoniques.
Mais, ces opérations relèveraient donc du mastering ?
Me voilà en pleine confusion...:8O:
Mais, peut-être n'ai-je pas bien compris ici le sens du verbe 'normaliser' ?

On agit aussi bien sur les fréquences que sur la dynamique ou la couleur au mastering.
La grande différence entre le mixage et le mastering c'est qu'au mixage on a l'ensemble des pistes qui constituent le morceau, alors qu'au mastering on traite l'export général du mix ou éventuellement des sous groupes ( Stem mastering) si nécessaire.
#46
Citation de Jean-Marc Boulier :
Citation de kosmix :
Peut-être parce que certains films sont mixés avec les pieds...


Ca c'est bien possible... et quoiqu'il en soit c'est plus une question de mixage que de mastering. D’ailleurs, le métier d’ingénieur de mastering, au sens où on l’entend ici, n’existe généralement pas dans le cinéma, même s’il existe évidemment des professionnels chargés de la finalisation audio, avec des tâches qui présentent certaines similarités.


Tout à fait, il n'y a pas de mastering à proprement parler pour le cinéma, en tous cas pas comme pour la musique. La raison principale étant que le son d'un film doit disposer d'une grande plage dynamique pour restituer fidèlement et de manière réaliste toutes les subtilités des ambiances, de l'intimisme le plus tranquille à l'explosion sonore ravageuse. À la différence de la musique pour laquelle on doit s'assurer qu'elle restera écoutable quelque soient les conditions, le film quant à lui est diffusé en salles généralement bien équipées, isolées, calibrées par des techniciens professionnels et parfois même traitées acoustiquement, garantissant ainsi une reproduction fidèle et relativement homogène d'une salle à l'autre.
Cela n'est pas du tout le cas pour la musique où le support/format peut varier (qualité de la source sonore) tout comme le matériel de diffusion (écouteurs, enceinte BT, chaîne hifi, auditorium audiophile etc.) ainsi que le lieu (nomade, intérieur/extérieur, pièce dédiée, etc.) et les conditions d'écoute (bruit ambiant ou environnement silencieux). On comprend alors aisément la nécessité absolue du mastering ne serait-ce que pour garantir un minimum de qualité malgré tous ces paramètres impactant la restitution finale pour l'auditeur.
Pour une exploitation en salles un film peut (et doit) se permettre le luxe du moins possible de traitements dynamiques altérant le son, car les conditions de diffusion sont de facto garanties par une législation technique très précise (CST : Commission Supérieure Technique de l'image et du son, qui est un organe du CNC régissant quant à lui toute l'exploitation cinématographique).
Le mastering ici est donc sans objet. Tout se joue au mixage. En revanche quand un film est publié pour sa diffusion en dehors des salles obscures (TV, VOD, DVD, Bluray, etc.) alors là on change d'univers et la piste sonore peut être re-travaillée afin de s'adapter au mieux à la multitude des conditions de visionnage, pour le confort du spectateur. D'autant qu'il y a forcément au passage conversion d'un format cinéma pro à un format consumer grand public.

Citation de P.Lib :
Je plussoie Sinclar qui parle du mastering au cinéma.
Je suis allé voir dernièrement "Marty Suprême" au cinéma et j'ai eu beaucoup de mal à supporter la bande sonore, c'était affreusement bruyant et bourré d'effets parfaitement inutiles.


C'est effectivement un problème de mixage. Je le constate aussi parfois (je suis technicien dans une salle de cinéma) : musiques atrocement sur-mixées, effets sonores ridiculement mis en avant alors que les dialogues sont faiblards et parfois difficilement audibles/intelligibles. Il arrive que des spectateurs se plaignent soit du son trop fort qui casse les oreilles, soit "qu'on ne comprend pas les dialogues", particulièrement pour les films français (ce n'est généralement pas gênant pour les films étrangers sous-titrés). Or en cinéma la règle veut que tout le son doit s'articuler autour des dialogues. Le mixage puis le volume de diffusion se basent sur les dialogues, principalement diffusés sur la voix d'écran centrale. Si le son est mal mixé les problèmes évoqués précédemment apparaitront implacablement et c'est parfois un réel problème, en particulier dans le cinéma français. Quand les acteurs ne font aucun effort d'élocution, de prononciation, chuchotent et murmurent systématiquement comme cela semble être à la tendance dans certains styles de cinéma (que je ne citerai pas :mrg:), ajoutez à cela une mise en scène et une direction d'acteurs qui ne pallient pas du tout au problème, parfois des prises de son frôlant l'amateurisme et au final un mixage défaillant (peut-être aussi parce qu'à ce stade il n'y a plus de miracle possible) on se retrouve avec des spectateurs pour qui voir un film français sans équipement audio spécifique (écouteurs avec renfort de la piste sonore) devient impossible et qui privilégient alors les films étrangers car avec les sous-titres tous ces problèmes disparaissent. Je peux témoigner de cela dans mon travail même si ce n'est pas la règle (heureusement !), donc ne concerne pas tous les films et pas tous les spectateurs.
Au final masteriser les pistes sonores des films pour pallier à des problèmes de jeu d'acteurs, de prises de son et de mixage en amont serait à mon sens totalement contre productif et un non sens total. Même pour la musique le mastering n'a jamais eu pour but de corriger ces problèmes (ou alors dans des proportions minimes), comme cela a été évoqué précédemment pour les vinyles si le mixage n'est pas dans les clous alors l'ingé-son doit retourner à sa console et produire un mixage répondant aux critères requis. Pour moi c'est la même chose pour le cinéma. Si l'équilibre sonore n'est pas bon alors il faut agir à la source, donc au mixage, et ne pas tenter de cacher la misère ou mettre un pansement avec des traitements plus destructeurs que bénéfiques. C'est ce qui se fait plus ou moins pour les diffusions de musique en radio et sur les plateformes de streaming afin d'uniformiser les flux comme cela a été précédemment évoqué, et au final je ne pense pas que ce soit une bonne chose.
En tous cas pour le cinéma ce n'est vraiment pas souhaitable, en général moins il y aura de traitements et meilleure sera l'expérience pour le spectateur, si le mixage est bon, évidemment.

Putain Walter mais qu'est-ce que le Vietnam vient foutre là-dedans ?

#47
Si vous regardez parfois des films à la télé (je sais que c'est de plus en plus rare et entre les pubs et le massacre sonore on comprend aisément pourquoi) on peut constater l'effet inverse, en particulier dans les grosses productions hollywoodiennes (action, SF en particulier) : la piste sonore est tellement compressée/limitée que les dialogues sont parfaitement audibles mais que tous les effets sonores (explosions, accidents, etc.) sont ridiculement faibles. Toute la dynamique est littéralement écrasée et les passages "calmes" deviennent alors plus forts que les passages où le son devrait être puissant et envahissant.
Donc ce genre de "mastering" pour le cinéma flingue totalement l'expérience du spectateur. Pour moi c'est ce qui s'appelle marcher sur la tête.

Putain Walter mais qu'est-ce que le Vietnam vient foutre là-dedans ?

#48
Citation de DocK'S :

Citation :
.. .
Me voilà en pleine confusion...:8O:
Mais, peut-être n'ai-je pas bien compris ici le sens du verbe 'normaliser' ?

On agit aussi bien sur les fréquences que sur la dynamique ou la couleur au mastering.
La grande différence entre le mixage et le mastering c'est qu'au mixage on a l'ensemble des pistes qui constituent le morceau, alors qu'au mastering on traite l'export général du mix ou éventuellement des sous groupes ( Stem mastering) si nécessaire.


Merci pour tes précisions. Même si, de mon point de vue de petit artisan amateur, je ne vois toujours pas bien la différence entre le mastering tel que tu le décris ("traiter l'export général du mix ou éventuellement des sous groupes") et le mixage tel que je le pratique : qui s'applique à toutes les étapes, du détail le plus ténu jusqu'à l'export général ?
Ou alors, puisque présentement je vais bientôt travailler à la publication d'un album (en collaboration) de douze morceaux, pour veiller à ce qu'on ne ressente pas trop de disparités acoustiques en passant d'un morceau à l'autre, est-ce que je vais "faire du mastering" ? En tous les cas, ce sera exactement avec l'outil qui m'a servi au mixage...
:|


"Le jugement est un outil à tous sujets, et se mêle partout... "  (Montaigne / Essais I / chap L)

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https://patrickg.bandcamp.com/

 

#49
Citation de kosmix :
Si vous regardez parfois des films à la télé (je sais que c'est de plus en plus rare et entre les pubs et le massacre sonore on comprend aisément pourquoi) on peut constater l'effet inverse, en particulier dans les grosses productions hollywoodiennes (action, SF en particulier) : la piste sonore est tellement compressée/limitée que les dialogues sont parfaitement audibles mais que tous les effets sonores (explosions, accidents, etc.) sont ridiculement faibles. Toute la dynamique est littéralement écrasée et les passages "calmes" deviennent alors plus forts que les passages où le son devrait être puissant et envahissant.
Donc ce genre de "mastering" pour le cinéma flingue totalement l'expérience du spectateur. Pour moi c'est ce qui s'appelle marcher sur la tête.

Merci kosmix pour ton éclairage de professionnel des salles obscures.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi concernant le nouveau mixage et/ou masterisation pour la difusion télévisée ou en streaming. J'ai souvent constaté que sur netflix ou canal les musiques sont beaucoup plus fortes que les dialogues. C'est très énervant car il faut avoir la télécommande dans la main pour gérer ces écarts de volumes: musique je baisse le son, ensuite dialogue je monte car je n'entends plus ce qu'ils disent. :oops2:

S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

#50
Citation de patrick_g75 :
Citation de DocK'S :

Citation :
.. .
Me voilà en pleine confusion...:8O:
Mais, peut-être n'ai-je pas bien compris ici le sens du verbe 'normaliser' ?

On agit aussi bien sur les fréquences que sur la dynamique ou la couleur au mastering.
La grande différence entre le mixage et le mastering c'est qu'au mixage on a l'ensemble des pistes qui constituent le morceau, alors qu'au mastering on traite l'export général du mix ou éventuellement des sous groupes ( Stem mastering) si nécessaire.


Merci pour tes précisions. Même si, de mon point de vue de petit artisan amateur, je ne vois toujours pas bien la différence entre le mastering tel que tu le décris ("traiter l'export général du mix ou éventuellement des sous groupes") et le mixage tel que je le pratique : qui s'applique à toutes les étapes, du détail le plus ténu jusqu'à l'export général ?
Ou alors, puisque présentement je vais bientôt travailler à la publication d'un album (en collaboration) de douze morceaux, pour veiller à ce qu'on ne ressente pas trop de disparités acoustiques en passant d'un morceau à l'autre, est-ce que je vais "faire du mastering" ? En tous les cas, ce sera exactement avec l'outil qui m'a servi au mixage...
:|

Et bien pour faire une analogie culinaire, disons que le mixage c'est la recette, la découpe, la préparation et la cuisson de tous les éléments et que le mastering c'est le dressage de l'assiette et la pincée de fleur de sel.

Mais pour rejoindre ce que tu dis, tout le monde dans la chaîne travail à faire le meilleur plat possible.
En cela l'objectif du mixage n'est pas différent de celui du mastering, faire le meilleur morceau possible avec le meilleur son possible.
Et on pourrait même remonter aux étapes de composition, de sound design et d'arrangement qui sont déjà du mixage.

Ce qui peut créer de la confusion, c'est que toutes ces étapes sont parfois présentées comme distinctes avec des objectifs différents et des résultats intermédiaires qui ne seraient qu'une partie du résultat final.
Pour moi (opinion), c'est une erreur.
L'objectif est le même quelque soit l'étape-> produire un bon morceau.
Thème : Défaut