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Pédago
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Les deux approches d'un claviériste sur scène : le switch et le split - L’art de changer de son sans transpirer

La question est simple. Comment arriver à gérer tous les patchs de sons que contient votre setlist en étant le plus fluide et intuitif possible en concert ? Avec deux méthodes : le switch et le split !

Les deux approches d'un claviériste sur scène : le switch et le split : L’art de changer de son sans transpirer

Le Switch qui vous permet d’en­voyer le prochain patch de sons et passer des violons au piano en un coup de pied.

Le Split qui divise votre clavier par diffé­rents patchs de sons. Pratique pour sépa­rer plusieurs instru­ments et confor­table pour éviter le stress d’un chan­ge­ment qui ne marche­rait pas.

Avec mon expé­rience de scène, c’est simple, j’uti­lise ces deux méthodes. La complexité du morceau joue un rôle prépon­dé­rant dans votre choix d’uti­li­ser l’une ou l’autre méthode. J’es­père appor­ter de la perti­nence à mon propos, étant clavié­riste pour un orchestre variété/pop/rock ainsi que pour mon groupe Pixxel qui reprend des musiques de jeux vidéo. Ce dernier étant plus tech­nique.

Nous allons donc passer en revue les points forts et les points faibles de chacune de ces méthodes en illus­trant tout ça à l’aide des patchs de deux morceaux que je joue Live ! Je joue sur le Nauti­lus de Korg mais n’ayez crainte, votre clavier de scène (Nord, Roland, Yama­ha…) gère aussi les mêmes fonc­tions.

Split et Switch couverture clavier

Patchs de sons et setlist : bases indis­pen­sables pour orga­ni­ser ses sons en live

Avant de démar­rer le pourquoi du comment, j’ai à cœur de m’at­tar­der sur deux notions que je vais beau­coup utili­ser tout le long de cet article.

Le patch de sons repré­sente l’ins­tru­ment final.

Une fois que vous avez suffi­sam­ment trituré le plus de potards possible sur un synthé. Ajou­ter la réverbe, la compres­sion et un magni­fique flan­ger des familles. Vous appuyez sur « Write Combi­na­tion » avec cette pointe de fierté du Sound Desi­gner amateur ou pro que vous êtes. Le patch est donc cet instru­ment que vous venez de parfaire. Cela peut aussi être tout simple­ment un son de piano par défaut, Jordan Rudess a litté­ra­le­ment choisi un instru­ment par défaut du Kronos pour Dance of Eter­nity. Cela peut aussi être le cumul de 15 instru­ments à la fois (bien que « ça fait beau­coup là, non ? »).

La setlist est l’ordre chro­no­lo­gique de vos diffé­rents patchs.

Chaque marque de clavier vous permet de sélec­tion­ner dans quel ordre vous voulez placer vos diffé­rents patchs et l’en­re­gis­trer. Une fois sur scène, accom­pa­gné de votre plus beau trac, vous avez un accès rapide à vos diffé­rents patchs.

Switch

Main­te­nant donc, le véri­table pourquoi du comment.

Le Switch : enchaî­ner plusieurs patchs de sons via une pédale en concert

Cette méthode consiste à confi­gu­rer dans la setlist, les diffé­rents patchs dont vous avez besoin pour un morceau et d’un coup de pédale chan­ger d’un patch à l’autre.

Comment faire ?

Une fois le patch terminé, dans vos para­mètres, enre­gis­trez votre patch dans le mode concert ou setlist. Confi­gu­rez cette dernière dans l’ordre chro­no­lo­gique et surtout n’ou­bliez pas de la sauve­gar­der pour ne pas perdre tout votre travail.

Split et Switch Setlist

Hop, magie, tous mes patchs s’en­chaînent et vous pouvez voir que, pour le medley de Sonic (oui, le jeu vidéo), j’ai besoin d’un grand nombre d’entre eux.

Avan­tages du Switch pour gérer des morceaux complexes sur scène

Comme expliqué plus tôt, cela dépend du style musi­cal. Avec un morceau aussi complexe que ce Medley, il me serait impos­sible de split­ter mon clavier pour faire rentrer tous ces sons en un seul patch. Swit­cher offre donc la possi­bi­lité de

  • prévoir une infi­nité de patchs pour un seul morceau
  • jouer ce même instru­ment sur toutes les octaves
  • réuti­li­ser les mêmes patchs pour diffé­rents morceaux

Limites du Switch : gestion des pédales et risques en situa­tion de jeu

Le gros incon­vé­nient à mes yeux est cette mani­pu­la­tion supplé­men­taire de devoir enclen­cher sa pédale de switch au bon moment et correc­te­ment.

Correc­te­ment, car il m’est déjà arrivé sur scène d’ap­puyer sur la pédale de Sustain au lieu du Switch ou de mal enfon­cer cette dernière. J’ai bien sûr gardé le sourire, c’est un réflexe de pro qu’il faut déve­lop­per, mais vous imagi­nez que je grinçais forte­ment des dents. En plus de ça il n’existe qu’un seul moyen pour recti­fier son erreur : sacri­fier une main pour sélec­tion­ner le patch manuel­le­ment. Sacri­fier une main ? Un pianiste ? En pleine perfor­mance !

Je fais atten­tion à bien appuyer sur mon pied désor­mais, cepen­dant j’en garde un souve­nir assez désa­gréable. Pour la liste des incon­vé­nients, donc :

  • mani­pu­la­tion en plus
  • risque de se trom­per de pédale
  • obli­ga­tion de retour en arrière ou sélec­tion avec la main

Le Split : divi­ser le clavier en plusieurs zones sonores en live

Main­te­nant, voyons ce que l’autre approche, le Split, peut vous offrir. Cette fonc­tion consiste à pouvoir divi­ser comme bon vous semble votre clavier pour choi­sir les notes qui seront attri­buées à vos patchs.

Comment faire ?

Vous enclen­chez géné­ra­le­ment la touche Split qui va direc­te­ment vous propo­ser de parta­ger votre clavier en deux instru­ments. Avec le split point qui déter­mine la touche de sépa­ra­tion. Entrez dans les para­mètres de ce nouveau patch et suivant les modèles, vous trou­ve­rez de quoi addi­tion­ner de nouveaux instru­ments et de nouveaux split points. Vous allez créer le patch de vos rêves.

Split

La super astuce que j’uti­lise beau­coup : la possi­bi­lité de trans­po­ser les instru­ments pour cibler les hauteurs dont vous avez besoin.

Avan­tages du Split pour la concen­tra­tion et la stabi­lité en concert

Avec mon orchestre de variété à l’ins­tar de Pixxel, je suis un véri­table adepte du Split. Pour 4 h de show, et une soixan­taine de morceaux, je ne me voyais pas enchaî­ner cinquante mille patchs. Surtout que certains reviennent souvent, comme le son « piano ». J’ai préféré une approche par morceau, quitte à perdre des hauteurs de notes sur certains patchs.

Cela m’aide aussi à rentrer dans l’uni­vers de mon patch, dans l’uni­vers du morceau et à fabriquer des sortes de bulles de concen­tra­tion où je ne me soucie pas de swit­cher. J’ai tout sous les doigts, y’a plus qu’à. Split­ter offre la possi­bi­lité de :

  • tout résu­mer en un seul patch
  • ne pas se stres­ser pour des erreurs de pédale
  • boos­ter sa concen­tra­tion par morceaux

Contraintes du Split : plages de notes réduites et mémo­ri­sa­tion

Le gros incon­vé­nient est de devoir faire de la place pour chaque patch sur les 88 notes du clavier. Je me retrouve souvent à devoir sacri­fier des notes plus basses ou plus hautes que j’au­rais aimé pouvoir jouer.

Aussi, il faut se rappe­ler des zones du clavier que vous avez répar­ties vos patchs. Je me retrouve quelque­fois en plein concert à me deman­der sur quelle octave je dois démar­rer. Rien de grave cepen­dant, car je pratique beau­coup et mes morceaux sont connus sur le bout des doigts. Les repères reviennent vite. Pour résu­mer les points néga­tifs :

  • zone de hauteur de note réduite
  • travail de mémo­ri­sa­tion des zones
  • confi­gu­ra­tion plus impor­tante

Switch et Split : deux approches complé­men­taires pour des perfor­mances clavier fluides

Gérer une setlist et ses patchs peut sembler complexe, surtout quand on enchaîne des morceaux variés. Le Switch vous permet de passer d’un patch à l’autre en un clin d’œil, idéal pour des morceaux riches en chan­ge­ments de sons. Le Split, quant à lui, vous offre une stabi­lité et une concen­tra­tion opti­male en regrou­pant plusieurs instru­ments dans un seul patch. Mon expé­rience de scène m’a appris que le choix entre ces deux méthodes dépend avant tout de mon confort person­nel. L’im­por­tant est de trou­ver un équi­libre qui vous permet de jouer avec sécu­rité et plai­sir. Et vous, quelle méthode utili­sez-vous sur scène ? Parta­gez votre expé­rience en commen­taire. Je serais ravi d’échan­ger avec vous !

Cet article invité a été écrit par Olivier Sen du blog progres­ser au piano

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