Le plus souvent utilisée pour simuler des réverbes ou des enceintes, la convolution peut aussi ouvrir bien des horizons en terme de design sonore. La preuve avec Overlay ?

Après le visualiseur Decibel, l’enhancer Sugar, le compresseur rockruepel COMP.TWO le delay Ripple, la disto Spicerack et le filtre Filter Factory, voici que nous arrive donc Overlay qui est probablement la création la plus originale de l’éditeur à ce jour. Avec ce nouveau plug-in, il ne s’agit pas en effet de proposer une version d’un effet, traitement ou utilitaire classique mais d’aller du côté plus innovant des outils pensés pour le sound design : tout un programme…
À la fin de l’envoi, je couche…
Comme son nom l’indique, Overlay vise en en effet à ajouter une « surcouche » au signal qu’on lui soumet, ou plutôt quatre comme nous allons le voir. On est vraiment donc ici dans un outil de production plus que de mixage, l’idée étant d’enrichir le son, de lui donner du caractère, de la texture voire du mouvement.


Suivez le mouvement : petit tour de la modulation


N’en doutez pas : avec tout cela, il y a vraiment de quoi faire des choses bien barrées, de sorte que Process Audio a pensé à mettre quelques paramètres et traitements pour contenir la bête : outre un dry/wet classique, on peut ainsi définir la longueur de la queue du traitement, ce qui permettra de ne pas s’embourber dans un chaos sonore même en jouant sur de grosses réverbes par exemple, tandis qu’on dispose aussi d’un Gate et d’un compresseur en side chain appelé Duck, utile quant à lui pour préserver la lisibilité du signal source.
Et qu’est-ce que tout cela donne sur le terrain. Voici quelques exemples audio pour vous faire une idée, d’abord avec une basse :
Comme vous l’entendez, le plug-in excelle dans l’art de développer des harmoniques et de sophistiquer une base simple. Sur des cloches, il sera aussi à son aise pour aller du côté du shimmering et du delay barré :
Il est aussi extrêmement intéressant sur une boucle de batterie ou de boîte à rythmes où il permet de rendre le pattern plus complexe, plus groovy en encore de déveloper un contenu harmonique qui donnera bien des idées d’arrangement :
Et enfin, voyez ce qu’il peut faire aussi avec quelques nappes de brass un brin ennuyeuses :
Comme vous le voyez, le périmètre d’experimentation est large, et il l’est d’autant plus qu’on peut importer ses propres IR. Mais ce n’est pas tout, car il est à noter qu’Overlay peut être utilisé en mode « Mix » ou « Send » : dans le mode mix, le point du pad XY agit comme un slider de volume entre les quatre textures, alors que dans le mode send, c’est le taux d’envoi dans chaque module qui varie en fonction de la position du point. Et cela produit des variations intéressantes, comme vous pouvez l’entendre :
Comme vous le voyez en tout cas, le terrain de jeu est plutôt vaste et il l’est d’autant plus qu’on peut importer ses propres réponses impulsionnelles dans n’importe quel des quatre processeurs à convolution d’Overlay. Quant à savoir si des choses viennent à manquer, disons que l’éditeur a plutôt bien réglé son curseur sur le plan du rapport possibilités/simplicité.
Simple is beautiful : ce qui manque encore à Overlay
À l’usage, on n’imaginerait bien tout le bénéfice qu’on pourrait tirer d’une section d’effets un peu plus développée au niveau des quatre processeurs à convolution, et même d’une section d’effets globale où l’on pourrait retrouver un bit reducer, un filtre multimode résonnant ou encore des effets à modulation par exemple. Mais ce qu’on gagnerait en possibilités, on le perdrait très certainement en simplicité d’usage, d’autant que rien ne nous empêche d’appliquer ce genre de traitement en utilisant d’autres plug-ins avant ou après le plug-in de Process Audio… S’il appartiendra donc à l’éditeur d’étoffer son logiciel dans une éventuelle V2, il faudra qu’il parvienne à le faire sans que cela tourne à l’usine à gaz, ce qui n’a rien d’évident.
Que reprocher du coup ? Vraiment pas grand chose si ce n’est peut-être cette vilaine manie qu’on retrouve chez bien des développeurs de mettre tous leurs presets dans un dossier « Factory » au lieu de proposer un accès plus direct à ces derniers en les mettant à la racine. C’est d’autant plus bizarre que ce n’est pas le cas dans Ripple, le delay de la marque… Peut-être pourrait-on aussi disposer d’un navigateur de presets plus évolué, avec un moteur de recherche, un système multicritère et des tags, car bien des patches proposés sont pertinents bien au-delà de la catégorie à laquelle on les a assignés. Quoi d’autre ? Peut-être que passer de 8 à 16 pas sur le step séquenceur de l’étage de modulation apporterait encore un peu plus de liberté…
Mais comme vous le voyez, il n’y a pas grand chose à redire en dehors de quelques broutilles…

