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Test du plugin de Neural DSP Archetype: John Mayer X - Le son Mayer à portée de clic

Rédigé par un humain
9/10

Neural DSP continue de numériser le matériel des vedettes de la guitare et, cette fois-ci, c’est l’excellent John Mayer qui est à l’honneur. Alors à vos Strats… d’où qu’elles viennent ! Place au test.

Test du plugin de Neural DSP Archetype: John Mayer X : Le son Mayer à portée de clic

Neural DSP Arche­type John Mayer X : présen­ta­tion et contenu du plugin

vue principaleCe n’est plus une surprise : régu­liè­re­ment, la marque finlan­daise Neural DSP nous présente un nouveau plugin magique qui parvient à mettre dans quelques centaines de méga­oc­tets le son d’un artiste reconnu. Plini, Petrucci, Morello, Asato, Henson, Mansoor, Rabea et aujour­d’hui Mayer, John de son prénom.

Que l’on soit fan ou non de l’ar­tiste, c’est en soi une propo­si­tion inté­res­sante de la marque car, à quelques excep­tions près, on nous propose souvent du « gros son », tout du moins sur le papier (le Plini X est par exemple excellent sur les sons clairs et crunch), alors que le son de John Mayer s’ins­crit dans une tradi­tion beau­coup plus blues/rock. En revanche, je trouve que la signa­ture sonore de l’ar­tiste est telle­ment forte qu’avant même de tester ce nouveau plugin, je me deman­dais si Neural DSP allait réus­sir à rele­ver le défi.

Le plugin John Mayer X est, sans surprise, dispo­nible aux formats VST2, VST3, AU et AAX. Comme toujours, après l’ins­tal­la­tion, on retrouve sur notre bureau une version stan­da­lone qui permet de ne pas avoir à lancer son DAW pour chaque session guitare. Que ce soit sous Windows ou macOS, il faudra passer par le système de licences iLok. Il est égale­ment toujours possible de tester ce nouveau plugin durant 14 jours avant de, poten­tiel­le­ment, se l’of­frir.

À noter que, hors période de promo­tion, la marque finlan­daise commer­cia­lise son plugin au tarif de 199 euros. Ce n’est pas vrai­ment donné et il semble s’agir du plugin le plus onéreux de la collec­tion à l’heure actuelle.

Si vous n’êtes pas tota­le­ment fami­liers de l’ap­proche de Neural DSP en termes de contenu dans ses plugins, il faut savoir que la marque ne prétend pas vous propo­ser une centaine d’am­pli­fi­ca­teurs et autant de pédales. Ici, le plugin cherche à repro­duire la chaîne sonore de John Mayer et se limite au contenu suivant :

  • Trois ampli­fi­ca­teurs, chacun accom­pa­gné de son enceinte : un « Smooth Opera­tor » qui s’ins­pire proba­ble­ment d’un Fender Deluxe Reverb, un « Headroom Hero » repo­sant sur un Dumble et un « Signa­ture 83 » qui s’ins­pi­re­rait d’un ampli­fi­ca­teur boutique élaboré pour l’ar­tiste.
  • Cinq pédales placées en amont des amplis : Justa Boost, Ante­lope Filter, Half­man OD, Teal­brea­ker (qui fonc­tionne soit comme une TS, soit comme une BB) et un Milli­pede Delay (un délai BBD).
  • Une machine nommée « Gravity Tank » qui combine un harmo­nic tremolo et une réverbe à ressort.
  • Après les ampli­fi­ca­teurs, on pourra utili­ser un égali­seur semi-para­mé­trique, un compres­seur très musi­cal dont le réglage se limite à deux poten­tio­mètres d’en­trée et de sortie, ainsi qu’un délai et une réverbe pouvant fonc­tion­ner en modes Plate et Hall.
  • effets1
  • effets2
  • effets3
  • effets4

 

La prise en main du plugin est, comme d’ha­bi­tude, facile grâce à une inter­face soignée et élégante. Par ailleurs, les outils habi­tuels sont toujours présents, à savoir : un accor­deur, un métro­nome, un noise gate, un poten­tio­mètre de trans­po­si­tion ou encore un doubleur permet­tant de créer une « fausse » stéréo à partir d’un signal guitare mono.

L’in­ter­face est redi­men­sion­nable, fluide, et l’op­ti­mi­sa­tion géné­rale m’a semblé tout à fait bonne. Pour les besoins de ce test, j’ai chargé une douzaine d’ins­tances avec un buffer très bas sur ma carte son sans que Cubase Pro 15 ne me demande d’ar­rê­ter mes lubies (CPU Ryzen 9 5950X). Comp­tez 1,8 ms de latence par instance. C’est suffi­sam­ment faible pour être consi­déré comme négli­geable.

Version du plugin testé : 1.0.0

Amplis, pédales et effets de l’Ar­che­type John Mayer X : prise en main

Je vous propose d’écou­ter une première série d’en­re­gis­tre­ments effec­tués à l’aide d’une Stra­to­cas­ter Brave­wood qui, au passage, est une guitare incroyable :

1 – Strat – Hero + Justa Boost
00:0000:24
  • 1 – Strat – Hero + Justa Boost00:24
  • 2 – Strat – Hero + TS00:50
  • 3 – Strat – Hero + Justa + Comp00:51
  • 4 – Strat – Hero Bright + Gravity Tank + Plate géné­reuse + Dly + Comp01:02
  • 5 – Strat – 3 in 1 – Lead gain 4 + Hall + Dly00:56
  • 6 – Strat – 3 in 1 + Boost + HM OD + TS + Plate00:43
  • 7 – Start – S83+ BB + Plate + Dly00:37

La grande parti­cu­la­rité de ce plugin, et fina­le­ment du son de John Mayer, est de permettre l’uti­li­sa­tion simul­ta­née des trois ampli­fi­ca­teurs. C’est ce que Neural DSP appelle le mode Three-in-One. Dans ce mode, l’in­ter­face nous permet d’agir sur un gain global et de gérer le niveau de chacun des amplis dans le mix final.

Pour autant, j’ai passé un peu de temps à jouer sur les ampli­fi­ca­teurs indi­vi­duel­le­ment, avec une préfé­rence marquée pour la repro­duc­tion du Dumble : une vraie merveille, inac­ces­sible dans la vraie vie sur le plan tari­faire, mais que la marque finlan­daise semble avoir réussi à repro­duire de manière tout à fait convain­cante.

La section des effets, qu’ils soient placés avant ou après l’am­pli­fi­ca­tion, m’a beau­coup inspiré. J’ai notam­ment été très convaincu par cet art de l’em­pi­le­ment des boosts et des over­drives : cela fait des merveilles. D’ailleurs, j’ai eu du mal à ne pas enclen­cher la Justa. Elle colore vrai­ment le son dans le bon sens et son switch de boost permet à lui seul de faire satu­rer les amplis. Les deux autres pédales d’over­drive m’ont tout autant convaincu, au point que j’ai essayé de repro­duire certains réglages sur mon vrai pedal­board.

Le seul risque est de se retrou­ver avec un son un peu « boueux » si l’on abuse des bonnes choses. À ce sujet, si vous explo­rez les discus­sions sur Inter­net trai­tant de ce plugin, vous croi­se­rez proba­ble­ment des utili­sa­teurs ayant rencon­tré des déboires avec la gestion du gain d’en­trée, ce qui fait davan­tage satu­rer certains presets d’usine qu’il ne le faudrait. De mon côté, j’ai pu consta­ter ce phéno­mène, mais pas dans les propor­tions décrites par d’autres.

Plus préci­sé­ment, j’ai remarqué que cela dépen­dait forte­ment de la guitare utili­sée et que, selon moi, il s’agit davan­tage d’un problème de réglage des pédales et des ampli­fi­ca­teurs. Toute­fois, oui, on peut rapi­de­ment se retrou­ver avec un surplus de gain venant écra­ser et satu­rer le bas du spectre si l’en­trée est trop forte (atten­tion aux réglages de votre carte son et il peut être bon de bais­ser le niveau d’en­trée dans le plugin lui-même). C’est effec­ti­ve­ment un « problème » que je n’avais jamais vrai­ment rencon­tré sur d’autres plugins de la marque, mais j’ose croire que la signa­ture sonore de l’ar­tiste, et par consé­quent la réac­tion de son maté­riel, y est pour beau­coup. Par exemple, le Headroom Hero permet de varier le type d’en­trée entre Normal et FET. Le second mode vient boos­ter très fran­che­ment le niveau d’en­trée et j’ai eu du mal à l’ex­ploi­ter avec ma RGD d’Ibanez. Par consé­quent, si vous fouillez dans les presets d’ori­gine, que ce soit ceux de Mayer ou d’autres, il y a de fortes chances que leur rendu ne soit pas aussi homo­gène qu’avec un Plini X qui, de mon côté, est plus tolé­rant lorsque je change de guitare.

À ce sujet, je vous laisse écou­ter quelques extraits enre­gis­trés à l’aide de mon Ibanez préfé­rée :

8 – RGD – Smooth Opera­tor – Gravity Tank + Justa Boost + Hall
00:0000:26
  • 8 – RGD – Smooth Opera­tor – Gravity Tank + Justa Boost + Hall00:26
  • 9 – RGD – Hero – Gravity Tank + Justa Boost + Hall00:25
  • 10 – RGD – S83 – Gravity Tank + Justa Boost + Plate00:26
  • 11 – RGD – Hero – Justa + Ante­lope Filter + TS + Dly + Plate00:27
  • 12 – RGD – 3 in 1 – Justa Boost + BB + Comp + Dly PP + Hall00:39

Le plugin encaisse plutôt bien cette guitare taillée pour des sons plus modernes, même si j’ai tendance à préfé­rer le rendu des amplis lorsque je split mon kit élaboré par la marque française SP Custom. Par ailleurs, le module « Gravity Tank » apporte une couleur vrai­ment inté­res­sante que j’ai appré­cié utili­ser de manière subtile avec un tremolo lent et une réverbe légè­re­ment mixée.

De manière plus géné­rale, le John Mayer X n’est proba­ble­ment pas le plugin le plus poly­va­lent du cata­logue de Neural DSP. Peu importe la guitare utili­sée, il y a un parti pris, pas désa­gréable, teinté de la forte person­na­lité sonore de l’ar­tiste vedette. J’au­rais aussi tendance à dire que le plugin a été davan­tage cali­bré pour sonner avec des guitares « dans le style de Mayer » que des métal­leuses aux gros niveaux de sortie, sans que ce soit tota­le­ment pros­crit.

Notre avis : 9/10

Je le disais en début de test, je ne savais pas vrai­ment à quoi m’at­tendre lorsque Neural DSP a annoncé avoir numé­risé une iden­tité sonore aussi parti­cu­lière que celle de John Mayer. Si les fans abso­lus pour­ront proba­ble­ment trou­ver des choses à redire, il faut bien admettre que dès les premières notes on retrouve bien l’uni­vers sonore de l’ar­tiste avec ce grain blues/rock un peu soyeux si carac­té­ris­tique et des sons clairs extra­or­di­naires, surtout avec une bonne Strat. On peut donc consi­dé­rer que le pari de la marque finlan­daise est gagné.

L’ex­per­tise de Neural DSP permet de propo­ser un plugin beau à regar­der, facile à utili­ser et bien opti­misé pour ce qui est de sa gour­man­dise en CPU. Toute­fois, dans une certaine mesure, le plugin est un peu plus déli­cat à gérer pour ce qui est du niveau d’en­trée ou, plus préci­sé­ment, de la réac­tion des amplis au niveau initial qu’ils reçoivent. Sans avoir rencon­tré de problèmes de satu­ra­tion extrêmes remon­tés ici et là par la commu­nauté des utili­sa­teurs, j’ai bien noté que les réglages avaient quelque chose d’or­ga­nique dans leurs réac­tions et que pour John Mayer, les micros simples d’une Strat n’ont pas à sonner de la même manière que les doubles d’une guitare noire poin­tue.

C’est donc un plugin à la forte person­na­lité dont on pour­rait cepen­dant regret­ter le prix de vente plus élevé que le reste de la collec­tion de Neural DSP. Car en effet, si l’on met de côté la seule signa­ture sonore du plugin, le contenu en termes de nombre d’ef­fets et d’am­plis est tout à fait stan­dard et compa­rable aux autres réfé­rences de la marque.

  • vue principale
  • cab
  • effets1
  • effets2
  • effets3
  • effets4

 

Points forts

  • Identité sonore forte
  • Sons clairs magnifiques
  • Le mode Three-in-One
  • La qualité des effets, tous sont excellents
  • Très bonne optimisation CPU

Points faibles

  • La gestion du gain d’entrée, qui dans certains cas peut surprendre
  • Le prix de vente un peu élevé
  • Une polyvalence plus limitée que certains autres plugins Neural DSP
Pays de fabrication : Finlande
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