Neural DSP continue de numériser le matériel des vedettes de la guitare et, cette fois-ci, c’est l’excellent John Mayer qui est à l’honneur. Alors à vos Strats… d’où qu’elles viennent ! Place au test.
Neural DSP Archetype John Mayer X : présentation et contenu du plugin

Que l’on soit fan ou non de l’artiste, c’est en soi une proposition intéressante de la marque car, à quelques exceptions près, on nous propose souvent du « gros son », tout du moins sur le papier (le Plini X est par exemple excellent sur les sons clairs et crunch), alors que le son de John Mayer s’inscrit dans une tradition beaucoup plus blues/rock. En revanche, je trouve que la signature sonore de l’artiste est tellement forte qu’avant même de tester ce nouveau plugin, je me demandais si Neural DSP allait réussir à relever le défi.
Le plugin John Mayer X est, sans surprise, disponible aux formats VST2, VST3, AU et AAX. Comme toujours, après l’installation, on retrouve sur notre bureau une version standalone qui permet de ne pas avoir à lancer son DAW pour chaque session guitare. Que ce soit sous Windows ou macOS, il faudra passer par le système de licences iLok. Il est également toujours possible de tester ce nouveau plugin durant 14 jours avant de, potentiellement, se l’offrir.
À noter que, hors période de promotion, la marque finlandaise commercialise son plugin au tarif de 199 euros. Ce n’est pas vraiment donné et il semble s’agir du plugin le plus onéreux de la collection à l’heure actuelle.
Si vous n’êtes pas totalement familiers de l’approche de Neural DSP en termes de contenu dans ses plugins, il faut savoir que la marque ne prétend pas vous proposer une centaine d’amplificateurs et autant de pédales. Ici, le plugin cherche à reproduire la chaîne sonore de John Mayer et se limite au contenu suivant :
- Trois amplificateurs, chacun accompagné de son enceinte : un « Smooth Operator » qui s’inspire probablement d’un Fender Deluxe Reverb, un « Headroom Hero » reposant sur un Dumble et un « Signature 83 » qui s’inspirerait d’un amplificateur boutique élaboré pour l’artiste.
- Cinq pédales placées en amont des amplis : Justa Boost, Antelope Filter, Halfman OD, Tealbreaker (qui fonctionne soit comme une TS, soit comme une BB) et un Millipede Delay (un délai BBD).
- Une machine nommée « Gravity Tank » qui combine un harmonic tremolo et une réverbe à ressort.
- Après les amplificateurs, on pourra utiliser un égaliseur semi-paramétrique, un compresseur très musical dont le réglage se limite à deux potentiomètres d’entrée et de sortie, ainsi qu’un délai et une réverbe pouvant fonctionner en modes Plate et Hall.
La prise en main du plugin est, comme d’habitude, facile grâce à une interface soignée et élégante. Par ailleurs, les outils habituels sont toujours présents, à savoir : un accordeur, un métronome, un noise gate, un potentiomètre de transposition ou encore un doubleur permettant de créer une « fausse » stéréo à partir d’un signal guitare mono.
L’interface est redimensionnable, fluide, et l’optimisation générale m’a semblé tout à fait bonne. Pour les besoins de ce test, j’ai chargé une douzaine d’instances avec un buffer très bas sur ma carte son sans que Cubase Pro 15 ne me demande d’arrêter mes lubies (CPU Ryzen 9 5950X). Comptez 1,8 ms de latence par instance. C’est suffisamment faible pour être considéré comme négligeable.
Version du plugin testé : 1.0.0
Amplis, pédales et effets de l’Archetype John Mayer X : prise en main
Je vous propose d’écouter une première série d’enregistrements effectués à l’aide d’une Stratocaster Bravewood qui, au passage, est une guitare incroyable :

- 1 – Strat – Hero + Justa Boost00:24
- 2 – Strat – Hero + TS00:50
- 3 – Strat – Hero + Justa + Comp00:51
- 4 – Strat – Hero Bright + Gravity Tank + Plate généreuse + Dly + Comp01:02
- 5 – Strat – 3 in 1 – Lead gain 4 + Hall + Dly00:56
- 6 – Strat – 3 in 1 + Boost + HM OD + TS + Plate00:43
- 7 – Start – S83+ BB + Plate + Dly00:37
La grande particularité de ce plugin, et finalement du son de John Mayer, est de permettre l’utilisation simultanée des trois amplificateurs. C’est ce que Neural DSP appelle le mode Three-in-One. Dans ce mode, l’interface nous permet d’agir sur un gain global et de gérer le niveau de chacun des amplis dans le mix final.
Pour autant, j’ai passé un peu de temps à jouer sur les amplificateurs individuellement, avec une préférence marquée pour la reproduction du Dumble : une vraie merveille, inaccessible dans la vraie vie sur le plan tarifaire, mais que la marque finlandaise semble avoir réussi à reproduire de manière tout à fait convaincante.
La section des effets, qu’ils soient placés avant ou après l’amplification, m’a beaucoup inspiré. J’ai notamment été très convaincu par cet art de l’empilement des boosts et des overdrives : cela fait des merveilles. D’ailleurs, j’ai eu du mal à ne pas enclencher la Justa. Elle colore vraiment le son dans le bon sens et son switch de boost permet à lui seul de faire saturer les amplis. Les deux autres pédales d’overdrive m’ont tout autant convaincu, au point que j’ai essayé de reproduire certains réglages sur mon vrai pedalboard.
Le seul risque est de se retrouver avec un son un peu « boueux » si l’on abuse des bonnes choses. À ce sujet, si vous explorez les discussions sur Internet traitant de ce plugin, vous croiserez probablement des utilisateurs ayant rencontré des déboires avec la gestion du gain d’entrée, ce qui fait davantage saturer certains presets d’usine qu’il ne le faudrait. De mon côté, j’ai pu constater ce phénomène, mais pas dans les proportions décrites par d’autres.
Plus précisément, j’ai remarqué que cela dépendait fortement de la guitare utilisée et que, selon moi, il s’agit davantage d’un problème de réglage des pédales et des amplificateurs. Toutefois, oui, on peut rapidement se retrouver avec un surplus de gain venant écraser et saturer le bas du spectre si l’entrée est trop forte (attention aux réglages de votre carte son et il peut être bon de baisser le niveau d’entrée dans le plugin lui-même). C’est effectivement un « problème » que je n’avais jamais vraiment rencontré sur d’autres plugins de la marque, mais j’ose croire que la signature sonore de l’artiste, et par conséquent la réaction de son matériel, y est pour beaucoup. Par exemple, le Headroom Hero permet de varier le type d’entrée entre Normal et FET. Le second mode vient booster très franchement le niveau d’entrée et j’ai eu du mal à l’exploiter avec ma RGD d’Ibanez. Par conséquent, si vous fouillez dans les presets d’origine, que ce soit ceux de Mayer ou d’autres, il y a de fortes chances que leur rendu ne soit pas aussi homogène qu’avec un Plini X qui, de mon côté, est plus tolérant lorsque je change de guitare.
À ce sujet, je vous laisse écouter quelques extraits enregistrés à l’aide de mon Ibanez préférée :

- 8 – RGD – Smooth Operator – Gravity Tank + Justa Boost + Hall00:26
- 9 – RGD – Hero – Gravity Tank + Justa Boost + Hall00:25
- 10 – RGD – S83 – Gravity Tank + Justa Boost + Plate00:26
- 11 – RGD – Hero – Justa + Antelope Filter + TS + Dly + Plate00:27
- 12 – RGD – 3 in 1 – Justa Boost + BB + Comp + Dly PP + Hall00:39
Le plugin encaisse plutôt bien cette guitare taillée pour des sons plus modernes, même si j’ai tendance à préférer le rendu des amplis lorsque je split mon kit élaboré par la marque française SP Custom. Par ailleurs, le module « Gravity Tank » apporte une couleur vraiment intéressante que j’ai apprécié utiliser de manière subtile avec un tremolo lent et une réverbe légèrement mixée.
De manière plus générale, le John Mayer X n’est probablement pas le plugin le plus polyvalent du catalogue de Neural DSP. Peu importe la guitare utilisée, il y a un parti pris, pas désagréable, teinté de la forte personnalité sonore de l’artiste vedette. J’aurais aussi tendance à dire que le plugin a été davantage calibré pour sonner avec des guitares « dans le style de Mayer » que des métalleuses aux gros niveaux de sortie, sans que ce soit totalement proscrit.




