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Test du plugin de Two Notes Genome 2 - Genome 2 : le simulateur français prend du galon

Rédigé par un humain
9/10

Le simulateur pour guitare et basse de la marque française Two Notes revient dans une seconde version. Nouveaux amplificateurs, nouvelles fonctionnalités et catalogue enrichi : voyons ce que Genome 2 a dans le ventre.

Test du plugin de Two Notes Genome 2 : Genome 2 : le simulateur français prend du galon

Genome 2 : le simu­la­teur d’am­pli français arrivé à matu­rité

interface2Nous avions testé, à l’époque, Genome peu de temps après la sortie de sa version initiale. Depuis, Two Notes semble avoir travaillé de manière conti­nue afin de propo­ser régu­liè­re­ment des mises à jour accom­pa­gnées de leur lot de nouveau­tés, jusqu’à arri­ver à la mise à jour majeure « Genome 2 » qui nous inté­resse aujour­d’hui.

Qu’est-ce donc que ce fameux Genome ? Il s’agit d’un simu­la­teur destiné aux guita­ristes et bassistes, dispo­nible sous la forme d’un plugin. Ce dernier peut être utilisé en contexte d’en­re­gis­tre­ment et de produc­tion dans une STAN, puisqu’il est proposé aux formats VST3, AU et AAX. Il peut égale­ment servir de simu­la­teur auto­nome grâce à la dispo­ni­bi­lité d’une version « stan­da­lone », ce qui est bien pratique pour jouer au quoti­dien. Enfin, et c’est une nouveauté, il est désor­mais possible de l’em­me­ner sur son iPad sous la forme d’une appli­ca­tion.

Par ailleurs, Genome 2 se décline en trois prin­ci­pales versions :

  • Genome Intro : c’est un peu la vitrine du plugin étant donné sa gratuité. Toute­fois, il est déjà possible d’y faire pas mal de choses.
  • Genome – proposé aux alen­tours de 130 euros : il s’agit de la version stan­dard, qui embarque 24 ampli­fi­ca­teurs dits « TSM/TSM-Ai » (la tech­no­lo­gie déve­lop­pée par la marque pour repro­duire le son d’am­pli­fi­ca­teurs réels), 49 pédales d’ef­fet, 16 effets de studio ainsi que 16 enceintes virtuelles dyna­miques (la spécia­lité histo­rique de la marque, ne l’ou­blions pas).
  • Genome Suite – proposé aux alen­tours de 300 euros : c’est la version la plus complète. On y trouve natu­rel­le­ment davan­tage d’am­pli­fi­ca­teurs, de pédales, d’ef­fets de studio et d’en­ceintes virtuelles.

On peut déjà noter un point qui fâche un peu : même avec l’achat de Genome Suite, il faudra repas­ser par la caisse pour se procu­rer la version desti­née à iOS. Et l’in­verse est égale­ment vrai.

Sur le plan tech­nique, l’ins­tal­la­tion sur une machine sous Windows 11 de la version Suite réclame un peu plus de 530 Mo. Le char­ge­ment du plugin est rapide et l’in­ter­face utili­sa­teur fluide. Par ailleurs, la latence initiale repor­tée par Cubase Pro 15 pour une instance du plugin est de 0,2 ms. C’est plus que négli­geable, mais cette valeur n’est pas constante. En effet, certains para­mètres peuvent influer dessus. Par exemple, et c’est une nouveauté, on dispose désor­mais d’un indis­pen­sable outil de trans­po­si­tion. Lorsqu’il est activé, il ajoute une dizaine de milli­se­condes de latence supplé­men­taires. Si cela peut s’en­tendre d’un point de vue pure­ment tech­nique, j’ai par curio­sité regardé si ce phéno­mène était égale­ment présent chez une célèbre marque finlan­daise qui a pignon sur rue dans le domaine de la simu­la­tion. Verdict : non. Activé ou non, l’ou­til de trans­po­si­tion ne change rien à la latence.

Parmi les autres nouveau­tés flagrantes, on retrouve évidem­ment de nouveaux ampli­fi­ca­teurs TSM-Ai : Eldo­rado 100, Tanger Rock, Gemini ’64, Foxy 30, Flat­Back MKV, Flat­Back Dual et Peggy ’76. Bien entendu, derrière ces noms d’em­prunt se cachent des simu­la­tions de véri­tables ampli­fi­ca­teurs qu’il est très facile de recon­naître grâce aux visuels concoc­tés par Two Notes. J’ajou­te­rais que ces derniers sont très « photo­réa­listes ». Ça ne change pas le son, mais c’est agréable à l’œil et, comme toujours, quand un plugin est joli, on a l’im­pres­sion qu’il sonne mieux.

PARA­DEX et Capture Studio : cloner son propre ampli

paradexLa partie dédiée à l’am­pli­fi­ca­tion est égale­ment agré­men­tée d’un nouveau module appelé « PARA­DEX ». Il permet de char­ger des fichiers au format AmpNet, un format proprié­taire généré par le logi­ciel Capture Studio de la marque. En d’autres termes, il s’agit tout simple­ment du système de capture de Two Notes, compa­rable, dans son prin­cipe, à ce que propose aujour­d’hui la majo­rité de la concur­rence.

Toute­fois, il y a une nuance impor­tante quant au fonc­tion­ne­ment d’Amp­Net. En effet, Capture Studio permet­tait déjà de réali­ser des captures d’am­pli­fi­ca­teurs au format NAM, desti­nées au module « CODEX ». Le prin­cipe était alors celui d’une capture « statique » : on repro­dui­sait le compor­te­ment d’un ampli dans une confi­gu­ra­tion bien précise, avec un gain, une égali­sa­tion et un volume donnés. Si l’on voulait retrou­ver un autre réglage fidèle, il fallait tout simple­ment réali­ser une nouvelle capture.

Avec AmpNet, l’idée est diffé­rente. Cette fois, il ne s’agit plus de captu­rer un ampli dans un état figé, mais de couvrir une plage de réglages. Lors de la créa­tion du profil, plusieurs commandes de l’am­pli­fi­ca­teur peuvent être prises en compte afin que leurs varia­tions soient repro­duites une fois la capture termi­née. Sur le papier, on se rapproche donc davan­tage du compor­te­ment d’un véri­table ampli­fi­ca­teur.

MIXFIT : sculp­ter le son sans égali­seur clas­sique

Une autre nouveauté fait son appa­ri­tion : il s’agit du module « MIXFIT ». Le prin­cipe est de propo­ser un condensé de réglages simples à appré­hen­der permet­tant de sculp­ter le son. C’est bien plus complet et facile à utili­ser qu’un simple égali­seur global, comme on en trouve habi­tuel­le­ment sur les multi-effets. J’ai trouvé cet ajout excellent et parti­cu­liè­re­ment bien pensé pour qui souhaite aller à l’es­sen­tiel ou simple­ment affi­ner une balance tonale sans prendre le risque de « casser » un préré­glage.

MIXFIT

En parlant de préré­glages, il y a plusieurs choses à savoir :

  • Dans un RIG, il est possible de dispo­ser de deux lignes de 12 modules. Avec 24 modules au total, on devrait donc pouvoir obte­nir à peu près n’im­porte quelle texture sonore.
  • La biblio­thèque de préré­glages (RIG) a été retra­vaillée et je la trouve plus agréable à utili­ser. Les diffé­rentes réfé­rences d’am­pli­fi­ca­teurs sont bien clas­sées et peuvent sans problème servir de point de départ pour élabo­rer une chaîne de trai­te­ment plus complexe.

Par ailleurs, l’in­ter­face est toujours aussi soignée, avec des visuels très réus­sis. Elle a le mérite d’être réac­tive et redi­men­sion­nable. On y trouve d’ailleurs un mode d’af­fi­chage « Compact », bien pratique.

L’in­ter­face permet égale­ment d’ac­cé­der à deux sections : l’une dédiée au MIDI, l’autre à la gestion des auto­ma­ti­sa­tions. Aucune mauvaise surprise ici non plus, les deux sections sont claires et faciles à prendre en main.

Le son de Genome 2 : rendu des amplis et des effets

 

Je vous propose, pour commen­cer, d’écou­ter quelques extraits de sons clairs et crunch basés sur les nouveaux ampli­fi­ca­teurs intro­duits dans cette version :

1 – Cali­bro 59 Norm + Spring 63 + Blos­som Verb
00:0000:36
  • 1 – Cali­bro 59 Norm + Spring 63 + Blos­som Verb00:36
  • 2 – Cali­bro 59 Bri + Tetra­verb + Dupe Dly Pro00:37
  • 3 – Hemini 64 + Red cmp + Saber bst + Grace Rev + Stu Rev00:36
  • 4 – Foxy 30 Ch3 + Ele Vib + Planet Rev00:29
  • 5 – Tanger Rock Gain4 + Stu Reverb00:20

Genome, dans sa version initiale, nous avait déjà fait une excel­lente impres­sion, et cela se confirme une nouvelle fois ici. Le rendu des ampli­fi­ca­teurs m’a semblé parti­cu­liè­re­ment bien maîtrisé, et c’était d’au­tant plus flagrant qu’avant même de toucher aux réglages, on dispose déjà d’une base musi­ca­le­ment convain­cante.

CatalogueLes sons clairs et crunch consti­tuent d’ailleurs un excellent terrain de jeu pour évaluer la réponse dyna­mique des modé­li­sa­tions. Là encore, Genome 2.0 fait partie des bons élèves, avec cette sensa­tion de vrai­ment retrou­ver le compor­te­ment du maté­riel.

De plus, si la première version du plugin propo­sait un cata­logue d’ef­fets rela­ti­ve­ment peu fourni, force est de consta­ter que les équipes de Two Notes ont rattrapé leur retard sur cet aspect. On trouve aujour­d’hui des effets qui couvrent proba­ble­ment tous les usages courants, mais pas seule­ment. Par exemple, j’ai appré­cié la sélec­tion de réverbes : on y découvre quelques réfé­rences qui permettent de créer des textures sonores origi­nales sans trop se casser la tête.

Je vous propose main­te­nant d’écou­ter quelques ampli­fi­ca­teurs plus velus :

6 – Tanger Rock Gain 7 – PAMP + LEAD + Rev Interne
00:0000:23
  • 6 – Tanger Rock Gain 7 – PAMP + LEAD + Rev Interne00:23
  • 7 – Flat­back MKV + Stu Dly + Stu Rev00:25
  • 8 – Flat­back Dual + Green Meanie en mode Boost – Transpo –200:19
  • 9 – PVH50 Gain 4 + Green Meanie en boost + Twin Tracker – Transpo – 200:19
  • 10 – Eldo­rado 100 + Green Meanie + Dly PP + Blos­som Verb00:17

Là encore, Genome s’en sort plutôt bien. Le grain des ampli­fi­ca­teurs est globa­le­ment bien repro­duit, mais c’est surtout sur les sensa­tions de jeu que j’ai le plus appré­cié le plugin. Ce n’est jamais surpro­duit ou surcom­pressé ; il y a au contraire un côté un peu brut que j’au­rais tendance à clas­ser dans la caté­go­rie des quali­tés, car cela parti­cipe à préser­ver le carac­tère de l’ins­tru­ment utilisé.

paradexEnfin, je vous parlais dans la première partie du nouveau module PARA­DEX, qui permet de géné­rer des clones de son maté­riel tout en prenant en compte la réac­tion de ce dernier lorsque l’on mani­pule ses diffé­rents poten­tio­mètres. J’ai natu­rel­le­ment joué avec le logi­ciel Capture Studio, et force est de consta­ter que la prise en main est aisée. On précise quel type de poten­tio­mètre on souhaite captu­rer, puis le logi­ciel nous propose de réali­ser plusieurs captures à diffé­rentes posi­tions. Le proces­sus est d’ailleurs assez rapide.

Quoi qu’il en soit, voici deux captures char­gées dans PARA­DEX :

11 – PARA­DEX Fried R-50 + Studio Dly et Rev
00:0000:19
  • 11 – PARA­DEX Fried R-50 + Studio Dly et Rev00:19
  • 12 – PARA­DEX Brit1959 Ch1 + Stu Rev00:17

Notre avis : 9/10

Ne tour­nons pas autour du pot : Genome 2 est un excellent plugin. Le chemin parcouru depuis la première mouture est plutôt impres­sion­nant. Le cata­logue, que ce soit pour les ampli­fi­ca­teurs ou les effets, est désor­mais suffi­sam­ment complet sans sombrer dans la suren­chère, qui peut parfois être contre-produc­tive.

Two Notes s’ap­plique égale­ment à peau­fi­ner ses modé­li­sa­tions avec ses nouveaux ampli­fi­ca­teurs TSM-Ai, qui offrent, il est vrai, un rendu très proche de la réalité, tant au niveau du grain que des sensa­tions de jeu. Ce sont d’ailleurs ces dernières, proba­ble­ment les plus diffi­ciles à retrans­crire dans un test, que j’ai le plus appré­ciées. Il y a un côté un peu brut qui rappelle forte­ment ce que l’on ressent lorsque l’on branche son jack dans son ampli.

Two Notes a égale­ment été l’un des pion­niers des captures d’en­ceintes dyna­miques, et il semble­rait que la marque cherche désor­mais à appliquer cette philo­so­phie aux ampli­fi­ca­teurs avec son format AmpNet, exploité dans le module PARA­DEX. C’est bien entendu un très bon point, d’au­tant que la mise en œuvre reste rela­ti­ve­ment simple.

La dispo­ni­bi­lité de plusieurs versions de Genome est égale­ment une bonne chose puisqu’elle permet de répondre à diffé­rents besoins. En revanche, si l’ar­ri­vée sur iOS est la bien­ve­nue, on regrette qu’il faille ache­ter une licence supplé­men­taire pour en profi­ter. Certains auraient égale­ment appré­cié l’exis­tence d’une version Android, mais peut-être que sa mise en œuvre est plus déli­cate.

En défi­ni­tive, Genome 2 est un plugin à consi­dé­rer très sérieu­se­ment. Il n’a clai­re­ment pas, ou plus, à rougir face aux réfé­rences qui ont pignon sur rue.

  • Interface
  • MIXFIT
  • interface2
  • paradex

Points forts

  • Un plugin qui sonne très bien
  • Une interface soignée, réactive et agréable à utiliser
  • Un catalogue désormais bien fourni
  • D'excellentes sensations de jeu
  • Les modules MIXFIT et PARADEX
  • La disponibilité sur iOS

Points faibles

  • Le module de transposition génère une latence supplémentaire dont on se passerait volontiers
  • Il faut repasser à la caisse pour profiter de Genome à la fois sur ordinateur et sur iPad
  • A quand une version pour Android ?
Intêret de la mise à jour :
Pays de fabrication : France
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