Le simulateur pour guitare et basse de la marque française Two Notes revient dans une seconde version. Nouveaux amplificateurs, nouvelles fonctionnalités et catalogue enrichi : voyons ce que Genome 2 a dans le ventre.
Genome 2 : le simulateur d’ampli français arrivé à maturité

Qu’est-ce donc que ce fameux Genome ? Il s’agit d’un simulateur destiné aux guitaristes et bassistes, disponible sous la forme d’un plugin. Ce dernier peut être utilisé en contexte d’enregistrement et de production dans une STAN, puisqu’il est proposé aux formats VST3, AU et AAX. Il peut également servir de simulateur autonome grâce à la disponibilité d’une version « standalone », ce qui est bien pratique pour jouer au quotidien. Enfin, et c’est une nouveauté, il est désormais possible de l’emmener sur son iPad sous la forme d’une application.
Par ailleurs, Genome 2 se décline en trois principales versions :
- Genome Intro : c’est un peu la vitrine du plugin étant donné sa gratuité. Toutefois, il est déjà possible d’y faire pas mal de choses.
- Genome – proposé aux alentours de 130 euros : il s’agit de la version standard, qui embarque 24 amplificateurs dits « TSM/TSM-Ai » (la technologie développée par la marque pour reproduire le son d’amplificateurs réels), 49 pédales d’effet, 16 effets de studio ainsi que 16 enceintes virtuelles dynamiques (la spécialité historique de la marque, ne l’oublions pas).
- Genome Suite – proposé aux alentours de 300 euros : c’est la version la plus complète. On y trouve naturellement davantage d’amplificateurs, de pédales, d’effets de studio et d’enceintes virtuelles.
On peut déjà noter un point qui fâche un peu : même avec l’achat de Genome Suite, il faudra repasser par la caisse pour se procurer la version destinée à iOS. Et l’inverse est également vrai.
Sur le plan technique, l’installation sur une machine sous Windows 11 de la version Suite réclame un peu plus de 530 Mo. Le chargement du plugin est rapide et l’interface utilisateur fluide. Par ailleurs, la latence initiale reportée par Cubase Pro 15 pour une instance du plugin est de 0,2 ms. C’est plus que négligeable, mais cette valeur n’est pas constante. En effet, certains paramètres peuvent influer dessus. Par exemple, et c’est une nouveauté, on dispose désormais d’un indispensable outil de transposition. Lorsqu’il est activé, il ajoute une dizaine de millisecondes de latence supplémentaires. Si cela peut s’entendre d’un point de vue purement technique, j’ai par curiosité regardé si ce phénomène était également présent chez une célèbre marque finlandaise qui a pignon sur rue dans le domaine de la simulation. Verdict : non. Activé ou non, l’outil de transposition ne change rien à la latence.
Parmi les autres nouveautés flagrantes, on retrouve évidemment de nouveaux amplificateurs TSM-Ai : Eldorado 100, Tanger Rock, Gemini ’64, Foxy 30, FlatBack MKV, FlatBack Dual et Peggy ’76. Bien entendu, derrière ces noms d’emprunt se cachent des simulations de véritables amplificateurs qu’il est très facile de reconnaître grâce aux visuels concoctés par Two Notes. J’ajouterais que ces derniers sont très « photoréalistes ». Ça ne change pas le son, mais c’est agréable à l’œil et, comme toujours, quand un plugin est joli, on a l’impression qu’il sonne mieux.
PARADEX et Capture Studio : cloner son propre ampli

Toutefois, il y a une nuance importante quant au fonctionnement d’AmpNet. En effet, Capture Studio permettait déjà de réaliser des captures d’amplificateurs au format NAM, destinées au module « CODEX ». Le principe était alors celui d’une capture « statique » : on reproduisait le comportement d’un ampli dans une configuration bien précise, avec un gain, une égalisation et un volume donnés. Si l’on voulait retrouver un autre réglage fidèle, il fallait tout simplement réaliser une nouvelle capture.
Avec AmpNet, l’idée est différente. Cette fois, il ne s’agit plus de capturer un ampli dans un état figé, mais de couvrir une plage de réglages. Lors de la création du profil, plusieurs commandes de l’amplificateur peuvent être prises en compte afin que leurs variations soient reproduites une fois la capture terminée. Sur le papier, on se rapproche donc davantage du comportement d’un véritable amplificateur.
MIXFIT : sculpter le son sans égaliseur classique
Une autre nouveauté fait son apparition : il s’agit du module « MIXFIT ». Le principe est de proposer un condensé de réglages simples à appréhender permettant de sculpter le son. C’est bien plus complet et facile à utiliser qu’un simple égaliseur global, comme on en trouve habituellement sur les multi-effets. J’ai trouvé cet ajout excellent et particulièrement bien pensé pour qui souhaite aller à l’essentiel ou simplement affiner une balance tonale sans prendre le risque de « casser » un préréglage.
En parlant de préréglages, il y a plusieurs choses à savoir :
- Dans un RIG, il est possible de disposer de deux lignes de 12 modules. Avec 24 modules au total, on devrait donc pouvoir obtenir à peu près n’importe quelle texture sonore.
- La bibliothèque de préréglages (RIG) a été retravaillée et je la trouve plus agréable à utiliser. Les différentes références d’amplificateurs sont bien classées et peuvent sans problème servir de point de départ pour élaborer une chaîne de traitement plus complexe.
Par ailleurs, l’interface est toujours aussi soignée, avec des visuels très réussis. Elle a le mérite d’être réactive et redimensionnable. On y trouve d’ailleurs un mode d’affichage « Compact », bien pratique.
L’interface permet également d’accéder à deux sections : l’une dédiée au MIDI, l’autre à la gestion des automatisations. Aucune mauvaise surprise ici non plus, les deux sections sont claires et faciles à prendre en main.
Le son de Genome 2 : rendu des amplis et des effets
Je vous propose, pour commencer, d’écouter quelques extraits de sons clairs et crunch basés sur les nouveaux amplificateurs introduits dans cette version :

- 1 – Calibro 59 Norm + Spring 63 + Blossom Verb00:36
- 2 – Calibro 59 Bri + Tetraverb + Dupe Dly Pro00:37
- 3 – Hemini 64 + Red cmp + Saber bst + Grace Rev + Stu Rev00:36
- 4 – Foxy 30 Ch3 + Ele Vib + Planet Rev00:29
- 5 – Tanger Rock Gain4 + Stu Reverb00:20
Genome, dans sa version initiale, nous avait déjà fait une excellente impression, et cela se confirme une nouvelle fois ici. Le rendu des amplificateurs m’a semblé particulièrement bien maîtrisé, et c’était d’autant plus flagrant qu’avant même de toucher aux réglages, on dispose déjà d’une base musicalement convaincante.

De plus, si la première version du plugin proposait un catalogue d’effets relativement peu fourni, force est de constater que les équipes de Two Notes ont rattrapé leur retard sur cet aspect. On trouve aujourd’hui des effets qui couvrent probablement tous les usages courants, mais pas seulement. Par exemple, j’ai apprécié la sélection de réverbes : on y découvre quelques références qui permettent de créer des textures sonores originales sans trop se casser la tête.
Je vous propose maintenant d’écouter quelques amplificateurs plus velus :

- 6 – Tanger Rock Gain 7 – PAMP + LEAD + Rev Interne00:23
- 7 – Flatback MKV + Stu Dly + Stu Rev00:25
- 8 – Flatback Dual + Green Meanie en mode Boost – Transpo –200:19
- 9 – PVH50 Gain 4 + Green Meanie en boost + Twin Tracker – Transpo – 200:19
- 10 – Eldorado 100 + Green Meanie + Dly PP + Blossom Verb00:17
Là encore, Genome s’en sort plutôt bien. Le grain des amplificateurs est globalement bien reproduit, mais c’est surtout sur les sensations de jeu que j’ai le plus apprécié le plugin. Ce n’est jamais surproduit ou surcompressé ; il y a au contraire un côté un peu brut que j’aurais tendance à classer dans la catégorie des qualités, car cela participe à préserver le caractère de l’instrument utilisé.

Quoi qu’il en soit, voici deux captures chargées dans PARADEX :

- 11 – PARADEX Fried R-50 + Studio Dly et Rev00:19
- 12 – PARADEX Brit1959 Ch1 + Stu Rev00:17





