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7 conseils pour améliorer le son des retours en live - Les retours du Jedi !

Rédigé par un humain

Pour les artistes comme pour les ingénieur·es du son, la qualité du signal émis par les enceintes de retour est un élément à ne pas négliger, qui sera absolument déterminant pour la bonne tenue d'un concert. Voici donc sept conseils pour vous aider à y voir (et entendre) plus clair. C’est parti !

7 conseils pour améliorer le son des retours en live : Les retours du Jedi !

Pour­quoi soigner les retours de scène ?

Comme vous le savez déjà toutes et tous, des retours mal équi­li­brés dégradent direc­te­ment le plai­sir de jouer des musi­cien·nes et influencent de manière assez drama­tique le succès, ou l’échec, d’une pres­ta­tion. En revanche, un système de retour parfai­te­ment cali­bré appor­tera son lot d’avan­tages très impor­tants à l’en­semble de l’équipe : un plai­sir de jeu amélioré, une meilleure qualité d’in­for­ma­tion trans­mise par le groupe à l’in­gé­nieur façade, un risque de larsen quasi nul, etc.

Or, réus­sir à accom­plir cette tâche avec brio est un exer­cice rela­ti­ve­ment complexe, car, contrai­re­ment à l’in­gé­nieur·e façade qui, après tout, ne doit s’oc­cu­per que d’un seul et unique mixage stéréo, l’in­gé­nieur·e retour doit en produire à peu près autant qu’il y a de musi­cien·nes sur scène. Sans parler de l’in­tran­si­geance des artistes, qui ne peuvent pas se permettre de mal s’en­tendre lors­qu’ils déploient leurs talents devant une salle comble. Néan­moins, au final, peu importe que le mixage des retours soit assuré depuis la console en façade ou depuis une console dépor­tée : l’es­sen­tiel est de garder le contrôle. Voici donc sept conseils pour vous aider à livrer une pres­ta­tion maîtri­sée.

Préve­nir le larsen : égali­ser chaque retour à la balance

En tant qu’in­gé­nieur·e respon­sable des retours, vous devrez avant tout assu­rer la sécu­rité audi­tive des musi­cien·nes : éviter le larsen sera donc votre prio­rité abso­lue. Ainsi, un moyen simple et effi­cace de garder la main en perma­nence consis­tera à utili­ser un DCA / VCA qui regrou­pera l’en­semble des signaux envoyés aux artistes. En pratique, il vous suffira simple­ment d’as­si­gner tous les départs auxi­liaires concer­nés à un seul et même DCA, que vous pour­rez régler à la volée grâce au curseur linéaire dédié. De cette manière, en cas de larsen imprévu, vous pour­rez tirer le curseur de ce DCA de quelques dB vers le bas pour sauver les appa­rences, puis vous atte­ler à recher­cher tran­quille­ment la cause du problème sans nuire au bon dérou­le­ment du concert.

SONO MUTE

En revanche, si la console du jour ne dispose pas d’un système de DCA / VCA assez complet, vous pour­rez toujours faire le choix de confi­gu­rer un groupe de sour­dines qui coupera instan­ta­né­ment tous les retours en cas de larsen intem­pes­tif. Cette solu­tion est loin d’être idéale, surtout pour les artistes, mais mieux vaut quelques secondes sans retour plutôt qu’une lésion audi­tive irré­pa­rable qui pour­rait mettre fin à leur carrière.

Mieux vaut préve­nir que guérir

Pour opti­mi­ser le volume perçu par chaque artiste tout en mini­mi­sant le risque de larsen, l’in­gé­nieur·e expé­ri­men­té·e devra en prio­rité s’at­ta­quer à l’éga­li­sa­tion de chaque canal de retour lors de la balance. Pour y parve­nir, votre objec­tif sera donc d’at­té­nuer les fréquences sensibles, en fonc­tion de chaque mixage indi­vi­duel envoyé aux artistes.

SONO ANALYSEUR

Ici, un analy­seur en temps réel se révè­lera être un outil effi­cace pour repé­rer les fréquences problé­ma­tiques. Si vous êtes seul·e pour le réglage, il vous suffira de  parler dans le micro concerné, puis de monter le niveau jusqu’à ce que le premier larsen s’amorce. En théo­rie, votre analy­seur vous permet­tra de visua­li­ser la plage de fréquences d’ac­cro­chage la plus problé­ma­tique, que vous n’au­rez plus qu’à atté­nuer via l’éga­li­seur. Ici, nous vous conseillons de privi­lé­gier l’uti­li­sa­tion d’un égali­seur para­mé­trique complet, qui pourra trai­ter le problème avec beau­coup plus de préci­sion qu’un équi­valent graphique. Mais ne vous inquié­tez pas, dans la plupart des cas, quelques correc­tions légères seront ample­ment suffi­santes, même si l’ar­bi­trage entre qualité sonore et volume perçu devra toujours dépendre du programme musi­cal du jour.

Le mode post-fader, votre nouvel allié

Lorsque le mixage des retours est réalisé depuis la façade, il passe géné­ra­le­ment par des départs auxi­liaires cali­brés en mode pré-fader. Or, si des canaux sont encore libres sur la console, il pourra être judi­cieux de dupli­quer les signaux les plus impor­tants (par exemple : le chant lead et le groupe batte­rie) sur un ou plusieurs canaux secon­daires, cali­brés en mode post-fader, que vous pour­rez utili­ser comme départs dédiés vers les retours. Ici, les avan­tages sont évidents : une égali­sa­tion indé­pen­dante pour les retours concer­nés, et des curseurs linéaires dédiés qui vous offri­ront la possi­bi­lité de réagir rapi­de­ment et préci­sé­ment aux demandes des musi­cien·nes, sans jamais toucher à l’in­té­grité de votre mixage façade.

Notons égale­ment qu’avec une console de retour sépa­rée, il vaudra aussi la peine d’en­vi­sa­ger de gérer les signaux en mode post-fader. En parti­cu­lier pendant les festi­vals, où tout va très (trop) vite, et où il n’est pas rare que les artistes veuillent entendre certains signaux plus fort ou moins fort après le premier morceau. Ainsi, plutôt que de modi­fier péni­ble­ment chaque départ l’un après l’autre, vous pour­rez répondre à leur demande de manière quasi instan­ta­née en mani­pu­lant la poignée de curseurs prévus à cet effet.

Choi­sir les enceintes de retour adéquates

Alors, certes, pour les salles indé­pen­dantes qui ne disposent pas d’un budget infini, choi­sir des enceintes multi­fonc­tions qui peuvent à la fois être utili­sées en façade, en rappel et en retour, est un choix tout à fait compré­hen­sible. Néan­moins, malgré la présence de présets de voicing de plus en plus perfor­mants, ce type de déci­sion tech­nique reste un compro­mis.

SONO GROUPE A

Et pour cause, les enceintes wedge dédiées sont de plus en plus appré­ciées et offrent à la fois un rendu sonore opti­mal et un rayon­ne­ment très homo­gène, avec une direc­ti­vité ciblée parfai­te­ment déli­mi­tée dans l’es­pace. Ces atouts faci­li­te­ront la vie des ingé­nieur·es live, en parti­cu­lier si plusieurs enceintes stric­te­ment iden­tiques sont dispo­sées sur scène (même fabri­cant, même modèle), ce qui permet­tra à tous·tes d’écou­ter chaque mixage avec un rendu audio compa­rable.

La stéréo, c’est le nouveau mono

Même les consoles numé­riques d’en­trée de gamme offrent désor­mais de nombreuses sorties pour les signaux de retour. C’est pour­quoi, de nos jours, il est de plus en plus facile de propo­ser des mixages indi­vi­duels en vraie stéréo. De plus, la démo­cra­ti­sa­tion des systèmes intra-auri­cu­laires permet, elle aussi, d’of­frir beau­coup plus de liber­tés aux ingé­nieur·es et aux artistes.

L’in­té­rêt de mixer les retours indi­vi­duels en stéréo est d’of­frir à l’in­gé­nieur·e la possi­bi­lité de placer, avec élégance, les signaux les moins impor­tants dans le champ pano­ra­mique, et donc de libé­rer de la place pour la voix ou l’ins­tru­ment du·de la musi­cien·ne, tout en lui four­nis­sant une repré­sen­ta­tion complète et sans aucun compro­mis de ce qu’il se passe sur scène.

Lever le pied sur les effets

Contrai­re­ment à son homo­logue qui offi­cie en façade, l’in­gé­nieur·e retour devrait toujours rester sobre sur son utili­sa­tion des trai­te­ments dyna­miques (compres­seur / limi­teur, expan­deur / gate) et des effets tempo­rels. Si, dans les mixages intra-auri­cu­laires, l’en­ri­chis­se­ment du signal par du délai et de la réverbe ne pose pas de problème, au contraire, un taux de compres­sion trop élevé ou un noise gate trop strict peuvent vite se révé­ler contre-produc­tifs (en parti­cu­lier pour les chan­teur·euses). Et pour cause, une compres­sion trop appuyée risque­rait à la fois de faire perdre ses repères à l’ar­tiste, en l’em­pê­chant de perce­voir correc­te­ment les nuances qu’il·elle exprime, mais aussi d’ac­cen­tuer le moindre départ de larsen de manière assez violente. Ainsi, veillez à préser­ver le maxi­mum de dyna­mique possible, tout en conti­nuant de pour­suivre votre objec­tif de maîtrise totale du signal.

SONO GROUPE B

Enfin, il en va de même pour un recours trop appuyé aux effets tempo­rels, qui ont souvent tendance à noyer l’in­tel­li­gi­bi­lité des mixages indi­vi­duels. En cas de surdose, le rendu perd en trans­pa­rence et s’im­pose moins bien aux oreilles des musi­cien·nes. Notons aussi que, lorsque des effets sont envoyés sur des wedges posées au sol, ils devront systé­ma­ti­que­ment être mutés après chaque morceau, afin d’évi­ter de se retrou­ver avec un phéno­mène de repisse invo­lon­taire dans le mixage façade lors des pauses ou des annonces.

Commu­ni­quer avec les musi­cien·nes pendant le concert

Ce dernier conseil peut paraître banal, mais il n’en est rien. Les tech­ni­cien·nes respon­sables des retours ont besoin de main­te­nir un contact continu avec leur clien­tèle (les musi­cien·nes), tout au long du show. Quels signaux sont néces­saires ou contin­gents dans chaque mix indi­vi­duel, est-ce que la balance des niveaux doit être mise à jour entre diffé­rents morceaux ? Etc.

C’est pour­quoi il vaut mieux bien faire le ménage en amont dans chaque mixage de retour : réduire les effets à l’es­sen­tiel, allé­ger l’in­ten­sité des signaux les moins perti­nents, placer des filtres de sécu­rité coupe-bas et coupe-haut un peu partout, le tout en concer­ta­tion directe avec chaque artiste. Pour termi­ner, un petit code gestuel à défi­nir en amont de la pres­ta­tion pourra aussi se révé­ler utile pour répondre aux besoins les plus courants (moins de batte­rie, plus de basse, problème tech­nique, etc.), afin d’évi­ter que les musi­cien·nes soient contraint·es de commu­ni­quer avec l’in­gé­nieur·e retour direc­te­ment à travers un micro et d’en faire profi­ter le public entier.

La suite au prochain épisode !

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