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Pédago
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Du club à la grande salle : réussir ses premiers mixages façade en concert - Les petits plats dans les grands !

Rédigé par un humain

Plus les salles sont grandes, plus les défis techniques et sonores pour l’ingénieur·e du son façade sont importants. Et malgré l’expérience qui s’accumule, on se retrouve un peu en terre inconnue à chaque prestation, surtout lorsque l’on assure la première partie d'une tête d'affiche renommée. Voici donc quelques conseils pour vous aider à obtenir un résultat impeccable, même dans des conditions difficiles. C’est parti !

Du club à la grande salle : réussir ses premiers mixages façade en concert : Les petits plats dans les grands !

Du petit club à la grande salle : ce qui change pour l’ingé son façade

Le groupe avec lequel vous travaillez vient de signer un contrat pour effec­tuer la première partie d’une tour­née ? Féli­ci­ta­tions ! C’est main­te­nant à vous de four­nir un mixage impec­cable à chaque date. Et même si d’un point de vue musi­cal, la situa­tion reste la même, car les membres du groupe pren­dront toujours leurs instru­ments et joue­ront comme d’ha­bi­tude (si ce n’est qu’il y aura plus d’es­pace et davan­tage de maté­riel qu’à l’ac­cou­tu­mée), pour vous en revanche, en tant qu’in­gé­nieur·e du son, la situa­tion chan­gera du tout au tout. Et il faut recon­naître qu’il n’est pas toujours aisé d’ef­fec­tuer la tran­si­tion entre une scène d’un petit club local et une grande salle ou un festi­val d’en­ver­gure.

Dans une salle de petite capa­cité, le mixage est presque toujours composé d’un mélange des sons  qui émanent de la scène et du système sono. Souvent, l’in­gé­nieur·e du son se contente d’étof­fer légè­re­ment le son natu­rel du groupe : la caisse claire et les cymbales sont déjà si fortes qu’il est inutile de les diffu­ser via la sono, de même pour l’am­pli Marshall avec le gain poussé à onze du guita­riste soliste, etc. Cepen­dant, dans une grande salle, la situa­tion est complè­te­ment diffé­rente : quasi­ment personne n’en­tend plus rien venant de la scène, et on se retrouve avec une liberté de mixage totale, à la fois grisante et inti­mi­dante.

Adap­ter son mixage au système sono du jour

Alors certes, même si de nos jours, il est de plus en plus facile d’ef­fec­tuer une balance virtuelle complète de chez soi, n’ou­blions pas que les systèmes de diffu­sion rencon­trés lors d’une tour­née peuvent forte­ment varier d’une date à l’autre. Et pour cause, les confi­gu­ra­tions de sono­ri­sa­tion profes­sion­nelles pensées pour le touring sont géné­ra­le­ment dimen­sion­nées en fonc­tion de la plus grande salle qui sera visi­tée au fil des étapes. Ainsi, la puis­sance et le rendu global ne seront pas toujours les mêmes, et ce, malgré toute la bonne volonté que vous mettrez dans la créa­tion de votre template favori.

Prenons l’exemple des basses fréquences : un système de repro­duc­tion ultra complet et très perfor­mant dans le grave, composé de multiples cais­sons de basses cardioïdes dernier cri, ne signi­fie pas qu’il faudra abso­lu­ment tous les utili­ser (dommage). Ainsi, même si l’amour du public pour le registre grave n’est plus à prou­ver, il est impor­tant de se rappe­ler qu’une surre­pré­sen­ta­tion des basses n’est presque jamais indis­pen­sable. Et pour cause, de plus en plus souvent, il y a tout simple­ment trop de basses dans les mixages actuels. Or, lorsque l’on ne possède pas une connais­sance détaillée du système de sono­ri­sa­tion du jour, il est encore plus facile de tomber dans le piège de la suram­pli­fi­ca­tion des graves. Donc, même si cela peut paraître basique, n’hé­si­tez pas à acti­ver un filtre coupe-bas sur la grosse caisse ou la basse élec­trique pour lui donner plus de défi­ni­tion et renfor­cer son intel­li­gi­bi­lité, afin de préve­nir le risque de vous retrou­ver avec un rendu sonore global un peu brouillon ou de tomber dans le piège suivant.

Garder une marge au sono­mètre dès la balance

MIX 4

Lorsque, faute de clarté, un mixage sonne mal, nous sommes souvent soumis à la tenta­tion de forcer le trait en augmen­tant le volume. Mais, malheu­reu­se­ment pour nous, cette méthode est rare­ment effi­cace. En règle géné­rale, dans une grande salle, c’est même plutôt l’in­verse qui se produit : le son devient encore plus brouillé à cause de la multi­pli­ca­tion des réflexions et du compor­te­ment erra­tique de certaines longueurs d’onde.

Ainsi, pour les concerts d’en­ver­gure, il est toujours utile de placer un sono­mètre bien visible sur la console de mixage et de prévoir une marge de sécu­rité suffi­sante dès le début de la pres­ta­tion (c’est-à-dire pendant la balance). Car, si la grosse caisse est déjà envoyée à la sono à –18 dBFS (0 dB analo­gique), il n’est pas éton­nant qu’il ne vous reste plus aucune marge de manœuvre pour la voix lead ou d’autres instru­ments solistes.

DCA et sous-groupes : struc­tu­rer son mix façade

Préré­gler les DCA par famille d’ins­tru­ments

C’est pour­quoi nous vous conseillons de faire bon usage des DCA de votre console. En pratique, il suffit d’at­tri­buer des groupes de pistes clai­re­ment iden­ti­fiés aux DCA (par exemple : batte­rie, chœurs, chant prin­ci­pal, etc.), puis de préré­gler chacun d’entre eux en consé­quence. Le DCA dédié à la batte­rie à –6 dB, celui des chœurs à –3 dB et celui du chant prin­ci­pal à 0 dB. Ainsi, avec cette approche, vous ne devriez avoir aucun problème pour que le chant soit bien audible au sein du mixage, pour le plus grand plai­sir du public.

Compres­ser deux sous-groupes stéréo

Pour celles et ceux qui souhaitent obte­nir un contrôle encore plus précis, en plus des DCA, créez deux sous-groupes stéréo. Le sous-groupe 1 réunira tous les signaux instru­men­taux du groupe, tandis que le sous-groupe 2 sera réservé aux voix. Sur chaque sous-groupe, acti­vez un compres­seur de bus qui servira à atté­nuer les crêtes d’en­vi­ron 2 ou 3 dB, afin de créer une compres­sion natu­relle tout en évitant que le master ne tape trop fort. En bonus, si le groupe se lâche un peu trop à certains moments, le compres­seur du sous-groupe 1 les ramè­nera assez rapi­de­ment à la réalité, sans que vous n’ayez besoin d’in­ter­ve­nir.

Faire ressor­tir le chant avec un side­chain

En paral­lèle, les voix pour­ront être ache­mi­nées vers le bus master, indé­pen­dam­ment des instru­ments, et leur dyna­mique ne sera pas entra­vée et limi­tée par ces derniers (alors que c’est sans doute très exac­te­ment ce qui se produi­rait si vous insé­riez simple­ment un compres­seur sur le bus master). De plus, pour un groupe où la section chant est primor­diale (c’est-à-dire dans 90% des cas), il sera aussi possible de déclen­cher le compres­seur du sous-groupe instru­men­tal, via la sortie du chant prin­ci­pal grâce à un bon vieux Side­chain. Dès que le chant reten­tira, le compres­seur réduira légè­re­ment le niveau des instru­ments de 1 ou 2 dB, au grand maxi­mum. Atten­tion toute­fois à ne pas pous­ser la réduc­tion de gain trop loin non plus, sous peine de vous retrou­ver avec un effet Talko­ver façon manège de fête foraine.

Ne pas sauter l’étape de véri­fi­ca­tion des lignes

MIX 1

Enfin, l’autre diffé­rence majeure entre un petit concert et un show de grande capa­cité réside dans le fait que, dans une arène, il est impos­sible de simple­ment aller de la régie à la scène pour véri­fier une ligne ou un micro en cas de problème. De plus, en tant qu’in­gé­nieur·e du groupe en première partie, vous n’au­rez proba­ble­ment pas le luxe de comp­ter sur un·e tech­ni­cien·ne back­line dispo­nible pour répondre à vos appels de phares depuis la régie.

Il sera donc indis­pen­sable de toujours effec­tuer une étape de véri­fi­ca­tion des lignes avant le concert, car rien n’est plus embar­ras­sant que de devoir monter sur scène en plein milieu d’un morceau pour rempla­cer un câble, une boîte de direct ou un micro­phone. D’ailleurs, n’hé­si­tez pas à consul­ter notre article dédié à la véri­fi­ca­tion des lignes.

Prépa­rer les micros et leurs acces­soires

Lors de festi­vals ou de premières parties, il est essen­tiel que les ingé­nieur·es du son assurent un bon posi­tion­ne­ment des micro­phones et de leurs acces­soires (pieds, pinces, etc.) avant de peau­fi­ner l’étape du câblage. Ainsi, pensez toujours à véri­fier que tous les pieds sont correc­te­ment posi­tion­nés et soli­de­ment fixés, surtout si le maté­riel de scène est installé sur un support mobile. En effet, il n’est pas rare qu’un pied ou qu’un micro bouge pendant certains dépla­ce­ments, notam­ment lors des chan­ge­ments de setup sur scène, qui plus est lorsque le modèle utilisé est un micro dyna­mique plutôt lourd.

Prendre soin de sa santé et de son audi­tion en tour­née

Enfin, pensez aussi à votre santé et à celle de votre groupe : les tour­nées sont toujours éprou­vantes physi­que­ment, surtout lorsque les infec­tions et les rhumes circulent dans le bus. On n’y peut pas grand-chose, mais, comme dit l’adage : mieux vaut préve­nir que guérir. Ainsi, si vous n’uti­li­sez pas vos propres micro­phones, pensez à rapi­de­ment désin­fec­ter les grilles des modèles four­nis avant la balance. Cela peut paraître un peu contrai­gnant, mais n’ou­blions pas qu’un rhume peut rapi­de­ment affec­ter l’au­di­tion.

Donc, si vous tombez malade et que vous ne pouvez pas ou ne souhai­tez pas être rempla­cé·e, vous devriez au moins penser à véri­fier le sono­mètre un peu plus souvent et garder à l’es­prit que votre percep­tion n’est pas au top de ses capa­ci­tés (le son paraît étouffé et loin­tain dans la plupart des cas). Ainsi, même si notre cerveau parvient à compen­ser ce phéno­mène dans une certaine mesure, prenez garde à ne pas pous­ser le niveau de sortie trop fort ou à surcom­pen­ser les fréquences médiums.

MIX2

La suite au prochain épisode !

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    Coramel

    Coramel

    8226
    8226 posts au compteur
    Administrateur·trice du site
    Membre depuis 23 ans
    Commentaires sur le dossier : Du club à la grande salle : réussir ses premiers mixages façade en concert
    Bravo pour cet article ! C’est clair, pédagogique et très concret. Plein de conseils pratiques qui vont au-delà du simple mixage. Vivement la suite.

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    • J’adore
    1 réaction
    • Mix Jagger
    kosmix

    kosmix

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    AF, je suis ton père
    Membre depuis 21 ans
    Citation :
    prenez garde à ne pas pous­ser le niveau de sortie trop fort ou à surcom­pen­ser les fréquences médiums.


    Voilà un conseil qui devrait s'appliquer systématiquement et dans tous les contextes.

    Putain Walter mais qu'est-ce que le Vietnam vient foutre là-dedans ?

    • J’adore
    1 réaction
    • Mix Jagger
    Beatless

    Beatless

    14972
    14972 posts au compteur
    Drogué·e à l’AFéine
    Membre depuis 22 ans
    Merci pour cet article.

    Citation :
    un système de reproduction ultra complet et très performant dans le grave, composé de multiples caissons de basses cardioïdes dernier cri, ne signifie pas qu’il faudra absolument tous les utiliser (dommage).

    Malheureusement beaucoup trop de sondiers abusent des basses; l'air de dire "tu vois comme ma sono envoie du pâté !". Ils doivent avoir des problèmes aux oreilles ceux-là, et certains devraient vraiment changer de métier (ou de hobby...).

    S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

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    1 réaction
    • Mix Jagger

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