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Histoire du Minimoog - Ce petit clavier est devenu la matrice du synthétiseur moderne

Rédigé par un humain

À la fin des années 1960, les synthétiseurs Moog sont encore de grands systèmes modulaires. En quelques mois, quatre prototypes vont donner naissance à un petit clavier capable de tenir sur une scène. Retour sur la naissance du Minimoog, du premier bricolage au Model D.

Histoire du Minimoog : Ce petit clavier est devenu la matrice du synthétiseur moderne

Des théré­mines aux premiers modu­laires : Bob Moog avant le Mini­moog

Pour comprendre pourquoi le Mini­moog est devenu si impor­tant, il faut reve­nir quelques années en arrière. Au début des années 1960, Bob Moog n’a abso­lu­ment pas en tête le synthé­ti­seur qui devien­dra célèbre sous son nom. Son acti­vité est surtout consa­crée aux théré­mines.

Robert MoogNé en 1934 à New York, Bob Moog s’in­té­resse très tôt à l’élec­tro­nique. Son père, George Moog, est ingé­nieur élec­tri­cien chez Con Edison et lui apprend les bases de l’élec­tro­nique dès son enfance. À 14 ans, Bob commence à construire des théré­mines. En 1953, il en fabrique un avec son père et, l’an­née suivante, publie un article consa­cré à l’ins­tru­ment dans Radio and Tele­vi­sion News. Le théré­mine a une parti­cu­la­rité qui inté­resse Moog : le ou la musi­cien·ne ne commande pas direc­te­ment une source sonore méca­nique. Les mouve­ments de ses mains sont trans­for­més en varia­tions élec­triques. Moog commence alors à réflé­chir à la manière dont on pour­rait contrô­ler plus préci­sé­ment les diffé­rentes parties d’un son élec­tro­nique.

La société qu’il créé prend offi­ciel­le­ment le nom de R. A. Moog en 1954. La rencontre avec Herb Deutsch va accé­lé­rer les choses. Les deux hommes se rencontrent en novembre 1963 lors d’une conven­tion de la New York State School Music Asso­cia­tion. Deutsch est compo­si­teur de musique expé­ri­men­tale et enseigne à Hofstra Univer­sity. Il s’in­té­resse aussi aux possi­bi­li­tés de l’élec­tro­nique, et il cherche un instru­ment qui lui permette de produire et de contrô­ler les sons de manière plus directe. Ils commencent à travailler ensemble en 1964. Pendant l’été, Deutsch passe trois semaines chez Moog, à Trumans­burg, dans l’État de New York. Le proto­type qu’ils mettent au point est large­ment construit à partir des besoins expri­més par le compo­si­teur. Moog et Deutsch s’ins­pirent de travaux menés aupa­ra­vant sur le contrôle élec­tro­nique des instru­ments, dont ceux de Hugh Le Caine et Raymond Scott. Ils cherchent à aller plus loin en utili­sant des tensions élec­triques pour comman­der un oscil­la­teur, puis pour agir sur le filtre et l’am­pli­fi­ca­teur.

C’est à cette période que prennent forme les éléments qui devien­dront les briques de la synthèse sous­trac­tive telle qu’on la connaît : oscil­la­teurs comman­dés en tension, ampli­fi­ca­teurs comman­dés en tension, filtres comman­dés en tension et géné­ra­teurs d’en­ve­loppe.

Le proto­type est présenté à l’Au­dio Engi­nee­ring Society à l’au­tomne 1964 (il sera ensuite envoyé à Herb Deutsch, qui le conser­vera pendant des années avant d’en faire don au Henry Ford Museum en 1982). Moog pour­suit alors le déve­lop­pe­ment de ces circuits sous la forme de modules indé­pen­dants. Plutôt que de construire un instru­ment dont l’ar­chi­tec­ture est figée, la logique est modu­laire. On peut dispo­ser sépa­ré­ment d’un oscil­la­teur, d’un filtre, d’un ampli­fi­ca­teur, d’un géné­ra­teur d’en­ve­loppe ou d’un séquen­ceur, puis les relier comme on le souhaite. Cette souplesse est ce qui fait l’in­té­rêt du système., mais elle en fait aussi un instru­ment encom­brant et diffi­cile à appré­hen­der pour quelqu’un qui souhaite simple­ment jouer du synthé­ti­seur.

En 1967, l’en­tre­prise présente les Synthe­si­zer I, II et III. Le mot « synthe­si­zer » commence alors à être utilisé par Moog pour dési­gner ces systèmes. La même année paraît le disque de démons­tra­tion Moog 900 Series Elec­tro­nic Music Systems, conçu par Bob Moog et réalisé avec Wendy Carlos.

Swit­ched-On Bach change la donne

Switch on BachEn 1968, Wendy Carlos sort Swit­ched-On Bach. L’al­bum est enre­gis­tré avec un système modu­laire Moog et rencontre un succès consi­dé­rable. Le public découvre qu’une machine jusque-là asso­ciée à la musique élec­tro­nique expé­ri­men­tale peut aussi servir à jouer des œuvres connues avec des sons entiè­re­ment nouveaux. L’im­pact sur la répu­ta­tion de Moog est immé­diat, et d’autres musi­cien·nes commencent à s’in­té­res­ser à ses instru­ments. Le Moog appa­raît dans des produc­tions pop et rock (je n’en cite­rai qu’un : Abbey Road), et des groupes commencent à vouloir l’uti­li­ser autre­ment que dans un studio. Le problème est que les grands systèmes modu­laires sont mal adap­tés à cet usage.

Un Synthe­si­zer III peut remplir une pièce. Il faut trans­por­ter les modules, le câblage et les éléments qui composent le système. Une fois installé, il faut encore relier les modules avant de pouvoir obte­nir le son voulu. Pour un studio ou une univer­sité, ce n’est pas forcé­ment un problème. Pour un·e musi­cien·ne qui doit dépla­cer son instru­ment d’une scène à l’autre, c’en est un sérieux. L’idée d’un synthé­ti­seur plus compact commence donc à circu­ler chez Moog. Mais le premier proto­type ne naît pas d’une commande offi­cielle de la direc­tion. Il naît des mains de Bill Hemsath.

Le Model A sort du « graveyard »

Moog Model ABill Hemsath est ingé­nieur chez Moog. À la fin de 1969, il décide de fabriquer, sur son temps libre, un petit instru­ment à partir de compo­sants qui ne sont plus utili­sés. Chez Moog, certains modules et circuits des systèmes précé­dents sont mis de côté dans une zone surnom­mée le « graveyard » (cime­tière). Hemsath y récu­père plusieurs éléments et entre­prend de les assem­bler dans un boîtier beau­coup plus petit. Son raison­ne­ment est assez simple : les modules du système 900 savent déjà produire et trans­for­mer le son. Rien n’oblige les musi­cien·nes à avoir physique­ment accès à toutes les connexions qui les relient. Si ces connexions sont réali­sées à l’in­té­rieur du boîtier, on peut suppri­mer une grande partie des câbles et obte­nir un instru­ment auto­nome.

Le premier proto­type, qui sera appelé plus tard Min A (ou Model A), rassemble cinq fonc­tions prin­ci­pales : deux oscil­la­teurs, un contrô­leur d’os­cil­la­teur, un filtre et un géné­ra­teur d’en­ve­loppe. Le tout est câblé en interne et asso­cié à un clavier de trois octaves. Hemsath raconte qu’il avait récu­péré un clavier plus grand et en avait réduit la longueur pour l’adap­ter au nouveau boîtier. Le premier instru­ment n’a rien d’un produit fini. Il ressemble à ce qu’il est : un assem­blage réalisé dans un atelier à partir de pièces dispo­nibles. Avec cet instru­ment bricolé, Hemsath montre pour­tant qu’un système qui néces­si­tait aupa­ra­vant toute une collec­tion de modules peut tenir dans un instru­ment trans­por­table.

Au début, Bob Moog n’est pas parti­cu­liè­re­ment enthou­siaste devant cette idée. Mais le proto­type n’avait pas été déve­loppé comme le début d’un nouveau produit. Hemsath voulait surtout voir ce qu’il était possible de faire en regrou­pant les éléments. Il s’avère qu’en suppri­mant les connexions acces­sibles à l’uti­li­sa­teur, on perd une partie de la liberté du modu­laire, mais on gagne un instru­ment qui peut être utilisé beau­coup plus rapi­de­ment et faci­le­ment. L’ex­pé­rience mérite d’être pour­sui­vie.

Le Model B et la mallette

Moog Model BLe Model B est déve­loppé en 1970 par Bill Hemsath avec Jim Scott et Chad Hunt. Mais cette fois, il ne s’agit plus seule­ment de récu­pé­rer quelques modules exis­tants. Les ingé­nieurs commencent à orga­ni­ser l’ins­tru­ment comme un vrai produit. Les circuits des systèmes modu­laires sont toujours là, mais ils sont placés derrière un panneau de commande inté­gré. Le Model B possède trois oscil­la­teurs, un géné­ra­teur de bruit, un filtre, une enve­loppe de filtre et une d’am­pli­tude et une section de réglage géné­ral. Mais une autre ques­tion appa­raît rapi­de­ment : s’il s’agit d’un instru­ment trans­por­table, comment le trans­por­ter ? Bob Moog souhaite que le synthé­ti­seur puisse être déplacé comme une mallette. Art Phelps fabrique donc un couvercle adapté, avec une poignée. Une fois fermé, le petit instru­ment peut être trans­porté faci­le­ment sans devoir démon­ter quoi que ce soit. Cette fois, c’est parti, le projet commence à inté­res­ser des musi­cien·nes.

Sun Ra avait décou­vert le système Moog par l’in­ter­mé­diaire de Gershon King­sley. Il visite l’usine de Trumans­burg à l’au­tomne 1969 et se montre très inté­ressé par les possi­bi­li­tés de ces nouvelles machines. Un Model B lui est ensuite confié pour être utilisé en situa­tion de concert. Dick Hyman utilise lui aussi un Model B le 5 août 1970 à l’East­man School of Music, lors d’un événe­ment orga­nisé avec Chuck Mangione. Ils font partie des premiers à l’es­sayer dans des condi­tions de jeu réelles. Leurs expé­riences vont contri­buer aux dernières modi­fi­ca­tions appor­tées au petit synthé­ti­seur.

Le Model C ne se contente plus de réduire le modu­laire

Moog Model CLe Model C, déve­loppé au milieu de 1970, consti­tue une nouvelle étape. Le travail est réparti entre plusieurs ingé­nieurs. Bill Hemsath travaille sur l’ali­men­ta­tion, Bob Moog et Hemsath sur les oscil­la­teurs, Chad Hunt sur la modu­la­tion, tandis que Jim Scott s’oc­cupe du filtre, de l’am­pli­fi­ca­teur et des géné­ra­teurs d’en­ve­loppe. Cette fois, Moog commence à conce­voir des circuits spéci­fique­ment adap­tés au petit instru­ment. Les proto­types sont construits sur des cartes de proto­ty­page, les fameuses vector boards. L’élec­tro­nique n’est donc plus simple­ment celle d’un grand modu­laire dépla­cée dans une petite boîte. Les circuits sont adap­tés aux contraintes du nouvel instru­ment.

Le panneau de commande évolue lui aussi. Bob Moog parti­cipe direc­te­ment à sa concep­tion. Le boîtier reçoit un panneau rabat­table. À gauche du clavier appa­raissent deux curseurs desti­nés au pitch et à la modu­la­tion. Deux boutons-pous­soirs permettent de comman­der le glide et le decay. On commence à retrou­ver la dispo­si­tion géné­rale que l’on connait aujour­d’hui, celle que l’on asso­cie au Mini­moog. Plusieurs Model C sont construits. Quatre sont aujour­d’hui docu­men­tés : l’un existe encore, un autre a été détruit dans un incen­die, un troi­sième a disparu, mais le dernier des Model C va ensuite connaître une desti­née parti­cu­lière. Le proto­type portant le numéro S/N III est modi­fié pour Chris Swan­sen, qui n’ap­pré­cie pas les curseurs de pitch et de modu­la­tion. Bob Moog lui ajoute un contrô­leur à ruban pour le pitch. Au prin­temps 1971, le même instru­ment est ensuite trans­formé en Model D : Bob remplace la partie supé­rieure arti­cu­lée du C par celle du D. La machine conserve toute­fois les curseurs du C, ce qui en fait un proto­type de tran­si­tion assez parti­cu­lier.

Un proto­type pour le Model D

Moog Model D ProtoAprès le Model C, un autre proto­type est construit presque immé­dia­te­ment après lui, toujours en 1970. Il reprend l’or­ga­ni­sa­tion géné­rale qui est désor­mais fixée, mais quelques modi­fi­ca­tions de la façade viennent encore préci­ser la dispo­si­tion des commandes et l’as­pect de l’ins­tru­ment. Cette version est dési­gnée comme le proto­type Model D et préfi­gure le modèle commer­cia­lisé.

Bob Moog expliquera plus tard que cette concep­tion ne repre­nait qu’une partie de ce qu’il aurait aimé conser­ver des systèmes modu­laires. Il cite plusieurs fonc­tions qui auraient pu trou­ver leur place dans le Mini­moog : le patching libre, la modu­la­tion de fréquence linéaire, la synchro­ni­sa­tion des oscil­la­teurs et une banque de filtres fixes. 

Le Model D, premier Mini­moog de série

Moog Minimoog RA MoogLe Model D appa­raît à la fin de 1970. Le prin­cipe géné­ral du Model C est conservé, mais l’ins­tru­ment est désor­mais préparé pour entrer en produc­tion. Les circuits passent des cartes de proto­ty­page aux circuits impri­més, dont le tracé peut être repro­duit à l’iden­tique pour chaque exem­plaire. Le panneau reçoit égale­ment quelques modi­fi­ca­tions. Le boîtier adopte les éléments en bois qui devien­dront carac­té­ris­tiques du Mini­moog commer­cial. L’in­ter­rup­teur de réfé­rence A440, jusque-là un bouton-pous­soir, devient un inter­rup­teur à bascule. Autre signe distinc­tif, les curseurs de modu­la­tion dispa­raissent. Bob Moog demande qu’ils soient rempla­cés par des roues. Bill Hemsath conçoit les roues et Don Pakkala, machi­niste chez Moog, les fabrique. Le premier Mini­moog de produc­tion porte le numéro de série 1001. Il est expé­dié à Walter Sear le 19 novembre 1970. Le Mini­moog existe donc déjà comme produit à la fin de cette année-là. Sa présen­ta­tion au Summer NAMM de Chicago, en juin 1971, lui donnera ensuite une visi­bi­lité beau­coup plus large auprès des reven­deurs et des musi­cien·nes.

Main­te­nant, il faut le vendre

Moog Minimoog 1En 1970, R. A. Moog est lour­de­ment endet­tée, à hauteur d’en­vi­ron 250 000 dollars. Pour­tant, cette année-là, Bob Moog reçoit le titre de Small Busi­ness­man of the Year. Fabriquer le Mini­moog ne règle pas les problèmes de l’en­tre­prise et la situa­tion finan­cière reste suffi­sam­ment préoc­cu­pante pour qu’il cherche un parte­naire capable de soute­nir l’en­tre­prise. Bill Waytena finit par rache­ter la société en 1971. L’ac­ti­vité quitte Trumans­burg pour William­sville. Bob Moog reste dans l’en­tre­prise, mais signe un accord de non-concur­rence. La société pren­dra ensuite le nom de Moog Music. Le Mini­moog doit aussi convaincre les maga­sins d’ins­tru­ments. À cette époque, pour beau­coup de reven­deurs, un synthé­ti­seur reste un produit diffi­cile à clas­ser et à vendre. Une curio­sité. Ce n’est ni un piano, ni un orgue, ni un maté­riel de studio tradi­tion­nel.

David Van Koeve­ring va jouer un rôle impor­tant dans sa commer­cia­li­sa­tion. Il comprend qu’il faut présen­ter le Mini­moog comme un instru­ment de musique, et pas comme un outil pour conce­voir de la musique expé­ri­men­tale. Ses démons­tra­tions contri­buent à faire comprendre ce que le petit clavier peut appor­ter aux musi­cien·nes. Le marché commence alors à se déve­lop­per. Le Mini­moog n’est plus seule­ment une manière de rendre le système modu­laire plus pratique. Il devient un instru­ment que l’on peut ache­ter, trans­por­ter et inté­grer à une instal­la­tion de scène. Ce pour quoi il a été conçu, fina­le­ment.

La produc­tion va se pour­suivre pendant plus d’une décen­nie. Moog Music déve­loppe entre-temps d’autres instru­ments et doit compo­ser avec un marché qui change rapi­de­ment. En 1973, Norlin acquiert Moog Music. Le déve­lop­pe­ment conti­nue avec de nouvelles machines, tandis que l’élec­tro­nique évolue. Les synthé­ti­seurs deviennent progres­si­ve­ment plus nombreux et plus spécia­li­sés. Bob Moog quitte fina­le­ment l’en­tre­prise en 1977 et il fonde Big Briar l’an­née suivante pour pour­suivre ses recherches sur les inter­faces et les instru­ments élec­tro­niques.

Le Mini­moog origi­nal, lui, reste produit jusqu’au début des années 1980. La produc­tion s’ar­rête en 1981, alors que le marché commence à bascu­ler vers de nouvelles géné­ra­tions d’ins­tru­ments. Le Mini­moog dispa­raît donc des cata­logues au moment même où son archi­tec­ture est deve­nue fami­lière. Avec plus de 12 000 instru­ments produits au total selon les archives de la Bob Moog Foun­da­tion, le Mini­moog est certes loin d’être le synthé­ti­seur le plus vendu de l’his­toire. Mais son influence est en revanche sans commune mesure avec ses chiffres de produc­tion. En réunis­sant dans un même instru­ment plusieurs oscil­la­teurs, un filtre, un ampli­fi­ca­teur, des géné­ra­teurs d’en­ve­loppe et un clavier de commande, il a fixé une archi­tec­ture qui conti­nue de servir de réfé­rence aujour­d’hui. Le Mini­moog n’a donc pas été le synthé­ti­seur le plus vendu, mais il est devenu l’une des prin­ci­pales matrices du synthé­ti­seur moderne.

Les évolu­tions du Model D : recon­naître les millé­simes

Moog Minimogg MusonicsLe Model D va lui-même évoluer au cours de ses onze années de produc­tion. D’abord, il y a les trois grandes variantes iden­ti­fiables par la plaque de marque : les premiers « R.A. Moog », les très rares « Moog muSo­nics », puis à partir de 1972, les « Moog Music ». Mais derrière cette évolu­tion de marque, il y a aussi une vraie évolu­tion élec­tro­nique, surtout au niveau des oscil­la­teurs.

Les premiers Model D, produits sous le nom R.A. Moog, utilisent une première géné­ra­tion de cartes d’os­cil­la­teurs assez instables ther­mique­ment, avec des oscil­la­teurs qui ont tendance à trop déri­ver et demandent beau­coup de temps pour rester accor­dés. Une nouvelle carte, utili­sant entre autres un réseau de tran­sis­tors CA3046 et des ampli­fi­ca­teurs opéra­tion­nels inté­grés, appa­raît ensuite et devient la version courante jusqu’au début de la série 10 000.

À partir du numéro de série 10175, une troi­sième géné­ra­tion d’os­cil­la­teurs est intro­duite. Elle répond direc­te­ment à l’un des défauts des premières machines en étant beau­coup plus stable. Les nouvelles cartes seront égale­ment montées sur certaines anciennes machines en rempla­ce­ment des premières.

Les roues de pitch bend et de modu­la­tion ont aussi changé plusieurs fois au cours de la produc­tion. Les premières machines utilisent des roues trans­pa­rentes, puis diffé­rentes versions blanches ou crème appa­raissent avant les roues striées que l’on asso­cie géné­ra­le­ment au Model D. Ce genre de détails permet de recon­naître certaines périodes de fabri­ca­tion.

L’ébé­nis­te­rie évolue elle aussi au cours de la produc­tion. Les premiers exem­plaires sont recon­nais­sables à leur caisse en noyer sombre, puis d’autres bois et fini­tions appa­raissent au fil des années.

Voya­ger, réédi­tions : le Mini­moog aujour­d’hui

Moog Minimoog 2Après l’ar­rêt de la produc­tion en 1981, le Mini­moog connaî­tra plusieurs tenta­tives de retour. La plus impor­tante est le Mini­moog Voya­ger, lancé en 2002 par Moog Music. Conçu par Bob Moog, il reprend l’ar­chi­tec­ture géné­rale du Mini­moog tout en lui ajou­tant de nombreuses fonc­tions modernes : mémo­ri­sa­tion des sons, MIDI, écran tactile, after­touch, vélo­cité et davan­tage de possi­bi­li­tés de modu­la­tion. Le Voya­ger restera en produc­tion jusqu’en 2015. Mais est-ce vrai­ment un Mini­moog ? Plutôt sa vision moderne.

Le Model D origi­nal, lui, revien­dra direc­te­ment sous la forme d’une réédi­tion en 2016, produite à Ashe­ville. Cette version reprend très large­ment le circuit audio du modèle histo­rique, tout en ajou­tant quelques fonc­tions, dont un LFO indé­pen­dant et des possi­bi­li­tés de contrôle par vélo­cité et after­touch. En 2022, Moog relance le Model D avec une nouvelle série qui apporte quelques modi­fi­ca­tions supplé­men­taires, dont un pitch bend à ressort et à retour auto­ma­tique et une implé­men­ta­tion MIDI amélio­rée.

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    Mix Jagger

    Mix Jagger

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    Administrateur·trice du site
    Membre depuis 1 an
    Commentaires sur le dossier : Histoire du Minimoog
    Je dégaine mes popcorns et je m'installe :aime:

    Merci Coramel pour tous ces articles passionnants, c'est toujours un régal :bravo::bravo::bravo:
    • J’adore
    1 réaction
    • Coramel
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    Je poste, donc je suis
    Membre depuis 5 ans
    Super article, merci pour ce moment. :bravo:

    Le Minimoog Model D, c'est LE classique parmi les classiques, il fait partie de mon top 5 des vintages historiques de tous les temps.

    "Arrêtez de poser des questions, achetez c'est tout, et vous serez content." JPB

    • J’adore
    1 réaction
    • Coramel

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