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Test de U-He Zebra 3 - La fabrique de mondes sonores

Rédigé par un humain
9/10

Plus de vingt ans après ses débuts, Zebra revient dans une version entièrement repensée. Plus moderne et doté d’un moteur sonore plus profond que jamais, Zebra 3 a la lourde tâche de prendre la suite d’un classique de la synthèse logicielle.

Test de U-He Zebra 3 : La fabrique de mondes sonores

Dans l’uni­vers de la synthèse logi­cielle, certains instru­ments traversent les années sans jamais perdre leur aura. Zebra fait incon­tes­ta­ble­ment partie de cette caté­go­rie. Déve­loppé par la société berli­noise U-He sous la direc­tion de Urs Heck­mann, Zebra a toujours occupé une place à part. Ni véri­ta­ble­ment modu­laire, ni tota­le­ment conven­tion­nel, il propo­sait dès le début une approche extrê­me­ment flexible de la synthèse et une iden­tité forte. La sortie de Zebra 2 en 2007 a large­ment contri­bué à sa renom­mée. Adopté par de nombreux compo­si­teurs pour le cinéma, les jeux vidéo ou la musique élec­tro­nique, il s’est rapi­de­ment forgé une répu­ta­tion de synthé­ti­seur capable de produire des textures complexes et évolu­tives. Son nom est d’ailleurs souvent asso­cié aux produc­tions de Hans Zimmer, même si la réalité est évidem­ment plus nuan­cée. Entre-temps, de nouveaux acteurs sont appa­rus sur le marché. Les utili­sa­teur­·i­ce·s ont décou­vert des synthés comme Serum, Pigments, Phase Plant et Falcon, propo­sant des inter­faces et des work­flows plus modernes.

L’at­tente fut longue. Très longue même. Annoncé depuis plusieurs années et attendu par une commu­nauté très fidèle, Zebra 3 arrive enfin avec la lourde respon­sa­bi­lité de succé­der à l’un des synthés logi­ciels les plus respec­tés du marché. U-He aurait pu faire comme beau­coup d’autres et simple­ment moder­ni­ser son instru­ment histo­rique, mais l’édi­teur a choisi une voie bien plus ambi­tieuse. Zebra 3 est une recons­truc­tion complète. Nouveau moteur audio, nouvelle inter­face, nouveaux oscil­la­teurs, nouvelles possi­bi­li­tés de modu­la­tion, pratique­ment tout a été refait.

Instal­la­tion, inter­face et ergo­no­mie

U-he Zebra 3 - ouvertureZebra 3 est un plug-in dispo­nible sur macOS, Windows et, comme toutes les produc­tions U-He, Linux, un point suffi­sam­ment rare pour être souli­gné. Il est proposé aux formats VST, VST3, AU, AAX et CLAP. L’ins­tal­la­tion ne présente aucune diffi­culté parti­cu­lière. Comme souvent chez u-he, la procé­dure d’ac­ti­va­tion reste simple et peu intru­sive. Aucun système complexe de protec­tion ou de gestion de licences contrai­gnant ne vient gâcher la fête. Zebra 3 s’ouvre sur une inter­face qui, si elle semble proche de celle de Zebra 2, a pour­tant été profon­dé­ment revue. La concep­tion modu­laire avec sa grille centrale est toujours présente, mais Zebra 3 affiche désor­mais une appa­rence beau­coup plus mini­ma­liste avec un système de groupes qui ne laisse appa­raître que les modules néces­saires. C’est une approche qui fonc­tionne bien et qui réduit la sensa­tion de surcharge visuelle qui pouvait rebu­ter certain·e·s utili­sa­teur­·i­ce­·s de Zebra 2. La sélec­tion des modules s’ef­fec­tue toujours dans la grille centrale, mais elle ne passe plus par un menu contex­tuel. Elle occupe désor­mais toute la partie droite de l’in­ter­face. Visuel­le­ment, c’est beau­coup plus élégant. Fidèle à sa philo­so­phie modu­laire, l’uti­li­sa­teur·ice ajoute unique­ment les modules dont il a besoin (oscil­la­teurs, filtres, enve­loppes, effets, modu­la­teurs…) et l’in­ter­face se construit ainsi progres­si­ve­ment au fur et à mesure de la créa­tion du patch. La partie infé­rieure a égale­ment profité d’une profonde restruc­tu­ra­tion. On y découvre notam­ment un clavier virtuel. Ce n’est pas essen­tiel, mais cela peut se révé­ler pratique. C’est surtout la hiérar­chi­sa­tion des modules qui béné­fi­cie de cette refonte. u-he a égale­ment fait un effort pour harmo­ni­ser la dispo­si­tion des para­mètres, qui suit désor­mais une logique cohé­rente d’un module à l’autre. Les para­mètres d’ac­cor­dage, par exemple, sont systé­ma­tique­ment posi­tion­nés à gauche. Enfin, un code couleur permet désor­mais d’iden­ti­fier rapi­de­ment les diffé­rents types de modules.

U-he Zebra 3 - Navigateur de presetsLa lisi­bi­lité géné­rale progresse donc nette­ment. Pour autant, Zebra 3 n’est pas devenu un synthé simple. Loin de là. Il s’agit même plus que jamais d’un synthé­ti­seur à la profon­deur de synthèse abys­sale. Et l’er­go­no­mie en est le reflet, les menus contex­tuels demeurent nombreux, certaines fonc­tions avan­cées néces­sitent plusieurs clics et l’or­ga­ni­sa­tion géné­rale demande un temps d’ap­pren­tis­sage non négli­geable. Les habi­tués de Zebra 2 devraient retrou­ver rapi­de­ment leurs repères mais les nouveaux venus devront proba­ble­ment inves­tir quelques heures avant de se sentir tota­le­ment à l’aise. Une fois cette phase d’adap­ta­tion passée, Zebra 3 appa­raît ainsi comme un compro­mis entre profon­deur extrême et ergo­no­mie moderne. Il ne cherche pas à riva­li­ser avec la simpli­cité immé­diate d’un Pigments ou d’un Serum. En revanche, il parvient à rendre plus acces­sible un moteur de synthèse dont les possi­bi­li­tés dépassent large­ment celles de la majo­rité de ses concur­rents. Et ce n’est fina­le­ment qu’en commençant à explo­rer son archi­tec­ture interne que l’on comprend réel­le­ment l’am­pleur du travail accom­pli par les déve­lop­peurs berli­nois.

Zebra 3 est livré avec plus de 1 200 presets qui ne semblent pas conçus pour impres­sion­ner. Pas le genre de la maison. Ils se contentent de démon­trer les possi­bi­li­tés de synthèse de l’ins­tru­ment et de propo­ser d’ex­cel­lentes bases de travail. On y trouve un peu de tout : des basses, des leads, des claviers, des nappes, des effets, des sons d’am­bian­ce… et des séquences. C’est d’au­tant plus surpre­nant que le logi­ciel ne dispose ni d’ar­pé­gia­teur ni de séquen­ceur, contrai­re­ment à Zebra 2. Et oui, U-He a fait le choix, dans cette version 3.0, de ne pas en inté­grer afin de favo­ri­ser l’uti­li­sa­tion d’autres outils pour program­mer des séquences. Pourquoi pas ? Effec­ti­ve­ment, Zebra 3 possède tout ce qu’il faut pour conce­voir des séquences origi­nales sans avoir besoin d’un arpé­gia­teur ou d’un séquen­ceur inté­gré.

Lors du test, malgré la complexité de sa synthèse et la richesse de ses modu­la­tions, Zebra 3 s’est montré rela­ti­ve­ment raison­nable en matière de consom­ma­tion CPU. Il consomme davan­tage que Zebra 2, certes, mais rien de rédhi­bi­toire.

Zebra 3 – Water Pad Crys­tal
00:0001:59
  • Zebra 3 – Water Pad Crys­tal01:59
  • Zebra 3 – Alien Esca­pist01:15
  • Zebra 3 – Cave Explo­rer00:42
  • Zebra 3 – Aqua­tic Dive00:44
  • Zebra 3 – Incan­ta­tion01:04
  • Zebra 3 – Habi­table Planet00:45
  • Zebra 3 – Miracles01:20
  • Zebra 3 – Centri­fuge00:58
  • Zebra 3 – Berlin NYC Bass00:50
  • Zebra 3 – Exci­ter Modal01:23
  • Zebra 3 – Step­son01:09
  • Zebra 3 – Brui­ser01:29
  • Zebra 3 – Bunker01:17
  • Zebra 3 – Beats02:35

L’ar­chi­tec­ture de Zebra 3

U-he Zebra 3 - PatchAvant de détailler les diffé­rents moteurs de synthèse, il convient de s’at­tar­der un instant sur l’ar­chi­tec­ture géné­rale de Zebra 3. Le synthé s’ar­ti­cule autour d’une grille modu­laire orga­ni­sée en quatre colonnes de géné­ra­tion sonore, chacune pouvant accueillir oscil­la­teurs (quatre oscil­la­teurs prin­ci­paux et quatre oscil­la­teurs FM) filtres, réso­na­teurs, modules manglers ou utili­taires de mix. Ces diffé­rentes voies peuvent ensuite être mélan­gées, croi­sées ou routées vers plusieurs bus avant de rejoindre la section d’ef­fets globale. À cela s’ajoutent une matrice de modu­la­tion très complète ainsi qu’un système de modu­la­teurs indé­pen­dant regrou­pant enve­loppes, LFO, MSEG, Mappers et modules Mod Math. L’en­semble peut paraître inti­mi­dant, mais dans la pratique, l’or­ga­ni­sa­tion reste éton­nam­ment lisible et contri­bue large­ment à cette impres­sion de cohé­rence qui se dégage de Zebra 3.

Comme Zebra 2 avant lui, Zebra 3 reste un synthé hybride. Mais u-he pousse ici le concept beau­coup plus loin. Synthèse sous­trac­tive, wave­table, addi­tive, FM, modé­li­sa­tion physique et trai­te­ment spec­tral : tout coha­bite au sein d’un même instru­ment. Et contre toute attente, l’en­semble reste remarqua­ble­ment cohé­rent. Jamais nous n’avons l’im­pres­sion d’une accu­mu­la­tion de modules et de méthodes de synthèse. Zebra 3 semble avoir été pensé pour permettre de passer natu­rel­le­ment d’une approche à une autre au sein d’un même patch, sans jamais avoir l’im­pres­sion de chan­ger d’ins­tru­ment. Et cette philo­so­phie se retrouve dans toute l’ar­chi­tec­ture du logi­ciel. Pour autant, u-he a eu la bonne idée de ne pas tomber dans les excès de certains envi­ron­ne­ments tota­le­ment modu­laires. Zebra 3 conserve une struc­ture claire qui évite de trans­for­mer chaque patch en usine à gaz. Suffi­sam­ment ouvert pour construire des archi­tec­tures très complexes, mais suffi­sam­ment enca­dré pour rester agréable à utili­ser au quoti­dien. C’est proba­ble­ment l’une des grandes réus­sites de Zebra 3.

Les nouveaux oscil­la­teurs de Zebra 3

U-he Zebra 3 - OSC EditorIl est temps de rentrer dans le vif du sujet en commençant par le moteur de synthèse et plus parti­cu­liè­re­ment par les oscil­la­teurs. Zebra 3 intro­duit tout d’abord un nouveau moteur wave­table. Jusque-là, rien de parti­cu­liè­re­ment spec­ta­cu­laire : les synthés wave­table ne manquent pas aujour­d’hui. Mais U-He a choisi une approche assez diffé­rente de celle de la plupart de ses concur­rents. Ici, il ne s’agit pas simple­ment de parcou­rir des tables d’ondes ou d’en impor­ter de nouvelles. Zebra 3 invite plutôt à les créer. Et pour cela, il s’ap­puie sur un éditeur basé sur des courbes spline, déjà vu dans Zebra­lette 3. Concrè­te­ment, on dessine. Par moments, on a davan­tage l’im­pres­sion de travailler dans un logi­ciel de dessin vecto­riel que dans un synthé­ti­seur. Mais au final, la concep­tion de nouvelles formes d’onde reste très amusante et créa­tive. Même sans être spécia­liste de la synthèse addi­tive ou du trai­te­ment spec­tral, il est assez facile de comprendre ce qui se passe et d’an­ti­ci­per l’ef­fet de ses modi­fi­ca­tions sur le timbre. Malgré tout, Zebra 3 n’en­ferme pas l’uti­li­sa­teur·ice dans son propre écosys­tème. Il reste possible d’im­por­ter des wave­tables par simple glis­ser-dépo­ser, mais aussi d’ex­por­ter celles créées dans l’édi­teur au format WAV. Pour finir, le moteur wave­table propose jusqu’à seize voix d’unis­son par oscil­la­teur. 

U-he Zebra 3 - OSC FXDans le module oscil­la­tor, à côté de ce moteur wave­table, Zebra 3 embarque égale­ment un mode addi­tif. La synthèse addi­tive n’a évidem­ment rien de nouveau. Mais fina­le­ment, rares sont les instru­ments qui la mettent autant en avant. Ici, l’os­cil­la­teur peut gérer jusqu’à 1024 partiels simul­ta­né­ment. On arrive faci­le­ment à des textures métal­liques, des sons inhar­mo­niques, des cloches, des nappes mouvantes ou des ambiances étranges. Là encore, le travail s’ef­fec­tue essen­tiel­le­ment de manière visuelle. On passe davan­tage de temps à expé­ri­men­ter qu’à gérer des colonnes de para­mètres. Autre nouveauté inter­es­sante, les trai­te­ments direc­te­ment inté­grés aux oscil­la­teurs. Chaque oscil­la­teur dispose d’une collec­tion d’ef­fets spéci­fiques permet­tant de trans­for­mer le son avant même qu’il ne passe dans un filtre ou autre. Synchro­ni­sa­tion, défor­ma­tion de phase, décrois­sance spec­trale, wave­fol­ding, distor­sion ou encore diffé­rents types de morphing peuvent ainsi modi­fier direc­te­ment la forme d’onde. C’est proba­ble­ment dans la partie oscil­la­teur que Zebra 3 se montre le plus singu­lier. Alors que beau­coup de synthés modernes excellent dans les basses massives ou les leads démons­tra­tifs, Zebra 3 semble surtout conçu pour fabriquer des textures complexes, mouvantes, parfois diffi­ciles à décrire, mais souvent inté­res­santes. On comprend assez vite pourquoi Zebra s’est forgé une solide répu­ta­tion auprès des compo­si­teur·i­ce·s pour l’image et des sound desi­gners.

FM et modé­li­sa­tion physique : Zebra explore de nouveaux terri­toires

U-he Zebra 3 - Oscillateur FMZebra 3 intègre égale­ment un moteur FM dédié. La synthèse FM a toujours eu une répu­ta­tion un peu à part. Capable de produire des timbres très riches, elle reste souvent asso­ciée à des archi­tec­tures complexes. Elle a parfois été décriée, mais elle retrouve une certaine popu­la­rité depuis quelques années. Zebra 3 propose jusqu’à quatre modules FM, chacun avec deux opéra­teurs et une entrée audio pouvant servir de troi­sième source de modu­la­tion. Cette entrée permet d’in­tro­duire des signaux issus d’autres parties du synthé dans la chaîne FM. Les modules peuvent être chaî­nés entre eux, mais aussi inter­agir avec les autres éléments du synthé. Un oscil­la­teur wave­table peut par exemple servir de source FM, tout comme un signal déjà traité. Sur chaque géné­ra­teur FM, quatre quali­tés de rendu sont dispo­nibles. L’en­semble s’in­tègre très bien dans l’ar­chi­tec­ture géné­rale.

Zebra 3 intro­duit égale­ment le through-zero FM. Cette tech­nique permet à la modu­la­tion de fréquence de traver­ser le point zéro, ce qui modi­fie le compor­te­ment des oscil­la­teurs lorsqu’ils sont forte­ment modu­lés. Dans la pratique, cela se traduit par une FM plus stable dans les modu­la­tions extrêmes, tout en conser­vant un compor­te­ment continu dans les varia­tions de fréquence. Le résul­tat reste exploi­table sur des plages de modu­la­tion très larges, sans appa­ri­tion des arte­facts typiques que l’on retrouve parfois, comme sur le DX7 (qui repo­sait en réalité sur de la modu­la­tion de phase plutôt que sur une FM stricte). La FM through-zero permet d’ob­te­nir des timbres allant de sons harmo­niques très purs à des textures beau­coup plus instables et complexes, selon le degré de modu­la­tion appliqué.

Depuis plusieurs années, la modé­li­sa­tion physique revient elle aussi. Zebra 3 combine plusieurs outils pour y parve­nir : géné­ra­teurs de bruit, exci­teurs, réso­na­teurs modaux et filtres en peigne. Ces modules peuvent être assem­blés afin de simu­ler le compor­te­ment vibra­toire d’objets réels. On arrive ainsi à repro­duire les phéno­mènes physiques qui parti­cipent à la produc­tion sonore d’un instru­ment acous­tique. Mais l’in­té­rêt est prin­ci­pa­le­ment de varier les plai­sirs : un violon métal­lique avec des cordes que l’on gratte par exemple. C’est l’ima­gi­na­tion la seule limite.

Les nouveaux filtres de Zebra 3

U-he Zebra 3 - FiltersLes filtres ont toujours occupé une place impor­tante dans l’iden­tité des synthé­ti­seurs. En tous cas, en ce qui concerne les synthèses sous­trac­tive ou hybride. Les instru­ments U-he ne font pas excep­tion et les amateurs de Diva ou de Repro savent déjà à quel point l’édi­teur alle­mand accorde de l’im­por­tance à cette partie de la chaîne audio. Zebra 3 propose treize modèles diffé­rents, auxquels viennent s’ajou­ter de nombreuses variantes de réponse. Plutôt que de multi­plier les modules, tous les modèles et variantes sont dispo­nibles au sein du même. La sélec­tion s’ef­fec­tue via une matrice (on aime bien les matrices chez U-He). Filtres passe-bas, passe-haut, passe-bande, passe-tout, topo­lo­gies de type SVF, ladder ou encore modèles plus expé­ri­men­taux, il y a de quoi faire. Mais au-delà du nombre, c’est surtout la person­na­lité sonore qui impres­sionne. Fort de son expé­rience avec Repro et Diva, les filtres offrent des textures et colo­ra­tions très agréables. Les utili­sa­teurs histo­riques de Zebra seront heureux de retrou­ver le filtre en peigne dans une version enri­chie, offrant plusieurs modes supplé­men­taires. Asso­cié à la modé­li­sa­tion physique, il fait des merveilles pour obte­nir des réso­nances métal­liques, des effets de cordes virtuelles, des textures disso­nantes ou encore des ambiances étranges impos­sibles à obte­nir avec des filtres conven­tion­nels. Certains réglages peuvent même évoquer de petites réver­bé­ra­tions synthé­tiques.

Modu­la­tion et effets : tout pour faire bouger vos sons

U-he Zebra 3 - MSEG editorCôté modu­la­tion, Zebra 3 conserve l’ap­proche histo­rique de la série tout en élar­gis­sant consi­dé­ra­ble­ment ses possi­bi­li­tés. Le synthé propose plusieurs types de sources de modu­la­tion clas­siques : enve­loppes ADSR, LFO et matrices de modu­la­tion. Les MSEGs consti­tuent une part impor­tante du système. Au nombre de quatre, elles utilisent une variante de l’édi­teur de wave­tables. Ces enve­loppes multi-segments peuvent être dessi­nées libre­ment, synchro­ni­sées au tempo ou utili­sées comme LFO évolu­tifs. Évidem­ment, on ne se privera pas de les utili­ser pour program­mer des motifs ou comme sources de modu­la­tion ryth­miques et complexes. Les modules de modu­la­tion mathé­ma­tique jouent aussi un rôle impor­tant : addi­tion, multi­pli­ca­tion, inver­sion, mise à l’échelle ou combi­nai­son de plusieurs sources en un seul flux de modu­la­tion. On pense ici à certains modules du monde Euro­rack, où les signaux de contrôle sont mani­pu­lés autant que les signaux audio eux-mêmes. Si cela peut paraître inti­mi­dant, dans la pratique, cela ouvre la porte à des compor­te­ments de modu­la­tion très complexes sans néces­si­ter de patchs illi­sibles ou de chaînes de routage exces­si­ve­ment longues.

U-he Zebra 3 - EffetsLa section effets de Zebra 3 fonc­tionne comme une dernière étape de trans­for­ma­tion du signal. On y retrouve des proces­seurs de dyna­mique, des délais, des distor­sions, des effets de modu­la­tion, divers outils de trai­te­ment spec­tral et des réver­bé­ra­tions, dont Textu­re­Verb, une réverbe granu­laire très sympa­thique. Chaque effet est inté­gré dans une matrice de routage (encore une). Cepen­dant, les effets semblent ici conçus pour faire partie inté­grante de la chaîne de synthèse, et non pour subli­mer un son trop pauvre. Signa­lons aussi que, dans la majo­rité des cas, Zebra 3 s’ac­com­mode bien de trai­te­ments externes.

Notre avis : 9/10

Nous voici arri­vés au terme de ce long test. Abor­der un synthé tel que Zebra 3 n’est pas simple, et il est impos­sible de tout couvrir. Nous n’avons par exemple pas évoqué les quatre chaînes de pitchs, pour­tant centrales dans certaines archi­tec­tures de patchs complexes. Ce n’est pas un synthé instan­tané. Il ne cherche pas à produire des résul­tats immé­diats. Zebra 3 demande du temps. Du temps pour comprendre ses logiques internes. Du temps pour explo­rer ses inter­ac­tions. Du temps pour appri­voi­ser son langage modu­laire. Au début, même les plus atteints d’entre nous peuvent avoir l’im­pres­sion d’avoir atteint une forme de limite de « geeki­tude ». Puis, très vite, on se surprend à s’y perdre davan­tage que prévu. On s’amuse, parfois beau­coup, au point d’y consa­crer bien plus de temps que prévu. Mais c’est aussi ce qu’on aime, non ?

Cette exigence n’est pas un défaut. Elle fait partie de l’ins­tru­ment. Zebra 3 ne cherche pas à rempla­cer les autres synthés logi­ciels, mais à propo­ser une approche diffé­rente de la créa­tion sonore. Ce n’est pas vrai­ment un concur­rent direct de Pigments ou de Serum. Son archi­tec­ture modu­laire maîtri­sée, ses oscil­la­teurs très avan­cés, son système de modu­la­tion et sa cohé­rence sonore globale font mouche.

Un synthé­ti­seur parfai­te­ment à l’aise dans le sound design expé­ri­men­tal et la compo­si­tion ciné­ma­tique, mais pas que. Dans les produc­tions élec­tro­niques plus clas­siques, il peut aussi faire des merveilles, à condi­tion d’ac­cep­ter sa logique interne.

Points forts

  • profondeur de synthèse remarquable
  • oscillateurs wavetable et additifs très avancés
  • modélisation physique convaincante
  • système de modulation extrêmement flexible

Points faibles

  • prise en main exigeante
  • approche peu immédiate
  • richesse parfois intimidante
  • Prix
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    exterm

    exterm

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    Nouvel·le AFfilié·e
    Membre depuis 20 ans
    Commentaires sur le test : Test de U-He Zebra 3
    u-he-zebra-3-6878671.gif

    desolé pour moi c'est ça zebra3!
    Digiwave

    Digiwave

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    Posteur·euse AFfolé·e
    Membre depuis 23 ans
    Tout a été dit lors de la news de sa sortie officielle. Test très complet pour un logiciel très, trop complexe dans sa version 3 de telle sorte que j'avais demandé un mode d'emploi en Français !

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