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Comment choisir sa STAN ? Guide d’achat des Stations de Travail Audio-Numériques

Rédigé par un humain

Toutes les STAN permettent désormais d’enregistrer, de composer, d’éditer et de mixer. Pourtant, elles ne proposent ni la même organisation ni la même manière de travailler. Ce guide vous aidera à comprendre leurs différences pour choisir la plus adaptée à vos besoins.

Guide d’achat des Stations de Travail Audio-Numériques : Comment choisir sa STAN ?

Choi­sir une STAN n’a jamais été aussi compliqué. Non pas parce que les logi­ciels manquent, mais parce qu’ils sont deve­nus capables de couvrir presque toutes les étapes d’une produc­tion musi­cale. Enre­gis­tre­ment, compo­si­tion MIDI, instru­ments virtuels, montage, mixage, maste­ring ou travail à l’image, la plupart réunissent désor­mais suffi­sam­ment de fonc­tions pour produire un morceau du début à la fin. Les diffé­rences ne se situent donc plus unique­ment dans la liste des possi­bi­li­tés, mais à la manière dont chaque logi­ciel orga­nise le travail. Certains reposent avant tout sur un arran­ge­ment linéaire, d’autres privi­lé­gient les clips, les patterns et la perfor­mance en direct tandis que d’autres se concentrent sur une approche plus modu­laire. L’in­ter­face, les outils four­nis, la compa­ti­bi­lité avec le maté­riel et les habi­tudes de travail peuvent alors comp­ter autant que les fonc­tions elles-mêmes. Ce guide revient sur les prin­ci­paux critères à prendre en compte avant de choi­sir une STAN et présente les logi­ciels les plus répan­dus, leurs parti­cu­la­ri­tés et les usages auxquels ils se prêtent le mieux.

D’abord, c’est quoi une STAN ?

Une STAN, pour Station de Travail Audio­nu­mé­rique (en anglais, on dit DAW pour Digi­tal Audio Works­ta­tion), est un logi­ciel conçu pour enre­gis­trer, compo­ser, éditer et mixer de la musique. Elle réunit dans une même inter­face un séquen­ceur, une table de mixage, des outils de montage audio et MIDI, ainsi que des effets et des instru­ments virtuels.

  • Steinberg Cubase 1
  • Digidesign ProTools 1

À l’ori­gine, ces fonc­tions étaient répar­ties entre deux types de logi­ciels. D’un côté, les séquen­ceurs MIDI permet­taient d’en­re­gis­trer et d’or­ga­ni­ser des notes, des chan­ge­ments de programme ou d’édi­ter des contrô­leurs afin de pilo­ter des synthé­ti­seurs, des échan­tillon­neurs et des modules de sons hard­ware. De l’autre, les logi­ciels DTD, pour Direct to Disk, étaient consa­crés à l’en­re­gis­tre­ment et au montage audio. Ces deux approches se sont progres­si­ve­ment réunies, avant d’être complé­tées par des effets et des instru­ments virtuels pour donner nais­sance aux STAN que l’on connaît aujour­d’hui. Toutes reposent désor­mais sur des prin­cipes assez proches, avec des pistes, une ligne tempo­relle, des clips audio ou MIDI et une table de mixage. Les diffé­rences appa­raissent surtout dans l’or­ga­ni­sa­tion de ces éléments, les outils propo­sés et la manière dont le logi­ciel accom­pagne la créa­tion.

Enre­gis­tre­ment audio et MIDI : ce que permet une STAN

Aujour­d’hui, une STAN permet d’en­re­gis­trer aussi bien des signaux audio que des données MIDI. Dans le premier cas, il peut s’agir d’une voix, d’une guitare, d’un synthé­ti­seur ou de tout autre instru­ment relié à une inter­face audio. Le signal est alors enre­gis­tré sous forme de fichier audio et affi­ché dans le projet sous la forme d’une onde. Quant au MIDI, pour mémoire, rappe­lons qu’il ne contient aucun son, il mémo­rise les notes jouées, leur durée, et les diffé­rentes infor­ma­tions trans­mises par un clavier ou un autre contrô­leur, sans enre­gis­trer direc­te­ment le son. Ces données peuvent ensuite pilo­ter un instru­ment virtuel ou un péri­phé­rique externe (synthé­ti­seur, module de son…). Elles restent modi­fiables après l’en­re­gis­tre­ment, ce qui permet de corri­ger une note, d’ajus­ter son place­ment ou de chan­ger complè­te­ment de son sans avoir à rejouer la partie.

Les enre­gis­tre­ments sont ensuite dispo­sés sur des pistes, le long d’une ligne tempo­relle. Ils appa­raissent sous forme de régions ou de clips qui peuvent être dépla­cés, décou­pés, copiés ou répé­tés pour construire l’ar­ran­ge­ment. Cette orga­ni­sa­tion linéaire reste la plus répan­due, mais certaines STAN proposent aussi des patterns ou un lanceur de clips avec des scènes. Ces outils permettent de tester diffé­rentes combi­nai­sons et de construire un morceau sans défi­nir immé­dia­te­ment une struc­ture complète.

L’édi­tion audio : time stretch, pitch shift, ARA et édition spec­trale

Cubase - Edition audioBien sûr, une prise audio peut être décou­pée, dépla­cée ou réor­ga­ni­sée, mais les possi­bi­li­tés ne s’ar­rêtent pas à ces opéra­tions. Les outils d’éti­re­ment tempo­rel (time stretch) permettent de modi­fier la durée d’un enre­gis­tre­ment sans chan­ger sa hauteur. Cela peut servir à adap­ter une boucle au tempo du projet, à reca­ler certains éléments d’une batte­rie ou à corri­ger le place­ment d’une inter­pré­ta­tion. La qualité du résul­tat dépend toute­fois en partie des algo­rithmes employés et de l’im­por­tance des trans­for­ma­tions appliquées.

Cubase 15 - VariAudioIl est égale­ment possible de modi­fier la hauteur d’un enre­gis­tre­ment (pitch shift) ou d’in­ter­ve­nir plus préci­sé­ment sur certaines notes. Des logi­ciels comme Melo­dyne permettent de corri­ger la justesse, le rythme et parfois les diffé­rentes notes d’un signal poly­pho­nique. Ce type d’ou­til peut être direc­te­ment inté­gré à la STAN via le proto­cole ARA.

D’autres outils, par exemple Spec­tra­Layers, proposent l’édi­tion spec­trale et offrent une autre manière d’in­ter­ve­nir sur l’au­dio. Le signal y est repré­senté en fonc­tion de son contenu fréquen­tiel et de son évolu­tion dans le temps. On peut ainsi atté­nuer un bruit, isoler un élément précis ou modi­fier une zone du spectre. Il est même possible de sépa­rer diffé­rentes compo­santes d’un fichier mixé.

Citons égale­ment la fonc­tion­na­lité de comping. Aujour­d’hui, la plupart des STAN disposent de ce système permet­tant d’en­re­gis­trer plusieurs inter­pré­ta­tions, puis de sélec­tion­ner les meilleurs passages pour former une prise défi­ni­tive.

L’au­dio est donc devenu beau­coup plus souple qu’au­pa­ra­vant. Il ne permet pas encore toutes les trans­for­ma­tions offertes par le MIDI ni avec la même faci­lité, mais l’écart s’est consi­dé­ra­ble­ment réduit.

Program­mer et éditer le MIDI

Ableton Live 12 - Piano rollLe prin­ci­pal outil d’édi­tion MIDI reste le piano roll. Les notes y sont repré­sen­tées sur une grille et peuvent être dépla­cées, raccour­cies, trans­po­sées ou suppri­mées indé­pen­dam­ment. Leur vélo­cité, leur canal et les autres données de contrôle restent égale­ment modi­fiables après l’en­re­gis­tre­ment.

La quan­ti­fi­ca­tion permet de corri­ger le place­ment ryth­mique des notes, mais elle ne consiste pas néces­sai­re­ment à les aligner complè­te­ment sur la grille. Il est souvent possible de régler la force de la correc­tion, de conser­ver une partie du jeu origi­nal, d’hu­ma­ni­ser ou d’ap­pliquer un groove. Certaines STAN peuvent aussi extraire le place­ment et les varia­tions d’une inter­pré­ta­tion audio ou MIDI pour les trans­fé­rer à une autre partie.

D’autres outils peuvent faci­li­ter la compo­si­tion. Selon la STAN, on trouve un éditeur d’évè­ne­ments sous forme de liste, une piste d’ac­cords, des fonc­tions de gamme ou des outils capables d’adap­ter les notes à l’har­mo­nie du projet. Les logi­ciels ne proposent pas tous le même niveau de prise en charge des arti­cu­la­tions orches­trales, de l’ex­pres­sion par note ou du MPE. Ces diffé­rences peuvent comp­ter pour les personnes qui utilisent des banques orches­trales ou des instru­ments virtuels expres­sifs.

Si vous avez besoin d’un éditeur de parti­tions, il faudra vous tour­ner vers une STAN géné­ra­liste, comme par exemple Stein­berg Cubase, Apple Logic Pro ou Fender Studio Pro (ex Preso­nus Studio One).

Program­mer des rythmes

Presonus Studio One - Step SequencerLes batte­ries peuvent être program­mées depuis le piano roll, mais certaines STAN proposent égale­ment un éditeur dédié ou/et un séquen­ceur pas à pas. Ce dernier présente les diffé­rents éléments du kit sur une grille divi­sée en pas, à la manière d’une boîte à rythmes. En plus de program­mer le déclen­che­ment des sons, ils permettent de régler la vélo­cité, les répé­ti­tions, les proba­bi­li­tés de déclen­che­ment, les déca­lages ryth­miques ou la durée de chaque pas et de chaque ligne. Ils peuvent aussi fonc­tion­ner avec des patterns qui sont ensuite orga­ni­sés dans l’ar­ran­ge­ment. Toutes les STAN ne disposent toute­fois pas d’un véri­table séquen­ceur pas à pas. Pour les personnes qui aiment program­mer des rythmes, la présence et la qualité de ces outils peuvent donc consti­tuer un critère de choix impor­tant.

Faire évoluer les para­mètres : Auto­ma­tion et modu­la­tion

Stenberg Cubase 15 - AutomationL’au­to­ma­tion permet d’en­re­gis­trer ou de dessi­ner l’évo­lu­tion d’un para­mètre au cours du morceau. Elle peut agir sur le volume et le pano­ra­mique d’une piste, mais aussi sur les réglages d’un effet ou d’un instru­ment virtuel. Une courbe d’au­to­ma­tion peut être créée à la souris ou enre­gis­trée en mani­pu­lant une commande physique pendant la lecture. Son fonc­tion­ne­ment varie selon les STAN. Les courbes sont géné­ra­le­ment affi­chées direc­te­ment sur les pistes, mais certains logi­ciels (Bitwig, FL Studio…) proposent égale­ment des clips d’au­to­ma­tion indé­pen­dants. Ceux-ci peuvent être dépla­cés, copiés ou répé­tés sans être atta­chés à une région audio ou MIDI précise.

Certaines STAN sont équi­pées de modu­la­teur. Cela répond à une logique diffé­rente de l’au­to­ma­tion. Au lieu de suivre une évolu­tion défi­nie à l’avance sur la ligne tempo­relle, le para­mètre est animé par une source comme un LFO, une enve­loppe ou un suiveur de signal. Elle permet de créer des mouve­ments complexes sur les para­mètres d’un effet ou d’un instru­ment sans dessi­ner chaque varia­tion à la main.

Mixer un projet

Steinberg Cubase 15 - ConsoleUne fois les pistes enre­gis­trées et orga­ni­sées, la table de mixage, ou console, permet de régler leur niveau, leur pano­ra­mique et leur chemi­ne­ment dans le projet. Ainsi, chaque piste peut être envoyée vers une sortie, un groupe ou un bus, afin de réunir plusieurs éléments et de les trai­ter ensemble. Les éléments d’une batte­rie, des chœurs ou plusieurs guitares peuvent ainsi être regrou­pés sous une même commande de volume et parta­ger certains trai­te­ments. Les départs auxi­liaires permettent d’en­voyer une partie du signal vers une piste d’ef­fet commune. Cette méthode est souvent utili­sée pour les réver­bé­ra­tions et les délais, puisqu’elle permet de trai­ter plusieurs pistes avec le même effet tout en conser­vant un dosage diffé­rent pour chacune. Elle évite aussi de char­ger plusieurs fois le même plug-in. Les effets placés en insert agissent direc­te­ment sur le signal d’une piste ou d’un bus. Nous revien­drons plus loin sur les effets, préci­sons tout de même que les STAN sont géné­ra­le­ment livrées avec des égali­seurs, des compres­seurs, des limi­teurs, des réver­bé­ra­tions, des délais et diffé­rents trai­te­ments de modu­la­tion ou de satu­ra­tion. Leur qualité et leur nombre varient selon les logi­ciels, tout comme la manière dont ils sont orga­ni­sés dans l’in­ter­face. Certaines STAN permettent d’al­ler plus loin avec des chaînes paral­lèles, des conte­neurs d’ef­fets ou des systèmes de routage plus libres. On peut, par exemple, trai­ter sépa­ré­ment plusieurs bandes de fréquences, mélan­ger un signal non traité avec une version forte­ment compres­sée ou créer des chaînes d’ef­fets complexes. La gestion des groupes et des bus peut égale­ment prendre plusieurs formes. Les groupes clas­siques réunissent plusieurs pistes sous un même canal, tandis que les VCA permettent de contrô­ler leurs niveaux sans modi­fier direc­te­ment leur routage. Ces outils deviennent surtout utiles dans les projets volu­mi­neux, où ils faci­litent le réglage de plusieurs éléments à la fois.

Bitwig 6 - MixeurCertaines STAN proposent des fonc­tions plus avan­cées, comme les scènes, qui permettent de sauve­gar­der un état donné de la console afin de compa­rer plusieurs versions d’un mixage. D’autres prennent égale­ment en charge les formats multi­ca­naux et immer­sifs. Le mixage repose aussi sur des outils de mesure. Les crêtes, le niveau moyen, la dyna­mique ou l’image stéréo peuvent être surveillés à l’aide des indi­ca­teurs inté­grés à la STAN ou de plug-ins spécia­li­sés. Il est évident que si vous avez l’in­ten­tion de réali­ser des mixages complexes, ces éléments devront être pris en consi­dé­ra­tion.

Quelques mots sur les perfor­mances. Les trai­te­ments les plus lourds peuvent augmen­ter la charge du proces­seur et la latence. Pour préser­ver les ressources, les STAN permettent géné­ra­le­ment de geler une piste (conver­tir tempo­rai­re­ment en audio). Même si les ordi­na­teurs actuels offrent une puis­sance suffi­sante dans la grande majo­rité des cas, ce type de fonc­tion peut deve­nir impor­tant lorsque le projet accu­mule des instru­ments virtuels, des effets complexes et des pistes audio en haute réso­lu­tion. Enfin, toutes les STAN permettent d’ex­por­ter le mixage dans diffé­rents formats audio. Selon les logi­ciels, il est possible d’ex­por­ter plusieurs pistes ou bus en une seule opéra­tion, de créer des stems, d’in­té­grer des méta­don­nées ou de prépa­rer des fichiers adap­tés à la diffu­sion, au maste­ring ou à la post­pro­duc­tion.

Les instru­ments, les effets et les conte­nus four­nis

Reason GlaciusToutes les STAN ne sont pas livrées avec le même contenu addi­tion­nel, tant s’en faut. Certaines proposent seule­ment les outils essen­tiels, tandis que d’autres incluent une collec­tion complète d’ins­tru­ments virtuels, d’ef­fets, de banques de sons, de boucles et de présets. Pour une première config, cette diffé­rence peut éviter de devoir ache­ter immé­dia­te­ment des plug-ins supplé­men­taires. Les instru­ments four­nis couvrent souvent plusieurs familles, avec des synthé­ti­seurs, des échan­tillon­neurs, des boîtes à rythmes, des pianos ou des instru­ments acous­tiques. Leur nombre ne suffit toute­fois pas à juger l’in­té­rêt d’une offre. Quelques instru­ments bien conçus et faciles à utili­ser peuvent se montrer plus utiles qu’un cata­logue abon­dant, mais inégal.

Le même constat vaut pour les effets. Les égali­seurs, compres­seurs, réver­bé­ra­tions et délais sont présents presque partout, mais certaines STAN se distinguent par des trai­te­ments plus spécia­li­sés, des outils de restau­ra­tion, des effets créa­tifs ou des outils desti­nés au maste­ring. L’er­go­no­mie reste là encore déter­mi­nante. Un effet direc­te­ment acces­sible depuis la table de mixage ou bien inté­gré au work­flow peut être utilisé plus faci­le­ment qu’un outil plus puis­sant, mais enfoui dans l’in­ter­face.

Les banques de sons et les boucles peuvent aussi peser dans la balance. Elles permettent de commen­cer rapi­de­ment un projet, mais leur inté­rêt dépend du style de musique pratiqué et de la manière de travailler. Une vaste biblio­thèque n’ap­porte pas grand-chose si elle ne corres­pond pas aux besoins de l’uti­li­sa­teur­·ice ou si son orga­ni­sa­tion rend les recherches labo­rieuses. Il faut enfin véri­fier ce qui est réel­le­ment inclus dans chaque version. Les éditions d’en­trée de gamme peuvent limi­ter le nombre d’ins­tru­ments ou d’ef­fets, réduire la biblio­thèque sonore ou restreindre l’ac­cès à quelques fonc­tions avan­cées. Mais la version la plus complète n’est pas toujours néces­saire. Le bon choix dépend moins du volume de contenu annoncé que des outils qui seront réel­le­ment utili­sés.

Compa­ti­bi­lité, plug-ins et échanges de projets

STAN 3Avant de choi­sir une STAN, il faut véri­fier qu’elle fonc­tionne sur votre système. Certaines sont dispo­nibles sur macOS et Windows, parfois aussi sous Linux, tandis que d’autres restent liées à une seule plate­forme. Ce choix peut deve­nir contrai­gnant en cas de chan­ge­ment d’or­di­na­teur ou lorsque plusieurs personnes doivent travailler sur le même projet. La compa­ti­bi­lité avec les plug-ins mérite égale­ment d’être regar­dée de près. Les formats VST3, Audio Units, AAX ou CLAP sont très répan­dus, mais ils ne sont pas forcé­ment pris en charge par toutes les STAN ni par tous les systèmes. Il faut donc véri­fier non seule­ment les formats accep­tés, mais aussi les restric­tions propres à chaque version.

La compa­ti­bi­lité concerne aussi le maté­riel. Certaines STAN proposent une inté­gra­tion pous­sée avec des contrô­leurs, des inter­faces audio ou des surfaces de mixage de la même marque. Les commandes sont alors recon­nues auto­ma­tique­ment et peuvent pilo­ter le trans­port, la table de mixage, les instru­ments ou les effets sans confi­gu­ra­tion complexe. D’autres logi­ciels reposent davan­tage sur des assi­gna­tions MIDI à réali­ser soi-même.

Le partage d’un projet complet entre deux STAN reste plus déli­cat. Chaque logi­ciel utilise son propre format de session, avec ses pistes, ses effets, ses auto­ma­tions et son routage. Des formats d’échange comme AAF, OMF ou le récent DAWproject tentent de préser­ver une plus grande partie du projet. Leur effi­ca­cité dépend toute­fois des logi­ciels utili­sés et des fonc­tions à trans­fé­rer. Pour une colla­bo­ra­tion impor­tante, le moyen le plus sûr reste souvent d’ex­por­ter les pistes audio sépa­ré­ment, accom­pa­gnées si besoin des fichiers MIDI, du tempo et de quelques indi­ca­tions sur le mixage.

Tarifs, licences et mises à jour

STAN 4Le prix affi­ché ne suffit pas toujours à connaître le coût réel d’une STAN. Certaines sont vendues avec une licence défi­ni­tive, d’autres reposent sur un abon­ne­ment, tandis que quelques éditeurs proposent les deux formules. Une licence perma­nente permet géné­ra­le­ment de conti­nuer à utili­ser la version ache­tée, mais les évolu­tions majeures peuvent néces­si­ter une mise à niveau payante. Les poli­tiques de mises à jour varient beau­coup. Certains éditeurs publient régu­liè­re­ment des versions inter­mé­diaires gratuites, puis facturent les chan­ge­ments de géné­ra­tion. D’autres proposent une période de mises à jour incluse après l’achat, sans pour autant désac­ti­ver le logi­ciel une fois celle-ci termi­née. Il faut donc distin­guer le droit d’uti­li­ser la STAN de l’ac­cès à ses futures versions. Les abon­ne­ments réduisent parfois le prix d’en­trée et donnent accès à l’en­semble des instru­ments, effets et banques de sons. Ils peuvent toute­fois reve­nir plus chers sur la durée et rendre l’ac­cès au logi­ciel dépen­dant du main­tien du paie­ment. Les condi­tions ne sont pas iden­tiques partout : dans certains cas, l’ar­rêt de l’abon­ne­ment bloque complè­te­ment la STAN, tandis que d’autres formules permettent de conser­ver une licence après une période donnée. Le nombre d’ac­ti­va­tions auto­ri­sées peut aussi avoir son impor­tance lorsque la STAN est utili­sée sur plusieurs ordi­na­teurs. Certaines licences sont liées à un compte, d’autres à une machine ou à un système de protec­tion parti­cu­lier. Il peut égale­ment exis­ter des restric­tions concer­nant la revente, le trans­fert vers un autre utili­sa­teur ou l’uti­li­sa­tion simul­ta­née sur plusieurs postes. Les tarifs éduca­tifs, les versions allé­gées et les offres grou­pées avec du maté­riel permettent parfois d’ob­te­nir une STAN à moindre coût. Ces licences peuvent toute­fois être soumises à des condi­tions parti­cu­lières ou exclure certaines possi­bi­li­tés de mise à niveau. Avant l’achat, mieux vaut donc compa­rer les fonc­tions incluses, mais aussi la durée des mises à jour, les règles d’ac­ti­va­tion et le coût des futures évolu­tions.

Quelle STAN pour quel usage ?

STAN 5Toutes les STAN actuelles peuvent couvrir une grande partie de la produc­tion musi­cale. Il reste pour­tant utile d’iden­ti­fier l’ac­ti­vité qui occu­pera le plus de place dans votre travail, car certains logi­ciels accordent davan­tage d’at­ten­tion à l’en­re­gis­tre­ment, à la program­ma­tion, à la scène ou à la post­pro­duc­tion. Pour enre­gis­trer un groupe ou multi­plier les prises de voix et d’ins­tru­ments, la gestion du multi­piste, du comping et du montage compte davan­tage que la richesse des outils de créa­tion ryth­mique. La rapi­dité du routage, la lisi­bi­lité de la table de mixage et la possi­bi­lité d’édi­ter plusieurs pistes simul­ta­né­ment peuvent aussi faire gagner beau­coup de temps.

Les personnes qui composent prin­ci­pa­le­ment avec des instru­ments virtuels regar­de­ront plutôt la gestion de ceux-ci, le fonc­tion­ne­ment du piano roll, la gestion des contrô­leurs MIDI, les outils harmo­niques et le contenu fourni. La prise en charge des arti­cu­la­tions, du MPE ou de l’ex­pres­sion par note peut égale­ment deve­nir impor­tante pour les banques orches­trales.

Pour la produc­tion élec­tro­nique et le beat­ma­king, les diffé­rences se situent souvent dans la program­ma­tion des rythmes et la mani­pu­la­tion des boucles. Les patterns, les séquen­ceurs pas à pas, les lanceurs de clips et les outils de modu­la­tion et de varia­tion faci­litent l’ex­pé­ri­men­ta­tion.

Le jeu en live demande encore d’autres quali­tés. Le déclen­che­ment de scènes ou de clips, la stabi­lité, la gestion des contrô­leurs et la possi­bi­lité de prépa­rer plusieurs morceaux dans un même envi­ron­ne­ment prennent ici une place impor­tante. Certaines STAN ont été pensées dès l’ori­gine pour cet usage, tandis que d’autres restent avant tout conçues autour d’un arran­ge­ment linéaire.

Le travail à l’image impose pour sa part une bonne gestion de la vidéo, des repères tempo­rels, des chan­ge­ments de tempo et parfois des formats multi­ca­naux. Les fonc­tions de synchro­ni­sa­tion, d’ex­port et d’échange avec les logi­ciels de montage ou de post­pro­duc­tion peuvent alors comp­ter davan­tage que les instru­ments virtuels inclus.

Ces orien­ta­tions ne consti­tuent pas des fron­tières. Une STAN appré­ciée pour la musique élec­tro­nique peut parfai­te­ment enre­gis­trer un groupe, tout comme un logi­ciel réputé pour le studio peut servir à program­mer des rythmes. Elles indiquent surtout les domaines dans lesquels l’in­ter­face et les outils risquent de mieux corres­pondre à votre manière de travailler.

Compa­ra­tif des prin­ci­pales STAN : Cubase, Logic Pro, Able­ton Live et les autres

Ce petit tour d’ho­ri­zon, sans se vouloir exhaus­tif, vous présente les prin­ci­pales STAN dispo­nibles sur le marché.

Stein­berg Cubase

Steinberg Cubase 15

Cubase est l’une des plus anciennes STAN encore commer­cia­li­sées. Il a large­ment contri­bué à popu­la­ri­ser le séquen­ceur linéaire, dans lequel des conte­neurs audio et MIDI sont dépla­cés sur une ligne tempo­relle pour construire l’ar­ran­ge­ment. Stein­berg, son éditeur, a aussi beau­coup œuvré pour faire de la MAO ce qu’elle est aujour­d’hui, en déve­lop­pant, par exemple le format VST, lancé en 1996. Les possi­bi­li­tés de Cubase sont impres­sion­nantes, tant le logi­ciel accu­mule les fonc­tions dans des domaines très diffé­rents. Il accorde toute­fois une place impor­tante au MIDI, à la compo­si­tion, au mixage et au travail à l’image. Cette richesse se traduit par une inter­face assez dense. Cubase répar­tit ses outils entre la fenêtre de projet, la zone infé­rieure, les diffé­rents éditeurs et une console de mixage très complète. Cette orga­ni­sa­tion donne accès à de nombreux réglages et permet d’adap­ter le logi­ciel à diffé­rentes méthodes de travail, mais elle demande un certain temps d’ap­pren­tis­sage. Cubase propose plusieurs éditeurs MIDI, une piste d’ac­cords, des fonc­tions liées aux gammes et à l’har­mo­nie, un éditeur de parti­tions et des outils desti­nés à gérer les arti­cu­la­tions des instru­ments virtuels et il prend aussi en charge le MPE. L’au­dio béné­fi­cie de fonc­tions de comping, de correc­tion tempo­relle et de hauteur, ainsi que de la prise en charge d’ARA 2. Cubase existe en plusieurs éditions, dont le contenu et certaines fonc­tions diffèrent. Il convient donc de véri­fier les limi­ta­tions de chacune plutôt que de se fier unique­ment au prix d’en­trée.

Apple Logic Pro

Apple Logic ProLogic Pro est égale­ment une STAN qui possède une longue histoire. Il cherche à réunir dans une inter­face rela­ti­ve­ment homo­gène les diffé­rentes étapes de la produc­tion. Son offre d’ins­tru­ments, d’ef­fets, de sons et de boucles est très four­nie, ce qui permet de dispo­ser dès l’ins­tal­la­tion d’un envi­ron­ne­ment complet. Le logi­ciel est proposé sur Mac et dans une version adap­tée à l’iPad. Sa fenêtre prin­ci­pale rassemble l’ar­ran­ge­ment, les éditeurs et la table de mixage. Les outils plus détaillés restent acces­sibles au besoin, sans être tous affi­chés en perma­nence. Cette orga­ni­sa­tion peut faci­li­ter la prise en main, mais certaines fonc­tions avan­cées sont moins immé­dia­te­ment visibles. Même si Logic Pro adopte lui aussi une orga­ni­sa­tion prin­ci­pa­le­ment linéaire, il ne se limite pas à ça. La grille Live Loops permet d’or­ga­ni­ser et de déclen­cher des cellules et des scènes avant de les inté­grer au morceau. Le logi­ciel propose aussi des outils d’ac­com­pa­gne­ment, de program­ma­tion ryth­mique, de correc­tion audio et des fonc­tion­na­li­tés MIDI pous­sées. Son prin­ci­pal obstacle reste sa dépen­dance à l’éco­sys­tème Apple. La version actuelle pour Mac exige un ordi­na­teur équipé d’une puce Apple et une version récente de macOS. 

Able­ton Live

Ableton Live 12Très popu­laire, Able­ton Live est la STAN qui a large­ment contri­bué à popu­la­ri­ser les lanceurs de clips. Elle se distingue par la coexis­tence de deux espaces de travail. L’écran Arran­ge­ment repose sur une ligne tempo­relle clas­sique, tandis que l’écran Session orga­nise les clips dans une grille. Ceux-ci peuvent être déclen­chés libre­ment, seuls ou sous forme de scènes, puis enre­gis­trés dans l’Ar­ran­ge­ment. Cette double approche permet de commen­cer un morceau sans en fixer immé­dia­te­ment la struc­ture. Elle se prête bien à l’ex­pé­ri­men­ta­tion, à l’im­pro­vi­sa­tion et à la scène, mais Live conserve les outils néces­saires à une produc­tion linéaire complète. Les instru­ments et les effets sont orga­ni­sés sous forme de chaînes dans la partie infé­rieure de l’écran. Leurs réglages restent ainsi acces­sibles sans ouvrir systé­ma­tique­ment de nouvelles fenêtres, ce qui faci­lite les mani­pu­la­tions rapides et permet de suivre assez faci­le­ment le trajet du signal. En revanche, la console de mixage n’offre pas une vue d’en­semble de tous les trai­te­ments appliqués aux diffé­rentes pistes, ce qui peut être gênant lors des sessions de mixage les plus pous­sées. L’in­té­gra­tion avec Push consti­tue aussi l’un des grands points forts d’Able­ton Live. Le contrô­leur permet de jouer des instru­ments, de program­mer des rythmes, de déclen­cher des clips et de pilo­ter une grande partie du logi­ciel. L’édi­tion Suite comprend Max for Live, un envi­ron­ne­ment qui permet d’uti­li­ser ou de conce­voir des instru­ments, des effets et de nombreux outils supplé­men­taires.

Fender Studio Pro (ex Preso­nus Studio One)

Fender Studio Pro 8

Fender Studio Pro succède à Studio One et en conserve les prin­ci­paux fonde­ments. Son inter­face repose large­ment sur le glis­ser-dépo­ser. Les instru­ments, les effets et les fichiers audio peuvent être ajou­tés depuis le navi­ga­teur, puis dépla­cés direc­te­ment vers les pistes ou les canaux concer­nés. Le logi­ciel est unani­me­ment reconnu pour son ergo­no­mie exem­plaire et la cohé­rence de son envi­ron­ne­ment de travail. Fender Studio Pro propose plusieurs espaces qui peuvent commu­niquer entre eux. La page Morceau accueille l’en­re­gis­tre­ment, l’ar­ran­ge­ment et le mixage. La page Projet est consa­crée au maste­ring et permet de réunir plusieurs morceaux. La page Show sert à construire un set pour la scène à partir de morceaux, de pistes d’ac­com­pa­gne­ment, d’ins­tru­ments et d’ef­fets. La page Morceau comprend aussi une piste d’ac­cords, des fonc­tions d’édi­tion audio et un lanceur de clips. Le Scratch Pad fait office de bloc-notes et permet de tester d’autres arran­ge­ments sans modi­fier la version prin­ci­pale du morceau. Les versions récentes intègrent égale­ment plusieurs fonc­tions repo­sant sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle, comme un assis­tant capable de four­nir des indi­ca­tions tech­niques ou créa­tives direc­te­ment dans la STAN. Enfin, l’in­té­gra­tion avec les inter­faces et les contrô­leurs issus de l’éco­sys­tème PreSo­nus, désor­mais commer­cia­li­sés sous la marque Fender, peut aussi entrer en compte dans le choix du logi­ciel.

Bitwig Studio

Bitwig Studio

Bitwig Studio combine un arran­geur linéaire et un lanceur de clips, deux espaces acces­sibles au sein d’un même projet. Un clip peut ainsi être déclen­ché depuis le lanceur, placé sur la ligne tempo­relle ou déplacé de l’un à l’autre. Si cette orga­ni­sa­tion rappelle celle d’Able­ton Live, ce n’est pas un hasard, puisque Bitwig a été conçu par d’an­ciens déve­lop­peurs d’Able­ton. Bitwig possède pour­tant sa propre person­na­lité, construite autour de la modu­la­tion et de la concep­tion sonore. Presque tous les para­mètres de ses instru­ments, de ses effets et des fonc­tion­na­li­tés de la STAN (comme par exemple le tempo) peuvent rece­voir des modu­la­teurs (LFO, enve­loppes, séquen­ceurs, suiveurs de signal…). The Grid prolonge cette approche avec un envi­ron­ne­ment modu­laire destiné à construire des synthé­ti­seurs, des effets et des géné­ra­teurs de notes. Il n’est pas indis­pen­sable pour utili­ser Bitwig, mais repré­sente une part impor­tante de son iden­tité. Aussi, Bitwig permet d’ou­vrir plusieurs projets simul­ta­né­ment et de trans­fé­rer des pistes, des clips ou des péri­phé­riques entre eux. Point impor­tant, en plus de fonc­tion­ner sous Windows et macOS, Bitwig Studio fonc­tionne égale­ment sous Linux. Plusieurs éditions sont propo­sées, avec des diffé­rences concer­nant les outils, les conte­nus et certaines fonc­tions avan­cées.

Image-Line FL Studio

Image Line FL StudioTrès appré­cié des produc­teurs de rap et de techno, FL Studio conserve une orga­ni­sa­tion héri­tée de ses débuts comme séquen­ceur à patterns. Le Chan­nel Rack réunit les instru­ments et propose un séquen­ceur pas à pas adapté à la créa­tion de rythmes. Les patterns obte­nus sont ensuite placés dans la Play­list, aux côtés des clips audio et des auto­ma­tions. Le logi­ciel ne repose donc pas exac­te­ment sur la rela­tion habi­tuelle entre une piste de l’ar­ran­geur et un canal de mixage. Les instru­ments, les patterns, les clips de la Play­list et les voies de la console peuvent être asso­ciés assez libre­ment. Cette souplesse demande de comprendre la logique propre à FL Studio, mais permet d’or­ga­ni­ser le projet de diffé­rentes manières. Son piano roll dispose d’un grand nombre d’ou­tils pour modi­fier, arti­cu­ler ou géné­rer des notes. Avec le séquen­ceur pas à pas et les clips d’au­to­ma­tion, il occupe une place centrale dans la méthode de compo­si­tion du logi­ciel. FL Studio propose aussi l’en­re­gis­tre­ment et l’édi­tion audio, le mixage, la sépa­ra­tion en stems et un ensemble d’ins­tru­ments et d’ef­fets dont l’éten­due dépend de l’édi­tion choi­sie. À noter, la licence inclut les mises à jour à vie de l’édi­tion ache­tée, sans paie­ment supplé­men­taire. Cette poli­tique ne signi­fie toute­fois pas que tous les instru­ments publiés par Image-Line sont four­nis avec chaque version. Leur répar­ti­tion varie entre les diffé­rentes éditions.

Reason Studios Reason

Reason 14Reason se distingue par son Rack, qui repré­sente les instru­ments, les effets et les utili­taires sous la forme d’ap­pa­reils maté­riels virtuels. Ceux-ci peuvent être empi­lés et reliés entre eux, tandis que leur face arrière donne accès aux connexions audio et de contrôle. Le câblage est effec­tué auto­ma­tique­ment dans les situa­tions courantes, mais peut être modi­fié pour construire des routages plus person­nels. Elle favo­rise aussi les détour­ne­ments, les modu­la­tions et les asso­cia­tions entre appa­reils. Le Rack est accom­pa­gné d’un séquen­ceur, d’une console de mixage et des fonc­tions néces­saires à l’en­re­gis­tre­ment audio et MIDI. Reason peut fonc­tion­ner comme une STAN auto­nome, mais son Rack existe égale­ment sous forme de plug-in VST3, Audio Units et AAX. Les instru­ments et les effets de Reason peuvent donc être utili­sés à l’in­té­rieur d’une autre STAN, sans adop­ter son séquen­ceur ni son envi­ron­ne­ment de mixage. Le logi­ciel s’adresse surtout aux personnes atti­rées par son ensemble d’ap­pa­reils et sa manière de repré­sen­ter le studio. Sa logique visuelle reste immé­dia­te­ment iden­ti­fiable, même si son séquen­ceur s’est rappro­ché au fil du temps des outils propo­sés par les autres STAN.

Avid Pro Tools

Avid ProtoolsPro Tools reste étroi­te­ment asso­cié aux studios d’en­re­gis­tre­ment, au montage audio et à la post­pro­duc­tion. Son orga­ni­sa­tion repose sur deux fenêtres prin­ci­pales, l’une consa­crée à l’édi­tion et l’autre au mixage. Le logi­ciel accorde une grande place au routage, à l’en­re­gis­tre­ment multi­piste et au travail sur de nombreuses prises. Ses outils d’édi­tion audio permettent de réali­ser des montages précis et de retra­vailler plusieurs pistes simul­ta­né­ment. Pro Tools dispose aussi de fonc­tions MIDI, d’ins­tru­ments virtuels et d’ou­tils de compo­si­tion, même si ces aspects occupent une place moins centrale dans son fonc­tion­ne­ment que dans certaines autres STAN. Le logi­ciel prend en charge le format de plug-ins AAX et s’in­tègre à l’éco­sys­tème maté­riel d’Avid, composé de surfaces de contrôle, d’in­ter­faces et de systèmes DSP. Il peut toute­fois être utilisé avec les inter­faces audio d’autres fabri­cants. Ses fonc­tions de synchro­ni­sa­tion, de travail à l’image et de mixage immer­sif expliquent aussi sa présence dans de nombreux envi­ron­ne­ments de post­pro­duc­tion. Pro Tools est proposé sous plusieurs formes, de la version gratuite Intro aux éditions desti­nées à la produc­tion musi­cale et à la post­pro­duc­tion. Avid commer­cia­lise des abon­ne­ments, mais aussi des licences perma­nentes accom­pa­gnées d’une année de mises à jour et d’as­sis­tance. Il faut donc véri­fier les fonc­tions, les limites de pistes et le mode de licence de chaque édition avant de choi­sir.

Cockos REAPER

Cockos ReaperREAPER se distingue par sa légè­reté, sa souplesse et ses très nombreuses possi­bi­li­tés de person­na­li­sa­tion. Le logi­ciel prend en charge l’en­re­gis­tre­ment, l’édi­tion et le mixage audio et MIDI, mais son fonc­tion­ne­ment repose moins sur un ensemble d’ou­tils impo­sés que sur une inter­face que l’on peut adap­ter à ses besoins. Les raccour­cis, les menus, les barres d’ou­tils, l’ap­pa­rence et de nombreux compor­te­ments peuvent être modi­fiés. Cette liberté consti­tue l’un de ses prin­ci­paux atouts, mais aussi une diffi­culté pour les débu­tant·e·s. REAPER peut sembler austère lors des premières utili­sa­tions et demande parfois davan­tage de confi­gu­ra­tion que d’autres STAN avant de corres­pondre plei­ne­ment à une méthode de travail. En contre­par­tie, les scripts, les exten­sions et les thèmes permettent d’en modi­fier profon­dé­ment l’er­go­no­mie et les fonc­tions. Le logi­ciel est aussi appré­cié pour son routage et sa souplesse. Une même piste peut accueillir de l’au­dio, du MIDI ou de la vidéo, servir de bus ou rece­voir plusieurs canaux. Cette orga­ni­sa­tion très libre convient aussi bien à l’en­re­gis­tre­ment multi­piste qu’au mixage, au sound design ou à la post­pro­duc­tion. REAPER inclut égale­ment de nombreux effets, mais peu d’ins­tru­ments virtuels et de conte­nus sonores compa­ra­ti­ve­ment à certaines autres STAN. Cockos ne propose qu’une seule version, sans limi­ta­tion fonc­tion­nelle selon le tarif. La licence à prix réduit et la licence commer­ciale donnent accès au même logi­ciel, seul le profil d’uti­li­sa­tion déter­mine le prix. Une licence REAPER 7 comprend les mises à jour jusqu’à la version 8.99, et la version complète peut être évaluée gratui­te­ment pendant 60 jours.

Comment choi­sir sa STAN : ce qu’il faut rete­nir

Choi­sir une STAN ne consiste plus vrai­ment à trou­ver celle qui possède le plus de fonc­tions. La plupart permettent aujour­d’hui d’en­re­gis­trer, de compo­ser, d’édi­ter et de mixer dans de bonnes condi­tions. Les diffé­rences tiennent surtout à leur orga­ni­sa­tion, à leur ergo­no­mie et à la manière dont elles accom­pagnent le travail. Un logi­ciel peut sembler plus simple parce que ses outils corres­pondent à vos habi­tudes, tandis qu’un autre deman­dera davan­tage de temps avant de deve­nir natu­rel. Le contenu fourni, la compa­ti­bi­lité avec votre maté­riel, le tarif et la poli­tique de mise à jour restent impor­tants, mais ils ne remplacent pas l’ex­pé­rience d’uti­li­sa­tion. Les versions d’es­sai sont donc le meilleur moyen de dépar­ta­ger plusieurs STAN. Quelques jours suffisent souvent pour véri­fier si l’in­ter­face, les raccour­cis et la logique géné­rale conviennent à votre manière de compo­ser, d’en­re­gis­trer ou de mixer. Une fois ces habi­tudes instal­lées, chan­ger de logi­ciel demande du temps. Mieux vaut donc choi­sir celle dans laquelle vous avez envie de travailler, plutôt que celle dont la fiche tech­nique paraît la plus complète. Ainsi, la meilleure STAN, c’est… la sienne. Celle que l’on maîtrise, dont on connaît les outils et avec laquelle on travaille effi­ca­ce­ment. 

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