Un enregistrement réussi implique de trouver le micro en adéquation avec la source que l'on compte enregistrer. Or, des micros, il en existe des milliers et pour choisir le bon, quelques connaissances techniques s'imposent, d'où ce dossier...
Tous les micros sont conçus dans un même but : convertir des variations de pression sonore (l’air qui vibre) en signaux électriques, ce qui est le propre d’un transducteur. Or, plusieurs technologies existent pour cela, chacune présentant ses avantages propres et ses inconvénients, en fonction de l’emploi du micro : on n’utilisera pas en effet le même microphone en fonction de la source à capter (de son spectre comme de l’amplitude sonore qu’elle déploie), du contexte (live, studio, etc.) ou de la finalité (sonorisation ou enregistrement).
L’objectif de ce dossier est donc de passer en revue les mérites de divers types de micros en nous attardant sur des aspects aussi divers que la taille de la capsule, la directivité, les composants électroniques, etc. Et pour commencer, on soulignera d’abord qu’il existe aujourd’hui trois principaux types de microphones en fonction de la technologie qu’ils utilisent :
- Les micros dynamiques
- Les micros à ruban
- Les micros à condensateur
Chacun d’entre eux présente des caractéristiques uniques appropriées pour diverses applications, sachant qu’il est important de le souligner : il n’y a pas une technologie qui soit meilleure qu’une autre. Tout dépend en effet de la finalité poursuivie, de la source sonore et de son contexte.
Les microphones dynamiques
Solides, capable d’encaisse de grosses pressions acoustiques et résistant bien au larsen comme aux bruits de manipulation, ce sont des micros tout terrain, aussi à l’aise sur scène qu’en studio. Ils ont en outre l’avantage d’être généralement moins onéreux que les micros à ruban ou les micros à condensateurs à gamme équivalente.
Comment fonctionne un micro dynamique ?

déplaçant le diaphragme entraîne l’action d’une
bobine mobile située dans le champ magnétique
afin de produire un signal électrique.
Le fonctionnement des micros dynamiques, appelés aussi microphones à bobine mobile, est le plus simple à comprendre. Cette technologie classique fonctionne à l’inverse de celle des haut-parleurs ordinaires. Un diaphragme en plastique ou en métal est fixé à une bobine en cuivre, située dans un champ magnétique. Les ondes sonores qui percutent le diaphragme provoquent son déplacement, qui entraîne à son tour celui de la bobine située dans le champ magnétique. Les variations magnétiques qui en résultent se traduisent par des variations électriques correspondant généralement aux variations physiques de l’onde sonore d’origine.
Du fait de la nécessité de fixer la bobine directement au diaphragme, les diaphragmes des micros dynamiques sont plus épais. En conséquence, l’enregistrement est moins précis qu’avec des microphones à ruban ou à condensateur (voir plus loin). Ces mêmes spécificités de conception permettent toutefois de tirer parti de la plus grande quantité de pression sonore possible avant distorsion et procurent la plus haute résistance qui soit aux mauvais traitements. Les micros dynamiques sont également les plus faciles et les moins onéreux à fabriquer. Par ailleurs, ils ont tendance à colorer le son entre 5 kHz et 10 kHz, et donnent un son plus fin dès lors qu’ils sont à plus de 30cm de distance de la source sonore.
Pour quoi utilise-t-on un micro dynamique ?

N’allez pas croire toutefois qu’on ne les trouve pas en studio car leur aptitude à encaisser de fortes pressions acoustiques en fait des capteurs de prédilection pour l’enregistrement des batteries, des cuivres ou des amplis basse et guitare. Mais on les utilise aussi pour la voix, que ce soit pour capter un chanteur qui veut chanter micro à la main (comme Mick Jaeger utilisant le SM58 sur l’album Voodoo Lounge des Rolling Stones) ou veut pouvoir hurler sans risque de saturation… Enfin, nombre d’artistes préfèrent certains dynamiques à large membrane, initialement pensés pour la radio et l’univers broadcast, aux micros à rubans ou condensateurs : c’est ainsi que le Shure SM7, grande star des podcasters, a recueilli la voix de Michael Jackson sur Thriller tandis que l’Electrovoice RE-20 demeure le micro de prédilection de Thom Yorke ou Stevie Wonder…
Ainsi que ce comparatif de microphones dynamiques à larges membranes.
Les microphones à ruban
Moins populaires que les microphones dynamiques et les microphones à condensateurs, les microphones à ruban sont proches dans leur fonctionnement des micros dynamiques à bobine mobile mais sont à la fois bien plus sensibles comme plus fragiles que ces derniers, de sorte qu’on ne les trouve généralement qu’en studio.
Comment fonctionne un micro à ruban ?

vibrer une fine bande de métal à l’intérieur d’un
champ magnétique, afin de produire un courant.
Les micros à ruban constituent un autre type de microphone dynamique, différent cependant des micros à bobine mobile : une très fine bande de métal suspendue entre les pôles d’un puissant aimant bouge en réaction aux ondes sonores, traversant ainsi le champ magnétique et déclenchant la création d’un flux d’électrons.
La sortie basse tension qui en résulte est envoyée, en général, via un transformateur par changement de tension, vers le câble du micro. La très faible épaisseur du ruban fait que ce type de micro est très sensible, en particulier dans le cas de fréquences sonores extrêmement basses, ce qui limite leur usage à des cas particuliers
Pour quoi utilise-t-on un micro à ruban ?

À l’instar des micros dynamiques à bobine mobile, les micros à ruban colorent le son et pour cette raison, ils sont fréquemment utilisés pour réchauffer les sons claironnants (Ils sont parfaits pour enregistrer les saxophones par exemple) comme pour effectuer des prises de voix où la douceur de leurs aigus comme leur bonne réponse dans le bas du spectre fera souvent des merveilles. Ils ont par ailleurs tendance à générer des sorties de niveau très bas, ce qui nécessite un gain électronique plus élevé et donc des préamplificateurs de haute qualité pour éviter de relever le bruit de fond.
N’hésitez pas à consulter ce comparatifs de microphones à ruban pour en savoir plus.
Les microphones à condensateur
Utilisés en studio la plupart du temps, même si depuis quelques années, on voit sortir de plus en plus de micros à condensateurs pensés pour répondre aux contraintes du live, les microphones à condensateurs sont aussi appelé « microphones électrostatiques » voire simplement « statiques ». Ce sont a priori les microphones les plus sensibles et ceux qui offrent la plus large réponse en fréquence. Ils sont aussi plus ou moins onéreux suivant les cas…
Comment fonctionne un microphone à condensateur ?

percutant le diaphragme modifient la capacitance
dans le champ entre le diaphragme chargé et la
plaque arrière.
Les microphones sont dotés d’un mince diaphragme conducteur qui est suspendu au-dessus d’une plaque arrière, ce qui forme un fin condensateur flexible. Lorsque les ondes sonores stimulent le diaphragme, la distance entre ce dernier et la plaque arrière varie, ce qui fait varier la capacitance. Cette variation produit à son tour une variation de la tension qu’un circuit convertit en un signal envoyé au préamplificateur. La puissance requise par ce type de micro est assurée par l’alimentation fantôme 48 volts, fournie en général par le préampli.
Les diaphragmes des micros à condensateur sont en métal extrêmement fin ou en plastique métallisé d’une épaisseur similaire à celle des films plastiques alimentaires. Cette finesse donne à la bande passante des micros à condensateur une très grande précision et rend ces derniers extrêmement sensibles aux transitoires, par exemple au premier son de claquement produit par une baguette sur une caisse claire. Outre le fait que les micros à condensateur sont ceux qui transmettent le moins de coloration acoustique, le champ de leur sensibilité est bien plus étendu que celui d’autres micros, permettant ainsi davantage de souplesse. Cette meilleure sensibilité donne aussi la possibilité à l’ingénieur du son de mieux capter l’ambiance de la pièce, chose qui peut considérablement contribuer au réalisme de l’enregistrement.

La technologie des condensateurs étant plus sophistiquée et demandant un temps de fabrication plus long que celle des micros dynamiques, les condensateurs de bonne qualité sont comparativement plus onéreux.
Pour quoi utilise-t-on un micro à condensateur ?
Les micros à condensateur sont idéaux pour enregistrer tous les instruments qui réclament un maximum de détail, à plus forte raison quand le registre aigu est important. Ils sont donc des micros de prédilection pour enregistrer les voix, les guitares acoustiques, les pianos, et de manière plus globale tous les instruments acoustiques, tant qu’on les garde à distance des instruments développant une trop grande pression acoustiques. Notez qu’on les utilise aussi pour capter l’acoustique des pièces : on parle alors de micro d’ambiance.
Il est important d’ailleurs de souligner que dans de très nombreux cas, on recourt lors de la prise de son à des micros aux technologies différentes pour leur complémentarité : un microphone dynamique peut ainsi être utilisé au plus près d’une trompette dont il encaissera sans problème le fort volume, tandis qu’un ou deux mètre plus loin, un micro à condensateur offrira un point de vue complémentaire à la prise de proximité, offrant plus d’air, d’espace et un grave plus développé. L’ingénieur du son pourra de la sorte doser le son issu de chaque microphone pour obtenir le parfait équilibre sonore…
Taille des capsules

Habituellement, le rapport signal-bruit du micro dans son ensemble est en partie fonction de la taille du diaphragme. Plus la taille du diaphragme est importante, plus sa sensibilité potentielle à la pression sonore est grande et plus le signal en sortie est puissant. En conséquence, les grands diaphragmes présentent fondamentalement de meilleurs rapports signal / bruit que les petits diaphragmes.
Capsules de petite taille
Généralement, on parle de capsules de petite taille lorsque le diamètre de leur diaphragme mesure moins d’environ 1,25 cm. De manière indiscutable, elles sont extrêmement précises dans toute la gamme audible allant de 20 Hz à 20 kHz. Cependant, le faible rapport signal-bruit des petites capsules implique de recourir à des ruses électroniques et les rend plus utiles pour la prise de mesures que pour l’enregistrement.
Capsules de taille moyenne
Les diaphragmes des capsules de taille moyenne mesurent environ entre 1,25 cm et 2 cm. Lorsqu’elles sont correctement conçues et fabriquées, elles présentent généralement une bande passante plate allant d’environ 20 Hz à 18 kHz. Leurs diaphragmes sont également suffisamment gros pour générer des rapports signal-bruit tout à fait acceptables dans le cadre d’une utilisation professionnelle. Parmi les micros à capsule de taille moyenne de la marque Groove Tubes, par exemple, on trouve le GT33 et le GT44, dont la capsule mesure 2 cm.
Capsules de grande taille
Les diaphragmes des capsules de grande taille mesurent de 2 cm à 2,5 cm, voire plus encore*. Les diaphragmes les plus gros générant habituellement de meilleurs rapports signal-bruit et une plus grande sensibilité, sans que l’application de gain supplémentaire ne soit nécessaire, on considère généralement que plus ils sont gros, mieux cela vaut. Les grandes capsules génèrent également des basses fréquences plus précises, chose qui s’apprécie sur le papier lors de tests en laboratoire, mais aussi et surtout à l’écoute. Les capsules de grande taille présentent un effet de proximité (particulièrement avec la directivité cardioïde) qui se traduit par le fait que le son devient plus “explosif” à mesure qu’elles sont approchées de la source sonore. Parmi les micros Groove Tubes à gros diaphragme, on trouve les modèles 1B, 1B-FET, GT55, GT57, GT66 et GT67.
Comme pour les haut-parleurs et les diaphragmes de grande taille (voir plus haut), la bande passante des grandes capsules a tendance à tomber à partir de 14 kHz. Cette déficience, qui peut être acceptable dans bien des cas, peut générer un manque d’éclat avec les sources sonores contenant de nombreuses hautes fréquences.
* Sachez que, pour des raisons de marketing, chaque fabricant fixe des catégories de taille différentes de celles de ses concurrents. L’important est donc de connaître le diamètre du diaphragme.
Extension de la réponse en fréquences élevées des micros à grande capsule
L’atténuation des hautes fréquences entraînée par les micros à grand diaphragme pose un problème que les concepteurs de micros cherchent à résoudre depuis des années. Ce problème est fondamentalement le suivant : les diaphragmes les plus gros ont une masse supérieure aux diaphragmes les plus petits; il leur est donc plus difficile de réagir aux ondes sonores haute fréquence, qui vibrent plus rapidement.
L’une des solutions employées par certains fabricants est de couper les autres fréquences, puis de renforcer le signal dans son ensemble. L’inconvénient de cette solution est que cela requiert l’emploi de davantage de composants électroniques, ce qui en général augmente le bruit de fond au niveau du circuit. Les ingénieurs de Groove Tubes ont trouvé un moyen d’étendre la réponse hautes fréquences qui ne comporte pas cet inconvénient : le « Disk Resonator » (en français, résonateur sphérique), qui est une sorte de petit parapluie en cuivre, placé au centre des diaphragmes de nos micros à grosse capsule GT57 et GT67. Il sert à renforcer légèrement la sensibilité du diaphragme aux ondes sonores les plus courtes, ce qui permet à ce dernier de réagir de manière plus précise aux hautes fréquences.
Directivités

et basses, un signal de sortie plus ou moins grand, en
fonction de l’augmentation de la distance entre le
microphone et la source sonore.
Le terme directivité est employé pour décrire la réaction d’un micro aux sources sonores provenant de plusieurs directions. Chacune des directivités a sa place et son utilisation dans le processus d’enregistrement.
Veuillez noter que la définition classique de la directivité s’applique le mieux lorsque les sons atteignent le micro dans l’axe, c’est-à-dire lorsqu’ils sont perpendiculaires à la surface plane du diaphragme. En général, plus les fréquences sont hautes, plus les micros deviennent “directionnels”. Autrement dit, les capsules sont généralement moins sensibles aux hautes fréquences qui ne sont pas dans l’axe.
Ce phénomène est habituellement plus significatif avec les grosses capsules qu’avec les petites.
Directivité cardioïde

sur l’un des deux côtés de la capsule tandis
que les directivités omni sont sensibles aux
sons provenant de toutes les directions.
La directivité cardioïde est probablement la plus répandue. C’est sa ressemblance avec la forme d’un cœur qui lui a donné son nom.
Les microphones cardioïdes sont unidirectionnels, c’est-à-dire qu’ils reçoivent le son principalement à l’avant de la capsule. L’arrière de la capsule rejette les sons qui lui parviennent, permettant ainsi à l’ingénieur du son d’isoler la source des signaux d’autres sons et bruits de fond.
Les diagrammes cardioïdes présentent généralement un effet de proximité (remarquable davantage avec les capsules les plus grosses) c’est-à-dire, un accroissement des fréquences moyennes-basses à mesure que la distance entre la source sonore et le micro se réduit. L’effet de proximité est plus significatif lorsque l’on est en présence de grosses capsules et de fréquences basses.
Directivité omni
Comme son nom le suggère, le diagramme omnidirectionnel ou “omni” recueille les sons provenant de toutes les directions avec la même précision. Les micros omnidirectionnels permettent de capturer la résonance de la salle ainsi que la source sonore, et produisent un son plus ouvert comparé à la qualité de captation plus “directionnelle” des cardioïdes. L’omni offre d’excellents résultats avec les ensembles vocaux, les effets sonores et les instruments acoustiques au son réaliste, lorsque la dimension acoustique de l’environnement d’enregistrement est souhaitable.
L’omni fournit également un effet de proximité bien moins important que les cardioïdes.L’une des conséquences est qu’il est quelque peu moins sensible aux mouvements d’un chanteur agité par exemple. Une autre conséquence est qu’il requiert moins d’égalisation. Comme mentionné plus haut, toutefois, si les omnis sont capables de capturer les sons dans un rayon de 360 degrés, ils ont tendance à devenir plus directionnels à mesure que les fréquences augmentent, et ce particulièrement avec les grandes capsules.
Directivité en 8 (appelée aussi figure en 8 ou bidirectionnelle)

opposées et permettent de rejeter fortement les
sons hors axe venant à 90 degrés tandis que la
directivité super-cardioïde est encore plus
focalisée que la cardioïde.
La directivité en 8 ou bidirectionnelle est sensible sur les deux faces opposées du micro et rejette les sons venant sur les côtés. Comme les directivités cardioïdes, elle présente un effet de proximité.
Le diagramme en 8 est parfait pour l’enregistrement de duos ou d’interviews face à face avec un seul micro. Le rejet latéral des sons à –40dB est également idéal pour isoler un instrument tel qu’une caisse claire du reste d’une batterie.
En outre, ce type de directivité est l’un des éléments clé de la prise de son M/S (mid-side), une technique d’enregistrement stéréo avancée que nous évoquerons dans un autre dossier sur les microphones.
Directivité super-cardioïde
La directivité super-cardioïde présente un champ de sensibilité encore plus étroit que le diagramme cardioïde classique et s’utilise pour les enregistrements très “focalisés”. Il est parfait lorsque l’on souhaite capturer le point d’enregistrement idéal d’instruments tels que le piano ou certains éléments de la batterie. Les super-cardioïdes sont également parfaits pour les enregistrements en direct, où il est très important d’isoler les différentes sources, par exemple quand il s’agit d’éviter que les signaux de la voix et de l’instrument joué par le chanteur “débordent” l’un sur l’autre.
Microphones à directivité fixe vs microphones multidirectivité

deux cardioïdes sont combinées de
différentes manières afin de créer
d’autres directivités.
Avec les cardioïdes, des ouvertures à l’arrière de la capsule produisent les effets physiques d’un diagramme unidirectionnel. Il s’agit donc d’une directivité fixe.Les micros dont la fabrication est la moins onéreuse sont les micros à directivité fixe.
En scellant l’arrière de la capsule on peut obtenir une autre directivité fixe, en ce cas ci un diagramme omnidirectionnel.
Les super-cardioïdes emploient quant à eux une architecture différente.
Dans la plupart des cas, le bloc électronique étant différent d’une directivité à l’autre, il est difficile de produire des micros à capsules interchangeables.
Pour intégrer plusieurs directivités dans un seul micro, le secret est de placer deux cardioïdes dos à dos tout en utilisant diverses astuces électroniques.
Une directivité omnidirectionnelle peut être obtenue en reliant deux cardioïdes dos à dos en phase l’un avec l’autre. Ces deux mêmes cardioïdes, opposés et reliés de manière déphasée, donnent un diagramme en 8 ou bidirectionnel*. En procédant au réajustement de la polarité et du niveau de sortie, on obtient un super-cardioïde.

hautes fréquences hors axes (voir exemple omni).
Si deux blocs diaphragme/plaque arrière haute qualité augmentent le coût, c’est une solution qui offre les meilleures performances en directivité et qui revient bien moins cher que d’acheter plusieurs micros afin de disposer d’un choix de directivités.
Les micros à gros diaphragme de Groove Tubes intègrent ce type de capsule. Le GT57 et le GT67 emploient une paire opposée de blocs diaphragme/plaque arrière, permettant ainsi la sélection de plusieurs directivités à l’aide d’interrupteurs placés sur le corps des micros. Les modèles GT55 et GT66 sont des cardioïdes fixes qui utilisent chacun un seul bloc diaphragme/plaque arrière.
* Conseil : sachez que le câblage déphasé des deux côtés d’une capsule en 8 peut jouer des tours aux profanes. Un côté peut sonner de manière étrange pour le chanteur monitorant le signal du micro à l’aide d’un casque. La raison est que l’un des deux côtés du micro est en phase avec l’interprète (ce qui renforce sa perception de sa propre voix) et l’autre ne l’est pas. Les meilleurs résultats de monitoring sont obtenus lorsqu’on parle sur le côté qui est en phase.
Modèles à prise de son frontale vs modèles à prise de son latérale

de son frontale et latérale.
L’orientation du diaphragme dans la tête du micro détermine si la source sonore doit être placée en haut ou sur le côté du micro. Même si on ne peut parler de règle en la matière, avec les diaphragmes de taille moyenne, la prise de son se fait généralement par le haut tandis qu’avec les gros diaphragmes, la prise de son est plutôt latérale. Comme vous pouvez en déduire suite à la lecture du chapitre sur les différentes directivités, les micros à prise de son frontale ont généralement une directivité fixe (du moins lorsque leur capsule n’est pas changée) tandis que les micros à prise de son latérale donnent la possibilité de mettre leurs capsules dos à dos afin que soient créées des directivités interchangeables.
N. B. Sur les micros à prise de son latérale, le côté où se trouve le logo est le côté principal ou cardioïde.
Indépendamment des directivités utilisées, l’aspect pratique des micros à prise de son latérale et à prise de son frontale est aussi lié à la logistique. Les micros à prise de son frontale peuvent généralement trouver une place dans des endroits bien plus étroits, entre les éléments d’une batterie par exemple, que les micros à prise de son latérale. Cela explique entre autres pourquoi les ingénieurs du son professionnels ont toujours plusieurs types de micros dans leur boîte à micros !
Composants électroniques des micros
Comme nous l’avons vu précédemment, la capsule des micros est chargée de transformer les ondes sonores en signaux électriques. L’autre composant important des micros est le préamplificateur, qui traite les sons provenant de la capsule afin qu’ils puissent être transmis via un câble à un préampli ou à une console externes.
Le rôle du préamplificateur est en partie d’effectuer la conversion de l’impédance. (Consultez “Un mot à propos de l’impédance” pour davantage d’informations au sujet de l’impédance). Le transformateur d’adaptation classique des micros dynamiques ou à ruban doit convertir de l’ordre de plusieurs milliers d’ohm en environ 200 ohms, ou un demi-ohm en environ 200 ohms. Les micros à condensateur relèvent un défi d’une autre ampleur : convertir des signaux de l’ordre de deux milliards d’ohm en 200 ohms. Ce grand écart est hors de portée de la plupart des transformateurs de sortie, qui requièrent pour cela l’aide d’un amplificateur spécialisé.
Les amplificateurs et/ou transformateurs de sortie servent en quelque sorte de traducteurs. Or en audio, on attend d’une traduction qu’elle soit parfaite afin que les bandes passantes, les plages dynamiques et les rapports signal-bruit restent constants. Tout comme un traducteur professionnel est plus coûteux qu’une personne qui n’a étudié les langues étrangères qu’à l’école, les amplificateurs et transformateurs de sortie de qualité professionnelle sont plus chers que ceux de qualité ordinaire. (Un seul transformateur du genre de ceux employés pour chaque canal des consoles professionnelles peut être plus onéreux qu’un mélangeur multicanal complet bon marché).
Lampes vs transistors
Le préamplificateur peut employer soit une lampe, soit des composants solid-state, en d’autres termes des transistors. Avant de pouvoir comparer véritablement ces deux technologies, nous devons évoquer quelques concepts fondamentaux. Principalement, il existe trois manières de mesurer avec quelle précision un circuit électronique transmet le son :
- La bande passante.
- La distorsion harmonique totale (DHT ou TDH en anglais).
- La distorsion dynamique.
Le concept de bande passante est le plus facile à comprendre. La bande passante permet simplement de savoir si les hautes ou les basses fréquences sont atténuées, ou si des fréquences sont coupées ou augmentées pour créer une bande passante non linéaire. Les micros à lampes, tout comme les micros à transistors, peuvent être fabriqués sans que n’apparaissent des déficiences significatives en termes de bande passante.
En ce qui concerne la distorsion harmonique, tous les composants électroniques en génèrent une certaine quantité, c’est-à-dire qu’ils produisent des harmoniques absents de la source originale. La nature de cette distorsion harmonique dépend davantage du circuit employé que de la technologie utilisée (lampe ou transistor). Les circuits Classe A (dans lesquels tous les composants d’amplification traitent le signal dans l’ensemble) ont tendance à générer des harmoniques plus bas. Par contre, les circuits Classe B (dans lesquels les portions positives et négatives de la forme d’onde sont amplifiées par deux dispositifs distincts) produisent en général des harmoniques plus hauts. C’est pour cela qu’il semble à la plupart des gens que le son des circuits Classe A est plus “chaud”.
Cela nous mène au troisième élément, plus mystérieux, appelé distorsion dynamique, que les fabricants, faute de technologie adéquate, ne pouvaient mesurer il y a encore peu de temps. La distorsion dynamique représente la précision ou transparence, particulièrement importante au niveau du transitoire du tout début d’un son. Prenons l’exemple d’un claquement de doigts. Vous pouvez atténuer les fréquences hautes et basses et/ou insérer une grande quantité de distorsion et continuer malgré tout à percevoir le son comme celui d’un claquement de doigts. Par contre, modifiez la dynamique et ce claquement peut rapidement perdre sa sonorité caractéristique. En général, la précision de la reproduction de la dynamique peut faire la différence entre un son plein et tridimensionnel et un son plat et bidimensionnel.
Ironiquement, trouver la distorsion dynamique consiste à mesurer la partie « sans importance » du signal et de ne pas mesurer celle qui importe, c’est-à-dire celle qui agit sur une très petite partie du signal, au niveau temporel : les transitoires. Détaillons un peu… Les micros à lampes présentent une distorsion harmonique plus élevée que les micros à transistors. Pourtant, s’il est possible de mesurer la différence entre une DHT de 0,01 % et une DHT de 0,001%, entendre cette différence est a priori impossible. En revanche, il est difficile de quantifier la distorsion dynamique mais l’entendre est chose facile. Les composants électroniques des micros à transistors présentent plusieurs ordres de grandeur et davantage de distorsion dynamique que les micros à lampes. Ce facteur contribue largement au caractère authentique des enregistrements réalisés avec des micros à lampes.
Composants électroniques des microphones à lampe
Les lampes sont plus chères à fabriquer que les composants électroniques solid-state. En fait, le monde de l’audio est l’un des seuls où les lampes ont de la valeur, même face à des composants électroniques plus modernes. L’utilisation de cette obscure technologie tient quelque peu de la magie.
La vie est ainsi faite que les lampes normales sont plus bruyantes que ne le sont les transistors. Même si cela représentait un compromis acceptable compte tenu d’autres considérations telles que la distorsion dynamique, les constructeurs de microphones ont toujours travaillé à réduire le bruit généré par les lampes afin que puisse être obtenu un son le plus pur possible.
En général, plus la lampe est petite et meilleurs sont les résultats. Les grosses lampes ont une plus grande tendance à être “microphoniques”, autrement dit à générer des bruits dus aux mouvements mécaniques des pièces internes. Elles nécessitent également des tensions plus élevées, qui ont pour effet de faire monter la température de l’ensemble et donc d’accroître le bruit (provenant ici du bruit dit « thermique »).
Les micros à lampes de la plupart des fabricants intègrent des lampes 12 volts telles que la 12AX7, un ancien modèle de lampe plus bruyant lorsqu’il est incorporé à un micro. Certains constructeurs équipent les microphones d’une lampe 6 volts plus petite, plus silencieuse et plus moderne (deux fois moins de tension, deux fois moins de bruit).
Conseil : l’une des premières choses à savoir est que les produits vendus comme étant des micros à lampes ne sont pas tous équipés d’une lampe au niveau du chemin du signal principal. Certains micros bon marché très répandus intègrent des circuits solid-state peu chers, dans lesquels une lampe est placée dans la side-chain. (Sur certains modèles, il est possible de déconnecter littéralement la lampe du circuit sans que cela n’empêche le micro de fonctionner !).
En théorie, la lampe est utilisée comme une sorte de processeur permettant de “réchauffer” le son. La vérité est que ces micros sont des micros à transistors qui se font passer pour des micros à lampes de la manière la moins chère possible. Attention, donc !
Le fonctionnement des lampes impliquant des considérations physiques, les micros à lampes ont toujours dû compter avec des restrictions physiques sur la longueur de câble allant du micro au bloc d’alimentation. En conséquence, les micros à lampes sont généralement cantonnés à des câbles d’environ 4m50. Cela oblige parfois à employer des micros à transistors par exemple pour les prises de son “overhead” de batteries ainsi que pour les enregistrements à distance et d’orchestre.
Composants électroniques des microphones à transistors
Les micros à transistors ont un coût de fabrication bien moindre que les micros à lampes. C’est pourquoi on trouve ces composants dans les micros à condensateur les moins chers du marché. (Comme mentionné plus haut, certains fabricants placent des lampes de qualité médiocre – agissant comme une sorte de circuit d’effet – dans leurs micros à transistors afin de pouvoir les vendre comme des micros à lampes.)
Les composants clé de la plupart des condensateurs solid-state sont constitués par une série d’amplificateurs opérationnels. Au lieu de cela, l’ensemble des micros Groove Tubes sont munis de transistors FET (transistor à effet de champ). La logique veut que les amplis opérationnels soient préférables du fait qu’ils présentent des quantités de distorsion harmonique inférieures. Or, comme vu précédemment, si cette différence de DHT est mesurable, elle est en revanche inaudible lors d’une utilisation correcte du micro. De plus, les amplificateurs opérationnels peuvent présenter beaucoup plus de distorsion dynamique que les FET, ce qui pour le coup est tout à fait audible. Enfin, beaucoup de modèles nécessitent plusieurs amplificateurs opérationnels pour faire le travail d’un seul FET. La différence est telle que nombreux sont ceux qui estiment que le son de nos micros à transistors est comparable à celui des micros à lampes de la plupart des fabricants.
Crédits
Cet Article rédigé par Aspen Pittman, fondateur de la société de microphones Groove Tubes – et musicien avant tout !
Il a été traduit en français par la société M-Audio, adapté par Philippe Raynaud pour AudioFanzine et complété par Arnaud Cueff.




