Récemment, une nouvelle interface DVS compacte à quatre canaux a fait son entrée sur le devant de la scène. La marque précise qu’elle s'adresse aussi bien aux débutants·es en DVS qu'aux utilisateurs·ices plus expérimentés·ées. Verdict ? On passe au test !
Déballage et premières impressions de la Reloop Flux Go : format, construction et connectique
La boîte de l’interface Reloop Flux Go ne contient pas beaucoup d’accessoires : un câble USB-C, un autocollant, un petit manuel et un message de remerciement à tous les DJ qui auraient acheté cette interface. Belle consolation, ce modèle active automatiquement le logiciel Serato DJ Pro et sa fonctionnalité DVS, sans qu’aucun code d’activation ne soit nécessaire. Cependant, vous devrez tout de même acheter séparément deux vinyles de timecode et des câbles RCA supplémentaires. De plus, l’interface Reloop Flux Go fonctionne non seulement avec Serato DJ Pro, mais aussi avec tous les logiciels DJ standards : Traktor, rekordbox, Cross DJ et, enfin, Algoriddim Djay.
La Flux Go est légère comme une plume, puisqu’elle ne pèse que 168 grammes, et, avec ses dimensions de 115 × 82 × 26 mm, elle tiendrait même dans une poche de pantalon. Certes, le boîtier est en plastique, mais cela permet de gagner en légèreté. Son design est par ailleurs assez classique (les entrées d’un côté, les sorties de l’autre) et sa surface arbore le nom du produit ainsi que les logos Reloop et Serato. Toutes les prises RCA sont plaquées or et solidement fixées au châssis. La vis de mise à la terre est peut-être un peu petite, tout comme les commutateurs DIP permettant de basculer entre les différentes entrées (on aurait préféré des boutons classiques), mais c’est un compromis acceptable quand on voit le prix de l’interface. Quatre petits pieds en plastique surélèvent le châssis de quelques millimètres et évitent ainsi les rayures sur la face inférieure du boîtier. Comme il n’y a pas de revêtement en caoutchouc sur le dessous, l’appareil est un peu plus glissant que ce que l’on trouve d’habitude, notamment quand on le pose sur des surfaces lisses. Mais comme il ne devrait pas vraiment être déplacé pendant le mixage, cela n’a pas trop d’importance.
Pour les connexions, en façade, on retrouve donc des entrées RCA plaquées or, commutables phono/ligne, ainsi qu’une molette de réglage et des commutateurs DIP. Vous pouvez ainsi utiliser des platines vinyles avec signaux phono et ligne, ainsi que des lecteurs CD avec des disques timecodés, bien que ces derniers soient moins courants. À l’arrière se trouvent les sorties ligne, le port USB-C accompagné d’une LED témoin d’alimentation et la prise casque au format mini-Jack 3,5 mm. Si cette dernière n’est pas forcément nécessaire lors de l’utilisation du DVS, elle pourra s’avérer utile pour la pré-écoute du master avec la table de mixage intégrée de l’application DJ, ou lors de l’utilisation avec une STAN, par exemple. Les connexions avant et arrière sont protégées par des bords surélevés. Et enfin, un contrôle de volume pour la sortie casque est situé sur le côté gauche de la machine.
Une question nous taraude : quelles sont les différences entre la Reloop Flux Go et la Reloop Flux ? L’interface audio Reloop Flux (sans le suffixe « Go ») est plus imposante (160 × 34 × 120 mm) et, avec son boîtier métallique robuste et ses 900 grammes, pèse près de cinq fois plus que le modèle Go. Elle offre une paire d’entrées et de sorties RCA supplémentaires, un commutateur pour le mode Thru, et des indicateurs de signal LED additionnels. De plus, elle dispose d’un port USB-C supplémentaire, et de deux ports USB-A. Son prix est de 369 €, tandis que celui de la version Go est actuellement de 219 €.
C’est quoi le DVS ?
Le DVS (Digital Vinyl System) permet de contrôler des fichiers audionumériques avec des platines vinyles ou des lecteurs CD traditionnels grâce à des supports “timecodés” qui envoient un signal interprété par un logiciel DJ. Celui-ci reproduit alors en temps réel tous les gestes du DJ (lecture, scratch, pitch), ce qui permet de mixer des morceaux stockés sur ordinateur tout en conservant le feeling du vinyle. Un système DVS repose généralement sur une interface audio compatible, un logiciel DJ (Serato, Rekordbox, Traktor…) et des vinyles ou CD timecodés.
Utilisation en DVS : performances, latence et compatibilité logicielle
L’interface travaille avec une résolution de 24-bit et propose différents taux d’échantillonnage : 44,1 kHz, 48 kHz, 88,2 kHz et 96 kHz. Elle fonctionne en mode plug-and-play avec macOS et iOS. Des pilotes ASIO pour Windows sont également disponibles en téléchargement sur le site web du fabricant. Pour le test pratique DVS, nous avons connecté l’interface à nos platines vinyles et à une table de mixage classique, et connecté le tout à notre Mac via USB-C : Serato était alors prêt à l’emploi. Cependant, si vous utilisez encore Serato 3.5, cette fonctionnalité ne sera pas compatible. La version 4.0.2 ou ultérieure de Serato est requise. Au final, la marque recommande macOS 14 (au minimum) ou Windows 11, ainsi qu’un processeur Apple de la série M1, mais aussi un i5 ou un Ryzen 5 avec 8 Go de RAM. Pour les tâches exigeantes, telles que le scratch à faible latence, un Mac équipé d’un processeur M1 ou supérieur est recommandé, ou bien un i9 ou un Ryzen 7 sur PC, avec 16 Go de RAM.
Lors de notre test (sur un vieux Mac avec 8 Go de RAM), nous avons initialement configuré les paramètres audio à 256 échantillons de latence (4 ms), puis à 128 échantillons (2 ms). Nous avons pu travailler sans problème avec ces paramètres et n’avons rencontré aucune difficulté en pratique. Le test de performance a donc été plutôt concluant. La manipulation des disques est parfaitement retranscrite, et on oublie très rapidement qu’une interface est là. La latence est imperceptible, et tout fonctionne très bien. Nous pouvons également attester des excellentes caractéristiques sonores et de la transparence de l’interface, qui délivre un son de qualité, avec énormément de dynamique, sans aucun problème ni aucun décrochage intempestif. On regrette seulement qu’à part la LED d’alimentation, l’appareil ne comporte aucune autre LED d’indication de signal (flux audio, par exemple).
Reloop Flux Go : usages, profils utilisateurs et positionnement
Bien que l’interface soit principalement axée sur l’usage de Serato et du DVS, ciblant ainsi les scratcheurs·ses, elle reste une excellente option pour les utilisateurs·ices de logiciels alternatifs. D’autant plus que le marché des interfaces audio DVS est extrêmement restreint. Ainsi, pour les passionnés·ées de tables de mixage analogiques à curseurs rotatifs qui aiment mixer des morceaux numériques, ou hésitent à investir dans des lecteurs supplémentaires, la Flux Go pourrait être une option à considérer.
Test avec Algoriddim djay sur mobile : autonomie et configuration
Une utilisation avec un smartphone ou une tablette est aussi possible. Nous avons testé l’interface avec les appareils mobiles suivants : un iPhone 13 (avec un adaptateur USB-C vers USB-A) et un iPad (via USB-C). Cependant, dans ce genre de configuration, la fonction de charge des appareils est évidemment perdue, et il faut tenir compte de l’autonomie restante pour s’amuser sans risque.
Par défaut, djay configure la latence de notre iPad à 256 échantillons par seconde, bien que les options 128 et 64 soient également disponibles. Nous avons choisi le réglage intermédiaire, et le test s’est déroulé sans problème. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’on peut vraiment mixer en toute autonomie, en configurant les sorties Master et casque sur l’interface, pour pouvoir pré-écouter les morceaux avant de les envoyer dans le mix. D’ailleurs, précisons au passage que la sortie casque offre un son clair et puissant.
Utilisation avec Ableton Live et autres STAN : enregistrement et production
L’interface Flux Go fonctionne également très bien comme interface pour Ableton Live, et autres logiciels similaires. Ses performances sont remarquables, notamment pour une utilisation mobile. Grâce à ses connexions pour platines vinyles et son entrée ligne, il est possible d’enregistrer ou d’échantillonner des vinyles sur PC ou Mac à l’aide de n’importe quel éditeur audio.
Passer la Flux Go en entrée ligne permet également d’enregistrer l’intégralité de votre set DJ, par exemple, via la sortie d’enregistrement d’une table de mixage. Même si cela est tout aussi possible avec des interfaces audio moins chères, ou des produits spécifiquement conçus à cet effet, c’est un atout supplémentaire qui vient compléter l’arsenal des possibilités de l’interface.












