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Pédago
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Réaliser ses propres mashups - DJing : techniques de base

Les mashups, par leur mélange de plusieurs morceaux différents, permettent non seulement de redonner vie à des titres oubliés, mais aussi d’apporter à votre DJ set une touche créative unique et mémorable. Voici quelques conseils pour vous aider à démarrer !

Réaliser ses propres mashups : DJing : techniques de base

Qu’est-ce qu’un mashup en DJing ?

Un mashup consiste à combi­ner plusieurs morceaux ensemble afin d’en créer un nouveau. En matière de style et de sélec­tion, votre imagi­na­tion sera la seule limite. Vous pour­rez choi­sir la version a cappella d’un morceau avec la partie instru­men­tale d’un autre, ou carré­ment deux morceaux complets ensemble, etc. De nos jours, cela peut paraître banal, mais, en réalité, il existe quelques règles tacites pour exécu­ter un mashup de qualité.

Origine et histoire du mashup : des boot­legs aux charts

En 1988, le premier mashup offi­ciel signé en maison de disque, et diffusé sur les ondes, boule­versa les charts euro­péens : « Docto­rin’ In the Tardis » de The Time­lords. Derrière ce succès se trou­vait en réalité le célèbre duo d’acid house britan­nique KLF, qui a eu l’idée de fusion­ner le thème de la série Doctor Who avec les titres « Rock and roll Part II » de Gary Glit­ter, et « Block­bus­ter » du groupe Sweet.

Natu­rel­le­ment, le duo n’avait pas demandé l’au­to­ri­sa­tion aux artistes concer­nés (à l’époque, le « clea­ring » des samples et la redis­tri­bu­tion des droits d’au­teurs n’étaient pas aussi claires qu’aujour­d’hui), et ainsi, de nombreux litiges juri­diques s’en­sui­virent, rela­tés avec humour dans le livre « The Fast Track to a Number 1 Hit ». C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les mashups, alors égale­ment surnom­més « bastard pop », furent ensuite distri­bués illé­ga­le­ment sous forme de « boot­legs » sur vinyle, dès le début des années 90.

Néan­moins, certains mashups non offi­ciels ont tout de même réussi à se frayer un chemin et à passer de la scène under­ground des clubs, aux clas­se­ments offi­ciels des ventes de disques. On pense par exemple aux titres « Doctor Pres­sure » (un mashup entre « Drop The Pres­sure » de Mylo et « Dr. Beat » de Miami Sound Machine) ou « Take Me to the Clouds Above » (un mashup entre « With or Without You » de U2 et « How Will I Know » de Whit­ney Hous­ton).

Avec un mini­mum d’ef­fort, les mashups auto­pro­duits enri­chi­ront votre set de manière inno­vante et unique. D’une part, en combi­nant deux morceaux ou plus, vous atti­re­rez un public plus large. Et d’autre part, dans un DJ set les mashups servi­ront égale­ment de tran­si­tions entre diffé­rents styles musi­caux (sans pour autant vider la piste de danse avec des chan­ge­ments trop abrupts). Le succès des innom­brables mashups qu’on retrouve aujour­d’hui sur les scènes des festi­vals, et sur les plate­formes de strea­ming comme Sound­cloud, confirme l’ef­fi­ca­cité de cette formule.

Tech­niques pratiques pour créer un mashup effi­cace

pioneer-ddj-400-main-deviens-dj-tempoUn morceau de musique perd une grande partie de son carac­tère lorsque le tempo change de manière trop dras­tique. Il est donc conseillé de choi­sir des morceaux qui ne diffèrent pas de plus de 10 BPM, en moyenne. De plus, si un ajus­te­ment de tempo est néces­saire : il sera toujours préfé­rable d’ac­cé­lé­rer légè­re­ment les pistes plutôt que de les ralen­tir. Bien sûr, il y a des excep­tions et vous pour­rez choi­sir d’ac­cé­lé­rer ou de décé­lé­rer un morceau, si vous le souhai­tez, pour créer un effet parti­cu­lier. De même, en ce qui concerne la tona­lité des morceaux, votre mashup sonnera toujours mieux si chaque piste s’har­mo­nise bien avec l’autre. Des logi­ciels comme Mixed-In-Key peuvent vous aider à déter­mi­ner la tona­lité, et, aujour­d’hui, de nombreux contrô­leurs proposent cette fonc­tion égale­ment. Cepen­dant, n’hé­si­tez pas à faire travailler votre oreille, parfois certaines combi­nai­sons inat­ten­dues peuvent donner des résul­tats qui fonc­tionnent très bien.

Serato-Stems

Les versions a cappella étant rares, il faudra souvent extraire les parties vocales par vous-même. Pour y parve­nir, la sépa­ra­tion auto­ma­tique des stems, une fonc­tion qui se géné­ra­lise presque partout de nos jours, sera votre meilleure alliée. D’un simple clic, Serato DJ Pro, rekord­box, et djay Pro séparent la batte­rie, le chant, la ligne de basse et les harmo­nies avec une qualité remarquable, permet­tant de mixer et d’as­sem­bler ces pistes instan­ta­né­ment. Dans cet exer­cice, tous les logi­ciels et contrô­leurs DJ se valent plus ou moins. Et actuel­le­ment, même si les parties vocales extraites laissent encore un peu à dési­rer (le son est parfois légè­re­ment brouillé et affecté par un effet de phasing), ces petits défauts seront à peine percep­tibles dans un mashup.

P1130659-e1594223991303-1024x474Vous aurez aussi le choix de réali­ser vos mashups en direct, ou de les prépa­rer en amont de votre pres­ta­tion. Mais dans tous les cas, ils ne néces­sitent pas une multi­tude de pistes, d’ef­fets et de plug-ins pour leur produc­tion. Voici le mini­mum requis : deux à quatre pistes, selon le nombre de morceaux que votre mashup mélange, un égali­seur à trois bandes ou un filtre par piste pour ajus­ter faci­le­ment les fréquences, un outil de bouclage pour bien déli­mi­ter les struc­tures de chaque piste, et enfin un effet de réver­bé­ra­tion pour créer une sensa­tion d’es­pace, si néces­saire. Vous remarque­rez rapi­de­ment que les struc­tures des pistes à mixer ne s’alignent pas toujours parfai­te­ment lors de leur super­po­si­tion, ce qui fait que les couplets et les refrains n’ont pas la même durée ni la même posi­tion dans le morceau. L’uti­li­sa­tion de boucles pour allon­ger certaines parties ou déca­ler des segments entiers résout ce problème.

Conseils créa­tifs pour réus­sir ses mashups en DJ set

reading-a-crowd-1Rappe­lons qu’un mashup ne se compose pas forcé­ment d’une piste a cappella et d’une piste instru­men­tale et que toutes les combi­nai­sons sont possibles, à vous de lais­ser libre cours à votre créa­ti­vité. Par exemple, un morceau mini­ma­liste et groovy laisse suffi­sam­ment d’es­pace pour qu’un morceau plus riche puisse être super­posé. De même, si vous utili­sez une version dub avec des frag­ments vocaux indi­vi­duels, veillez à ce qu’ils ne se super­posent pas mal à ceux de la version a cappella du mashup. Pensez égale­ment à faci­li­ter votre mixage en incluant au moins quatre ou huit mesures de groove pur, en intro ou en outro, pour avoir le temps de caler chaque partie et de vous assu­rer que la synchro­ni­sa­tion est réus­sie.

Et n’ou­bliez pas : même si le web regorge quoti­dien­ne­ment de remixes et de mashups non auto­ri­sés, les droits d’au­teurs appar­tiennent toujours aux artistes origi­naux et à leur maison de disque. Alors, soyez vigi­lants si vous choi­sis­sez de les diffu­ser au grand public. D’ici là, n’hé­si­tez pas à lire ou à relire notre test concer­nant le dernier contrô­leur d’Al­pha­Theta : CDJ-3000X. La suite au prochain épisode !

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  • Les Cowboys Etanches 245 posts au compteur
    Les Cowboys Etanches
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  • SmoothWax 1192 posts au compteur
    SmoothWax
    AFicionado·a
    Posté le 09/02/2026 à 12:34:24
    Intéressant !
    Un truc que j'adore faire, ce son mes propres edits. Parfois y'a juste quelques passages d'un morceau qui m'intéressent. Il m'arrive d'utiliser plusieurs versions du même morceau (je mixe de la house 90s, parfois y'avait 30 mix différents).
    C'est un excellent moyen de se démarquer, avec une collection unique et personnalisée. Et cela permet au passage de développer ses qualités d'arrangeur, de décortiquer la musique.
    Je n'ai jamais été très inspiré pour faire un mashup, mais l'article me donne des idées:bravo:

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