Six canaux, des effets intégrés plus une boucle, de l’audio par USB et un kit à monter soi-même : la NTS-4 veut devenir la cheffe d’orchestre des petites installations "hardware". Korg a-t-il trouvé la bonne recette, ou simplement inventé un nouveau plat de spaghetti de câbles ?
Décidément, chez Korg, on semble aimer les petites boîtes qui cachent bien leur jeu. Après le NTS-1, mini-synthé aussi rikiki que généreux, et le NTS-2, oscilloscope qui avait réussi à rendre la mesure de signaux presque ludique, la gamme Nu revient avec un nouveau kit. Et cette fois, pas question de faire chanter ou regarder chanter les copains : la NTS-4 veut les faire rentrer dans la même boîte ou, plus précisément, dans le même mixeur.

Sauf que la NTS-4 ne produit pas de son : elle les rassemble. Six canaux, deux sections d’effets, de l’audio USB et suffisamment d’entrées pour transformer une poignée de Volca ou de NTS en petit système cohérent et autonome. Sur le papier, c’est donc le chaînon manquant de la famille Nu:Tekt. Mais entre un joli appareil à poser sur le bureau et un véritable couteau suisse pour musiciens, il y a parfois quelques pas. Voyons si cette NTS-4 sait les franchir avec souplesse.
Présentation de la Korg NTS-4
La connectique
La Korg Nu:Tekt NTS-4 est donc une mini-console de mixage, très compacte et fournie « en kit ». Alors, bien sûr, n’exagérons pas sur le niveau de difficulté du montage : on est plus chez IKEA que dans un atelier d’électronique, et le fer à souder sera inutile. Nous y reviendrons dans la partie suivante…
Elle dispose de quatre entrées stéréo et de deux entrées mono. Toute la connectique sur la face supérieure est réalisée au format mini-jack 3,5 mm, idéal pour travailler avec des modules Eurorack. C’est d’autant mieux pensé que les entrées peuvent être configurées (par un inverseur situé dans la machine) pour accepter des signaux ligne ou de niveau Eurorack. Tout y est donc…

Et les effets, alors ?
Ils sont accessibles sur deux fronts : d’un côté, chaque canal dispose d’un réglage « SEND FX » qui permet d’assigner cette voie à divers traitements, tels que l’écho, l’écho en ping-pong, la réverbération ou le chorus ; d’un autre côté, la section TOTAL FX applique des effets au mix général (filtres passe-haut/passe-bas, isolateur, flanger, phaser, decimator, drive, distorsion, compresseur et limiteur). Un afficheur à segments permet de visualiser les paramètres et de naviguer entre les fonctions.
Qu’est-ce que cela donne ? Je vous laisse juger avec les enregistrements ci-dessous, mais, dans l’ensemble, j’ai trouvé cela agréablement convaincant. J’ai enregistré ci-dessous quelques exemples simples, tirés de la banque d’effets TOTAL FX, avec comme source sonore un séquenceur polyrythmique créé sous PureData, et en enregistrant l’audio sur la sortie USB-C.
Dans l’ordre : sans effet, filtre passe-bas, filtre passe-haut, isolateur (drive aigu, drive grave indépendants sous forme d’égaliseur « shelf »), flanger, chorus, décimateur (bit-crusher), drive, distorsion, compresseur.

- 1-No_FX00:16
- 2-LPF00:21
- 3-HPF00:21
- 4-ISO00:21
- 5-FLG00:21
- 6-CHR00:21
- 7-DCM00:21
- 8-DRV00:21
- 9-DST00:21
- 10-CMP00:21
Montage du kit en neuf étapes
Le kit est accompagné d’un manuel d’instructions de montage multilingue qui va donner des sueurs froides aux phobiques du bricolage, mais que j’ai trouvé plutôt bien conçu dans son ensemble.
Le montage se divise en neuf étapes faciles qui s’enchaînent naturellement, sans aucun risque de se perdre. Tous les outils nécessaires sont fournis avec le kit même si, comme on le verra, il est parfois préférable de se servir de ce que l’on a à la maison, en tout cas si l’on possède des outils de meilleure qualité. On commence !
- On découvre l’adhésif double-face qui servira à maintenir l’écran et les boutons rétroéclairés, et on colle la pièce à l’intérieur de la face supérieure.

- On vient attacher une seconde pièce en plastique à celle-ci. Ici, on découvre comment détacher les pièces en plastique : autant il est possible de tirer et de rompre les attaches, autant j’ai préféré y aller à la pince coupante, ce qui s’est révélé plus rapide et plus propre que la méthode 100 % manuelle.
- On met en place l’interrupteur de mise en marche et les jacks des sorties de monitoring. Attention, pour ces derniers, la place est très réduite (voir photo ci-dessous), mais, en jouant un tout petit peu avec la pièce, on arrive à la faire passer.
Un outil fourni avec le kit sert ensuite de clé hexagonale : Dans l’ensemble, ça marche bien, mais les trois petits « picots » qui restent, une fois la pièce détachée de son support, ont tendance à faire mal au doigt lorsque l’on applique un peu de pression pour bien serrer les écrous. Je n’ai pas pensé à trouver une solution sur le moment, mais il en existe une (on le verra plus tard…).
- On monte les capots des boutons-poussoirs. Aucune difficulté. Ils sont de deux couleurs, et il faut respecter l’ordre : une couleur par ligne horizontale. J’ai choisi le rouge en haut (pour les boutons Mute) et le jaune fluo en dessous (pour les boutons Cue).

Là, on découvre le vrai premier « faux pas » de l’appareil. En manipulant le circuit imprimé, on lui trouve une texture poisseuse sur la face inférieure. En le retournant, on découvre un aspect étrange :

Je pense qu’il s’agit d’un revêtement conforme (un vernis de protection) mal appliqué, quoique les empâtements autour des pattes des potentiomètres m’a fait me demander s’il ne s’agissait pas également de restes de flux de brasure. Dans tous les cas, c’est assez peu avenant. Pour tester, j’ai déposé un peu d’alcool isopropylique au pinceau sur le bord du CI, sans essuyer, de façon à faire fondre le vernis et à le laisser se replacer naturellement. Résultat ci-dessous :

- On installe le CI dans le boîtier supérieur en faisant bien attention à dégager les deux petits câbles.

- On positionne puis on serre les écrous des potentiomètres et des mini-jacks. On gagnera du temps à avoir bien séparé les différentes pièces avant et à les installer « en série » : toutes les rondelles en premier, puis tous les écrous. On peut leur donner juste un tour pour les engager et finir de les serrer avec les deux autres « clefs hexagonales » en plastique fournies par Korg.
Pour cette étape, je recommande de soutenir le CI par en dessous, pour éviter les torsions (si l’on appuie trop dessus) et pour se faciliter la vie (sinon, le CI a tendance à retomber tant que les premiers écrous ne sont pas serrés à fond).

Personnellement, j’ai utilisé le papier bulle qui servait à emballer le CI.
- On insère les connecteurs sur la face arrière du CI.

- Puis on referme le boîtier. Le tournevis fourni fait l’affaire, mais il est en vérité un peu petit pour les têtes des vis et il glisse. C’est assez peu pratique. J’ai donc fini par utiliser l’un des miens.

- Dernière étape : on installe les capots des boutons. Deux choses à noter : un, ils sont durs à enfoncer sur les axes en D des potentiomètres, et seront probablement durs à retirer aussi ; deux, il leur reste des « picots », comme sur les clés hexagonales, et cela pourrait être désagréable à manipuler.
Une solution simple : un seul aller-retour sur le plat d’une lime à métaux.

- Et c’est bon, la console est prête à être testée !

Honnêtement, ce montage est d’une grande simplicité et souffre seulement de quelques petites imperfections que l’utilisateur devra contourner, avec des solutions simples et à la portée de tous, pour s’assurer d’une bonne réalisation. La qualité des composants n’est certes pas « au top », mais cela reste plutôt solide, et le montage en embase sur le châssis de toutes les pièces mobiles, entièrement assuré par des écrous (sauf pour les potards d’envoi – Send) est sérieux. Au départ, j’étais déçu que la jupette des boutons ne descende pas jusqu’à couvrir les écrous des potards :
Mais je me suis dit, après coup, que cela permettra de les resserrer si jamais ils se desserrent, sans avoir à enlever les boutons. Et ils se desserreront probablement. L’absence totale de rondelles de blocage est un peu décevante sur ce genre de montage, car elles permettraient d’assurer une plus grande longévité à la fois aux composants et à leur montage.
Benchmark de la NTS-4 : entrée ligne, sortie ligne et sortie casque
Afin de tester la table de mixage, nous avons fait un benchmark avec notre fidèle APx515 d’Audio Precision, comme nous le faisons d’habitude avec les interfaces audio, à quelques détails près. Comme d’habitude, nous publions les résultats obtenus en THD, THD+N et déviation des voies, puis la réponse en amplitude de chaque canal mesuré. Pour toutes les configurations, je règle le gain pour obtenir le meilleur résultat possible.
1 – Entrée ligne :
Déviation : ±0,13 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –65 dB / THD : –70 dB (@ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – Sortie ligne :
Déviation : ±1,1 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
Pour la THD(+N), j’ai mesuré avec trois niveaux de signal – –10 dBFS, –5 dBFS et 0 dBFS –, avec les potentiomètres USB Audio et Main au maximum. Je cite la THD(+N) mesurée pour les deux premiers niveaux, comme on le voit la saturation est extrême à 0 dBFS.
THD+N : –70/-68 dB / THD : –70/-75 dB (@ 1 kHz)
En revanche, si l’on diminue le niveau de USB Audio (en le réglant à peu prêt au même niveau qui apportait le gain 0 sur les potard des entrées) on obtient un résultat acceptable même à 0 dBFS. Ci-dessous la même mesure, avec un signal à 0 dBFS, avec le réglage de USB Audio juste avant la saturation, et juste après.
En amplitude :
3 – Qu’en est-il de la sortie casque ?
Déviation : ±4,4 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –70 dB / THD : –75 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
Pour finir, voilà la mesure de la linéarité et de la THD+N entre l’entrée ligne et la sortie ligne, sans passer par les convertos.





































