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Test de la table de mixage NTS-4 de Korg - Tout Nu:Tekt, tout bronzé !

Rédigé par un humain
8/10

Six canaux, des effets intégrés plus une boucle, de l’audio par USB et un kit à monter soi-même : la NTS-4 veut devenir la cheffe d’orchestre des petites installations "hardware". Korg a-t-il trouvé la bonne recette, ou simplement inventé un nouveau plat de spaghetti de câbles ?

Test de la table de mixage NTS-4 de Korg : Tout Nu:Tekt, tout bronzé !

Déci­dé­ment, chez Korg, on semble aimer les petites boîtes qui cachent bien leur jeu. Après le NTS-1, mini-synthé aussi rikiki que géné­reux, et le NTS-2, oscil­lo­scope qui avait réussi à rendre la mesure de signaux presque ludique, la gamme Nu revient avec un nouveau kit. Et cette fois, pas ques­tion de faire chan­ter ou regar­der chan­ter les copains : la NTS-4 veut les faire rentrer dans la même boîte ou, plus préci­sé­ment, dans le même mixeur.

Korg NTS-4 DessusDepuis ses débuts dans les années 1960, Korg a eu le temps de produire quelques grandes machines « cultes » qui ont marqué plusieurs géné­ra­tions de musi­ciens mais, avec la sous-marque Nu:Tekt, la marque japo­naise joue une autre parti­tion : celle du petit format et du brico­lage, abor­dable finan­ciè­re­ment et tech­ni­que­ment. Audio­fan­zine avait déjà sorti le tour­ne­vis pour le NTS-1 et le NTS-2 ; il était donc assez logique de remettre ça.

Sauf que la NTS-4 ne produit pas de son : elle les rassemble. Six canaux, deux sections d’ef­fets, de l’au­dio USB et suffi­sam­ment d’en­trées pour trans­for­mer une poignée de Volca ou de NTS en petit système cohé­rent et auto­nome. Sur le papier, c’est donc le chaî­non manquant de la famille Nu:Tekt. Mais entre un joli appa­reil à poser sur le bureau et un véri­table couteau suisse pour musi­ciens, il y a parfois quelques pas. Voyons si cette NTS-4 sait les fran­chir avec souplesse.

Présen­ta­tion de la Korg NTS-4

La connec­tique

La Korg Nu:Tekt NTS-4 est donc une mini-console de mixage, très compacte et four­nie « en kit ». Alors, bien sûr, n’exa­gé­rons pas sur le niveau de diffi­culté du montage : on est plus chez  IKEA  que dans un atelier d’élec­tro­nique, et le fer à souder sera inutile. Nous y revien­drons dans la partie suivan­te…

Korg NTS-4 Boitier

Elle dispose de quatre entrées stéréo et de deux entrées mono. Toute la connec­tique sur la face supé­rieure est réali­sée au format mini-jack 3,5 mm, idéal pour travailler avec des modules Euro­rack. C’est d’au­tant mieux pensé que les entrées peuvent être confi­gu­rées (par un inver­seur situé dans la machine) pour accep­ter des signaux ligne ou de niveau Euro­rack. Tout y est donc…

Korg NTS-4 inputsPar ailleurs, la console offre une sortie ligne pour le bus master sur jacks 6,35 mm, une sortie casque (en 3,5 mm), ainsi qu’une boucle envoi/retour stéréo pour connec­ter des effets externes. Son port USB-C assure l’ali­men­ta­tion et permet égale­ment la trans­mis­sion audio numé­rique 24 bits/48 kHz et MIDI. Une sortie MIDI (au format 3,5 mm) vient égale­ment complé­ter le tableau. Bref, c’est très complet.

Et les effets, alors ?

Ils sont acces­sibles sur deux fronts : d’un côté, chaque canal dispose d’un réglage « SEND FX » qui permet d’as­si­gner cette voie à divers trai­te­ments, tels que l’écho, l’écho en ping-pong, la réver­bé­ra­tion ou le chorus ; d’un autre côté, la section TOTAL FX applique des effets au mix géné­ral (filtres passe-haut/passe-bas, isola­teur, flan­ger, phaser, deci­ma­tor, drive, distor­sion, compres­seur et limi­teur). Un affi­cheur à segments permet de visua­li­ser les para­mètres et de navi­guer entre les fonc­tions.

Qu’est-ce que cela donne ? Je vous laisse juger avec les enre­gis­tre­ments ci-dessous, mais, dans l’en­semble, j’ai trouvé cela agréa­ble­ment convain­cant. J’ai enre­gis­tré ci-dessous quelques exemples simples, tirés de la banque d’ef­fets TOTAL FX, avec comme source sonore un séquen­ceur poly­ryth­mique créé sous Pure­Data, et en enre­gis­trant l’au­dio sur la sortie USB-C.

Dans l’ordre : sans effet, filtre passe-bas, filtre passe-haut, isola­teur (drive aigu, drive grave indé­pen­dants sous forme d’éga­li­seur « shelf »), flan­ger, chorus, déci­ma­teur (bit-crusher), drive, distor­sion, compres­seur.

1-No_FX
00:0000:16
  • 1-No_FX00:16
  • 2-LPF00:21
  • 3-HPF00:21
  • 4-ISO00:21
  • 5-FLG00:21
  • 6-CHR00:21
  • 7-DCM00:21
  • 8-DRV00:21
  • 9-DST00:21
  • 10-CMP00:21

 

Montage du kit en neuf étapes

Le kit est accom­pa­gné d’un manuel d’ins­truc­tions de montage multi­lingue qui va donner des sueurs froides aux phobiques du brico­lage, mais que j’ai trouvé plutôt bien conçu dans son ensemble.

Korg NTS-4 Manuel

Le montage se divise en neuf étapes faciles qui s’en­chaînent natu­rel­le­ment, sans aucun risque de se perdre. Tous les outils néces­saires sont four­nis avec le kit même si, comme on le verra, il est parfois préfé­rable de se servir de ce que l’on a à la maison, en tout cas si l’on possède des outils de meilleure qualité. On commence !

  1. On découvre l’adhé­sif double-face qui servira à main­te­nir l’écran et les boutons rétroé­clai­rés, et on colle la pièce à l’in­té­rieur de la face supé­rieure.

    Korg NTS-4 Montage01
  2. On vient atta­cher une seconde pièce en plas­tique à celle-ci. Ici, on découvre comment déta­cher les pièces en plas­tique : autant il est possible de tirer et de rompre les attaches, autant j’ai préféré y aller à la pince coupante, ce qui s’est révélé plus rapide et plus propre que la méthode 100 % manuelle.

    • Korg NTS-4 Montage02
    • Korg NTS-4 Montage03

     

  3. On met en place l’in­ter­rup­teur de mise en marche et les jacks des sorties de moni­to­ring. Atten­tion, pour ces derniers, la place est très réduite (voir photo ci-dessous), mais, en jouant un tout petit peu avec la pièce, on arrive à la faire passer.

    • Korg NTS-4 Montage04
    • Korg NTS-4 Montage05


    Un outil fourni avec le kit sert ensuite de clé hexa­go­nale :

    Korg NTS-4 Montage06Dans l’en­semble, ça marche bien, mais les trois petits « picots » qui restent, une fois la pièce déta­chée de son support, ont tendance à faire mal au doigt lorsque l’on applique un peu de pres­sion pour bien serrer les écrous. Je n’ai pas pensé à trou­ver une solu­tion sur le moment, mais il en existe une (on le verra plus tard…).
  4. On monte les capots des boutons-pous­soirs. Aucune diffi­culté. Ils sont de deux couleurs, et il faut respec­ter l’ordre : une couleur par ligne hori­zon­tale. J’ai choisi le rouge en haut (pour les boutons Mute) et le jaune fluo en dessous (pour les boutons Cue).

    Korg NTS-4 Montage07
    Là, on découvre le vrai premier « faux pas » de l’ap­pa­reil. En mani­pu­lant le circuit imprimé, on lui trouve une texture pois­seuse sur la face infé­rieure. En le retour­nant, on découvre un aspect étrange : 

    Korg NTS-4 Montage08
    Je pense qu’il s’agit d’un revê­te­ment conforme (un vernis de protec­tion) mal appli­qué, quoique les empâ­te­ments autour des pattes des poten­tio­mètres m’a fait me deman­der s’il ne s’agis­sait pas égale­ment de restes de flux de brasure. Dans tous les cas, c’est assez peu avenant. Pour tester, j’ai déposé un peu d’al­cool isopro­py­lique au pinceau sur le bord du CI, sans essuyer, de façon à faire fondre le vernis et à le lais­ser se repla­cer natu­rel­le­ment. Résul­tat ci-dessous : 

    Korg NTS-4 Montage09

  5. On installe le CI dans le boîtier supé­rieur en faisant bien atten­tion à déga­ger les deux petits câbles.

    Korg NTS-4 Montage10
  6. On posi­tionne puis on serre les écrous des poten­tio­mètres et des mini-jacks. On gagnera du temps à avoir bien séparé les diffé­rentes pièces avant et à les instal­ler « en série » : toutes les rondelles en premier, puis tous les écrous. On peut leur donner juste un tour pour les enga­ger et finir de les serrer avec les deux autres « clefs hexa­go­nales » en plas­tique four­nies par Korg.

    • Korg NTS-4 Montage11
    • Korg NTS-4 Montage13
    • Korg NTS-4 Montage14

     Pour cette étape, je recom­mande de soute­nir le CI par en dessous, pour éviter les torsions (si l’on appuie trop dessus) et pour se faci­li­ter la vie (sinon, le CI a tendance à retom­ber tant que les premiers écrous ne sont pas serrés à fond).

    Korg NTS-4 Montage12
    Person­nel­le­ment, j’ai utilisé le papier bulle qui servait à embal­ler le CI.

  7. On insère les connec­teurs sur la face arrière du CI.

    Korg NTS-4 Montage15
  8. Puis on referme le boîtier. Le tour­ne­vis fourni fait l’af­faire, mais il est en vérité un peu petit pour les têtes des vis et il glisse. C’est assez peu pratique. J’ai donc fini par utili­ser l’un des miens.

    Korg NTS-4 Montage16
  9. Dernière étape : on installe les capots des boutons. Deux choses à noter : un, ils sont durs à enfon­cer sur les axes en D des poten­tio­mètres, et seront proba­ble­ment durs à reti­rer aussi ; deux, il leur reste des « picots », comme sur les clés hexa­go­nales, et cela pour­rait être désa­gréable à mani­pu­ler.

    • Korg NTS-4 Montage19
    • Korg NTS-4 Montage17


    Une solu­tion simple : un seul aller-retour sur le plat d’une lime à métaux.

    Korg NTS-4 Montage18
  10. Et c’est bon, la console est prête à être testée !

    Korg NTS-4 Montage20

Honnê­te­ment, ce montage est d’une grande simpli­cité et souffre seule­ment de quelques petites imper­fec­tions que l’uti­li­sa­teur devra contour­ner, avec des solu­tions simples et à la portée de tous, pour s’as­su­rer d’une bonne réali­sa­tion. La qualité des compo­sants n’est certes pas « au top », mais cela reste plutôt solide, et le montage en embase sur le châs­sis de toutes les pièces mobiles, entiè­re­ment assuré par des écrous (sauf pour les potards d’en­voi – Send) est sérieux. Au départ, j’étais déçu que la jupette des boutons ne descende pas jusqu’à couvrir les écrous des potards :

Korg NTS-4 Montage21

Mais je me suis dit, après coup, que cela permet­tra de les resser­rer si jamais ils se desserrent, sans avoir à enle­ver les boutons. Et ils se desser­re­ront proba­ble­ment. L’ab­sence totale de rondelles de blocage est un peu déce­vante sur ce genre de montage, car elles permet­traient d’as­su­rer une plus grande longé­vité à la fois aux compo­sants et à leur montage.

Bench­­mark de la NTS-4 : entrée ligne, sortie ligne et sortie casque

Afin de tester la table de mixage, nous avons fait un bench­­mark avec notre fidèle APx515 d’Au­­dio Preci­­sion, comme nous le faisons d’ha­bi­tude avec les inter­faces audio, à quelques détails près. Comme d’ha­­bi­­tude, nous publions les résul­­tats obte­­nus en THD, THD+N et  dévia­­tion des voies, puis la réponse en ampli­­tude de chaque canal mesuré. Pour toutes les confi­­gu­­ra­­tions, je règle le gain pour obte­­nir le meilleur résul­­tat possible.

1 – Entrée ligne : 

  • NTS-4 LineIn ASIO Relative Level (1,00000 kHz)
  • NTS-4 LineIn ASIO THD+N Ratio
  • NTS-4 LineIn ASIO THD Ratio

Dévia­­tion : ±0,13 dB (fréquence de réfé­­rence : 1 kHz)

THD+N : –65 dB / THD : –70 dB (@ 1 kHz)

En ampli­­tude, on mesure : 

  • NTS-4 LineIn ASIO Level RMS Level
  • NTS-4 LineIn ASIO Level THD+N Ratio
  • NTS-4 LineIn ASIO Level THD Ratio

2 – Sortie ligne : 

  • NTS-4 ASIO LineOut Relative Level (1,00000 kHz)
  • NTS-4 ASIO LineOut -10 -5 0 THD+N Ratio
  • NTS-4 ASIO LineOut -10 -5 0 THD Ratio

Dévia­­tion : ±1,1 dB (fréquence de réfé­­rence : 1 kHz)

Pour la THD(+N), j’ai mesuré avec trois niveaux de signal – –10 dBFS, –5 dBFS et 0 dBFS –, avec les poten­tio­mètres USB Audio et Main au maxi­mum. Je cite la THD(+N) mesu­rée pour les deux premiers niveaux, comme on le voit la satu­ra­tion est extrême à 0 dBFS.

THD+N : –70/-68 dB / THD : –70/-75 dB (@ 1 kHz)

En revanche, si l’on dimi­nue le niveau de USB Audio (en le réglant à peu prêt au même niveau qui appor­tait le gain 0 sur les potard des entrées) on obtient un résul­tat accep­table même à 0 dBFS. Ci-dessous la même mesure, avec un signal à 0 dBFS, avec le réglage de USB Audio juste avant la satu­ra­tion, et juste après.

NTS-4 ASIO LineOut Level USBLevelComparison THD+N Ratio

En ampli­­tude : 

  • NTS-4 ASIO LineOut Level RMS Level
  • NTS-4 ASIO LineOut Level THD+N Ratio
  • NTS-4 ASIO LineOut Level THD Ratio

3 – Qu’en est-il de la sortie casque ?

  • NTS-4 ASIO HPOut Relative Level (1,00000 kHz)
  • NTS-4 ASIO HPOut THD+N Ratio
  • NTS-4 ASIO HPOut THD Ratio

Dévia­­tion : ±4,4 dB (fréquence de réfé­­rence : 1 kHz)

THD+N : –70 dB / THD : –75 dB (@ 1 kHz)

En ampli­­tude :

  • NTS-4 ASIO HPOut Level RMS Level
  • NTS-4 ASIO HPOut Level THD+N Ratio
  • NTS-4 ASIO HPOut Level THD Ratio

 

Pour finir, voilà la mesure de la linéa­rité et de la THD+N entre l’en­trée ligne et la sortie ligne, sans passer par les conver­tos.

  • NTS-4 LineIn LineOut Relative Level (1,00000 kHz)
  • NTS-4 LineIn LineOut THD+N Ratio

Notre avis : 8/10

Le juge­ment sur cet appa­reil est assez compli­qué, et j’ai vrai­ment hésité sur la note. Car il y a des degrés dans la gravité des mauvais points que l’on attri­bue à une machine, et il ne suffit pas se baser sur le ratio bon point:mauvais point pour obte­nir une note finale. D’un côté, je trouve vrai­ment que la Korg Nu:Tekt NTS-4 réus­sit à concen­trer, dans un format à la fois compact et robuste, une véri­table petite station de mixage bien pensée, avec tout ce que l’on souhaite avoir pour le genre d’uti­li­sa­tion à quoi elle se destine. La connec­tique est géné­reuse, avec une compa­ti­bi­lité affir­mée vers l’Eu­ro­rack, les conver­tis­seurs sont de plutôt bonne qualité et, en plus, ses deux sections d’ef­fets lui confèrent une grande poly­va­lence pour réunir synthé­ti­seurs, boîtes à rythmes et modules au sein d’une même instal­la­tion.

Quant au montage en kit, simple et acces­sible, j’ai trouvé qu’il ajou­tait une dimen­sion ludique appré­ciable (même si je me pose la ques­tion s’il ne s’agit pas d’une manière dégui­sée de nous faire travailler gratui­te­ment !?).

Une fois que l’on a dit cela, il reste néan­moins un petit ensemble de défauts assez marquants : quelques imper­fec­tions de fabri­ca­tion, une gestion des niveaux qui demande de la vigi­lance afin d’évi­ter la satu­ra­tion, une sortie casque aux perfor­mances limi­tées… Mais, vu le format, la taille, le prix, est-ce vrai­ment surpre­nant ? En réalité, certaines limi­ta­tions me semblent atten­dues et, tout bien pris en compte, la NTS-4 m’ap­pa­raît surtout comme un outil compact, complet (autant qu’on peut l’être) et origi­nal, qui m’a vrai­ment convaincu par sa capa­cité à ne rien lais­ser de côté, tout en propo­sant une qualité géné­rale plus que correcte. Ce que j’ap­pelle une réus­site.

Points forts

  • Format très compact, mais construction robuste
  • Entrées configurables en niveau ligne ou Eurorack.
  • Connectique en 3,5mm adapté au travail avec un système Eurorack
  • Audio USB 24 bits/48 kHz et transmission MIDI (entrée et sortie).
  • Deux sections d’effets : SEND FX par canal et TOTAL FX sur le mix général.
  • Montage du kit bien organisé en étapes progressives et claires
  • Composants montés sur le châssis de manière robuste
  • Qualité sonore satisfaisante des entrées et sortie ligne

Points faibles

  • Quelques imperfections dans le kit de montage (voir section "Montage")
  • Finition médiocre du vernis du circuit imprimé
  • Déviation assez marquée en sortie casque (±4,4 dB)
  • Forte saturation en sortie ligne à 0 dBFS quand le niveau USB Audio est au maximum
  • Aucun marquage qui permet de repérer les échelles d'atténuation (où est le 0 dB ?)
Pays de fabrication : Vietnam
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