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10 conseils pratiques sur l’utilisation des platines vinyle sur scène - D’or et de platine !

Rédigé par un humain

Malheureusement, depuis quelques années, les platines vinyles se font de plus en plus rares sur les scènes des festivals et des clubs. Et, de fait, lorsque certain·es DJ les réclament en amont d’une prestation, les organisateur·ices ne sont pas toujours en mesure de fournir du matériel de qualité, bien entretenu et correctement installé. Voyons donc ensemble quelques règles de base pour parer à toutes éventualités. C’est parti !

10 conseils pratiques sur l’utilisation des platines vinyle sur scène : D’or et de platine !

Vinyl is not dead

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À l’époque où les platines vinyles étaient consi­dé­rées et utili­sées par les DJ comme leur seul véri­table outil musi­cal, il n’y avait nul besoin de se soucier de leur instal­la­tion ou de leur état. Ces merveilles étaient constam­ment entre­te­nues et soli­de­ment fixées dans la cabine. À cette époque bénie, les vinyles tour­naient sans jamais perdre l’adhé­rence de la cellule (ou presque), et le club four­nis­sait même les diamants de rechange en cas de besoin. Or, de nos jours, les CDJ et les contrô­leurs ont large­ment remplacé ces platines analo­giques jadis domi­nantes, en partie grâce à leur faci­lité d’uti­li­sa­tion et à la démo­cra­ti­sa­tion des formats numé­riques, mais aussi à cause des problèmes de main­te­nance notoires des mythiques platines Tech­nics issues de la série SL.

Ainsi, désor­mais, pour répondre aux exigences des diffé­rentes fiches tech­niques rédi­gées par les artistes et leurs équipes, les clubs privi­lé­gient souvent la loca­tion de maté­riel à des pres­ta­taires externes. Malheu­reu­se­ment, les platines ainsi louées présentent parfois (même souvent) des défauts de fonc­tion­ne­ment à cause des nombreuses heures de route qu’elles ont déjà parcou­rues. De plus, il n’est pas rare que la cabine conçue pour accueillir les DJ pose de sérieux problèmes acous­tiques : rumble intem­pes­tif, bour­don­ne­ment d’ori­gine incon­nue, larsen et autres joyeu­se­tés. Voyons donc ensemble comment mini­mi­ser ces effets indé­si­rables pour réus­sir à exécu­ter un set de la meilleure des manières.

Rapide rappel théo­rique

Pour mieux comprendre comment résoudre ces problèmes, il convient de rappe­ler quelques éléments théo­riques très simples. Les cellules de lecture sont compo­sées de trois éléments qui génèrent une trans­duc­tion élec­tro­ma­gné­tique (la conver­sion des vibra­tions méca­niques du disque en signal élec­trique), à savoir un diamant fixé sur une tige (le fameux canti­le­ver), un aimant et une paire de bobines. Or, ce dispo­si­tif possède un défaut physique de taille : il ne capte pas seule­ment les vibra­tions du disque, mais aussi celles émises par les éléments à qui l’en­toure, à commen­cer par les enceintes de retour, surtout lors­qu’elles sont situées à proxi­mité immé­diate du setup.

Ce signal repro­duit par les haut-parleurs est donc capté par la cellule, qui le réin­tègre inévi­ta­ble­ment au signal émis par le disque, créant ainsi une sorte de boucle qui génère un bour­don­ne­ment dans les basses fréquences. Un peu à la manière d’un larsen capté par un micro­phone, ce bour­don­ne­ment commence souvent discrè­te­ment, puis augmente progres­si­ve­ment et risque de venir endom­ma­ger le haut-parleur dédié aux graves.

Le place­ment des enceintes de retour

Pour éviter les vibra­tions et les réso­nances indé­si­rables, vous devez en prio­rité décou­pler les platines des sources para­sites poten­tielles et ainsi tuer dans l’œuf chaque risque de pertur­ba­tion. Avant tout, ne placez pas les platines vinyles trop près du système de retour, et, si possible, pas sur la même table. Et pour cause, les basses fréquences feront forcé­ment vibrer l’en­semble de votre confi­gu­ra­tion (table de mixage, platines, etc.) et entrai­ne­ront tout un tas de micros chocs et secousses. C’est pour­quoi il est toujours préfé­rable de décou­pler l’en­semble et de posi­tion­ner les retours au sol.

Autre point très impor­tant : veillez à toujours reti­rer le capot de toutes vos platines vinyles avant de vous produire sur scène, car les vibra­tions géné­rées par les enceintes de retour seront inévi­ta­ble­ment réper­cu­tées sur ces derniers, entraî­nant au passage les plateaux et les cellules dans leur élan, ce qui engen­drera (ici encore) un rumble inces­sant, insup­por­table et ingé­rable une fois le set lancé.

L’ins­tal­la­tion de la régie

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Dans l’idéal, il faudra aussi essayer d’évi­ter que la cellule ne saute en dehors du sillon à cause des vibra­tions trans­mises par le sol lorsque le DJ (ou une partie du public en délire) bouge et danse derrière les platines. C’est la raison pour laquelle, en club ou en festi­val, le maté­riel et la régie sont souvent instal­lés sur des podiums de scène modu­laires (très souvent des réfé­rences issues du construc­teur Bütec). Il s’agit tout simple­ment de grandes plate­formes renfor­cées repo­sant sur une arma­ture métal­lique.

Or, sur beau­coup d’ins­tal­la­tions « rapides », les orga­ni­sa­teur·ices ont la fâcheuse tendance d’uti­li­ser des grands podiums atta­chés les uns aux autres. De fait, le setup du DJ est posé sur la même plate­forme que celle sur laquelle il marche ou danse. En consé­quence, lorsque vous tapez du pied, marchez ou sautez, la plate­forme vibre et trans­met un ensemble d’in­ter­fé­rences à votre setup. C’est pour­quoi, ici encore, il est impor­tant de déso­li­da­ri­ser ces deux espaces (la plate­forme qui accueille le DJ et la plate­forme qui accueille la régie), sans jamais les visser ni les sangler ensemble. Encore mieux, essayer de lais­ser un espace vide de quelques centi­mètres pour être abso­lu­ment certaine qu’ils ne se touche­ront jamais, même si la soirée est très mouve­men­tée.

Choi­sir et confi­gu­rer son maté­riel pour plus d’ef­fi­ca­cité

Les platines vinyles les plus courantes, comme les Tech­nics SL-1210 MK2, Pioneer PLX-1000 ou Reloop RP7000 MK2, compensent natu­rel­le­ment ces vibra­tions para­sites grâce à leur châs­sis lourd et massif, dépas­sant parfois les dix kilo­grammes pour une seule unité. Les pieds amor­tis­seurs de vibra­tions, notam­ment les modèles remplis de sili­cone des nouvelles Tech­nics SL-1200GR, contri­buent égale­ment à atté­nuer ce phéno­mène. Cela étant dit, vous pouvez aussi opti­mi­ser les perfor­mances en ajus­tant les réglages de la platine  et en choi­sis­sant une cellule adap­tée.

En règle géné­rale, on sait qu’il vaut mieux éviter de choi­sir une force d’ap­pui trop élevée, car cela accé­lère l’usure du diamant et du vinyle. Cepen­dant, si vous consta­tez un humble / larsen constant et que le diamant saute un peu trop souvent, vous pouvez tenter une légère augmen­ta­tion de cette fameuse force d’ap­pui. Ici, on retien­dra simple­ment qu’un canti­le­ver supporte faci­le­ment 1 à 1,5 gramme de plus que la force recom­man­dée par le fabri­cant. Rappe­lons au passage qu’il existe aussi des cellules spécia­le­ment conçues pour les envi­ron­ne­ments acous­tiques diffi­ciles des clubs, comme l’Orto­fon Concorde Club MK2, par exemple.

Atten­tion aux solu­tions DIY douteuses

Inter­net regorge d’images et d’idées plus farfe­lues les unes que les autres pour rendre une platine vinyle plus résis­tante aux chocs et aux vibra­tions. Et bien que certaines solu­tions puissent avoir un certain inté­rêt, nous vous décon­seillons forte­ment l’uti­li­sa­tion de supports fragiles, comme ceux à base de serviettes de bain ou de rouleaux d’es­suie-tout. Néan­moins, des balles de squash ou des demi-balles de tennis, judi­cieu­se­ment placées sous chaque plateau, peuvent aider à réduire consi­dé­ra­ble­ment la surface de contact entre ceux-ci et la table.

Commen­cez donc par placer les balles de manière approxi­ma­tive sous les pieds de la platine (c’est presque impos­sible d’y arri­ver du premier coup, et encore moins plusieurs fois d’af­fi­lée), puis ajus­tez légè­re­ment leur posi­tion. Ces quatre points de contact sont essen­tiels pour amor­tir les vibra­tions et garan­tir la parfaite hori­zon­ta­lité du plateau. Malgré tout, un défaut de taille subsiste avec cette méthode : les DJ qui ont tendance à malme­ner leurs vinyles en scrat­chant sans conces­sion devront s’ha­bi­tuer à jouer avec une légère insta­bi­lité verti­cale du disque, et donc manier l’en­semble avec un peu plus de précau­tions qu’à l’ac­cou­tu­mée lors­qu’ils effec­tue­ront leurs figures de style, sous peine que le diamant saute de plus belle.

Des outils prêts à l’em­ploi

Si l’or­ga­ni­sa­teur·ice de l’évé­ne­ment ne propose pas de solu­tion clé en main, le·la DJ devra se débrouiller seul·e. Ainsi, vous pour­rez opter pour des cous­sins gonflables de type « Free­float », qui absorbent les chocs et les vibra­tions encore mieux que nos amies les balles de squash, tout en garan­tis­sant une excel­lente stabi­lité. On pense égale­ment aux amor­tis­seurs Luke ASB-1 qui combattent ces effets méca­niques indé­si­rables avec une effi­ca­cité qui n’est plus à prou­ver. Ils sont consti­tués de cinq amor­tis­seurs en mousse pris en sand­wich entre deux panneaux rigides, et absorbent les vibra­tions et les chocs avec une faci­lité assez éton­nante. Leur construc­tion robuste justi­fie leur prix rela­ti­ve­ment élevé, mais une paire pèse près de huit kilo­grammes, ce qui reste consi­dé­rable pour les DJ qui se déplacent beau­coup.

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  • DJ 12

 

Pas forcé­ment moins chers, mais bien plus pratiques en dépla­ce­ment, les pieds MK Stands Over Feet proposent aussi une alter­na­tive de choix pour palier ce genre de problèmes. Ils sont conçus pour s’adap­ter aux pieds des platines stan­dards (Tech­nics ou Pioneer), s’ins­tallent très simple­ment et assurent une stabi­lité de lecture remar­quable, même dans les envi­ron­ne­ments les plus hostiles. Dans le même esprit, mais avec un posi­tion­ne­ment tari­faire encore un peu plus consé­quent, les pieds Isonoe, fabri­qués au Royaume-Uni depuis 2004, sont consi­dé­rés comme la réfé­rence abso­lue pour résoudre les problèmes méca­niques. Ils sont fabri­qués à partir d’un alliage d’alu­mi­nium de qualité aéro­nau­tique, taillé dans la masse à l’aide d’une machine CNC, et combinent des amor­tis­seurs à ressort et à roule­ment à billes afin de réduire encore davan­tage les points de contact entre la surface vibrante et les plateaux.

La suite au prochain épisode !

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    Cantalien

    Cantalien

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    AFicionado·a
    Membre depuis 19 ans
    Commentaires sur le dossier : 10 conseils pratiques sur l’utilisation des platines vinyle sur scène
    Et la fameuse plaque de marbre ?

    Galère à transporter mais de ce que j'ai pu voir et entendre, c'est bien efficace.

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