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Pull-Uuup ! DJing : les techniques de bases / Backspin et Brake

Les effets de Backspin et de Brake, bien connus des amateurs·ices de vinyles, ajoutent de la variété à un set, et sont désormais très biens simulés par les logiciels et contrôleurs DJ. Mais  alors, comment faire pour obtenir un résultat sonore optimal et les intégrer correctement dans le mix ? C’est parti !

DJing : les techniques de bases / Backspin et Brake : Pull-Uuup !

Backs­pin : bien choi­sir ses Slip­mats et Slip­sheets

Que vous utili­siez un système DVS ou des platines clas­siques, un bon Backs­pin (effet de rota­tion inverse) dépen­dra avant tout de la capa­cité de la feutrine (Slip­mat) et du disque vinyle à tour­ner chacun dans leur sens, sans encombre. La feutrine doit être parfai­te­ment lisse au dos, idéa­le­ment habillée d’une très fine couche de cire (Wax), pour encais­ser la rota­tion inverse et glis­ser à l’en­vers du plateau sans sour­ciller. De nombreux·ses DJ ajoutent une feuille de plas­tique entre la feutrine et le disque pour accen­tuer encore un peu plus l’ef­fet recher­ché, la fameuse « Slip­sheet ».

Backspin Sheets

Et pour cause, l’adhé­rence du disque à la feutrine influence consi­dé­ra­ble­ment la rota­tion inverse. Il est donc essen­tiel que la feutrine possède une surface très régu­lière, sans aucune imper­fec­tion. Dans le cas contraire, le disque risque de coller ou de frot­ter contre la feutrine, ce qui peut entraî­ner un blocage lors de la rota­tion et gâcher la fête.

N’hé­si­tez pas à vous entraî­ner et à exer­cer un « lancer » rela­ti­ve­ment puis­sant lorsque vous initiez le mouve­ment de rota­tion inverse, mais atten­tion, un Backs­pin trop violent peut faci­le­ment faire sauter le diamant hors du sillon. Il sera donc crucial de véri­fier la force d’ap­pui de la cellule et de bien doser l’an­ti­ska­ting pour éviter cet écueil et vous sentir en confiance lors de votre set.

Brake : para­mé­trer le temps de réac­tion de votre platine

En ce qui concerne le Brake (effet de frei­nage jusqu’à l’ar­rêt complet), il faudra aussi penser à régler vos platines (ou votre contrô­leur) pour obte­nir le rendu sonore qui vous plaira le plus : sur des platines clas­siques, on trouve souvent un poten­tio­mètre ou un bouton dédié baptisé Brake (en interne, ou sous le plateau sur certains modèles), et sur les contrô­leurs ou logi­ciels, on trouve souvent un para­mètre baptisé « Vinyl Speed Adjust ».

L’autre élément à prendre en compte, c’est le couple moteur (Torque). Certains modèles permettent de le faire varier à votre guise. Mais géné­ra­le­ment, on retien­dra que les platines à couple élevé arrêtent le plateau bruta­le­ment, et peuvent même provoquer un léger retour en arrière. Alors que sur les platines à couple plus faible, le plateau ralen­tira plus progres­si­ve­ment.

Cepen­dant, dans la plupart des cas, les réglages à dispo­si­tion (les fameux poten­tio­mètres ou boutons Brake) vous permet­tront d’at­teindre le résul­tat voulu, peu importe le couple moteur du modèle en ques­tion. Autre point à prendre en compte : certains modèles plus anciens, dotés d’un frein réglable, influen­ce­ront égale­ment le temps de démar­rage. Ainsi, un frei­nage plus lent impliquera inévi­ta­ble­ment un redé­mar­rage plus lent lui aussi.

Extraits sonores

Brake : couple éle­vé (High Torque)
00:0000:10
  • Brake : couple éle­vé (High Torque)00:10
  • Brake : couple faible (Low Torque)00:13

 

Backs­pin : avec ou sans les mains ?

Backspin exemple 1

Pour effec­tuer un Backs­pin avec succès, nous vous conseillons de placer votre main à midi par rapport à l’étiquette du disque, soit pour la relâ­cher après un demi-tour très vigou­reux afin que le vinyle tourne plusieurs fois autour de l’axe, soit pour main­te­nir le contact et donc le contrôle du disque jusqu’à la fin de la rota­tion inverse.

C’est une ques­tion de préfé­rence, mais à la rédac­tion, la seconde méthode fait l’una­ni­mité car elle permet de régler plus préci­sé­ment la vitesse du Backs­pin et de rester en contact avec le disque, afin de mieux contrô­ler la tona­lité géné­rée. Car plus le disque dérive rapi­de­ment, plus la hauteur  de la tona­lité produite sera élevée. Autre avan­tage de taille, la durée du Backs­pin sera entiè­re­ment sous votre contrôle, ce qui vous permet­tra de l’al­lon­ger à volonté ou de le stop­per net. Alors qu’un Backs­pin clas­sique (sans lais­ser la main sur le disque) dépen­dra de l’iner­tie, du couple et du glis­se­ment, et ne durera pas plus d’une demi-mesure à une mesure entière dans la plupart des cas.

Désor­mais, une autre ques­tion se pose à nous : quel est le meilleur moment pour envoyer un Backs­pin ? Globa­le­ment, cette figure tech­nique sonne mieux avec des séquences ryth­miques appuyées plutôt qu’avec des séquences pure­ment vocales ou autres. Une chose est sûre, il vaut mieux éviter les retours en arrière lors des moments forts d’un morceau. Sauf si c’est préci­sé­ment l’ef­fet recher­ché et que le style musi­cal vous y invite (le célèbre Pull-Up, hérité des Selec­tor jamaïquains, qu’il convient d’en­voyer de temps en temps lorsque la séquence d’un morceau est telle­ment appré­ciée que le public souhaite l’en­tendre une seconde fois).

Les diffé­rents types de Brake

Brake exemple 1

Pour exécu­ter un Brake de manière profes­sion­nelle, il ne suffit pas toujours d’ap­puyer sur le bouton Stop. Toute la subti­lité de l’ef­fet réside dans la gestion de la courbe de décé­lé­ra­tion et du timing. Voici donc les diffé­rentes méthodes pour y parve­nir.

La méthode « Start/Stop » clas­sique : sur une platine vinyle ou un contrô­leur doté d’un réglage dédié, il suffit d’ap­puyer sur le bouton pour lais­ser le moteur s’ar­rê­ter. Avec un réglage court, le son s’ar­rête en un quart de seconde, et avec un réglage long, la tona­lité descend lente­ment pendant deux à quatre secondes, créant un effet encore plus drama­tique.

La méthode « Power Down » : cette approche est spéci­fique aux platines vinyles, et ici, au lieu d’ap­puyer sur le bouton Start/Stop, on tourne le commu­ta­teur de mise sous tension (On/Off) pour couper l’ali­men­ta­tion du moteur. Résul­tat ? Le plateau n’est plus entraîné, mais il n’est pas non plus freiné par le système élec­tro­nique. Il s’ar­rête par simple iner­tie. C’est le Brake le plus long et le plus natu­rel que vous puis­siez obte­nir. Mais atten­tion à ne pas oublier de rallu­mer la platine avant de vouloir relan­cer le morceau suivant !

La méthode « Manual Brake » : ici, on ne touche pas au moteur, on exerce simple­ment une pres­sion graduelle sur le rebord ou le centre du plateau, avec le bout des doigts ou la paume de la main. Cette approche vous permet­tra de contrô­ler la vitesse de descente de la tona­lité avec beau­coup plus de préci­sion qu’un arrêt auto­ma­tique.

Le mot de la fin

Au final, qu’il s’agisse d’un Brake ou d’un Backs­pin, il est souvent judi­cieux d’uti­li­ser l’un ou l’autre pour conclure un morceau et effec­tuer un fondu enchaîné rapide sur la dernière mesure. Vous pouvez même vous payer le luxe d’y ajou­ter un départ de réverb ou de délai pour renfor­cer l’as­pect drama­tique de ce type d’ef­fets.

Enfin, il est souvent avisé d’éga­li­ser un peu des basses fréquences à la baisse, et éven­tuel­le­ment de réduire légè­re­ment le volume du canal avant d’ef­fec­tuer un Backs­pin, pour que le rendu sonore reste agréable à l’oreille de votre audience.

La suite au prochain épisode !

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