Aujourd’hui, l’équipe d’AF a le plaisir de passer au crible le tout nouveau contrôleur autonome conçu par Denon DJ, le bien nommé Prime 4 G2. À l’heure où la concurrence fait rage et présente des outils de plus en plus performants, cette machine, proposée au prix constructeur annoncé de 2 699,99 €, saura-t-elle tirer son épingle du jeu et conquérir les cœurs ? C’est parti pour le test !
Présentation : Engine OS, Omnisource, intégration du streaming et compatibilité logicielle
Descendant direct du Prime 4+, le Prime 4 G2 embarque avant tout un processeur ARM à huit cœurs, accompagnés de 4 Go de mémoire RAM, et affiche une puissance de calcul près de quatre fois supérieure à son prédécesseur. La bête tourne sur le système d’exploitation Engine OS, directement hérité du célèbre logiciel Engine DJ, et la bibliothèque de morceaux profite désormais du système Omnisource, inauguré par le System One, qui vous permettra de créer des playlists et de mixer des titres provenants de différents médias (clefs USB, carte SD, disque dur SSD installé en interne ou connecté en externe, plateforme de streaming, cloud, ordinateur, etc.) de manière totalement fluide, sans aucune latence additionnelle.
Au niveau des plateformes de streaming, à l’heure où nous écrivons ces lignes, vous aurez accès aux services Amazon Music Unlimited, Apple Music, Beatport, SoundCloud Go+ et Tidal. Néanmoins, il est important de préciser que le processus d’intégration de Spotify est d’ores et déjà en route et que l’accès à la plateforme devrait débarquer d’ici quelques semaines pour les utilisateur·ices du Prime 4 G2. Naturellement, ce contrôleur pourra aussi travailler de pair avec les poids lourds du segment des logiciels DJ, grâce à une compatibilité totalement Plug & Play pour les références Serato DJ Pro, Algoriddim djay et VirtualDJ. Cerise sur le gâteau, l’appareil est même certifié « Hardware Unlock » pour Serato DJ Pro, ce qui signifie tout simplement qu’une licence officielle du fameux logiciel est préalablement déverrouillée au sein du Prime 4 G2. Ainsi, il ne vous restera plus qu’à télécharger gratuitement Serato DJ Pro sur votre ordinateur, puis à y brancher le contrôleur pour profiter de la version complète du logiciel, sans aucune restriction particulière.
Connectique du Prime 4 G2 : entrées, sorties, USB et stockage
En ce qui concerne les connexions, vous retrouverez en priorité deux entrées phono / ligne sur embases RCA, deux entrées micro / ligne sur embases combo XLR / TRS, un trio de sorties stéréo, avec d’abord les sorties Main sur embases XLR et RCA, puis les sorties Booth et Zone sur embases XLR, chacune proposée avec son contrôle de niveau dédié en haut à droite de l’écran central (la sortie Zone profite même d’un bouton de pré-écoute indépendant), et, pour terminer, une sortie DMX sur embase XLR à trois broches et enfin deux sorties casque redondantes (Jack / mini-Jack) situées sur la face avant. Les deux entrées micro / ligne disposent chacune de leur propre réglage de niveau et de deux égaliseurs à deux bandes (Low / High) individuels, sans oublier un bouton d’activation / désactivation de la fonction Talkover, mais aussi un bouton et un encodeur dédiés à l’envoi d’un effet (Mic FX On/Off et Mic FX Amount) avec deux algorithmes au choix : un délai ou une réverb.
Naturellement, le contrôleur propose aussi cinq ports USB (quatre ports USB-A et un port USB-B), un lecteur de carte SD, une baie d’accueil pour installer un disque dur SATA de 2,5 pouces directement au cœur de la bête, un routeur WiFi et un port Bluetooth intégrés. En bonus, le câble USB fourni possède une vis de verrouillage pour éviter le risque de débranchement intempestif en plein milieu d’un set, et le fabricant a aussi eu la bonne idée de proposer une petite housse pour protéger l’écran lorsque la machine est au repos.
Hardware : plateaux, écran de contrôle et mixeur intégrés
Par rapport au Prime 4+, les deux jog wheels ont gagné deux pouces de diamètre (huit pouces contre six pouces) et offrent donc un confort d’utilisation bien supérieur. En haut à gauche de chaque jog wheel se trouvent des encodeurs rétroéclairés conçus pour vous aidez à gérer vos boucles en direct, en modes automatique (Auto Loop) ou manuel (Manual Loop), ainsi qu’un petit commutateur Slip qui vous permettra de laisser tourner un morceau, puis de le relancer instantanément à partir du point de départ choisi en relâchant le plateau concerné. À cela s’ajoutent les commandes classiques Censor et Reverse, qu’on ne présente plus, puis les boutons d’accès aux quatre plateaux virtuels (Deck 1 / 3 à gauche et Deck 2 / 4 à droite). Cerise sur le gâteau, vous pourrez aussi choisir d’assigner un code couleur unique pour chaque plateau virtuel, qui illuminera chaque jog wheel et les encodeurs concernés selon votre teinte favorite. Ensuite, en bas à gauche cette fois, vous retrouverez les commandes de transport habituelles (Play / Stop, Cue, Track Skip, Sync et Beat Jump). Sur la partie de droite, vous découvrirez le commutateur Vinyl, pour alterner entre les modes CD ou Vinyle sur chaque jog wheel, mais aussi deux boutons d’accès rapide à la séparation des stems (Acapella / Instrumental) et l’indispensable curseur linéaire de vitesse / Pitch.
Passons maintenant à la section centrale, qui regroupe l’écran de contrôle et la table de mixage. L’écran de contrôle LED HD tactile de 10,1 pouces est une vraie réussite, et ressemble trait pour trait à ceux qu’on retrouvait déjà sur les modèles Prime 4+, AlphaTheta XDJ-AZ et Opus-Quad. En tous cas, il est parfaitement lisible (même en plein jour) et surtout très réactif au toucher de l’utilisateur·ice, ce qui est un excellent point. La table de mixage intégrée propose quatre voies indépendantes. Chaque voie dispose d’un réglage de niveau accompagné d’un égaliseur à trois bandes (Low / Mid / High), d’un bouton de pré-écoute (Cue), d’un curseur linéaire « Dual Rail » et d’un encodeur dédié au contrôle des algorithmes Sweep FX. Au milieu, outre les potentiomètres relatifs aux réglages de la sortie casque (Cue Mix / Level), on retrouve deux boutons dédiés aux algorithmes Fader FX (A / B) et le crossfader. Précisons que ce dernier dispose de deux vis de fixation qui vous permettront de le démonter et de le changer en cas d’usure prématurée, ou tout simplement pour le remplacer par un modèle plus en accord avec vos besoins personnels. Un peu plus haut, on retrouve deux VU-mètres LED à dix segments, la commande View pour alterner entre les fenêtres de navigation et de lecture, et le fameux JoyCoder muni de quatre commandes de chargement (Load). Le JoyCoder, présenté comme un hybride entre un encodeur rotatif cliquable classique et un joystick, est l’une des autres nouveautés offertes par le Prime 4 G2, qui n’est pas sans rappeler les fameux Smart Rotary Selector d’AlphaTheta. À l’usage, cet élément est vraiment très pratique, et, en combinaison avec l’écran tactile, il offre une expérience de navigation absolument exemplaire qui gagnerait à se généraliser à l’ensemble des contrôleurs DJ qui sortiront dans le futur.
En termes de sensations de jeu, cette machine est convaincante et le toucher des jog wheel n’est pas désagréable. Cependant, nous estimons qu’ils sont plus orientés pour le beatmatching que pour les sessions de scratch virtuose, car, même s’ils sont plus imposants que ceux du Prime 4+, on aurait tout de même apprécié qu’ils atteignent un diamètre de 10,1 pouces pour gagner un peu en confort et en maniabilité. Cela étant dit, ils pourront très bien faire l’affaire pour les amateur·ices de turntablsim pur et dur, même si d’autres options plus pertinentes existent sur le marché actuel.
Isolation des stems : espace mémoire, modes de déclenchement et fonction Stem Level EQ
Grande première chez Denon DJ, la bête intègre enfin un algorithme de séparation des stems motorisé en interne par le fameux Engine OS, et que les utilisateur·ices du logiciel Engine DJ connaissent déjà s’ils·elles ont l’occasion de travailler avec ce dernier pour préparer leurs sets sur ordinateur. Or, par rapport à une utilisation sur ordinateur, cette fonctionnalité intégrée possède l’énorme avantage de ne pas utiliser trop d’espace mémoire. Et pour cause, avec Engine DJ, lorsque vous isoler les stems depuis votre mac ou votre pc, les fichiers s’accumulent et bouffent littéralement une place monumentale sur votre disque dur. Sur le contrôleur, c’est beaucoup plus simple, et seul le fichier du morceau original est conservé pour être traité en direct. Ainsi, vous pourrez choisir d’isoler les parties a capella ou instrumentale directement grâce aux boutons dédiés en haut à droite de chaque jog wheel, mais aussi et surtout accéder au mode Stems proposé sur les pads de performance pour entrer un peu plus finement dans les détails. Une fois ce mode activé, sur les quatre premiers pads, vous pourrez successivement isoler l’a capella (pad 1), la mélodie principale (pad 2), la ligne de basse (pad 3) et la batterie (pad 4). Ensuite, les quatre pads inférieurs (pad 5, 6, 7 et 8) mettront tous à votre disposition un effet que vous pourrez déclencher à la volée de manière individuelle pour chaque stem.
Et c’est loin d’être terminé, car, une fois ce mode enclenché, vous pourrez aussi choisir d’activer la fonction Stem Level EQ (via la combinaison de touches Shift + Cue), qui vous permettra d’utiliser les potentiomètres d’égalisation de chacune des quatre voies pour ajuster séparément le volume des différents stems d’un morceau. Concrètement, le potentiomètre High contrôle le niveau du stem a capella (High / Vocal), le potentiomètre Mid contrôle le niveau des instruments mélodiques (Mid / Melody), et enfin le potentiomètre Low contrôle le niveau de la batterie (Low / Drums). Ce mode est absolument génial, et débloquera pléthore de nouvelles possibilités pour créer des transitions originales ou pour produire des remixes et des mashups complets, en quelques coups de cuillère à pot.
En tous cas, en pratique, c’est un régal et il faut bien reconnaître que l’algorithme de séparation des stems est très performant, avec une qualité audio assez homogène, et, finalement, assez peu d’artefacts indésirables à déplorer sur chaque partie isolée. Ainsi, même si les résultats ne sont pas toujours parfaits (cela dépend vraiment du morceau), on comprend vite que cette technologie a déjà bien progressé et que nous ne sommes plus très loin d’atteindre un rendu optimal.
Les pads de performance : sections Classic, MPCe et Lighting
Première mondiale sur un contrôleur DJ, les seize pads de performance multizone MPCe, répartis en deux banques de huit pads, sont directement hérités des dernières séries MPC du fabricant Akai (notamment les modèles MPC XL et MPC Live III). Ils offrent un rétroéclairage de très bonne qualité et surtout un toucher 3D exemplaire, sensible à la vélocité, organisé autour d’un axe X / Y central qui offre jusqu’à quatre zones de déclenchement distinctes. Ce qui nous donne un total de soixante-quatre zones de jeu différentes, qui vous permettront d’assigner ou de moduler simultanément plusieurs fonctions ou effets. Les deux banques de huit pads sont livrées avec un total de dix-neuf modes de jeu distincts, répartis en trois sections différentes : Classic, MPCe et Lighting.
En section Classic, vous retrouverez les modes Hot Cues (saut instantané vers les points Cue), Saved Loop (déclenchement des boucles prédéfinies), Auto Loop (création de boucles à la volée), Roll (roulements avec huit divisions rythmiques au choix), Slicer (découpage et accès direct à huit temps en lecture continue), Slicer Loop (découpage et accès direct à huit temps en boucle), Sampler (déclenchement d’échantillons) et Stems (isolation des stems). En section MPCe, vous retrouverez les modes Filter Roll (roulement avec filtre coupe-haut ou coupe-bas), Auto Loop Stems (déclenchement de boucles instrumentales ou a capella), Hot Cue Stems (saut instantané vers les points Cue avec isolation des parties instrumentales ou a capella), Hot Cue Roll (saut instantané vers les points Cue avec déclenchement d’un roulement selon quatre divisions rythmiques au choix), XY FX (huit effets accessibles et modifiables en instantané : Filter Echo, LFO Filter, Flanger, Filter Gate, Filter Dub Echo, LFO Echo, Phaser et Noise Gate) et Roll FX (un roulement combiné à une transposition de hauteur et un effet). Enfin, en section Lighting, vous retrouverez les modes Performance, Color / Position, Autoloop Controls, Autoloop Select et Static Looks, qui vous permettront de gérer votre jeu de lumière de manière dynamique.
À l’usage, ces pads sont tous simplement parfaits, et permettent d’effectuer des figures de style impossibles à réaliser jusqu’alors. D’ailleurs, les amateur·ices de Finger Drumming pourront s’en donner à cœur joie. Certes, ces pads nécessiteront quelques heures de pratique pour en tirer le plein potentiel, mais ils ajoutent de nouvelles possibilités d’expression qui offrent l’avantage d’étoffer la palette créative de l’utilisateur·ice, tout en renforçant la dimension visuelle de la performance pour le public.
Les effets : Main FX, Touch FX, Fader FX et Sweep FX
Pour cette nouvelle génération, l’intégration des effets a, elle aussi, profité d’une importante mise à jour avec pas moins de vingt-six Main FX, dix Touch FX, quatre Fader FX et quatre Sweep FX. Par ailleurs, le fabricant précise que l’ensemble des algorithmes ont été retravaillés de fond en comble par rapport à la génération Prime 4+, et, selon nous, nombre d’entre eux sont directement inspirés du splendide System One. Les sections Main FX 1 et 2, réparties de part et d’autre de l’écran, disposent chacune d’une gâchette de déclenchement, accompagnée de deux boutons dédiés au rappel des favoris (Favorite FX A / B) et de quelques commandes pour régler chaque effet à votre guise (Beats / Parameter / Amount). Au niveau des algorithmes, vous pourrez profiter des options suivantes : Echo, Echo Out, Swell Verb, Delay, Flanger, Phaser, Hold Echo, Ping Pong, Recycler, Roll, Stutter Out, Riser, Pitch Down, Scale Down, Reverb, LFO Verb, Reverb Drop, Reverse Verb, Reverb Rise, Flanger (-), Flex Gate, BeatBreak, LFO Filter, Backspin, Brake et Crush.
La section Touch FX, accessible directement sur l’écran central, transformera ce dernier en gigantesque pad X / Y. Son fonctionnement est simple, l’axe horizontal sert à caler l’effet sur huit divisions rythmiques différentes, et l’axe vertical permet de doser l’intensité du traitement appliqué, à choisir parmi les options suivantes : LFO Echo, Filter Roll, Filter Echo, Filter Dub Echo, Filter Gate, Noise Gate, Filter Reverb, Flanger, LFO Filter et Filter. Enfin, la section Fader Fx regroupe deux slots d’effet accessibles grâce aux boutons A / B situés au-dessus du crossfader. Outre quatre algorithmes disponibles (Fader Echo, Echo Down, Stutter Verb et Reverb Down), vous pourrez choisir directement sur l’écran central si vous souhaitez les déclencher via les curseurs de voies, le crossfader, ou les deux en même temps, mais aussi accéder à quelques paramètres, comme la division rythmique de synchronisation et le taux de Feedback, réglable de 0 à 100 %. On termine par la section Sweep Fx, qui dispose de quatre algorithmes (Filter, Noise, Wash et Verb) sélectionnables via les boutons dédiés placés en dessous des VU-mètres et pilotables directement grâce aux encodeurs individuels, positionnés au-dessus de chaque curseur de voie.
La qualité des algorithmes est excellente, et on sent bien qu’ils ont été configurés pour permettre aux DJ d’obtenir des résultats instantanés et surtout très gratifiants sur le plan créatif. Soyons clairs, jusqu’ici, AlphaTheta possédait l’avantage par rapport à la concurrence sur la qualité des effets, mais, depuis quelque temps (notamment depuis la sortie du System One), ce monopole est tout simplement terminé.
Engine Lighting : le contrôleur d’éclairage DMX intégré
Comme le System One, le modèle Prime 4 G2 fait aussi office de contrôleur d’éclairage et dispose en interne du fameux moteur Engine Lighting, compatible avec le protocole DMX et livré avec une sortie « Lighting » dédiée sur embase XLR à trois broches, située à l’arrière de la bête. Ce moteur est dérivé du célèbre logiciel SoundSwitch, et permettra aux prestataires d’évènements d’assurer un show « son et lumière » complet à partir du Prime 4 G2, sans avoir besoin de passer par une interface DMX supplémentaire.
Outre les modes Lighting développés pour les pads et évoqués plus haut (Performance, Color / Position, Autoloop Controls, Autoloop Select et Static Looks), vous retrouverez un ensemble de fonctionnalités qui vous permettront de concevoir une création lumière en temps réel, parfaitement synchronisée à votre DJ set, sans jamais passer par un ordinateur. En pratique, Engine Lighting va détecter le tempo du set et aligner les effets lumineux directement sur la grille des titres en cours, puis vous donner accès à différents paramètres pour modifier le tout en temps réel.












