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Test des Moniteurs Palmer Orbit 11 - La palme d'or du monitoring ?

9/10
Award Innovation 2026
2026
Innovation
Award

Palmer n'est pas une marque identifiée sur le marché des enceintes de monitoring, et c'est avec un certain étonnement qu'on voit arriver en ce début d'année 2026 le très ambitieux modèle Orbit 11... de quoi titiller fortement notre curiosité !

Test des Moniteurs Palmer Orbit 11 : La palme d'or du monitoring ?

Palmer et le moni­to­ring studio : une marque peu atten­due sur ce segment

Jusqu’ici, ce que l’on connais­sait de Palmer était essen­tiel­le­ment des boîtes de direct et autres produits de ce genre. Notre parcours sur son site web nous a confirmé que la marque conçoit de nombreux boîtiers d’iso­la­tion, de somma­tion, d’at­té­nua­tion, mais aussi des contrô­leurs de moni­to­ring, ce qui nous rapproche de notre sujet, et enfin un modèle de moni­teurs de studio appelé Studi­mon. Le produit qu’on teste aujour­d’hui, Orbit 11, est donc le deuxième du construc­teur dans cette caté­go­rie. Contrai­re­ment à ce que les palmiers du logo pour­raient lais­ser entendre, Palmer est une marque alle­mande, et on sait que les Alle­mands et les enceintes de moni­to­ring, c’est une success story qui n’en finit plus : après Adam Audio, Neumann, HEDD, Eve Audio, nous voici face à une nouvelle propo­si­tion venue d’outre-Rhin.Duo 1

Orbit 11, des moni­teurs trois voies, dont deux coaxiales

Solo faceLes Orbit 11 ne sont pas tout à fait des moni­teurs comme les autres, puisqu’ils proposent trois voies dans un format compact, et surtout une confi­gu­ra­tion coaxiale. On a déjà croisé quelques fois des enceintes présen­tant cette concep­tion coaxiale pour les haut-parleurs médium et aigu, chez Gene­lec, par exemple avec la série des 83X1, chez Fluid Audio ou des marques moins cotées, comme Kali ou PreSo­nus, mais cela reste assez rare. La troi­sième voie, pour les graves, est assu­rée par deux haut-parleurs laté­raux de chaque côté de l’en­ceinte, ce qui permet donc d’ac­cé­der à ces trois voies avec une boite dont la hauteur et la largeur sont assez modestes : 280 × 215 mm. Pour complé­ter les dimen­sions, l’en­ceinte est plutôt profonde (290 mm), et, en revanche, elle pèse vrai­ment lourd ! On revien­dra plus loin sur l’am­pli­fi­ca­tion, mais on sent en la sortant du carton que la boîte est bien remplie. HP LateralLes haut-parleurs graves mesurent huit pouces, celui en charge des médiums 6,5'' et le twee­ter 1''. Reve­nons sur ces haut-parleurs laté­raux : la compen­sa­tion des deux impul­sions laté­rales oppo­sées permet une meilleure stabi­lité de l’en­ceinte, et mini­mise les vibra­tions de celle-ci. On avait croisé ce type de concep­tion aupa­ra­vant chez Fluid Audio avec le modèle Image 2. On est donc en présence d’une propo­si­tion réel­le­ment origi­nale et très inté­res­sante. Le moni­teur coûte envi­ron 800 € l’unité, ce qui le place dans une gamme de prix compa­rable aux Gene­lec 8040, Neumann KH 120 II (plus petit modèle), HEDD Type 07, IK Multi­me­dia iLoud Preci­sion 6, les nouvelles EVE Audio EXO 28… soit unique­ment des modèles deux voies ! Pour accé­der à des modèles trois voies, il faut plutôt regar­der à partir de 1000 € l’unité, voir autour de 1300 € pour les modèles qu’on voit souvent reve­nir. Là encore, Palmer offre donc une option rare en termes de prix.

Design, connec­tique et DSP des moni­teurs Palmer Orbit 11

Les moni­teurs sont donc lourds et compacts, complè­te­ment noirs, avec un liseré rouge autour du haut-parleur médium, et le logo chromé de la marque en haut à droite. Solo biais OnOn ajoute un voyant lumi­neux sur le côté droit, et c’est tout pour le panneau avant. L’ar­rière n’est pas beau­coup plus chargé, puisqu’on y trouve simple­ment, tout en bas, les connec­tiques d’en­trée et d’ali­men­ta­tion : une entrée analo­gique en XLR, une entrée et une sortie numé­riques en AES 3, puis l’in­ter­rup­teur, au-dessus de la prise d’ali­men­ta­tion C14. Par contre, et on valide fran­che­ment cette idée, les réglages sont au-dessus de l’en­ceinte ! Enfin, pas besoin de passer derrière pour faire des ajus­te­ments qu’on n’en­tend pas, de se contor­sion­ner pour y accé­der… En appuyant sur un petit inter­rup­teur Menu, on allume un écran sur lequel on trouve quelques para­mètres sur lesquels on pourra agir avec une flèche vers le haut ou vers le bas. Trois boutons et un écran, donc, mais quelques possi­bi­li­tés inté­res­santes que nous offre le DSP. ArriereOn y trouve, dans l’ordre, un Pad de volume, trois bandes d’éga­li­sa­tion, un filtre HPF ou Desk, un filtre Rear Wall en cas de proxi­mité d’un mur, et une sélec­tion de l’en­trée audio ou numé­rique. Dsp controlesUne autre carac­té­ris­tique tech­nique de ces moni­teurs qui a retenu notre atten­tion, c’est sa puis­sance : au moment où on écrit ces lignes, la docu­men­ta­tion dispo­nible sur ce produit est très succincte, car il n’est pas sorti, mais la marque annonce une ampli­fi­ca­tion classe D de 1000 W en peak et 400 W RMS avec un niveau maxi­mal de 116 dB SPL. On confirme que les Orbit 11 délivrent un volume impres­sion­nant, et on a dû d’em­blée acti­ver le Pad à –9 dB pour les rame­ner à un niveau compa­rable à celui de nos paires de réfé­rence.

Écoute critique des Palmer Orbit 11 sur des réfé­rences musi­cales variées

La première impres­sion, à l’écoute de quelques morceaux sur ces moni­teurs, est saisis­sante : on perçoit une grande préci­sion dans les tran­si­toires, une spatia­li­sa­tion stéréo parti­cu­liè­re­ment claire, et une ouver­ture du spectre impres­sion­nante. On est sous le charme, et fran­che­ment surpris ! Il y a peut-être une présence un peu inha­bi­tuelle, une repré­sen­ta­tion impor­tante de fréquences en haut des médiums, sur laquelle on portera notre atten­tion plus tard, mais globa­le­ment, on est séduits.Duo 3

Radio­head – 15 Step

Dans l’in­tro­duc­tion de cette chan­son, notre atten­tion se porte juste­ment sur les tran­si­toires de la magni­fique produc­tion ryth­mique et l’image stéréo, et les moni­teurs Palmer excellent dans ces domaines. Il est rare que des enceintes délivrent des attaques aussi nettes que celles des moni­teurs Gene­lec auxquels on est habi­tués, mais là c’est clai­re­ment le cas. En revanche les graves descendent nette­ment plus bas, et on sent bien que ces trois voies donnent la pleine mesure à un arran­ge­ment riche et complexe comme celui-là. Les basses qui vont et viennent dans cette chan­son sont très homo­gènes, la voix à la fois pleine, bien dosée en bas médiums et présente occupe exac­te­ment l’es­pace qui convient, tout fonc­tionne très bien.

Mode­rat – A New Error

Le morceau qui nous permet souvent de jauger les très basses fréquences, un test que les Orbit 11 passent là encore haut la main : même quand elle descend dans les profon­deurs, la ligne de basse est bien là, puis­sante, mais pas enva­his­sante. On garde tout le punch des caisses claires par ailleurs, et l’équi­libre global reste très cohé­rent. On en profite pour tester un ou deux filtres, voir ce qu’ils peuvent modi­fier et éven­tuel­le­ment appor­ter. Sans surprise, la première bande d’éga­li­sa­tion concerne les graves, en étage. Les trois bandes fonc­tionnent unique­ment en néga­tif, et cette première permet de bais­ser de 2 dB, 4 dB ou 6 dB. La bande semble remon­ter un peu haut, assez large, et bais­ser de plus de 2 dB semble vite déséqui­li­brer le spectre. Le filtre HPF est fran­che­ment brutal, et proba­ble­ment destiné à une confi­gu­ra­tion dans laquelle on utili­se­rait un cais­son de basses en complé­ment. Le filtre Desk, par contre, est très subtil et même si on n’avait pas le senti­ment d’en avoir besoin, on se dit qu’il peut être utile. Ce filtre, voué à compen­ser les fréquences ampli­fiées par la surface sur laquelle les enceintes reposent, concerne souvent les bas médiums qui ne sont pas a priori surre­pré­sen­tés dans ce qu’on perçoit des Orbit 11, mais on avait au préa­lable fait en sorte d’iso­ler les enceintes du châs­sis de la console pour éviter cela. Le dernier filtre qui pourra concer­ner le grave serait Rear Wall, on va donc l’es­sayer aussi sur cette écoute. Deux posi­tions sont possibles, pour une distance plus ou moins proche du mur ; dans notre confi­gu­ra­tion, les murs sont éloi­gnés et le plus proche est un bass trap à l’ar­rière. La posi­tion pour un mur moins proche est à nouveau subtile, en revanche, l’autre posi­tion retire une dose impor­tante de graves et de bas médiums. Au final on regrette un peu qu’il n’y ait pas un filtre qui permette de reti­rer subti­le­ment un peu de l’ex­trême grave, et plusieurs qui semblent agir sur des bandes un peu larges, remon­tant jusqu’aux bas médiums, une zone qui est loin d’être enva­his­sante dans le réglage par défaut.

Lou Reed – Walk On The Wild Side

Après ces grosses basses synthé­tiques, juste une belle contre­basse acous­tique. On est reve­nus à la version de base, sans filtre ni égali­sa­tion, et c’est très beau. La voix est très pleine, et la profon­deur de champ, de laquelle émergent les chœurs des refrains, est très belle aussi. Sur ce dernier aspect de la profon­deur, on a entendu quelques modèles qui nous ont fait encore plus belle impres­sion, mais on a plus souvent entendu moins perfor­mant. On profite aussi de cette chan­son pour tester l’éga­li­sa­tion médium puisque c’est dans cette zone qu’on a la plus forte densité. Seules deux posi­tions sont dispo­nibles pour cette bande, –2 dB et –4 dB, c’est bien assez et à –2 dB, ce sera juste ce qu’il faut si le besoin s’en fait sentir.

Kendrick Lamar – Alright

On termine avec ce titre sur lequel on remet encore une fois les comp­teurs à 0, parce que c’est comme cela que ça sonne le mieux pour nous et dans notre pièce. La ligne de basse disjointe est ici encore très homo­gène, la voix à nouveau pleine, présente, pleine d’éner­gie, et les caisses claires tran­chantes comme on les connaît. On a bien conscience que nos moni­teurs de réfé­rence prin­ci­paux dans cette pièce sont les Gene­lec 1030A, dont les hauts médiums éten­dus à une partie des aigus sont parti­cu­liè­re­ment saillants, et cet aspect qu’on retrouve ici et qui nous plaît ne convien­dra peut-être pas à tout le monde. La troi­sième bande d’éga­li­sa­tion permet de bais­ser en étage le haut du spectre de 2 dB ou 4 dB. En reti­rant 2 dB dans cette zone, on se rapproche davan­tage de l’équi­libre auquel sont habi­tués certains mixeurs qui travaillent avec des moni­teurs d’autres marques. On est par exemple, plus proche de ce qu’on entend avec notre deuxième paire de compa­rai­son pour ces tests, les Adam A7X, les Orbit 11 étant nette­ment meilleures que ces dernières sur de nombreux points.

Mesures et compa­rai­son objec­tive avec des moni­teurs de réfé­rence

Pour véri­fier un peu ces impres­sions recueillies par nos oreilles, on va effec­tuer quelques mesures. On sort du contexte d’écoute pour placer l’en­ceinte au milieu d’une pièce trai­tée, à envi­ron deux mètres du mur le plus proche, sur un pied, sans aucun objet dans son envi­ron­ne­ment immé­diat. On envoie dans une Orbit 11 un bruit rose pendant une dizaine de secondes, qu’on va mesu­rer avec le micro de mesure Neumann MA1 placé à un mètre, et un analy­seur de fréquences. On répète le même proto­cole avec nos deux enceintes de réfé­rence, les Gene­lec 1030A et Adam A7X. On constate au regard de ces mesures que le moni­teur Palmer génère effec­ti­ve­ment des fréquences très graves, bien plus que les 1030A ce qui n’est pas éton­nant. À partir des médiums, on retrouve une courbe plus semblable jusque dans les extrêmes aigus, où celle des Orbit 11 se main­tient alors que celle des Gene­lec s’ef­fondre. Si on compare à la courbe des Adam, qui présente un niveau impor­tant, mais irré­gu­lier de graves, sans infra­basses, et une baisse un peu soudaine au-dessus de 2 kHz, là aussi, les Orbit 11 sont bien plus cohé­rents.

  • Mesure Bruit Rose Palmer Orbit 11
  • Mesure Bruit Rose Genelec 1030A
  • Mesure Bruit Rose Adam A7X

 

Notre avis : 9/10

Award Innovation 2026
2026
Innovation
Award

Cette paire de moni­teurs Palmer Orbit 11 est une excel­lente surprise, on ne s’at­ten­dait pas à des moni­teurs aussi perfor­mants et précis. Les graves sont superbes, les dyna­miques et l’image stéréo très bien retrans­crites, on perçoit vrai­ment le béné­fice des trois voies. On aurait aimé un filtre grave un peu plus ciblé sur le bas des fréquences, mais les moni­teurs sonnent excel­lem­ment bien sans aucun réglage. Le tarif n’est pas très élevé au regard de la qualité de ce qu’on entend.

  • De superbes transitoires, des aigus très précis
  • Des graves profonds et homogènes
  • Le prix raisonnable pour trois voies
  • Des réglages sur le dessus, et donc accessibles

  • On aurait aimé un filtre grave un peu plus subtil pour doser les fréquences les plus basses, ou un HPF beaucoup plus bas
Pays de fabrication : Allemagne
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  • Metalloïd 620 posts au compteur
    Metalloïd
    Posteur·euse AFfolé·e
    Posté le 10/02/2026 à 12:50:06
    Merci pour ce test, ces monitors sont impressionnants ! :bravo:

    Juste un tout petit détail : ce serait vraiment bien de systématiquement légender les courbes et autres résultats, pour qu'on sache qui fait quoi et d'où ça vient... Merci !
  • RdjpR 2075 posts au compteur
    RdjpR
    AFicionado·a
    Posté le 10/02/2026 à 13:46:20
    C'est clair qu'ils ont l'air cool, vraiment curieux de les écouter :bave:
  • slave1802 5664 posts au compteur
    slave1802
    Je poste, donc je suis
    Posté le 10/02/2026 à 13:54:19
    Du coup il y a un modèle droit et un modèle gauche ?
  • Beatless 14453 posts au compteur
    Beatless
    Drogué·e à l’AFéine
    Posté le 10/02/2026 à 13:55:24
    :mrg:

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