Avec le modèle Anny 12, LD Systems a lancé l’enceinte de sonorisation nomade la plus puissante de son catalogue et promet des performances de très haut vol, tant en termes d’autonomie que de rendu sonore. Alors, promesse tenue ou espoir déçu ? On passe au test !
Déballage et premières impressions
Au déballage, outre l’enceinte, on découvre un câble d’alimentation, quatre batteries lithium-ion de 14,8 V / 6 700 mA · h chacune, un manuel d’utilisation et un feuillet de consignes de sécurité. Le châssis en ABS noir mat confère à la bête une allure robuste, parée pour les déplacements. Cependant, avec ses dimensions de 405 × 655 × 341 mm (L x H x P) et son poids de 20 kg, ce modèle n’est pas des plus légers. Heureusement pour nous, le fabricant a eu la bonne idée d’installer une poignée télescopique et des roues sur la partie inférieure, qui facilitent le transport et le rendent plutôt confortable, même sur de longues distances. Un trou taraudé de 35 mm est situé sous l’enceinte, permettant ainsi de la monter sur un pied standard. Enfin, sur le dessus, vous trouverez un support intégré pour smartphones et tablettes, mais aussi un petit compartiment de rangement qui vous permettra, par exemple, de balader vos câbles et vos petits accessoires tout en les gardant à portée de main. Des poignées de transport supplémentaires, encastrées sur les côtés, sont également de la partie.
En termes de connexions, à l’arrière, on trouve deux entrées combo XLR/TRS (canaux 1 et 2), une prise mini-Jack 3,5 mm (canal 3) et une entrée auxiliaire stéréo sur embase RCA (canal 4). Deux emplacements pour récepteurs sans fil Anny (vendus séparément) sont également disponibles (canaux 5 et 6). Naturellement, le port Bluetooth 5.0 intégré permet une connexion sans fil aux smartphones, tablettes et ordinateurs. Ensuite, on trouve une sortie Mix sur embase XLR qui vous permettra d’acheminer le signal vers une autre enceinte ou une table de mixage, mais aussi un port USB-C pour recharger directement votre smartphone ou votre tablette depuis l’Anny 12. Le connecteur pour footswitch externe est aussi bienvenu, et permettra, par exemple, aux artistes de désactiver la réverbération ou le délai intégrés pour effectuer des annonces entre les morceaux.
Le système de batterie : quatre accus remplaçables à chaud
Du point de vue des batteries, LD Systems frappe très, très fort, et offre quatre emplacements indépendants, conçus pour offrir une autonomie cumulée estimée à environ cinquante heures en mode Eco. Si cela peut, de prime abord, sonner comme une promesse marketing un peu vague, force est de constater que la réalisation technique est impeccable : tant qu’au moins une batterie est insérée, l’enceinte fonctionnera sans aucune interruption. Et puis, au final, il suffit de retirer les batteries vides et de les remplacer par des batteries chargées pour continuer de profiter du système de manière quasiment infinie, ce qui ouvre des possibilités d’utilisation inimaginables avec d’autres enceintes concurrentes.
Autre atout de taille, à partir du moment où vous branchez l’enceinte sur secteur, les batteries fournies se rechargent directement dans l’appareil, avec un temps de charge complète d’environ trois heures (ou de 80 % en deux heures), ce qui reste relativement rapide compte tenu de la capacité disponible. Naturellement, des batteries supplémentaires peuvent être achetées séparément (pour 149 € l’unité), ce qui fait de cette enceinte un outil de choix pour celles et ceux qui ont besoin d’une autonomie de plusieurs jours, car, comme le dit l’adage : on n’arrête pas un peuple qui danse.
Mixeur intégré et DSP DynX : six canaux et cinq présets
À l’arrière de la bête, on retrouve un mixeur intégré équipé de commandes principales simplifiées et suffisamment intuitives pour que n’importe qui puisse s’en servir au premier coup d’œil : un réglage de volume pour chaque entrée (mis à part un réglage de volume commun pour les canaux 3 et 4), un commutateur micro / ligne pour les canaux 1 et 2 et un encodeur dédié à l’intensité de l’effet présélectionné (délai, réverbe). Enfin, l’écran de contrôle affiche la configuration choisie (Music, Live, Vocal, Eco et Flat), l’effet sélectionné, le niveau de chaque canal (avec un indicateur de crête), l’état de l’appairage TWS et le niveau de la batterie. Encore une fois, les canaux 5 et 6 sont dédiés aux récepteurs sans fil Anny que nous n’avons pas eu l’opportunité de pouvoir tester aujourd’hui.
Le centre nerveux de l’enceinte est un processeur DSP DynX de deuxième génération. Il a été conçu pour garantir un son clair et maîtrisé, même à niveau élevé, sans générer d’artefacts de compression ou de distorsion audibles, qui restent malheureusement des points faibles encore trop fréquents sur les enceintes nomades d’entrée de gamme. L’égaliseur à trois bandes fixes (plage d’accentuation / atténuation de +/-12 dB), la ligne de retard (affichée en mètres) et les cinq présets de configuration sont judicieusement choisis : Music offre un son équilibré et puissant pour la musique enregistrée (streaming, DJ sets, etc.), Live est optimisé pour les signaux mixtes (microphones et instruments de niveau ligne), Vocal met en valeur l’intelligibilité de la parole, Eco réduit la puissance de sortie pour une autonomie maximale et Flat est conçu pour les utilisateur·ices averti·es qui préfèrent effectuer leurs réglages eux·elles-mêmes. En mode Vocal, une fonction Talkover classique, baptisée Priority, est aussi disponible : dès qu’un signal est détecté sur une des deux entrées micro, l’enceinte baisse automatiquement le niveau des autres canaux.
Rendu sonore : 122 dB SPL et des basses à 40 Hz
À l’usage, l’enceinte Anny 12 remplit parfaitement son rôle et offre une qualité sonore très correcte. Son haut-parleur de 12 pouces équipé d’un aimant en néodyme délivre des basses particulièrement percutantes pour une enceinte sans fil, qui descendent à 40 Hz sans sourciller. Le tweeter de 1 pouce (aimant en ferrite) reproduit des aigus clairs sans être agressifs, et les médiums restituent la parole et les voix avec une belle précision. L’angle de dispersion (H x V : 90° x 50°) permet d’obtenir une bonne projection dans l’espace, tout en restant assez concentré en termes d’énergie perçue, et ce peut importe que vous soyez pile en face de l’enceinte ou légèrement décalé·e sur un des deux côtés (ce qui est souvent le cas pour le public de rue, par exemple).
Enfin, la puissance délivrée par l’amplificateur intégré de classe D est aussi bien suffisante, avec une crête de 215 watts et une pression acoustique, mesurée à un mètre, de 122dB Max SPL. Chaque préset de configuration remplit son rôle à merveille, avec une mention spéciale pour les modes Music et Live, qui proposent un son très équilibré et qui s’avèreront parfaitement adaptés aux musicien·nes de rue, aux DJ ou aux petites scènes locales. Néanmoins, comparée à d’autres enceintes alimentées sur secteur et situées dans la même gamme de prix, l’Anny 12 présente un rendu sonore légèrement plus compressé à volume très élevé. Ce qui, après tout, est tout à fait normal pour ce type de matériel qui fonctionne avec une puissance d’amplification et une réserve d’alimentation limitées.
Le mixeur intégré et le DSP réagissent instantanément et avec précision, et cerise sur le gâteau, le bruit de fond est quasi inexistant, même lorsque les signaux en entrée s’arrêtent de jouer. D’un point de vue pratique, la connexion Bluetooth s’est établie rapidement et de manière fiable, sans jamais déplorer aucun décrochage. Pour l’anecdote, nous avons atteint une portée utile d’environ 25 mètres lors de nos tests. Cela étant dit, nous vous recommandons de vérifier que l’appareil de lecture que vous utiliserez soit bien équipé d’une puce Bluetooth 5.0. En revanche, nous n’avons pas pu tester l’appairage TWS, car nous ne disposions que d’une seule et unique enceinte pour le test.









