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Quand on arrive en ville ! Quand on arrive en ville : nos conseils pour sonoriser un festival urbain

Rédigé par un humain

Les évènements musicaux urbains ont le vent en poupe, et même si leur organisation varie fortement d’une commune à une autre, il existe quelques conseils à suivre pour préparer un festival en pleine ville de la plus belle des manières. C’est parti !

Quand on arrive en ville : nos conseils pour sonoriser un festival urbain : Quand on arrive en ville !

Sono­ri­ser un festi­val muni­ci­pal : par où commen­cer ?

L’am­pleur d’un festi­val urbain dépend presque toujours de la taille de la commune et de l’or­ga­ni­sa­teur qui est en charge de l’évè­ne­ment. Si vous êtes enga­gé·e comme ingé­nieur du son, votre inter­lo­cu­teur privi­lé­gié sera la société tech­nique qui pren­dra en charge vos frais et vous louera le maté­riel audio. En revanche, si vous four­nis­sez le maté­riel de sono­ri­sa­tion vous-même, votre inter­lo­cu­teur prin­ci­pal sera l’or­ga­ni­sa­teur du festi­val. Le trou­ver et le contac­ter est la première étape. Mais cela paraît plus simple que ça ne l’est parfois. Et pour cause, les orga­ni­sa­teurs poten­tiels peuvent être divers et variés, il peut s’agir du service cultu­rel de la ville, d’une asso­cia­tion profes­sion­nelle, d’une entre­prise régio­nale, d’un club ou bien encore d’une agence évène­men­tielle clas­sique.

Une fois le rendez-vous prix, et avant de signer votre contrat de pres­ta­taire, rensei­gnez-vous sur le péri­mètre du projet et sur la personne à contac­ter afin d’évi­ter tout risque de conflit ulté­rieur. En effet, ce risque est rela­ti­ve­ment élevé lorsque plusieurs parties sont impliquées dans l’or­ga­ni­sa­tion d’un festi­val muni­ci­pal. Par exemple, le service cultu­rel d’une ville pour­rait trou­ver l’idée d’un évène­ment musi­cal attrayante, mais ne pas vouloir s’oc­cu­per direc­te­ment de sa mise en œuvre ni de son finan­ce­ment. Il pour­rait faire appel à une entre­prise ou à une asso­cia­tion profes­sion­nelle pour la partie finan­cière, et à une agence évène­men­tielle pour la direc­tion artis­tique et la program­ma­tion, etc. En résumé, un vrai sac de nœuds.

Comprendre l’objec­tif et les enjeux du festi­val

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Rela­ti­vi­sons un instant, ce type d’or­ga­ni­sa­tion ne pose pas forcé­ment de problème, mais, dans le cas contraire, cela peut vite deve­nir assez compliqué à gérer. En tant que pres­ta­taire de services tech­niques, il est donc primor­dial pour vous de bien connaître votre inter­lo­cu­teur sur place et les condi­tions locales liées à l’exer­cice de votre acti­vité (source d’élec­tri­cité, points d’eau, parking, etc.). Mais aussi de savoir qui orga­nise le programme des spec­tacles, qui vous four­nit les fiches tech­niques des artistes et, surtout, qui règle la facture.

L’in­ten­tion qui se cache derrière un festi­val muni­ci­pal est égale­ment très impor­tante. S’agit-il de mettre l’ac­cent sur des éléments cultu­rels locaux, ou le but affi­ché est-il simple­ment de créer une ambiance sonore conti­nue tout en buvant de la bière distri­buée par les commerçants du coin ? Dans ce dernier cas, ne soyez pas surpris, si, par exemple, le stand de débit de bois­sons choi­sit l’em­pla­ce­ment idéal devant la scène, tandis que vous, avec votre instal­la­tion de sono­ri­sa­tion, n’avez droit qu’à une petite table en bois dans un coin sombre, située derrière un arbre, à une distance dérai­son­nable du système de façade.

Les services vitaux sur site : eau, restau­ra­tion, accès

Une fois les ques­tions précé­dentes réso­lues, il convient de clari­fier la ques­tion des commo­di­tés de base, au plus tard dès votre arri­vée. Il est évidem­ment impor­tant de savoir où se trouvent le système de sono­ri­sa­tion et l’ac­cueil. Mais il est encore plus impor­tant de savoir où les tech­ni­ciens peuvent se restau­rer et bien s’hy­dra­ter.

De nombreux festi­vals urbains durent trois jours (un week-end complet avec des groupes qui attaquent dès le vendredi après-midi, voire même parfois dès le jeudi soir), et les jour­nées de travail sont très longues et fati­gantes. Si le soleil tape fort sur votre stand en août, vous aurez sans doute besoin de bois­sons pour vous désal­té­rer et rester en pleine posses­sion de vos capa­ci­tés d’écoute et de réflexion. Par consé­quent, ne négli­gez pas ce point crucial et rensei­gnez-vous sur les points de ravi­taille­ment dès votre arri­vée (et bien avant cela, dans l’idéal).

Bien connaître son dossier tech­nique avant le jour J

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En tant qu’in­gé­nieur du son, vous avez proba­ble­ment réflé­chi à vos besoins à l’avance. Vous avez obtenu le plan­ning de chaque jour, lu les fiches tech­niques des diffé­rents artistes et rassem­blé le maté­riel néces­saire. Cepen­dant, nous vous conseillons de toujours partir du prin­cipe que les fiches tech­niques ne sont jamais parfai­te­ment exactes. Par consé­quent, il est judi­cieux de prévoir quelques entrées libres supplé­men­taires sur votre console, un ou deux retours de scène addi­tion­nels, et quelques paires de retours intra-auri­cu­laires de rechange.

Lorsqu’on utilise une console de mixage numé­rique pour un festi­val urbain, il est essen­tiel de mettre en place une confi­gu­ra­tion de base simple et intui­tive, sur laquelle on peut toujours s’ap­puyer, malgré les impré­vus. Exit donc les routages hyper complexes avec compres­sion paral­lèle et les systèmes de bus et sous-groupes trop élabo­rés, qui peuvent certes appor­ter un léger gain de perfor­mance dans une confi­gu­ra­tion fixe et parfai­te­ment rodée, mais qui risque­raient de vite se révé­ler contre-produc­tifs sur une confi­gu­ra­tion de festi­val mécon­nue.

Maîtri­ser sa console de mixage sur le bout des doigts

Si vous êtes enga­gé·e comme ingé­nieur du son pour un festi­val muni­ci­pal, assu­rez-vous d’abord de maîtri­ser la console de mixage qui vous sera confiée, sur le bout des doigts. Une fois le maté­riel installé, vous pour­rez ensuite peau­fi­ner votre set-up en façade. Cela implique non seule­ment de prépa­rer en amont les diffé­rentes sessions de mixage pour chaque artiste, mais aussi de vous adap­ter à l’en­vi­ron­ne­ment exté­rieur et de vous tenir prêt·e à faire face aux impré­vus. Si la console peut être contrô­lée à distance via un routeur Wi-Fi et une tablette, sur une bande de fréquences sécu­ri­sée et sans para­site, c’est un véri­table atout qu’il ne faudra pas négli­ger.

Comme vous le savez déjà, de nombreux festi­vals urbains proposent une jour­née complète d’évè­ne­ments. Par beau temps, le soleil risque de taper fort sur la régie son, ce qui peut gêner la visi­bi­lité directe sur certaines consoles numé­riques. Vous pouvez donc aussi choi­sir d’ins­tal­ler la console dans une tente de régie couverte, et équi­pée de panneaux laté­raux, ou, à défaut, prévoir un bon vieux pare-soleil bien robuste. De plus, n’ou­bliez pas que la protec­tion solaire est aussi essen­tielle pour préser­ver votre capi­tal santé dans ce genre de condi­tions. Ensuite, en ce qui concerne les tech­ni­cien·nes invi­té·es, il n’est pas rare que certains groupes amènent leur propre ingé­nieur du son et leur propre maté­riel de régie. Prévoyez donc un espace et une alimen­ta­tion élec­trique adap­tés pour eux.

Câblage et étique­tage : comment travailler plus vite ?

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La rapi­dité d’exé­cu­tion est le maître mot lors de ce type d’évè­ne­ments. Les pauses pour l’ins­tal­la­tion sont géné­ra­le­ment très courtes et c’est pourquoi il est crucial d’avoir tous les éléments tech­niques essen­tiels à portée de main. Nous vous recom­man­dons d’étique­ter clai­re­ment toutes les connexions effec­tuées, en parti­cu­lier celles qui relient le boîtier de scène, en entrée comme en sortie. Cela peut paraître exces­sif, mais c’est extrê­me­ment utile en pratique. Si vous devez couper, voire reti­rer, une partie du système pour lais­ser place à un groupe de danse local, ou que quelqu’un décon­necte un câble de manière invo­lon­taire, vous pour­rez tout remettre en service beau­coup plus rapi­de­ment par la suite.

N’ou­blions pas que, parfois, un groupe de musique apporte sa propre console de mixage, en plus de son ingé­nieur atti­tré·e. Dans ce cas, les systèmes sans fil et les moni­teurs devront y être connec­tés. Un étique­tage clair faci­li­tera donc ici encore le montage et le démon­tage du maté­riel. Pour les pieds de micro, vous pouvez vous assu­rer une instal­la­tion rapide en les sortant de leur étui à l’avance, et en les suspen­dant simple­ment à la rambarde dans un coin sombre de la scène. Ainsi, ils ne pren­dront pas de place et seront faci­le­ment acces­sibles en cas de besoin.

Les singu­la­ri­tés dans le conti­nuum espace-temps : gérer une program­ma­tion impos­sible

Le cosmos recèle bien des mystères. Et l’un d’eux concerne, à n’en pas douter, le dérou­le­ment d’un festi­val urbain typique. Levez la main, si parmi vous, quelqu’un a déjà rencon­tré ce genre de program­ma­tion :

  • 18h00 – 19h00 : Troupe de danse Tataki
  • 19h00 – 20h00 : Groupe de reprises Cover Club
  • 20h00 – 21h00 : Ensemble de percus­sions Sambé­gué
  • 21h00 – 23h00 : DJ Maurice

Ce type de program­ma­tion mène à deux conclu­sions logiques. Premiè­re­ment : celui ou celle qui a déter­miné le programme n’a abso­lu­ment aucune expé­rience en ingé­nie­rie du son. Deuxiè­me­ment : vous aurez un très gros défi à rele­ver sur le tas.

Natu­rel­le­ment, on comprend bien que les groupes de danse insistent pour que la scène soit déga­gée. Malheu­reu­se­ment, cela vaut aussi pour le maté­riel de sono­ri­sa­tion. Après leur pres­ta­tion, vous devrez donc réins­tal­ler tout le néces­saire (retours de scène, pieds de micro, micros, alimen­ta­tions de scène, etc.) pour que le groupe de reprises puisse faire sa balance au plus vite (si vous n’avez pas eu la chance de pouvoir l’ef­fec­tuer au préa­lable). Si vous êtes enga­gé·e comme tech­ni­cien·ne solo, le mieux sera toujours de garder votre calme face à ce type d’im­pré­vus. Le public est habi­tué à ce genre d’évè­ne­ments, et ne vous en voudra pas si le concert démarre avec quelques minutes de retard.

L’as­tuce de la balance express en 5 minutes

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Pour réus­sir une balance express, comme mentionné précé­dem­ment, il est avan­ta­geux d’avoir une tablette sur scène pour contrô­ler la console de mixage à distance. La première étape consiste à couper le son en façade et à lancer une musique d’am­biance pendant la balance. Ainsi, le public sera diverti et vous pour­rez vous concen­trer sur la tâche à accom­plir. De cette façon, vous pour­rez travailler en colla­bo­ra­tion avec le groupe pour para­mé­trer les retours, direc­te­ment sur scène. Encore mieux, si vous êtes accom­pa­gné d’un·e second·e ingé­nieur, il·elle pourra gérer le mixage de retour sur scène à l’aide de la tablette pendant que vous vous occu­pez de la console de façade.

Notre méthode favo­rite, pour gérer ce genre de situa­tions, est enfan­tine. Expliquez au groupe que vous aller passer en revue tous les signaux, un par un, et que chaque musi­cien·ne devra simple­ment indiquer d’un geste de la main s’il a besoin, ou pas, du signal en ques­tion. On commence par la grosse caisse. On règle le préam­pli micro concerné, et chaque membre du groupe qui a besoin du signal de la grosse caisse sur son retour de scène, ou son retour intra-auri­cu­laire, lève la main. Petite préci­sion, leur main ne devra se bais­ser qu’à partir du moment où le niveau correct sera trouvé, pour chacun·e d’eux·elles. On peut ainsi faci­le­ment, et rapi­de­ment, équi­li­brer les vingt-quatre entrées habi­tuelles d’un groupe de reprises, en cinq minutes top chrono.

Bien sûr, quelques ajus­te­ments seront toujours néces­saires en cours de route, notam­ment lorsque le groupe jouera son premier morceau sur scène, mais grâce à cette prépa­ra­tion, ces modi­fi­ca­tions ne devraient pas vous prendre plus de quelques secondes. Ainsi, une fois le groupe prêt à jouer, diri­gez vous rapi­de­ment vers la console et commen­cez à diffu­ser le son en façade, tout en conti­nuant de prendre en compte les modi­fi­ca­tions de dernière minute que le groupe souhai­te­rait appor­ter aux retours. Commen­cez par envoyer un niveau de sortie modéré, en lais­sant d’abord entendre le chant et la batte­rie, puis construi­sez progres­si­ve­ment le reste du mixage autour d’eux. Avec un peu d’ex­pé­rience, vous devriez être capable de propo­ser une pres­ta­tion sonore très hono­rable après un, voire deux morceaux supplé­men­taires.

Ce que ce type de festi­val vous apprend sur le métier

Il est vrai qu’après tout ce qui a été écrit ici, on pour­rait penser que le métier d’in­gé­nieur du son dans un festi­val muni­ci­pal n’est pas très attrayant. Pour­tant, ce n’est que la moitié de l’his­toire, et il existe de nombreux aspects posi­tifs à rete­nir. En réalité, grâce à la diver­sité des programmes et aux délais d’ins­tal­la­tion souvent très serrés, ce genre d’évè­ne­ments est une excel­lente occa­sion d’ap­prendre et de se perfec­tion­ner.

Savoir produire des résul­tats rapi­de­ment, mieux gérer le stress, opti­mi­ser ses méthodes de travail et vivre une expé­rience inten­sive de trois jours ne sont que quelques-unes des compé­tences clés, qui pour­ront être mises à profit dans d’autres situa­tions (en tant que tech­ni­cien·ne atti­tré·e d’un groupe, ingé­nieur prin­ci­pal·e de tour­nées, et même lors de sessions en studio, etc.). Alors, n’hé­si­tez pas à vous lancer et faites-nous part de vos retours d’ex­pé­rience dans les commen­taires.

La suite au prochain épisode !

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