Gagner des heures de travail en un simple clic à l’heure de l’editing des pistes voix : c’est la proposition faite par Noiseworks avec VoiceAssist, évolution de l’excellent DynAssist…
On aurait tendance à l’oublier car ce n’est pas la partie la plus passionnante de la production audio, mais l’editing est une étape cruciale de cette dernière. La qualité comme la facilité du mixage va en effet dépendre en grande partie du soin qu’on aura apporté à l’enregistrement des sources comme à l’édition de ces enregistrements. Et si cela est vrai pour une partie de guitare ou de piano, ça l’est sans doute plus encore pour la voix qui, dans l’écrasante majorité des cas, sera ce qui est le plus mis en valeur dans le morceau. Bref, la voix est un instrument auquel on prête toujours une attention très particulière, et cela commence dès l’édition des enregistrements, où il va s’agir de garder les meilleures prises (comping), mais surtout de corriger ou d’améliorer ces dernières en amont même des tâches du mixage.
C’est à ce moment qu’on retirera tous les silences de la prise (silences qui n’en sont pas la plupart du temps, un bruit de fond résiduel demeurant toujours même sur les enregistrements les plus propres), mais aussi les respirations, les sifflantes (les fréquences aigus agressives audibles dans les T,S,CH,F), les éventuels bruits de fond (VMC d’un studio) et enfin qu’on essayera, en faisant un suivi du volume au fader, de gérer les sautes d’amplitude entre les moments calmes ou les moments qui le sont moins, histoire d’avoir la piste la plus linéaire possible en termes de volume avant d’attaquer un éventuel compresseur au mixage. Bref, il y a du boulot, et c’est pour nous simplifier la tâche que Noiseworks a imaginé Voice Assist, sorte d’évolution de leur précédent plug-in Dynassist qui avait déjà convaincu nombre de professionnels au point qu’Universal Audio en proposait une version allégée intégrée à Luna…
De quoi s’agit-il ? D’un plug-in au format ARA qui va a priori vous délester de toutes les fastidieuses tâches que nous venons de lister via un traitement automatisé, mais non destructif et donc parfaitement éditable : l’assistant parfait ? Au petit café près, c’est l’idée !
Analyse de VoiceAssist : prise en main et organisation des modules

On commence fort avec Clean qui est un denoiser/déréverbérateur façons Waves Clarity VX Dereverb/Supertone Clear. Peu de réglages sont proposés si ce n’est la force du traitement et la possibilité d’activer la récupération des aigus qui peuvent avoir trinqué en fonction du contexte. Voyez ce que ça donnera sur une prise de voix cracra, l’occasion de souligner que le logiciel est aussi pertinent sur de la voix chantée que parlée et peut donc s’utiliser dans un contexte de production musical comme pour travailler sur des contenus broadcast :

- SPOKENsource00:06
- SPOKENdereverb00:06
On poursuit avec Lowend qui, comme son nom l’indique, va faire le ménage dans le bas, en appliquant un coupe-bas comme en supprimant les résonances de cette partie du spectre. Notez qu’à cet endroit, on dispose aussi d’un « Recover Lowend » bien utile si la source vient à en manquer, même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles non plus : il n’y a pas de resynthèse, comme le fait un Adobe Speech Enhancer par exemple. Plus regrettable, on ne dispose pas ici d’un module anti-plosive, ce que la présence du coupe-bas comme du filtre anti-résonance ne compensent pas. Pour la V2 peut-être ?
On passe ensuite au Noise Gate chargé de réduire au complet silence les faux silences de la prise (ces moments où le chanteur ou la chanteuse ne chantent pas, mais où l’on peut du coup entendre le bruit d’ambiance du studio, la repisse du casque ou d’autres bruits parasites… Et c’est là qu’on se rend compte que Noiseworks a très bien pensé son affaire : il ne s’agit pas en effet de vous mettre face à un traitement global qu’il faudra affiner en regard d’une globalité, mais face à des courbes différentes pour chaque événement détecté : de fait, c’est à vous de juger du bienfondé du traitement, et en fonction de ce qui vous semble pertinent, de l’atténuer ou de le prononcer… Bref, le noise gate idéal !
Gestion automatique des dynamiques et du niveau des voix
L’onglet Dynamics génère pour sa part une courbe de compensation du volume telle que vous pourriez la faire un effectuant le suivi de la piste avec le fader de gain de la console, ce qui est une étape primordiale pour l’intelligibilité de la piste comme pour attaquer un éventuel compresseur dans les meilleures conditions. Là encore, il est génial de pouvoir éditer chaque portion de courbe d’un simple clic, d’autant qu’on zoome et dézoome très simplement sur cette dernière…
Voyez d’ailleurs la forme d’onde avant VoiceAssist :
Puis après :
Breath est l’onglet suivant qui vous permet, vous vous en doutez, de faire la chasse aux respirations du chanteur ou de la chanteuse. Même système que pour le Gate : vous avez la main sur chaque correction effectuée par l’assistant, ce qui est d’autant plus important que les respirations peuvent grandement concourir au naturel d’une prise… Pour cette raison, le logiciel est loin de supprimer chaque prise de souffle, se contentant de réduire significativement leur volume.
Voyez l’original :

La correction proposée par défaut où les souffles sont encore audibles :

Toutefois, rien ne vous empêche d’y aller à fond. Écoutez cette version avec les souffles ramenés à zéro en trois clics :

On termine enfin avec Sibilance qui vous place des enveloppes sur chaque sifflante occasionnée par un S, un T, un CH ou un K… Le réglage par défaut marche super bien, mais, dans le cas où le traitement s’avèrerait trop bourrin (à trop vouloir corriger la brillance d’un S, on a vite fait de faire chuinter un chanteur), libre à vous de déterminer la baisse de volume pour chaque correction…
Autant le dire : à la faveur de ces six onglets, ce sont des heures que vous allez gagner en editing, sans pour autant laisser la bride sur le coup à un algo dont vous ne cautionnerez pas forcément tous les choix. C’est en effet la grande supériorité de Voice Assist sur le prime : vocal de Sonible : tout demeure éditable, et même exportable, vu qu’on peut, au besoin, exporter le rendu de la voix corrigée, ou seulement les artefacts prélevés ou encore l’automation MIDI du logiciel.



