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Stratégie de mixage

Le mixage en 12 étapes

Le mixage n'est pas seulement un art. C'est l'étape cruciale qui transforme une collection de pistes en un ensemble musical cohérent. Un bon mixage met en valeur toutes les qualités de votre musique : il accentue les éléments les plus importants, apporte un peu d'inattendu pour accrocher l'auditeur et sonne bien quel que soit le système d'écoute, qu'il s'agisse d'un transistor ou d'un ensemble audiophile.

En théo­rie, le mixage est très simple : il suffit de tour­ner des boutons jusqu’à ce que tout sonne bien. Mais on n’at­teint pas ce résul­tat par hasard. En fait, mixer correc­te­ment est aussi diffi­cile que maîtri­ser un instru­ment de musique. Exami­nons donc le proces­sus de mixage.

Réfé­rences

Commen­cez par analy­ser les mixages des meilleurs ingé­nieurs et produc­teurs, par exemple Bruce Swedien, Roger Nichols, Shelly Yakus, Steve Albini, Bob Clear­moun­tain, etc. Ce faisant, ne vous foca­li­sez pas sur la musique mais unique­ment sur le son et le mixage. Vous remarque­rez qu’on perçoit distinc­te­ment chaque instru­ment, même dans un mix très chargé, parce que chaque élément de la musique est à sa place dans l’es­pace sonore. Vous consta­te­rez égale­ment que la réponse en fréquence semble équi­li­brée sur tout le spectre audio. En effet, un bon mixage possède suffi­sam­ment d’aigu pour que le son soit brillant mais pas criard, suffi­sam­ment de grave pour donner une assise satis­fai­sante sans baver et suffi­sam­ment de médium pour ajou­ter de la présence et de la défi­ni­tion.

L’un des meilleurs outils de mixage est un CD de réfé­rence vrai­ment bien mixé. Reliez votre lecteur CD à votre console et compa­rez régu­liè­re­ment votre mixage au CD de réfé­rence. Si votre mix semble plus terne, plus stri­dent ou moins inté­res­sant, écou­tez atten­ti­ve­ment et essayez d’iden­ti­fier d’où viennent les diffé­rences. Un CD de réfé­rence four­nit égale­ment une ligne direc­trice quant aux niveaux rela­tifs de la batte­rie, des voix, etc.

Ajus­tez le niveau du CD de réfé­rence par rapport à celui de votre mixage en alignant les niveaux crêtes des deux signaux. Si votre mix sonne beau­coup moins fort à niveau crête iden­tique, vous pouvez être sûr que le CD de réfé­rence a été forte­ment compressé ou limité pour réduire la dyna­mique du signal. La compres­sion est un trai­te­ment que l’on pourra ajou­ter au moment du maste­ring, surtout si votre mixage est fina­lisé dans un bon studio de maste­ring qui offre des compres­seurs de très haute qualité et un ingé­nieur du son sachant les utili­ser parfai­te­ment.

Niveaux d’écoute adéquats

À fort volume, les séances de mixage prolon­gées sont pénibles pour les oreilles. En mixant à faible volume, vous conser­ve­rez des oreilles « plus fraîches » et mini­mi­se­rez la fatigue. Certes, il est plus exci­tant de mixer à fort volume mais cela ne faci­lite pas la percep­tion des légères varia­tions de niveau.

Étant donné que de nombreux home studios ne permettent pas de travailler à n’im­porte quel volume sonore, le mixage au casque peut sembler attrayant. Mais bien qu’ils soient d’ex­cel­lents outils pour saisir des détails plus diffi­ciles à perce­voir avec des enceintes, les casques ne sont pas vrai­ment adap­tés au mixage car ils exagèrent certains détails sonores de façon dispro­por­tion­née. L’idéal est d’uti­li­ser les casques pour analy­ser des sources isolé­ment.

L’ar­ran­ge­ment

Exami­nez l’ar­ran­ge­ment avant de commen­cer à mixer. Les arran­ge­ments des projets solo tendent au « désordre » parce que vous aurez tendance à « surjouer » au moment d’en­re­gis­trer les premières pistes afin de remplir l’es­pace sonore encore vide. Plus tard, au fur et à mesure de l’avan­cée de l’ar­ran­ge­ment, vous consta­te­rez qu’il ne reste plus beau­coup de place pour les over­dubs. N’ou­bliez pas que plus les notes sont rares, plus leur impact est impor­tant. Comme l’a dit Sun Ra, tout est ques­tion d’es­pace.

Le mixage en 12 étapes

Bien qu’il n’existe pas de lois rela­tives à l’en­re­gis­tre­ment ni au mixage, il est impor­tant d’éta­blir des bases qui servent de point de départ à votre travail. Plus tard, vous pour­rez déve­lop­per votre propre « style » de mixage. Voici quelques conseils qui m’ont bien aidé.

Vous allez bâtir votre mixage peu à peu en appor­tant toute une série d’amé­lio­ra­tions répar­ties en (au moins) 12 étapes prin­ci­pales. Ça semble simple mais ça ne l’est pas car ces étapes s’in­fluencent mutuel­le­ment. Par exemple, en modi­fiant l’éga­li­sa­tion, vous modi­fiez aussi le niveau parce que vous ampli­fiez ou atté­nuez certaines portions du signal. En fait, consi­dé­rez le mixage comme un cade­nas à combi­nai­son : lorsque tous les éléments forment la bonne combi­nai­son, le mixage est réussi.

Voyons donc quelles sont les 12 étapes du mixage (et notez bien qu’il s’agit de ma méthode person­nelle et que vous déve­lop­pe­rez peut-être une approche tota­le­ment diffé­rente plus adap­tée à votre façon de travailler).

Étape 1 : prépa­ra­tion mentale

Le mixage peut s’avé­rer fasti­dieux. Par consé­quent, commen­cez par créer un envi­ron­ne­ment de travail adapté. Si vous n’avez pas de bon fauteuil de bureau avec renfort lombaire, je vous recom­mande de passer chez un four­nis­seur de maté­riel de bureau. Gardez du papier et un carnet à portée de main pour pouvoir prendre des notes. Tami­sez légè­re­ment l’éclai­rage pour donner la prio­rité à l’ouïe plutôt qu’à la vue et, de manière géné­rale, prépa­rez-vous psycho­lo­gique­ment à faire un long voyage.

Faites des pauses régu­lières (toutes les 45 à 60 minutes) pour repo­ser vos oreilles et rafraî­chir votre juge­ment. Procé­dez ainsi même si vous louez un studio profes­sion­nel car quelques minutes de pause permettent de retrou­ver de l’objec­ti­vité et, para­doxa­le­ment, de termi­ner le mixage beau­coup plus rapi­de­ment.

Étape 2 : passez les pistes en revue

Écou­tez à bas volume pour savoir ce que contiennent les pistes. Prenez des notes rela­tives aux pistes et utili­sez des étiquettes repo­si­tion­nables ou un marqueur effaçable pour indiquer l’as­si­gna­tion des instru­ments aux canaux de la console. Grou­pez les sons de façon logique : mettez par exemple toutes les pistes de batte­rie sur des canaux voisins.

Étape 3 : utili­sez un casque pour suppri­mer les imper­fec­tions

L’éli­mi­na­tion des imper­fec­tions est une acti­vité qui concerne l’hé­mi­sphère gauche du cerveau. L’hé­mi­sphère droit régit quant à lui l’as­pect créa­tif du mixage. Le fait de passer alter­na­ti­ve­ment d’une acti­vité à l’autre peut brider la créa­ti­vité. C’est pourquoi il est conseillé de commen­cer par nettoyer entiè­re­ment les pistes (suppri­mer les imper­fec­tions, les fausses notes, etc.) avant de débu­ter le mixage en lui-même. Utili­sez un casque pour perce­voir chaque détail et écou­tez chaque piste en solo.

Si votre arran­ge­ment comporte des pistes virtuelles, c’est le moment de réduire la quan­tité des ordres Control­ler, de faire la chasse aux notes doublées et d’évi­ter que des notes se chevauchent dans les lignes jouées note à note (la parti­tion de la basse ou d’un cuivre).

Réduction de bruit dans Sound Forge 9

Utili­sez la réduc­tion de bruit (sans exagé­rer) pour nettoyer certaines pistes. Ici, on atté­nue le bruit d’un fichier audio dans Sony Sound Forge 9 avant de le réim­por­ter dans le projet multi­piste.

Il peut être avan­ta­geux d’uti­li­ser un éditeur audio­nu­mé­rique pour l’édi­tion audio et la réduc­tion du bruit, même si cela vous force à expor­ter la piste pour l’édi­ter puis à la réim­por­ter dans le projet. Les arte­facts à peine audibles peuvent sembler négli­geables. Pour­tant, multi­pliées par la ving­taine de pistes de l’ar­ran­ge­ment, ils peuvent engen­drer un son global assez confus.

Étape 4 : opti­mi­sez les géné­ra­teurs de sons

Affi­nez la réponse des diffé­rents géné­ra­teurs de sons assi­gnés à des pistes MIDI. Par exemple, pour augmen­ter la brillance, essayez d’aug­men­ter la fréquence de coupure du filtre passe-bas plutôt que d’uti­li­ser l’éga­li­seur de la console.

Étape 5 : faites une mise à plat en ajus­tant le niveau rela­tif des pistes

N’ajou­ter aucun trai­te­ment. Concen­trez-vous sur le son global des pistes sans vous lais­ser distraire par l’ac­ti­vité de l’hé­mi­sphère droit de votre cerveau qui se foca­lise sur les détails. Dans un bon mix, les pistes sonnent mieux lorsqu’elles sont mélan­gées les unes aux autres que lorsqu’elles sont écou­tées isolé­ment.

Commen­cez par régler les niveaux en mono : si les instru­ments sonnent distinc­te­ment en mono, ils « s’ou­vri­ront » encore plus en stéréo. D’autre part, il est possible que vous ne puis­siez pas iden­ti­fier les parties qui se gênent mutuel­le­ment si vous travaillez direc­te­ment en stéréo.

Étape 6 : l’éga­li­sa­tion

Les égali­seurs peuvent permettre d’ac­cen­tuer les diffé­rences entre plusieurs instru­ments pour créer un son global plus équi­li­bré. Commen­cez par égali­ser les éléments les plus impor­tants du morceau (voix, batte­rie et basse). Dès qu’ils fonc­tionnent bien ensemble, vous pouvez passer aux parties d’ac­com­pa­gne­ment.

Le spectre audio est un espace limité ; l’idéal est que chaque élément s’ap­pro­prie une portion donnée du spectre audible de sorte que lorsque les instru­ments sont combi­nés, ils remplissent le spectre de fréquences de façon satis­fai­sante (certes, l’oc­cu­pa­tion du spectre audio relève de l’ar­ran­ge­ment, mais on peut consi­dé­rer que l’éga­li­sa­tion en fait aussi partie). On traite souvent la batte­rie au début du mixage parce que cet instru­ment couvre une grande partie du spectre audio, du très grave avec la grosse caisse au très aigu avec les cymbales. Ensuite, vous y verrez plus clair quant à la façon d’in­té­grer les autres instru­ments à l’ar­ran­ge­ment.

L’éga­li­sa­tion appliquée à une piste est suscep­tible d’af­fec­ter d’autres pistes. Par exemple, en ampli­fiant le médium d’une partie de piano, vous influen­ce­rez les voix, les guitares et les autres instru­ments dans cette plage de fréquences. Parfois, accen­tuer une bande de fréquences d’un instru­ment implique d’at­té­nuer cette même bande dans un autre instru­ment. Pour faire ressor­tir le chant, vous pouvez par exemple atté­nuer les fréquences de la voix dans d’autres instru­ments au lieu de les ampli­fier dans la piste de chant.

Égaliseur des canaux dans Cubase 4

Cubase 4 offre un égali­seur 4 bandes dans chaque canal audio.

Consi­dé­rez que le morceau corres­pond à l’en­semble du spectre audible et déci­dez de la place de chaque instru­ment dans cet espace. Pendant le mixage, j’uti­lise parfois un analy­seur de spectre, non pas parce que mes oreilles ne permettent pas de juge­ment fiable, mais parce que cet outil exerce mes facul­tés audi­tives en m’in­diquant préci­sé­ment la place que chaque instru­ment occupe dans le spectre audio. L’ana­ly­seur de spectre indique égale­ment les accu­mu­la­tions de niveau anor­males dans certaines bandes de fréquences.

Si vous voulez qu’un instru­ment ressorte réel­le­ment du mix, essayez d’am­pli­fier légè­re­ment ses fréquences entre 1 et 3 kHz. Mais ne faites pas ça avec tous les instru­ments : l’idée direc­trice reste de diffé­ren­cier les instru­ments les uns des autres en ampli­fiant/atté­nuant des fréquences données.

Pour mettre un instru­ment en retrait dans le mix, il suffit parfois d’uti­li­ser un filtre coupe-haut plutôt que de se lancer dans une égali­sa­tion compliquée utili­sant plusieurs filtres. De même, utili­sez un filtre coupe-bas sur les instru­ments qui « débordent » sur le bas du spectre, par exemple une guitare ou un piano, pour atté­nuer leur grave et lais­ser ainsi plus d’es­pace à la basse et à la grosse caisse qui sont essen­tielles au groove.

Étape 7 : ajou­tez tous les trai­te­ments impor­tants

Il s’agit ici des trai­te­ments qui font partie inté­grante de la musique (un écho qui tombe sur les batte­ments et modi­fie ainsi les carac­té­ris­tiques ryth­miques, une distor­sion qui trans­forme le timbre d’un instru­ment, un effet voco­der, etc.).

Étape 8 : défi­nis­sez l’es­pace stéréo

À présent, placez les instru­ments dans le champ stéréo. Vous pouvez opter pour une approche clas­sique, auquel cas il s’agira de récréer les sensa­tions d’une perfor­mance live, ou pour une approche plus radi­cale. Évitez de placer les instru­ments mono à l’ex­tré­mité droite ou gauche de l’es­pace stéréo car leur son sera moins riche et moins plein que s’ils sont légè­re­ment recen­trés. 

Mixeur de SonarComme la plupart des logi­ciels de MAO actuels, Sonar possède un mixeur virtuel qui permet de travailler comme avec une console physique clas­sique dotée de pano­ra­miques, d’éga­li­seurs et de faders.

Étant donné que le grave est moins direc­tion­nel que les hautes fréquences, placez la grosse caisse et la basse à peu près au centre de l’image sonore. Veillez à conser­ver un certain équi­libre : par exemple, si vous avez posi­tionné le char­ley sur la droite, mettez un tambou­rin, un shaker ou tout autre instru­ment possé­dant essen­tiel­le­ment des hautes fréquences sur la gauche. Cela est égale­ment valable pour les instru­ments dont le médium est domi­nant.

Certaines tech­niques permettent de créer une image stéréo à partir d’un signal mono. Une méthode consiste à utili­ser un effet basé sur un retard tempo­rel, par exemple un chorus stéréo ou un delay court. Par exemple, si un signal est placé sur la gauche, trai­tez-le avec un delay court dont la sortie alimente un canal posi­tionné sur la droite du champ stéréo. Toute­fois, il est primor­dial de véri­fier la compa­ti­bi­lité mono de ce type de trai­te­ment car le mélange du signal source et du delay peut créer des dépha­sages qui engendrent des annu­la­tions de fréquences imper­cep­tibles en stéréo.

La stéréo peut affec­ter forte­ment la façon dont nous perce­vons les sons. Imagi­nons une ligne de voix doublée pour laquelle le chan­teur a enre­gis­tré la même partie deux fois de suite en s’ef­forçant d’être le plus précis possible. Placez les deux prises au centre du mix, puis essayez de les posi­tion­ner de part et d’autre de l’image stéréo. La première solu­tion produit un son assez homo­gène bien adapté aux chan­teurs peu expé­ri­men­tés. La seconde solu­tion four­nit quant à elle un son mieux défini et plus précis qui peut mettre un bon chan­teur en valeur.

Étape 9 : appor­tez les modi­fi­ca­tions finales à l’ar­ran­ge­ment

Mini­mi­sez le nombre de pistes qui se « concur­rencent » mutuel­le­ment pour que l’au­di­teur se foca­lise sur la mélo­die et évitez le désordre. Suppri­mez les trai­te­ments qui ne servent pas le morceau, même si vous êtes fier de certains effets que vous avez créés. Inver­se­ment, si vous trou­vez qu’il manque quelque chose au morceau, c’est main­te­nant votre dernière chance d’ajou­ter un ou deux over­dubs. Ne soyez pas complai­sant envers votre travail tant qu’il n’est pas terminé afin de rester le plus objec­tif possible.

Vous pouvez aussi utili­ser le mixage pour modi­fier l’ar­ran­ge­ment en lais­sant certaines pistes de côté ou en ajou­tant de nouvelles pistes. Ce type de mixage est à la base de nombreux morceaux dance utili­sant des boucles qui tournent en continu. Dans ce cas, le mixage influence forte­ment l’ar­ran­ge­ment (certaines parties sont « mutées » et les niveaux sont forte­ment modi­fiés).

Étape 10 : archi­tec­ture audio

Main­te­nant que les pistes sont répar­ties dans le champ stéréo, il est temps de les placer dans un espace acous­tique. Commen­cez par ajou­ter de la reverb et du delay pour donner de la profon­deur au mixage.

Géné­ra­le­ment, on utilise une reverb prin­ci­pale pour recréer un espace donné (club, salle de concert, audi­to­rium, etc.) plus une seconde reverb pour les effets (un algo­rithme « gated reverb » sur les toms par exemple). Méfiez-vous des pistes qu’il faut noyer dans de la reverb pour qu’elles sonnent bien. Si une prise est contes­table au point de néces­si­ter beau­coup de reverb, refaites-la !

Étape 11 : peau­fi­nez encore et toujours

Main­te­nant que le mix est bien avancé, il est temps d’en­trer dans le détail. Si vous utili­sez une auto­ma­tion pour mixer, commen­cez à program­mer ses mouve­ments tout en gardant à l’es­prit que toutes les étapes énumé­rées ci-dessus s’in­fluencent mutuel­le­ment. Par consé­quent, retou­chez régu­liè­re­ment aux égali­seurs, aux niveaux, à la posi­tion dans le champ stéréo et aux effets. Soyez le plus critique possible : si vous ne réglez pas les détails gênants main­te­nant, ils vous tour­men­te­ront à chaque fois que vous écou­te­rez votre mix.

Certes, il est impor­tant de travailler sur le mix jusqu’à obten­tion d’un résul­tat satis­fai­sant, mais il faut égale­ment veiller à ne pas « surmixer ». Quincy Jones a dit un jour que travailler avec des synthé­ti­seurs et des séquences, c’est comme « peindre un Boeing 747 avec des cotons-tiges ». Le mixage est comme une perfor­mance artis­tique : il ne faut pas « surjouer » sous peine de perdre la spon­ta­néité qui peut rendre votre travail capti­vant. Vous risquez égale­ment de diluer l’at­mo­sphère du morceau si vous vous perdez dans les méandres de l’au­to­ma­tion. Un mixage impar­fait qui retrans­crit le carac­tère passion­nel de la musique sera toujours plus inté­res­sant à écou­ter qu’un travail telle­ment léché qu’il en devient stérile. Pour éviter cet écueil, conser­vez de vieilles versions de votre mixage : en les réécou­tant le lende­main, vous consta­te­rez peut-être que l’une des premières était la meilleure.

En fait, il se peut que vous n’en­ten­diez pas de grandes diffé­rences entre vos diffé­rents mixages. Un produc­teur expé­ri­menté m’a dit une fois qu’il avait fait plusieurs dizaines de versions d’un même mixage parce qu’il enten­dait chaque fois de légères amélio­ra­tions qui lui semblaient réel­le­ment impor­tantes sur le coup. Quelques semaines plus tard, il a réécouté les diffé­rentes versions et n’en­ten­dait plus aucune diffé­rence entre la plupart d’entre elles. Par consé­quent, ne perdez pas votre temps à appor­ter des modi­fi­ca­tions que personne (vous y compris) ne remarquera.

Étape 12 : véri­fiez votre mixage avec diffé­rents systèmes de diffu­sion

Avant de consi­dé­rer qu’un mix est terminé, écou­tez-le en stéréo et en mono à diffé­rents volumes sonores et avec diffé­rents systèmes de diffu­sion, y compris des casques. La réponse en fréquence de l’oreille humaine change en fonc­tion du volume d’écoute : à faible volume, nous enten­dons moins le grave et l’aigu. Par consé­quent, si vous écou­tez unique­ment à faible volume, votre mix sera peut-être trop chargé en basses ou trop brillant à volume normal. Optez pour une solu­tion moyenne qui sonne bien avec tous les systèmes de diffu­sion.

Si vous avez un home studio, vous pouvez vous permettre de lais­ser votre mix de côté, de l’écou­ter sur diffé­rents systèmes de diffu­sion, puis d’y reve­nir quelques jours plus tard avec des oreilles fraîches pour y appor­ter une touche finale.

Une pratique répan­due consiste à écou­ter le mix ainsi que des CD de réfé­rence en voiture pour voir comment ils sonnent. Le bruit du véhi­cule masque certaines subti­li­tés et permet d’iden­ti­fier les éléments qui ressortent du mix. Je vous recom­mande égale­ment de louer un studio profes­sion­nel pour écou­ter et véri­fier vos mixages. Si votre mix sonne bien dans toutes ces situa­tions, vous avez accom­pli votre mission avec succès.

Origi­nel­le­ment écrit en anglais par Craig Ander­ton et publié sur Harmony Central.
Traduit en français avec leur aimable auto­ri­sa­tion.


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