Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
FR
EN
Test écrit
9 réactions

Test du Togu Audio Line TAL-Pha - L'alpha et omega du Juno

8/10

Près de 40 ans après la sortie du Roland Alpha Juno 2, Togu Audio Line tente d’en capturer l’essence avec le TAL-Pha, un synthé virtuel au charme rétro assumé. Synthé utile ou simple nostalgie logicielle ? On a branché nos casques pour en juger.

Test du Togu Audio Line TAL-Pha : L'alpha et omega du Juno

À la sortie du TAL-Pha, certain·e·s ont pu se deman­der l’in­té­rêt d’une nouvelle version virtuelle d’un Juno, surtout que TAL propose déjà l’ex­cellent TAL-U-NO-LX à son cata­logue. C’est oublier que l’Al­pha Juno, que repro­duit le TAL-Pha, est une bête bien diffé­rente d’un Juno-6/60, et même d’un Juno-106, et que les émula­tions de ce modèle ne courent pas les rues.

Bien que parta­geant une archi­tec­ture présen­tant de nombreux points communs avec leurs aïeux, les Alpha Juno 1 et 2 (ainsi que la version rack du 2, le MKS-50) embarquent des compo­sants diffé­rents et des parti­cu­la­ri­tés qui font qu’au final, même si l’on retrouve un tronc commun au niveau du son, les résul­tats obte­nus sont sensi­ble­ment diffé­rents.

Au jeu des compa­rai­sons, on se rend rapi­de­ment compte que, fina­le­ment, les Juno-6/60 et Alpha Juno se complètent plutôt bien. Et pour cause : au milieu des années 1980, la défer­lante DX7 est passée par là. La mode est alors aux sono­ri­tés bien propres et déga­gées derrière les oreilles. Pureté et préci­sion sont des mots qu’on retrouve partout dans les publi­ci­tés et docu­men­ta­tions de l’époque (aujour­d’hui, c’est plutôt chaud, gras et orga­nique).

Ainsi, les Alpha Juno, comme les JX-8P et JX-10 avant eux, proposent une version plus poli­cée de la synthèse analo­gique, avec les contrôles directs des para­mètres rempla­cés par une inter­face où l’on saisit le numéro du para­mètre avant de l’édi­ter via la molette Alpha Dial (oui, c’est bien de là que vient le nom). Mais surtout, ils offrent un son bien plus précis que celui des Juno-6/60. Enfin, comme nous allons le voir, les parti­cu­la­ri­tés mention­nées plus haut permettent une plus grande poly­va­lence et des sons impos­sibles à obte­nir sur les modèles précé­dents.

Pour les puristes, rappe­lons que les moteurs sonores des Alpha Juno 1 et 2 sont iden­tiques : parmi les chan­ge­ments notables, le Juno 1 ne propose que 49 touches sans vélo­cité ni after­touch. Les autres diffé­rences se limitent au stockage et à la gestion de la pédale d’ex­pres­sion.

Histo­rique de TAL : la préci­sion suisse au service de l’ana­lo­gique virtuel

TAL-Elek7roTogu Audio Line, plus connu sous le nom de TAL, est une petite entre­prise suisse qui déve­loppe des plugins depuis main­te­nant une ving­taine d’an­nées. À l’ori­gine, Patrick Kunz, son fonda­teur, ne faisait que program­mer des outils pour ses propres besoins. Mais en 2004, il décide de parta­ger son travail avec la commu­nauté et publie son premier filtre logi­ciel en free­ware. Suivent alors plusieurs autres effets et synthés logi­ciels, toujours gratuits, qui révèlent une nette préfé­rence pour les synthé­ti­seurs analo­giques Roland, comme le TAL-U-No-62 ou le TAL-Bass­Line, ainsi que des créa­tions plus person­nelles, tels le TAL-Elek7ro et le TAL-Noise­Ma­ker.

Ces premières produc­tions se font rapi­de­ment remarquer dans le monde des free­wares par leur grande qualité et apportent à TAL une bonne crédi­bi­lité, ouvrant la voie à la sortie du premier plugin commer­cial, le TAL-U-No-LX, réécri­ture complète du U-No-62, cette fois avec des filtres zero feed­back délai. Cette nouvelle mouture fait forte impres­sion par sa fidé­lité, inédite à l’époque, au son du Juno-60.

TA-U-NO-LXLa suite est à l’ave­nant : le TAL-Bass­Line-101, hommage très réussi au Roland SH-101, est lui aussi une réécri­ture complète du plugin gratuit, enri­chie notam­ment d’un step sequen­cer. Puis viennent le TAL-Sampler, un sampleur à l’es­prit vintage avec émula­tion, entre autres, des DAC des Emula­tor et Akai S1000, le TAL-Drum, et le TAL-J-8, fidèle recréa­tion du légen­daire Jupi­ter-8.

Plus récem­ment, TAL a surpris son monde avec le TAL-EQ, un égali­seur dyna­mique et graphique dont l’er­go­no­mie rappelle celle des produits FabFil­ter. Et avant lui, le TAL-Pha — sujet de ce test — a débarqué pour modé­li­ser le Roland MKS-50, autre­ment dit la version rack de l’Al­pha Juno 2.

Instal­la­tion et inter­face du TAL-Pha : compa­ti­bi­lité éten­due et ergo­no­mie immé­diate

TAL-Pha -1Le TAL-Pha est un plugin dispo­nible pour Windows, macOS et Linux, aux formats VST, VST3, AU, AAX et FLAC. Souli­gnons d’em­blée la large compa­ti­bi­lité aussi bien en termes de formats que de systèmes d’ex­ploi­ta­tion. Par contre, pas de version stan­da­lone.

Sur la page About du site offi­ciel, TAL précise que l’en­tre­prise n’est pas axée sur le marke­ting mais aussi qu’elle préfère éviter les systèmes de protec­tion complexes et coûteux. L’ins­tal­la­tion se fait ainsi très simple­ment : un instal­leur clas­sique, puis la saisie d’un numéro de série unique. C’est tout confort pour l’uti­li­sa­teur qui a acheté sa licence. Mention­nons égale­ment que les mises à jour sont régu­lières et gratuites. Le mode d’em­ploi au format PDF recense l’en­semble des fonc­tion­na­li­tés, mais reste un peu succinct.

Dès l’ou­ver­ture, le TAL-Pha nous emmène en terrain connu : c’est du TAL pur jus. Inter­face claire, design sans fiori­tures, et cette patte visuelle légè­re­ment rétro qui évoque les synthés hard­ware sans tomber dans la nostal­gie forcée. Les sections sont bien sépa­rées et permettent de comprendre d’un coup d’œil la topo­lo­gie sonore. Tout est à sa place, tout est lisible.

TAL-Pha -5 - browserTout en haut, on retrouve les options géné­rales, l’undo/redo, et la gestion des présets ; au centre, les para­mètres de synthèse ; en dessous, les effets, l’ar­pé­gia­teur, et un petit « écran » qui affiche le nom du préset, la valeur des para­mètres, ainsi qu’une visua­li­sa­tion graphique de l’en­ve­loppe, bien utile vu les parti­cu­la­ri­tés de cette dernière. Tout en bas se trouve le clavier virtuel, que l’on peut masquer.

Le TAL-Pha propose un navi­ga­teur de présets simple mais effi­cace, avec gestion des banques, fonc­tion de recherche et tags (ça fera plai­sir à Los Teignos ;)). Les présets d’usine de l’Al­pha Juno sont inclus, accom­pa­gnés de nouveaux sons qui tirent parti des effets et des nouvelles fonc­tion­na­li­tés du plugin. L’im­port de Sysex permet par ailleurs de char­ger les sons des modèles hard­ware origi­naux, que l’on trouve d’ailleurs en grande quan­tité en ligne.

TAL-Pha – analog­pad system
00:0000:49
  • TAL-Pha – analog­pad system00:49
  • TAL-Pha – Dark­pad system00:54
  • TAL-Pha – Dark­silk00:44
  • TAL-Pha – Synths­trings Soleil hiver01:09
  • TAL-Pha – Univer­sal Shine01:42
  • TAL-Pha – Plas­ti­kon arp00:33
  • TAL-Pha – synth­bass TPLF01:37
  • TAL-Pha – Dres­sed in strings01:22
  • TAL-Pha – Attack Ensemble Bizarre00:37

Le moteur sonore du TAL-Pha : l’es­thé­tique Alpha Juno entre analo­gique et préci­sion numé­rique

TAL-Pha -3Sur le plan sonore, le TAL-Pha modé­lise fidè­le­ment le cœur sonore du MKS-50/Alpha Juno 2 : un oscil­la­teur prin­ci­pal DCO, un subos­cil­la­teur carré, un géné­ra­teur de bruit, un filtre low-pass réso­nant 24 dB/octave et un simple hi-pass.

On retrouve cette fameuse clarté un peu « hi-fi », propre aux Alpha Juno et aux JX-8P/JX-10, qui faisait tout leur charme. Là où un Juno-60 grogne et respire, le TAL-Pha caresse et brille, avec la préci­sion carac­té­ris­tique de la période post-DX7.
Si les Juno-6/60 sont des machines à pads chaleu­reux et basses vintage, l’Al­pha (et donc le TAL-Pha) se distingue par sa poly­va­lence : des timbres tour à tour moel­leux, métal­liques, numé­riques ou acides. Idéal pour les leads tran­chants, les nappes brillantes, les basses punchy et, bien sûr, les fameux « hoovers » des années 90.

C’est dans ces timbres hybrides, ni tota­le­ment analo­giques, ni complè­te­ment numé­riques, que le TAL-Pha révèle toute sa person­na­lité.

TAL-Pha – Almost PPG This night
00:0001:29
  • TAL-Pha – Almost PPG This night01:29
  • TAL-Pha – Emerald Souve­nir00:29
  • TAL-Pha – Eupho­ry­key Souve­nir00:31
  • TAL-Pha – Hammer­bonk Around00:33
  • TAL-Pha – Neonic key said01:01
  • TAL-Pha – Rapi­darpy00:34
  • TAL-Pha – Aether­pi­pie01:07
  • TAL-Pha – ambient constel­la­tion00:40
  • TAL-Pha – Blan­ket00:46
  • TAL-Pha – Cyclo­tro­nica00:30
  • TAL-Pha – Inner­Dream – sync – Android01:54
  • TAL-Pha – Prin­cipe of incer­tainty01:22
  • TAL-Pha – Univer­sal Shine reverb01:43
  • TAL-Pha – wish­full00:25

Archi­tec­ture et synthèse du TAL-Pha : oscil­la­teurs, enve­loppes et filtres spéci­fiques Alpha Juno

TAL-Pha -6 DCOL’une des parti­cu­la­ri­tés des Alpha par rapport aux modèles précé­dents réside dans le choix des formes d’ondes du DCO. Là où les Juno-6/60 et 106 propo­saient un square à largeur modu­lable et une dent de scie clas­sique, les Alpha offrent plusieurs types de saw et de square, en fait des valeurs inter­mé­diaires, tandis que le Saw possède lui aussi une largeur modu­lable. C’est l’une des carac­té­ris­tiques qui confère aux Alpha leurs sons typiques, permet­tant par exemple de créer des sons métal­liques en l’ab­sence de ring modu­la­tion.

Le TAL-Pha ajoute en plus une onde dent de scie en rempla­ce­ment du square, ce qui permet de cumu­ler deux saw, ainsi que la possi­bi­lité de régler indi­vi­duel­le­ment le volume de chaque forme d’onde, et de régler l’ac­cord et l’ac­cord fin du pulse, ainsi qu’une synchro qui synchro­nise le DCO et le sub. Au final, cela revient presque à avoir deux oscil­la­teurs en plus du sub.

Autre parti­cu­la­rité : l’en­ve­loppe multi­seg­ment (T1/L1/T2/L2/T3/L3/T4). Elle dispose, en plus des para­mètres clas­siques, de contrôles de volume pour les étapes Attack et Decay, ainsi qu’un para­mètre de temps pour le Sustain. (Note : ce type d’en­ve­loppe se retrou­vera plus tard sur de nombreux produits Roland, comme le D50, le JV-80 ou le JD-800). Grâce à elle, il est possible de créer des varia­tions beau­coup plus complexes qu’une simple ADSR, et de program­mer des rebonds et des sons mouvants. L’en­ve­loppe peut modu­ler le DCO, le VCF et le VCA, donnant ainsi un son éton­nam­ment dense et vivant, malgré la simpli­cité appa­rente du synthé.

TAL-Pha – Double Env
00:0000:44
  • TAL-Pha – Double Env00:44
  • TAL-Pha – What the01:13

Le filtre, lui aussi diffé­rent des Juno précé­dents, possède ce carac­tère typique­ment Roland. Le TAL-Pha propose trois types : Normal, qui repro­duit le compor­te­ment clas­sique de l’Al­pha Juno ; Clean, et Boost, qui permet à la réso­nance d’at­teindre des valeurs très élevées, jusqu’à une auto-oscil­la­tion agres­sive.

TAL-Pha – Amour Alphunk Boostl filter (avec limi­ter)
00:0000:46
  • TAL-Pha – Amour Alphunk Boostl filter (avec limi­ter)00:46
  • TAL-Pha – Amour Alphunk Clean filter00:46
  • TAL-Pha – Amour Alphunk Normal filter00:46

Le filtre passe-haut fonc­tionne comme sur le Juno-106 avec réglages par paliers fixes et un circuit bass boost en posi­tion zéro. Dans cette dernière posi­tion, un filtre low-shelf ampli­fie le signal autour de 500 Hz. Le TAL-Pha ajoute en plus un mode alter­na­tif, utili­sant un filtre en cloche qui augmente le signal de 6 dB autour de 80 Hz.

Comme sur l’ori­gi­nal, le TAL-Pha possède la fameuse fonc­tion Chord, qui permet de jouer un accord complet sur une seule touche. Elle prend une nouvelle dimen­sion lorsqu’elle est utili­sée en conjonc­tion avec l’ar­pé­gia­teur du TAL-Pha.

Effets inté­grés, cali­bra­tion des voix et fonc­tions avan­cées du TAL-Pha

TAL-Pha -8 - VC

En plus de l’ému­la­tion du Chorus origi­nal, avec sa vitesse para­mé­trable, le TAL-Pha propose trois effets qui enri­chissent effi­ca­ce­ment le son : une réverbe, qui, sans être trans­cen­dante, fait très correc­te­ment le job ; un délai ; et un égali­seur en cloche. De manière surpre­nante, le chemin du signal ne suit pas l’ordre de gauche à droite affi­ché sur l’in­ter­face graphique. En réalité, le trajet s’ef­fec­tue dans cet ordre : Chorus > EQ > Delay > Reverb. Pour bien le suivre visuel­le­ment, il faut donc partir du chorus, puis descendre vers l’éga­li­seur et lire de droite à gauche. Ce n’est pas très intui­tif au premier abord, mais une fois qu’on le sait, ce n’est pas un problème.

Aucun bypass n’est dispo­nible, mais en plaçant le para­mètre Wet à zéro, les effets ne se feront pas entendre. Il est égale­ment impos­sible de chan­ger l’ordre de ces effets. On comprend que ceux-ci n’ont été pensés que comme des complé­ments, l’es­sen­tiel se trou­vant dans le synthé­ti­seur lui-même. Il est en revanche possible de verrouiller les effets, pour que leurs réglages restent inchan­gés lors du chan­ge­ment de préset.

Parmi les autres ajouts du TAL-Pha, la page Voice Cali­bra­tion mérite de s’y attar­der. Elle permet de désac­cor­der légè­re­ment et de varier le compor­te­ment des diffé­rentes voix du synthé. L’idée est de recréer les micro-insta­bi­li­tés que l’on retrouve parfois sur les circuits analo­giques vintage : de petites dérives de pitch, de filtre ou d’en­ve­loppe entre les voix, qui donnent au son plus d’in­sta­bi­lité. En ajus­tant les niveaux de cali­bra­tion, on peut passer d’un rendu parfai­te­ment propre et stable, fidèle à l’es­prit des Alpha Juno, à un compor­te­ment plus vivant, évoquant des machines analo­giques plus anciennes à VCO. À ce niveau, les pano­ra­miques des voix sont aussi para­mé­trables. Asso­ciée à la lecture en round robin des voix, cette fonc­tion­na­lité ouvre aussi la porte à des usages plus créa­tifs. Comme pour les effets, les para­mètres peuvent être verrouillés lors des chan­ge­ments de présets.

TAL-Pha – Amour Brotroid Mono
00:0000:46
  • TAL-Pha – Amour Brotroid Mono00:46
  • TAL-Pha – Amour Brotroid Poly6 VC RR00:46

Un petit arpé­gia­teur est égale­ment présent, très proche de celui du TAL-U-NO-LX. Très simple, il fait le job effi­ca­ce­ment. Dommage toute­fois que le step sequen­cer du TAL-Bass­Line-101 n’ait pas été repris.

Les posses­seurs d’un Alpha Juno 1 ou 2, ou même d’un MKS-50, seront ravis d’ap­prendre que le TAL-Pha ne se limite pas à être un simple plugin : il peut égale­ment faire office de contrô­leur pour ces modèles hard­ware.

Pour finir, mention­nons la prise en charge du MPE (MIDI Poly­pho­nic Expres­sion). Cela permet de modu­ler chaque note indi­vi­duel­le­ment, offrant une dimen­sion expres­sive inédite par rapport au maté­riel origi­nal, la poly­pho­nie éten­due à 12 voix, un unis­son jusqu’à sept voix, et, bien entendu, la fonc­tion MIDI Learn.

Le TAL-Pha permet aussi de person­na­li­ser les couleurs de l’in­ter­face graphique à sa guise, en plus des quelques thèmes prédé­fi­nis propo­sés. Les chan­ge­ments se font par saisie de valeurs alpha­nu­mé­riques, un système un peu austère, dommage que TAL n’ait pas repris le système plus convi­vial du TAL-Sampler, autre­ment plus pratique.

  • TAL-Pha -1
  • TAL-Pha -2
  • TAL-Pha -3
  • TAL-Pha -4
  • TAL-Pha -5 - browser
  • TAL-Pha -6 DCO
  • TAL-Pha -7 - MPE
  • TAL-Pha -8 - VC
  • TAL-Pha -6
  • TAL-Pha -3

 

Notre avis : 8/10

Avec le TAL-Pha, Togu Audio Line signe une recréa­tion à la fois fidèle et inspi­rée du Roland Alpha Juno. Fidèle, parce que le moteur sonore capture à merveille cette person­na­lité si parti­cu­lière : un équi­libre entre rondeur analo­gique et clarté numé­rique qui défi­nis­sait l’es­prit des années 80 finis­santes. Inspi­rée, parce que TAL ne s’est pas contenté de cloner : l’ins­tru­ment est plus puis­sant et acces­sible. Là où le maté­riel origi­nal deman­dait de la patience pour le program­mer, le TAL-Pha offre une inter­face ergo­no­mique et immé­diate qui permet de plon­ger dans la synthèse sans jamais rompre le flux créa­tif. 

Certes, des utili­sa­teur·i­ce·s trou­ve­ront qu’il manque un peu de grain comparé à un Juno-60 ou à d’autres émula­tions plus “crémeuses” et satu­rées. Mais c’est juste­ment ce qui fait son charme : le TAL-Pha n’es­saie pas de tricher avec son ADN. Il assume son héri­tage post-DX7, et il le fait avec une authen­ti­cité désar­mante.

Le plugin se distingue aussi par sa compa­ti­bi­lité MPE, qui ouvre la voie à une expres­si­vité bien plus riche que celle du modèle d’ori­gine. Joué sur un contrô­leur compa­tible, chaque note peut désor­mais être modu­lée indé­pen­dam­ment, donnant au TAL-Pha une dimen­sion réso­lu­ment contem­po­raine.

Autre atout de taille : le TAL-Pha peut servir de contrô­leur pour les modèles hard­ware. Une fonc­tion bien­ve­nue pour les proprié­taires d’un Alpha Juno 1, 2 ou MKS-50, qui peuvent ainsi pilo­ter leur synthé « vintage » direc­te­ment depuis l’in­ter­face du plugin. Une inté­gra­tion simple, effi­cace et qui renforce encore le lien entre le virtuel et le réel.

Certes, tout n’est pas parfait : les effets inté­grés, malgré leur qualité honnête, ne sont pas bypas­sables indi­vi­duel­le­ment (ni globa­le­ment), et il est impos­sible d’en chan­ger l’ordre dans la chaîne. Rien de drama­tique, mais un petit manque de flexi­bi­lité qui pour­rait être comblé dans une future mise à jour.

Pour le reste, diffi­cile de trou­ver à redire. Dans un marché saturé de clones analo­giques, le TAL-Pha tire son épingle du jeu en revi­si­tant un instru­ment rare­ment abordé et en remet­tant à l’hon­neur des timbres qu’on n’en­tend plus guère dans les produc­tions contem­po­raines. Pour ceux qui sont sensibles à ce type de timbres, c’est un vrai plai­sir de les retrou­ver.

  • Un Alpha Juno bien émulé avec des ajouts
  • Section oscillateur boostée
  • Fonctionne en contrôleur du hardware original
  • Simple et direct
  • Interface claire et moderne
  • Compatibilité MPE

  • Pas de bypass des effets
  • Ordre des effets fixe
Pays de fabrication : Suisse
Sauvegarder l’article

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre