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Test du Cherry Audio Memorymode 2 - Le Memorymoog voit double

Rédigé par un humain
8/10

Encore une nouvelle émulation logicielle du MemoryMoog ? Eh oui, quelques mois après l’Arturia Memory V, Cherry Audio nous présente la nouvelle version de son Memorymode. Après un test en bonne et due forme, il était trop tentant de les confronter.

Test du Cherry Audio Memorymode 2 : Le Memorymoog voit double

Le Memo­ry­Moog est l’un des synthé­ti­seurs les plus impo­sants jamais conçus. Pas forcé­ment par la taille, mais par le son. Il est de ces modèles immé­dia­te­ment iden­ti­fiables pour ceux qui ont un jour eu la chance de poser leurs doigts dessus. Commer­cia­lisé à partir de 1982, le synthé­ti­seur poly­pho­nique de Moog propo­sait six voix de poly­pho­nie, trois oscil­la­teurs et un filtre en échelle de tran­sis­tors par voix, dans une machine souvent résu­mée comme six Mini­Moog réunis dans un même instru­ment. Une descrip­tion un peu sommaire qui ne suffit pas vrai­ment à rendre compte de sa person­na­lité. Et cette person­na­lité est juste­ment ce qui rend son émula­tion inté­res­sante. Le Memo­ry­Moog pouvait produire des basses massives, des nappes très épaisses, des leads agres­sifs et des sons plus déli­cats, avec une densité harmo­nique qui reste diffi­cile à confondre avec celle d’un simple synthé virtuel. Mais repro­duire son archi­tec­ture ne suffit pas à repro­duire son compor­te­ment. Cherry Audio s’était déjà attaqué au problème en 2021 avec le Memo­ry­mode. Malheu­reu­se­ment, il n’avait jamais su nous convaincre, la faute à un son trop plat et à un petit côté rugueux aux entour­nures. Cinq ans plus tard, l’édi­teur revient avec Memo­ry­mode 2, présenté comme une refonte impor­tante du moteur de synthèse. Les oscil­la­teurs, le filtre et les enve­loppes ont été retra­vaillés, tandis que l’ar­chi­tec­ture accueille désor­mais deux couches indé­pen­dantes de 16 voix. À cela s’ajoutent un séquen­ceur poly­pho­nique, un arpé­gia­teur rema­nié, de nouvelles possi­bi­li­tés de modu­la­tion, la prise en charge de l’af­ter­touch poly­pho­nique et l’amé­lio­ra­tion du MPE, ainsi qu’une section d’ef­fets large­ment déve­lop­pée.

Il s’agit donc d’une mise à jour impor­tante, une véri­table V2. La ques­tion est main­te­nant de savoir comment se comporte cette nouvelle mouture et, en fin de test, de voir ce qu’elle vaut face à son prin­ci­pal concur­rent.

Instal­la­tion, formats et prise en main de l’in­ter­face

Cherry Audio Memorymode 2 - 1Memo­ry­mode 2 est dispo­nible sous macOS et Windows en formats VST, VST3, AU et AAX, ainsi qu’en version auto­nome. Le logi­ciel néces­site une connexion Inter­net pour son acti­va­tion. L’ins­tal­la­tion s’ef­fec­tue sépa­ré­ment de celle de Memo­ry­mode 1, ce qui permet de conser­ver l’an­cienne version pour les projets exis­tants. Les presets de la première version peuvent ensuite être impor­tés dans Memo­ry­mode 2. L’in­ter­face reprend évidem­ment les grandes lignes du Memo­ry­Moog, mais Cherry Audio a fait évoluer sa présen­ta­tion pour accueillir les nombreuses fonc­tions supplé­men­taires. Le panneau prin­ci­pal regroupe les réglages de voix, les modu­la­tions, les trois oscil­la­teurs, le mixeur, le filtre et les enve­loppes. Les fonc­tions plus avan­cées sont acces­sibles depuis les panneaux supplé­men­taires sous le clavier consa­crés au à la section Motion et aux effets.

L’en­semble reste rela­ti­ve­ment lisible malgré la quan­tité de para­mètres. Les contrôles impor­tants sont immé­dia­te­ment acces­sibles et le fonc­tion­ne­ment géné­ral ne demande pas de passer son temps dans des menus. Comme sur d’autres instru­ments Cherry Audio, l’in­ter­face peut être redi­men­sion­née et dispose d’une fonc­tion Focus permet­tant d’agran­dir certaines zones. Le système d’af­fi­chage des valeurs avant et après modi­fi­ca­tion est égale­ment pratique pour retrou­ver rapi­de­ment la posi­tion d’un réglage.

Le navi­ga­teur de présets a lui aussi été revu. Plus de 800 sons sont four­nis, parmi lesquels les présets de la première version et les 100 programmes d’usine du Memo­ry­Moog. Cherry Audio permet égale­ment d’im­por­ter direc­te­ment des données de programmes prove­nant du synthé­ti­seur origi­nal, soit sous forme de fichiers SysEx compa­tibles avec le format Lintro­nics Advan­ced Memo­ry­Moog, soit à partir des données enre­gis­trées sur cassette sous forme de fichiers WAV. C’est une possi­bi­lité inté­res­sante, on peut récu­pé­rer les para­mètres d’un véri­table programme de Memo­ry­Moog et les modi­fier dans un envi­ron­ne­ment logi­ciel actuel. Un petit mot sur la consom­ma­tion CPU : le Memo­ry­mode 2 s’avère assez gour­mand. Une opti­mi­sa­tion sur ce point serait bien­ve­nue. (Note : la dernière mise à jour a un peu amélioré la situa­tion, mais le Memo­ry­mode 2 reste un synthé virtuel gour­mand)

Le son du Memo­ry­mode 2 : oscil­la­teurs, filtre et présets

memorymode-2-ui-2C’est évidem­ment ici que les choses deviennent inté­res­santes. Un Memo­ry­Moog ne se résume pas à trois oscil­la­teurs, un filtre et deux enve­loppes. La façon dont ces éléments inter­agissent parti­cipe énor­mé­ment à son carac­tère. Memo­ry­mode 2 donne immé­dia­te­ment une impres­sion de puis­sance. Les trois oscil­la­teurs four­nissent une matière sonore dense et le filtre est effi­cace. Même sans utili­ser les effets, le synthé­ti­seur produit rapi­de­ment des sons impo­sants. Les basses sont solides, les nappes prennent de la place et les accords utili­sant plusieurs oscil­la­teurs deviennent vite très denses. Le nouveau moteur de modé­li­sa­tion se montre donc convain­cant dans son compor­te­ment géné­ral. Cherry Audio annonce une refonte des modèles des oscil­la­teurs, du filtre et des enve­loppes, avec une atten­tion parti­cu­lière portée à leur compor­te­ment analo­gique.

Memo­ry­mode 2 Goody Dancer
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  • Memo­ry­mode 2 Goody Dancer00:25
  • Memo­ry­mode 2 Heavy Mover00:27
  • Memo­ry­mode 2 Pulser­fi­ca­tion00:18
  • Memo­ry­mode 2 Speed Demon00:20
  • Memo­ry­mode 2 Travel­ling­man00:27
  • Memo­ry­mode 2 Video Life00:26
  • Memo­ry­mode 2 Wilder Rhythm00:33
  • Memo­ry­mode 2 Time­drops00:28

Pour juger de l’épais­seur, voici un petit exemple sur deux octaves, avec un son programmé sur deux couches quasi iden­tiques qui jouent ensemble, l’une en poly­pho­nique, l’autre en mode unison :

Memo­ry­mode 2 epais­seur
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Les sons sont bien char­pen­tés et possèdent une bonne masse harmo­nique, les varia­tions entre les voix parti­cipent beau­coup au résul­tat. Le réglage Multi-Voice va dans cette direc­tion. Il permet d’in­tro­duire des varia­tions entre les diffé­rentes voix, avec des diffé­rences possibles de hauteur, de pano­ra­mique, de filtre et de compor­te­ment des enve­loppes. Cela évite que plusieurs voix jouées simul­ta­né­ment donnent l’im­pres­sion d’être des copies stric­te­ment iden­tiques les unes des autres. Le cata­logue fourni est suffi­sam­ment vaste pour couvrir les diffé­rents usages atten­dus d’un synthé­ti­seur poly­pho­nique analo­gique : basses, leads, nappes, séquences, sons percus­sifs et textures plus complexes. On l’a vu, les 100 présets d’ori­gine du Memo­ry­Moog sont égale­ment présents, ce qui permet de repla­cer immé­dia­te­ment Memo­ry­mode 2 dans son contexte histo­rique. Les sons les plus simples peuvent être très convain­cants, mais les patches plus complexes montrent davan­tage les diffé­rences qui peuvent appa­raître dès que plusieurs para­mètres inter­agissent. Un point mérite d’ailleurs d’être souli­gné, sur un véri­table Memo­ry­Moog, l’aug­men­ta­tion des niveaux des oscil­la­teurs peut rapi­de­ment conduire à cette satu­ra­tion et à cette densité harmo­nique qui parti­cipent forte­ment au carac­tère de l’ins­tru­ment. Avec Memo­ry­mode 2, la satu­ra­tion carac­té­ris­tique est moins évidente à l’oreille. Le son gros­sit, bien sûr, mais ne bascule pas aussi clai­re­ment dans cette zone un peu dirty et carac­té­rielle.

Ce n’est pas forcé­ment un défaut en soi. Cela rend le synthé­ti­seur plus facile à inté­grer dans une produc­tion. Mais pour qui recherche préci­sé­ment cette partie du compor­te­ment du Memo­ry­Moog, la diffé­rence s’en­tend.

Archi­tec­ture : trois oscil­la­teurs, filtre en échelle de tran­sis­tor et enve­loppes

memorymode-v2-01Memo­ry­mode 2 conserve bien sûr l’ar­chi­tec­ture du Memo­ry­Moog. Il dispose de trois oscil­la­teurs, d’un mixeur avec géné­ra­teur de bruit, de la modé­li­sa­tion du filtre en échelle de tran­sis­tor, de deux enve­loppes ADSR, de modu­la­tions et d’une section de contrôle des voix. Chaque oscil­la­teur propose les formes d’onde cumu­lables rampe, triangle et impul­sion avec PWM. Le troi­sième oscil­la­teur peut servir de source de modu­la­tion et se décon­nec­ter du clavier. Une synchro­ni­sa­tion des oscil­la­teurs (2 vers 1) complète cette section. Les trois oscil­la­teurs se rejoignent ensuite dans le mixeur et un géné­ra­teur de bruit y est ajouté. C’est ensuite que se situe une partie impor­tante du compor­te­ment qui donne leur répu­ta­tion aux synthé­ti­seurs Moog, le filtre. Memo­ry­mode 2 propose deux pentes 12 et 24 dB/octave. La première est un ajout par rapport au Memo­ry­moog origi­nal. La seconde corres­pond au filtre quatre pôles typique et reste le choix évident lorsqu’on cherche le carac­tère le plus proche de l’ori­gi­nal. Cherry Audio propose aussi une option de compen­sa­tion des basses permet­tant de limi­ter la perte de niveau lorsque la réso­nance est augmen­tée. La première enve­loppe peut être assi­gnée au filtre et à la modu­la­tion tandis que la deuxième est réser­vée à l’am­pli­fi­ca­teur. La vélo­cité peut égale­ment inter­ve­nir dans leur compor­te­ment. La section de modu­la­tion conserve l’es­prit du Memo­ry­Moog tout en doublant la mise. Deux LFO synchro­ni­sables sont dispo­nibles, avec sept formes d’onde et une fonc­tion de reset. La section de modu­la­tion poly­pho­nique y est elle aussi doublée, avec l’os­cil­la­teur 3 et l’en­ve­loppe de filtre pouvant servir de sources avec jusqu’à six desti­na­tions simul­ta­nées (OSC 1, 2, PWM 1, 2, Filtre, VCA). En fin de chaine, Cherry Audio a ajouté le mode Modern qui modi­fie légè­re­ment le timbre en renforçant le grave et l’aigu. Assez subtil, c’est pratique pour obte­nir rapi­de­ment un son plus un peu plus brillant, mais cela éloigne évidem­ment le compor­te­ment de celui du synthé­ti­seur histo­rique. Autre ajout, la section Touch offre quatre empla­ce­ments de 52 desti­na­tions, elle est prin­ci­pa­le­ment dévo­lue à l’af­ter­touch poly­pho­nique et au MPE. Mais l’un des atouts du Memo­ry­mode 2 est de faire fonc­tion­ner deux couches simul­ta­né­ment. En gros, nous avons deux synthés qui peuvent être empi­lés ou split­tés sur le clavier. La gestion des voix consti­tue une autre évolu­tion impor­tante. Chaque couche peut atteindre 16 voix de poly­pho­nie et le mode unison jusqu’a 48 voix permet d’ob­te­nir un son énoooorme si on addi­tionne les deux couches. Plusieurs modes mono et poly­pho­nique, dont le Multi-Voice déjà évoqué, complètent l’en­semble.

Section Motion : arpé­gia­teur et séquen­ceur poly­pho­nique 16 × 4

Memorymode 2 MotionLe panneau Motion ajoute à chaque couche un arpé­gia­teur et un séquen­ceur poly­pho­nique 16 × 4. Le séquen­ceur dispose de plusieurs modes de lecture, de fonc­tions de trans­po­si­tion et de para­mètres Swing, Chance et Feel. Il peut bien sûr être synchro­nisé au tempo de la STAN et fonc­tionne égale­ment avec des fonc­tions de démar­rage auto­ma­tique.

Le séquen­ceur est très inté­res­sant avec la possi­bi­lité d’uti­li­ser les quatre rangées pour créer des séquences poly­pho­niques. Chaque couche peut dispo­ser de son propre motif, ce qui permet de construire des parties assez complexes dans une seule instance.

L’ar­pé­gia­teur est assez clas­sique avec plusieurs modes. Il dispose de réglages desti­nés à intro­duire une part de varia­tion dans les motifs, ce qui évite d’ob­te­nir des arpèges tota­le­ment méca­niques.

Le Touch Anima­tor, qui fonc­tionne avec la section Touch, complète cette section. Il permet de faire évoluer les quatre empla­ce­ments de modu­la­tion à l’aide d’une séquence dédiée. On peut ainsi program­mer l’ani­ma­tion des para­mètres. Ces fonc­tions appar­tiennent clai­re­ment à l’uni­vers des instru­ments logi­ciels et font rentrer le Memo­ry­Moog dans le monde moderne. Leur inté­rêt est surtout de conser­ver les séquences et les mouve­ments direc­te­ment dans le préset. Cela permet de program­mer des patches qui sont de véri­tables séquences prêtes à s’in­sé­rer direc­te­ment dans un morceau.

Section effets : 22 trai­te­ments sur trois chaînes indé­pen­dantes

memorymode-2-ui-4La section d’ef­fets a été large­ment revue par rapport à Memo­ry­mode 1. Memo­ry­mode 2 reprend le prin­cipe des synthé­ti­seurs récents de la marque en propo­sant désor­mais trois chaînes indé­pen­dantes. Deux sont asso­ciées aux couches et l’autre est globale, pour un total de 22 effets. Parmi eux figurent des chorus, flan­gers, phasers, délais, réver­bé­ra­tions, compres­seur, égali­seur, distor­sion, lo-fi, modu­la­teur en anneau, réverbe à ressort et écho à bande. Deux nouveau­tés font leur appa­ri­tion avec le Wide Phaser et le Rotary Spea­ker. La possi­bi­lité de dispo­ser d’une chaîne par couche est très utile avec l’ar­chi­tec­ture à deux niveaux. Une basse et une nappe peuvent ainsi rece­voir des trai­te­ments complè­te­ment diffé­rents tout en restant dans le même preset. Chaque effet dispose de suffi­sam­ment de para­mètres et d’un réglage de mix. Un modu­la­teur permet égale­ment de faire varier le niveau de chaque effet. La modu­la­tion reste toute­fois plus limi­tée que celle dispo­nible dans le moteur de synthèse, puisqu’il est impos­sible de modu­ler les para­mètres des effets. Dommage. Comme souvent avec les instru­ments qui proposent une section d’ef­fets aussi complète, ces trai­te­ments sont surtout inté­res­sants pour construire rapi­de­ment un son et lui donner sa place dans un contexte musi­cal. Ils évitent d’avoir à ouvrir plusieurs plug-ins pour obte­nir immé­dia­te­ment un son exploi­table. La qualité est globa­le­ment bonne, cette section interne joue avant tout la carte de l’ef­fi­ca­cité et de l’in­té­gra­tion.

Memo­ry­mode 2 face au Memory V

Cherry Audio Memorymode 2 - 2 et Memory VLa compa­rai­son avec le Memory V d’Ar­tu­ria s’im­pose natu­rel­le­ment (ndlr : et Xils-Lab vient de sortir à son tour sa propre version). Les deux instru­ments sont sortis à quelques mois d’in­ter­valle et pour­suivent le même objec­tif : repro­duire sous forme logi­cielle l’ar­chi­tec­ture et le carac­tère du Memo­ry­Moog tout en l’adap­tant aux contraintes d’un envi­ron­ne­ment moderne.

Inter­face et lisi­bi­lité

Graphique­ment, si tous les deux repro­duisent bien évidem­ment l’ap­pa­rence du Memo­ry­Moog, ils le font un peu diffé­rem­ment. Si le Memo­ry­mode 2 paraît plus fidèle, l’in­ter­face graphique du Memory V est plus lisible, surtout sur les petits écrans. Les boutons sont plus gros et des choix de ratio­na­li­sa­tion ont été faits. Côté gestion des présets, malgré le navi­ga­teur amélioré de Cherry Audio, Artu­ria conserve une avance grâce à une meilleure implé­men­ta­tion des tags et des filtres. Signa­lons égale­ment que le Memory V offre une option de synchro d’os­cil­la­teurs en plus (VCO1 vers VCO3).

Rendu sonore

Pour compa­rer réel­le­ment les deux, il faut cepen­dant lais­ser de côté les fonc­tion­na­li­tés modernes ou addi­tion­nelles et reve­nir au son. Les réglages des deux instru­ments ne sont pas cali­brés de manière iden­tique. Un préset conçu pour le Memo­ry­moog ne donnera donc pas néces­sai­re­ment le même résul­tat lorsque ses para­mètres sont repro­duits avec les valeurs affi­chées dans Memo­ry­mode 2 et Memory V. C’est flagrant sur les présets d’ori­gine du Memo­ry­Moog, avec lesquels les deux instru­ments sonnent assez diffé­rem­ment.

Memo­ry­mode 2 Elec­tric­piano 3
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  • Memo­ry­mode 2 Elec­tric­piano 300:35
  • Memory V Elec­tric­piano 300:35
  • Memo­ry­mode 2 Strings 100:45
  • Memory V Strings 100:44
  • Memo­ry­mode 2 Sync400:23
  • Memory V Sync400:23
  • Memo­ry­mode 2 Synth 00000:22
  • Memory V Synth 00000:22

En revanche, lorsque l’on prend le temps d’adap­ter les niveaux des oscil­la­teurs, les réglages du filtre et les para­mètres d’en­ve­loppe, on peut obte­nir des résul­tats très proches. C’est le cas avec ce son de piano que j’avais programmé sur le Memory V et que j’ai essayé de repro­duire sur le Memo­ry­mode 2.

Every­thing Memory V
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  • Every­thing Memory V00:35
  • Every­thing Memo­ry­mode 200:35

Memorymode 2 vs Memory V - Everything - waves

Dans ce préset de brass de la banque d’ori­gine du Memo­ry­Moog, on peut entendre succes­si­ve­ment la version propo­sée par le Memory V, celle du Memo­ry­mode 2, puis la version retra­vaillée de cette dernière pour la faire ressem­bler à celle du Memory V.

Memory V Brass 1
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  • Memory V Brass 100:20
  • Memo­ry­mode 2 Brass 100:20
  • Memo­ry­mode 2 Brass 1 edit00:20

Cherry Audio Memorymode 2 - 2 et Memory V 2Une fois les niveaux ajus­tés et les effets neutra­li­sés, les deux instru­ments présentent des carac­tères proches, mais pas iden­tiques. À l’écoute, Memory V conserve un avan­tage en matière de person­na­lité sonore. Son rendu paraît un peu plus dirty et surtout bien plus proche du Memo­ry­Moog, avec une satu­ra­tion des oscil­la­teurs plus percep­tible lorsque les niveaux montent. On l’a vu, c’est un aspect du Memo­ry­Moog que le Memo­ry­mode 2 a du mal à resti­tuer. Le phéno­mène est parti­cu­liè­re­ment audible lorsqu’on pousse les oscil­la­teurs. Memo­ry­mode 2 devient plus massif, mais la satu­ra­tion ne se mani­feste pas avec la même évidence. Memory V donne alors une impres­sion plus brute, plus rugueuse, qui corres­pond davan­tage à ce que l’on peut attendre d’un Memo­ry­Moog lorsque le signal commence réel­le­ment à être malmené. Cela ne signi­fie pas pour autant que Memo­ry­mode 2 est moins convain­cant dans l’en­semble. Son filtre possède bien le carac­tère attendu d’un Moog, les trois oscil­la­teurs four­nissent une grosse densité sonore et les possi­bi­li­tés de varia­tion entre les voix permettent d’ob­te­nir de bons résul­tats. Et dans certains types de sons, comme les cloches ou les sons de claviers brillants, le Memo­ry­mode 2 s’en sort même mieux que le Memory V.

Lequel choi­sir selon son usage ?

Si le Memory V semble gagnant pour ce qui est de la fidé­lité avec le poly­pho­nique de Moog, le Memo­ry­mode 2 prend une longueur d’avance dès que l’on sort de la simple compa­rai­son du son et que l’on regarde du côté des spéci­fi­ca­tions. Là où Memory V reste orga­nisé autour d’une seule couche, Cherry Audio propose deux synthé­ti­seurs indé­pen­dants de 16 voix, avec leurs propres réglages de synthèse, de modu­la­tion, de séquence et d’ef­fets. Ces deux couches, les splits, le séquen­ceur poly­pho­nique et les trois chaînes d’ef­fets en font fina­le­ment un instru­ment plus poly­va­lent.

Le choix dépend donc assez clai­re­ment de la prio­rité. Si vous recher­chez avant tout une inter­pré­ta­tion fidèle du Memo­ry­Moog, avec son côté carac­té­riel, Memory V conserve un avan­tage à mes oreilles. Si vous voulez d’un instru­ment de produc­tion capable de couvrir plusieurs parties à lui seul, Memo­ry­mode 2 offre beau­coup plus de possi­bi­li­tés.

Notre avis : 8/10

Avec cette nouvelle version du Memo­ry­mode, Cherry Audio ne s’est pas contenté d’amé­lio­rer légè­re­ment l’ins­tru­ment origi­nal en lui ajou­tant quelques fonc­tions. C’est une vraie v2. Le moteur de synthèse a été retra­vaillé, l’ar­chi­tec­ture a été éten­due et l’ins­tru­ment devient capable de faire fonc­tion­ner deux synthé­ti­seurs indé­pen­dants en même temps. Côté son, c’est du solide. Les trois oscil­la­teurs, le filtre en échelle de tran­sis­tor par voix et la densité harmo­nique permettent de retrou­ver une bonne partie de ce qui fait l’in­té­rêt du Memo­ry­moog. Les nouvelles possi­bi­li­tés de modu­la­tion et de varia­tion entre les voix évitent que les accords restent trop statiques.  

Les réserves sont à cher­cher du côté de la consom­ma­tion CPU et du carac­tère, la person­na­lité du Memo­ry­moog étant mieux émulée chez la concur­rence. Par exemple, lorsqu’on pousse le niveau des oscil­la­teurs, le Memo­ry­mode 2 ne repro­duit pas avec autant d’évi­dence la jolie satu­ra­tion qui se laisse entendre sur le modèle origi­nal.

Pour le reste, Memo­ry­mode 2 a de sérieux argu­ments. Les deux couches indé­pen­dantes, les splits, la poly­pho­nie de 16 voix par couche, le séquen­ceur poly­pho­nique, l’ar­pé­gia­teur, le MPE, l’af­ter­touch poly­pho­nique et les trois chaînes d’ef­fets en font un instru­ment très complet.

Le rapport entre les possi­bi­li­tés offertes et le prix demandé est diffi­cile à igno­rer. À 69 $, Memo­ry­mode 2 est un synthé­ti­seur virtuel de type analo­gique riche en possi­bi­li­tés et rela­ti­ve­ment poly­va­lent. Sans aucun doute, un choix à consi­dé­rer.  

Points forts

  • Deux layers, deux synthé
  • Polyphonie importante
  • Trois zones d'effets indépendantes
  • Section Motion
  • Séquenceur polyphonique
  • Mode d'emploi clair et complet
  • Bonne modélisation du Memorymoog...

Points faibles

  • ...Mais la concurrence fait mieux sur ce point
  • Consommation CPU
  • Pas de modulation des paramètres d’effets
  • Système d'autorisation nécessitant une connexion internet
Intêret de la mise à jour :
Pays de fabrication : États-Unis
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