Après la très réussie série Hydrasynth, ASM revient sur le devant de la scène avec le Leviasynth, un synthé polyphonique hybride à algorithmes repoussant les limites de la FM grâce à une interface utilisateur particulièrement soignée. De quoi nous faire aimer cette synthèse intimidante ?
La société ASM (Ashun Sound Machines) s’est fait connaitre en 2019 avec l’Hydrasynth, un synthé numérique polyphonique huit voix. Elle appartient au groupe hongkongais Medeli, facteur d’instruments de musique électroniques fondé en 1983. Elle est toujours présidée par Fanny Cheng, la direction générale est entre les mains de Glen Darcey (ancien de chez Roland, Akai et Arturia) et les ventes placées sous la direction de Daniel Troberg (ancien de chez Elektron). L’équipe s’est bien étoffée, puisqu’elle compte désormais une dizaine de collaborateurs permanents (management, conception, industrialisation, communication, ventes). L’Hydrasynth a été à la fois un coup d’essai et un coup de maitre, alliant une belle polyvalence sonore, un puissant moteur de synthèse et une remarquable interface utilisateur. 
Les années passant, on se demandait bien si la marque allait un jour sortir un nouveau synthé et dans quelle direction elle allait s’orienter, vu que l’Hydrasynth intégrait déjà bon nombre de modules performants et originaux. La réponse est venue au NAMM 2026, avec la présentation du Leviasynth, un synthé impressionnant mêlant algorithmes et filtres analogiques. Sitôt annoncé, sitôt disponible dans le monde entier, sitôt prêté pour un test. Merci Sonic Sales, importateur de la marque pour l’Allemagne, l’Autriche, le Benelux, la Suisse et la France, de nous avoir envoyé l’un des premiers modèles disponibles (OS 1.1.1 testé, qui, au passage n’est pas « review ready » comme nous l’a précisé le constructeur, alors qu’il équipe les premiers modèles commercialisés).
Qualité de construction remarquable rehaussée d’un clavier à pression polyphonique


Ergonomie exemplaire grâce à des commandes judicieuses et des graphismes travaillés


De belles textures cristallines et expressives avec une banque suisse à l’intérieur



- Leviasynth_1audio 01 FM Layer01:11
- Leviasynth_1audio 02 CS Control00:56
- Leviasynth_1audio 03 Fair Lite00:46
- Leviasynth_1audio 04 Old Timer01:11
- Leviasynth_1audio 05 Twi Light00:49
- Leviasynth_1audio 06 Phat Levia01:08
- Leviasynth_1audio 07 Trivial Split00:39
- Leviasynth_1audio 08 Steppe Mod00:35
- Leviasynth_1audio 09 Nost Algia00:42
- Leviasynth_1audio 10 Beast Forest00:52

- Push-Pull 106 Reverse Bells00:24
- Push-Pull Baroque Strings00:19
- Push-Pull Cyber Jazz00:42
- Push-Pull Eighties Pop Composer00:16
- Push-Pull Mama01:07
- Push-Pull Synclavier Complex Pad00:44
- Push-Pull Trip Hop Mood00:34
- Push-Pull Zurich Baritone Sax00:24
Huit oscillateurs porteurs et modulateurs assemblés à volonté dans des algorithmes


Une combinaison série DCF multimode et VCF compensé pour sculpter le son


Des modulations infinies assurées par une grosse matrice et de multiples LFO & enveloppes

Passons aux LFO, au nombre de 5, tout comme sur l’Hydrasynth, les 3 premiers étant pré-assignés aux DCF/VCF/VCA. On trouve 11 formes d’onde distinctes dont les grands classiques, un S&H, un bruit, une onde aléatoire et une onde à pas programmables. Dans ce dernier cas, on fabrique sa propre forme d’onde à partir de huit points de modulation. La fréquence varie de 0 à 25 Hz (mode lent) ou de 0 à 150 Hz (mode rapide) et s’exprime en multiplications/divisions temporelles lorsqu’on la synchronise au tempo. Les LFO peuvent osciller par voix ou globalement. On peut aussi régler le délai, le fondu d’entrée, la phase de l’onde et le niveau de modulation. La forme d’onde peut être quantifiée (escaliers) et le cycle lu une seule fois (type enveloppe). Tout comme pour les enveloppes, on peut copier les paramètres d’un LFO à un autre. Là encore, on sent que les concepteurs se sont lâchés et on se demande bien qui va utiliser autant d’options.

Vient enfin la matrice de modulation à 32 cordons, permettant de router 170 sources vers 425 destinations (gloups !), avec modulations bipolaires. L’assignation est immédiate : dans les pavés de modules en façade, on maintient le bouton de la source puis on sélectionne celui de la destination, avant de finaliser les réglages à l’écran. Parmi les sources, citons les enveloppes, les LFO (bipolaires ou positifs), la pression (poly ou mono), le suivi de clavier, la vélocité (initiale et de relâchement), les molettes, le ruban (absolu bipolaire, absolu unipolaire, relatif), les deux pédales, les deux entrées CV, les paramètres MPE (X, Y absolu, Y relatif, vélocité de relâchement) et les 128 CC Midi. Parmi les destinations, les oscillateurs (fréquence, niveau, onde, phase, FM, feedback, panoramique), les filtres (coupure, résonance, drive, formant, morphing, enveloppe, LFO, niveau), le VCA (niveau, LFO), les paramètres d’effets (prédéfinis), les segments des enveloppes, les LFO (vitesse, quantité, quantification), les paramètres de voix (désaccordage, panoramique, glide, vibrato), les 32 cordons de modulation (modulation de modulation), les 8 macros, l’arpégiateur (11 paramètres), les séquenceurs (11 paramètres), les 2 sorties CV et les 128 CC Midi. Monstrueux !
Une belle collection d’effets dynamiques disponibles pour chaque couche sonore

Le troisième effet est dédié aux délais. On en trouve cinq types : mono, stéréo, pingpong, LCR et inversé. Cette fois, six paramètres sont disponibles, la plupart modulable via la matrice de modulation, le temps étant synchronisable à l’horloge. Le troisième effet est dédié aux réverbes. On en trouve de quatre types : hall, room, plate, cloud (grains). Six paramètres sont de nouveau disponibles, là encore pour la plupart modulables en temps réel. Un mode spécial permet de geler la queue de réverbération. Une section bien spécifiée et parfaitement intégrée au reste des paramètres du synthé.
Un arpégiateur sophistiqué doublé d’un séquenceur à mouvements fort bien pensé













