Après 10 ans de développement de modules premium très originaux, la société italienne Frap Tools se lance dans un projet ambitieux et prometteur : intégrer tout son savoir-faire dans un synthé polyphonique analogique à FM linéaire. Magnolia for ever ?
La société Frap Tools a été créée par Simone Fabbri en 2015 dans la province de Modène. Depuis 10 ans, elle développe des modules originaux (et parfois bien perchés) positionnés premium. Le catalogue compte aujourd’hui une bonne dizaine de modules de synthèse et d’effets basés sur un ADN commun : innovation, puissance, ergonomie et esthétisme. L’entreprise transalpine emploie aujourd’hui cinq personnes passionnées, spécialisées dans des domaines complémentaires : conception de projet, développement logiciel, industrialisation, création de contenu et conception de circuits analogiques. Au Superbooth 2025, nous avons découvert un grand, élégant et intrigant synthé analogique polyphonique programmable baptisé Magnolia, portant la signature « 8-Voice Analog Thru-Zero FM Synthesizer ». Il a fallu quelques mois supplémentaires avant que les premiers modèles commerciaux ne fassent leur apparition. A peine disponibles, l’importateur berlinois Alex4 nous a gentiment prêté un exemplaire équipé de la V1 du micrologiciel, merci ! Voyons comment le Magnolia a su intégrer l’ADN maison, cette fois en version grand luxe…
Un synthé aussi élégant qu’agréable à programmer avec un accès direct


Un clavier Fatar à vélocité initiale & de relâchement + pression polyphonique


Des sons stéréo bien larges qui font voyager de la Côte Est à la Côte Ouest



- Magnolia_1audio 01 Poly Touch00:52
- Magnolia_1audio 02 Hard Sync00:31
- Magnolia_1audio 03 Memmy Forever00:21
- Magnolia_1audio 04 Folded FM00:51
- Magnolia_1audio 05 Morphing Flute00:38
- Magnolia_1audio 06 FM Organ00:39
- Magnolia_1audio 07 Unisson Arp01:16
- Magnolia_1audio 08 Dual Noxe00:44
- Magnolia_1audio 09 Fool Fold00:43
- Magnolia_1audio 10 Bass & Lead01:45
Générateur bitimbral polyphonique 8 voix avec des possibilités de Morphing

Les deux oscillateurs ont un noyau triangle à partir duquel sont déclinées les différentes formes d’ondes grâce à un Wave Shaper analogique. Ils sont capables de passer en continu entre les ondes sinus, triangle, impulsions et dent de scie. Cette position d’onde est modulable. Maintenir la touche Shift permet de se placer exactement sur les quatre ondes classiques. Le premier oscillateur peut être accordé sur 4 octaves (par octave uniquement, pas par demi-tons), contre 5 pour le second. On trouve un désaccordage fin continu du second oscillateur par intervalle (jusqu’à 7 demi-tons) et par fréquence fixe (en Hertz, ce qui permet de maintenir constant le battement entre les deux oscillateurs sur toute la tessiture). Les deux sont combinables, c’est assez unique sur un synthé analogique.

Une paire de VCF résonants complémentaires pour sculpter le signal

La réponse des potentiomètres de FC est parfaitement lisse, merci. 
Une matrice de modulation puissante, facilement assignable et éditable avec les commandes en façade


Une disto et deux effets stéréo basiques partagés par les deux couches sonores

Viennent ensuite les deux effets numériques, parfaitement identiques. Ils offrent deux types de chorus (classique ou modulation d’amplitude) et deux types de délai (stéréo court ou pingpong long), combinables sans contrainte (on peut par exemple chaîner 2 chorus ou 2 délais). Quant aux réglages, ils se limitent au temps (avec synchro à l’horloge, donc aux LFO et à l’arpégiateur), au feedback et au dosage sec/mouillé. Ces réglages sont modulables par la matrice de modulation. La qualité des effets est très bonne, ils sont utiles, ça aurait dommage de ne pas les avoir sous le coude. Nous avons demandé aux concepteurs s’ils comptaient ajouter des algorithmes (par exemple une réverbe), ils y réfléchissent…
Un petit arpégiateur pour chaque couche sonore avec mode séquenceur à pas

L’arpégiateur peut aussi basculer en mode séquenceur, dans lequel on mémorise jusqu’à 4 séquences de 16 pas mono par programme et par couche sonore. La lecture se fait uniquement en avant, avec transposition directe de la séquence au clavier, curieusement avec priorité à la note basse, alors que le synthé est toujours en priorité à la dernière note jouée en mode mono. La programmation se fait uniquement en pas à pas (notes ou silence), sans prise en compte de la vélocité ou l’automation de paramètres. On ne peut pas éditer les séquences après coup, si ça ne va pas, on recommence ! Bref, c’est très basique. Les notes arpégées/séquencées sont transmises en Midi, mais comme le Midi n’est pas encore stabilisé, ça fait un peu n’importe quoi. L’arpégiateur n’est donc pas un module hyper sophistiqué, mais on apprécie sa présence, son usage spontané et le fait qu’il soit totalement indépendant pour chaque couche sonore.

















