Aujourd’hui, nous passons au crible les systèmes sans fil du fabricant allemand the t.bone, sobrement baptisés free 300 PT 823 et free 300 HT 823. Proposés à un prix défiant toute concurrence, ces systèmes sauront-ils être à la hauteur des exigences d’une configuration live moderne ? On passe au test !
Des systèmes HF abordables pour le live
Sur le marché des systèmes sans fil UHF dédiés à la sonorisation live, les géants Shure et Sennheiser s’affrontent sans relâche depuis plusieurs années et proposent des solutions de plus en plus performantes, mais aussi et surtout de plus en plus onéreuses. Au point qu’il en devient parfois difficile pour un·e ingénieur·e du son indépendant·e, un groupe de musicien·nes ou même une jeune entreprise de prestation événementielle de s’offrir un parc d’émetteurs et de récepteurs sans fil ultra performants.
Mais c’était sans compter sur la participation de l’outsider allemand the t.bone, qui semble bien décidé à démocratiser ce type d’outils au plus grand nombre, avec un tarif unitaire beaucoup plus accessible (189 € pour chaque système) et une promesse de résultats habituellement réservés aux produits beaucoup plus haut de gamme. Voyons ce qu’il en est en pratique…
Récepteur free 300 : connectique, scan et mise en rack
Chaque système est livré avec un récepteur Free 300 Receiver 823 équipé de deux antennes sur connecteurs BNC, d’une fonction de scan automatique des fréquences disponibles, d’une interface infrarouge pour communiquer les réglages effectués vers l’émetteur, d’un commutateur pour passer d’un émetteur ceinture (ou HF ceinture) à un micro main (ou HF main) en un clic, d’un réglage de gain, de sorties XLR symétrique et Jack 6,35 mm asymétrique (câble Jack fourni), d’une embase d’alimentation 12 V (bloc externe fourni) et d’oreilles de mise en rack. De prime abord, le boîtier en métal rigide semble à la fois très robuste et étonnamment léger, de plus, sa façade en métal brossé lui confère une allure sobre très élégante. D’ailleurs, les dimensions de la bête sont de 210 × 45 × 193 mm (1/2 U au format 19 pouces) pour un poids plume de 950 g.
On regrettera simplement l’absence d’un câble d’instrument avec connecteur mini-XLR, qu’il faudra donc acheter séparément, mais aussi le fait que le potentiomètre de gain situé à l’arrière de la bête ne soit qu’une simple tête de vis fendue. Cependant, lors de nos essais, nous n’avons eu aucun besoin d’utiliser un tournevis plat pour le régler, une simple pression du doigt suffit (mais bon, un petit capuchon en plastique aurait tout de même été bienvenu pour effectuer des réglages précis plus rapidement, et surtout plus sereinement pour les utilisateur·ices qui devront s’en servir en pleine tempête, face aux contraintes et aux aléas des prestations live).
Émetteurs main et ceinture : conception et autonomie
Les émetteurs testés aujourd’hui, quant à eux, sont les références Free 300 Bodypack 823 (HF ceinture) et Free 300 Handheld 823 (HF main). Ils intègrent tous deux un compartiment prévu pour accueillir deux piles AA de 1,5 V ou une batterie rechargeable (vendue séparément), avec une autonomie annoncée de huit heures en fonctionnement et de douze heures en veille. De plus, chaque modèle développe une puissance de transmission maximale de 10 mW. Enfin, l’émetteur ceinture et le micro main mesurent respectivement 94 × 64 × 34 mm et 271 × 53 mm.
Le boîtier du Free 300 Bodypack 823 est également construit en métal. Un petit écran en façade affiche les informations essentielles, telles que la fréquence radio, le canal et le niveau de batterie. Les piles, rechargeables ou non, s’insèrent facilement par le bas, et, à l’arrière, un clip métallique permet une fixation sécurisée qui a fait ses preuves lors de nos différents essais. Naturellement, une antenne flexible est vissée sur le dessus de l’émetteur. Le connecteur mini-XLR est également fileté, ce qui empêche le débranchement intempestif des câbles munis d’une bague de verrouillage adaptée, et garantit donc une très bonne fiabilité en fonctionnement. Le dessus du boîtier est complété par un capteur infrarouge (pour la synchronisation avec le récepteur) et un interrupteur marche/arrêt. Le micro main Free 300 Handheld 823, quant à lui, est un modèle dynamique à directivité cardioïde. Il offre une réponse en fréquences qui s’étend de 20 Hz à 18 kHz (pour une tolérance de +/-1 dB), avec un taux de distorsion harmonique inférieur à 0,3% et un rapport signal / bruit supérieur à 106 dBA.
Bandes UHF, nombre de canaux et réponse audio
Petit aparté : comme toujours avec ce type de systèmes sans fil, avant de démarrer, vous devrez penser à vérifier que les fréquences de transmissions choisies sont en accord avec la législation du pays dans lequel vous vous trouvez. Mais dans notre cas, et dans la plupart des configurations effectuées en Europe, il n’y a aucun souci à se faire, car le récepteur et les deux émetteurs offrent une plage d’utilisation qui couvre directement la bande Duplex (823 – 832 MHz) et la bande ISM (863 – 865 MHz) et vous permettra de basculer de l’une à l’autre en toute liberté. Profitons-en pour rappeler que ces deux bandes de fréquences sont totalement libres de droits et sans licence dans la plupart des pays européens (vous n’aurez donc aucune taxe à payer ni aucune demande d’autorisation administrative à effectuer pour en profiter).
Néanmoins, pour information, si l’environnement radio sur lequel vous comptez effectuer vos prestations est fortement saturé dans la zone des 800 MHz, il existe une version alternative qui fonctionne sur la bande 548 – 572 MHz, mais nous n’avons pas eu l’opportunité d’essayer ce modèle en particulier. Enfin, notons que jusqu’à six de ces systèmes peuvent être utilisés simultanément sur la même bande de fréquences. Associés aux deux émetteurs testés aujourd’hui, ils pourront donc vous permettre d’équiper un groupe au complet si besoin. Et puis, si vous planifiez une utilisation avec des instruments exigeants comme la basse électrique, par exemple, vous pourrez travailler tranquillement, car la réponse en fréquences du système descend de manière très linéaire jusqu’à 20 Hz.
Synchronisation, portée et lisibilité sur scène
Une fois prêt·e, assurez-vous simplement que chaque émetteur arrive sur son canal dédié et, si possible, évitez au maximum tous types d’interférences qui pourraient poser problème (objets en métal sur le trajet du signal sans fil, radios, etc.). À ce titre, la synchronisation infrarouge entre chaque élément du système est quasi instantanée et vraiment simple à mettre en place. De plus, une fois synchronisés, la portée effective annoncée de chaque modèle est de cent mètres, et, même si nous ne sommes pas allés jusque-là, nous nous sommes tout de même amusés à sortir du studio pour aller dans la rue voisine et la connexion n’a jamais bronché.
Premier bon point, l’écran de contrôle du récepteur est plutôt grand et parfaitement lisible, que ce soit en plein jour ou en pleine obscurité, et vous permettra d’accéder à toutes les données utiles en un clin d’œil : l’antenne en cours d’utilisation (ANT A / B), le groupe de fréquences sélectionné (G1 / G2 / G3), le canal employé (CH), l’état de la connexion et le type de l’émetteur connecté (HF ceinture / HF main), les indicateurs de verrouillage du récepteur et du niveau de batterie restant, le niveau de gain (Vol), la mise en sourdine (Mute), et enfin, les niveaux des signaux RF et HF.
En revanche, on aurait aimé que les indications marquées sur l’émetteur ceinture soient positionnées dans le sens de lecture de l’utilisateur·ice. Ici, une fois le boîtier installé, si vous y jetez un œil lorsque vous jouez, tout est écrit à l’envers ! En soi, ce n’est pas très grave, il n’y a pas grand-chose à lire non plus, mais si le fabricant nous écoute, cela pourrait être un petit axe d’amélioration pour les prochaines séries de production. D’ailleurs, en parlant de lisibilité, là où le récepteur remplissait parfaitement son rôle, force est de constater que la luminosité de l’écran de l’émetteur ceinture n’est pas aussi puissante, et même assez contraignante à déchiffrer (surtout en plein jour, bien évidemment). Ici encore, rien de grave, mais assurez-vous de connaître un peu la bête avant de vous lancer sur scène en plein air, du moins si la nuit n’est pas encore tombée.
Stabilité de la liaison : sans fil ou sans filet ?
Comme vous le savez tous·tes, avec ce type de système, la stabilité d’exécution tout au long d’un show est absolument primordiale, au risque de gâcher la fête si ce n’est pas le cas. Or, lors de nos différents essais, étalés sur plusieurs jours, nous n’avons constaté absolument aucun décrochage intempestif, ni même aucune interférence problématique (et ce, malgré la présence de smartphones actifs un peu partout aux alentours). À propos du micro fourni, soyons clairs, il fait le boulot sans problème, mais ne remplacera pas non plus un modèle dynamique de haut vol dédié au live. Cependant, par rapport à une référence standard d’entrée de gamme, tel qu’un Shure SM58, il ne déçoit pas un seul instant. Sa réponse en fréquences est plutôt linéaire, avec une légère bosse dans les fréquences médiums aiguës qui permet de renforcer l’intelligibilité des voix. Cerise sur le gâteau, sa directivité cardioïde nous a semblé très précise et nous a permis d’éviter tout phénomène de diaphonie intempestif, même en captant une voix placée à seulement trois mètres d’une batterie jouée sans aucune concession. De plus, ce micro ne produit pas d’effet de proximité trop appuyé et encaisse les pressions acoustiques importantes sans broncher. Son seul défaut réside sans doute dans sa tendance à faire un peu trop ressortir les fréquences très rapides et à mettre l’accent sur les sifflantes. Mais une fois le signal réceptionné et envoyé vers la console, quelques réglages basiques (notamment un bon vieux dé-esseur) suffisent à faire ressortir la performance captée et à lui trouver sa juste place dans le mix, sans nécessiter de traitement laborieux et chronophage.
L’émetteur ceinture, quant à lui, nous a également fait une excellente impression. Il retranscrit le son de manière très détaillée et très fidèle, avec une réponse en fréquences très linéaire ici encore, et surtout une dynamique en apparence immaculée. C’est d’ailleurs assez flagrant sur les prises de guitare et de basse, où chaque nuance est reproduite avec un niveau de détail très agréable à travailler derrière la console. On a vraiment la sensation que le signal qui en ressort est le même que celui qui y entre, et on se demande ce qui justifie l’écart de prix avec certains modèles concurrents beaucoup, beaucoup plus onéreux.










