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Techniques du Son

réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?

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Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?
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Plugins qui mixent seuls, IA compositeurs et studios transformés en Airbnb : le milieu de l'audio est sous tension. Entre l'automatisation des tâches techniques et l'émergence de la création générative, nos métiers sont-ils condamnés ?


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Et il y en à qui sont prêts à payer 12 balles par mois pour écouter de la musique en boite ? Je bascule peut être du coté des vieux cons... La, je regarde un clip, le premier qui vient sur YT, je n'ai pas été bien loin. (quand on est abonné aux Stones, la marche est un peu haute), je peux me tromper, mais ce clip avec ses choristes, ses images lissées façon personnages de dessin animés, les décors, pue l'IA. Au bout de 15 secondes de torture, je jette l’éponge, c'est beau, mais artificiel, autant qu'un bouquet de roses en vrai plastique.
490 k de vue, pfuuuu, ça me fais bander, j'en serait presque jaloux. L'IA si parfaite, si accomplie, si...Va vite enterrer des groupes pop, au contraire si imparfaits comme en exemple, les Doors, avec leur chanteur toujours bourré, mais si captivants, si intéressants, si passionnants par leur histoire. Et d'ailleurs, qui connais encore les Doors, aujourd'hui ? C'est sur, les clips et les concerts avec les images made in 70s pas terribles et mal cadrées, on est au moins sur que c'est pas de cette IA maléfique
Qui connait tout ça ? Pas grand monde, j'imagine. Je suis triste, pas tellement pour moi, mais pour la musique.
Encore une fois, la musique n'est qu'un aspect de tout ça.
La maison brûle, et évidemment on peut être particulièrement attaché à la guitare qui se trouve dans le salon, mais bon le problème principal c'est quand même que la maison brûle. Même si on sauve la guitare, si on a plus de maison c'est quand même balot...
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Citation :
Coramel[/user]
J’ai failli le faire. J’ai même écrit une ébauche de paragraphe à ce sujet, mais j’ai finalement choisi de ne pas aborder cet angle. C’est un sujet très important, qui me touche beaucoup. J’ai préféré laisser le terrain aux éditos de Los Teignos, qui le fait bien mieux que je ne saurais le faire.


Hihi vu les interventions de Los Teignos ci dessus je comprends pourquoi tu préfères lui "laisser le terrain". 😁
Citation :
qui connait encore les Doors


Chaque fois que je passe au Père Lachaise, il y a du monde et des jeunes devant la tombe de Jim Morrison
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  • Soot_and_Stars
L'alcool rallie les générations

La musique habille le silence

Un petit effort pour partager son savoir et sa culture ca marche pas mal aussi, faut juste aller vers les autres et pas craindre d'etre rejeté par les abrutis


Sinon tu peux aussi rester la tete dans le sable a te dire que le rock'n roll mourra avec toi, ce qui est plus confortable
Citation :
Peut-on parler de richesse ou de surproduction, sachant que la plupart de ces morceaux n’auront jamais une seule écoute ? Prenons la peine de retrancher les morceaux générés par l’IA : rien qu’avec la production humaine, on atteint 1 an et 3 mois.

Par jour.

Autant ça parait édifiant dit comme ça, mais c'est quand même une abstraction étrange qui considère que le public a vocation à l'universalité. Le public, c'est DES publics, la scène, DES scènes, au final si sur les millions d'auditeurs il y a 500 chemins particuliers (au doigt mouillé, j'en sais rien, je soupçonne bien davantage), on revient à des chiffres moins hallucinants.
En sachant que le même genre de proportions doit exister pour les bouquins par exemple (avec moins de lecteur, mais un temps de lecture par unité décuplé).
Bref, sur cette partie là, pour moi ça ne démontre pas grand chose, les plates formes sont de grands hubs logistiques centralisés et je ne suis pas sur que ça fasse sens, sinon pour se faire peur, d'additionner les carottes et les choux.

Sur les trucs liés au pillage, et au droit d'auteur, ça me renvoie aussi à une autre reflexion: on a souvent considéré la composition comme de la création, comme un truc du "génie" humain, mais ce n'est que parce que l'ia industrialise l'inspiration qu'on se pose la question: je ne suis pas sur que ce que l'on prend pour une oeuvre de l'esprit échappe à l'accusation de pillage, autrement dit même si notre modèle d'intelligence n'est pas statistique, quelle part de ce que l'on attribue à la "vision" n'est en réalité qu'une "révision", un remix mal assumé de trucs qu'on a entendu, de règles qu'on a interiorisé, de connaissances accumulées en arrière plan qui se posent d'un coup sur le devant de la scène, et dont la mobilisation aime avoir l'étiquette de "création".
Parce que bon, sur l'année de musique quotidienne produite par des humains, combien de jours ressemblent très fort à la veille et au lendemain...
Citation :
le plaisir de jouer ensemble, de créer ensemble, et éventuellement d'enregistrer une performance live pour garder une trace de ce plaisir et le partager au monde.

Je crois très fort à ça aussi.
Voici le test d'un plugin IA avec un peu d'humour et il en faut !

La musique habille le silence

Citation :
le plaisir de jouer ensemble, de créer ensemble, et éventuellement d'enregistrer une performance live pour garder une trace de ce plaisir et le partager au monde.


100% d'accord aussi : l'IA n'entamera jamais le plaisir et le désir de musique chez l'homme.

Citation :
Autant ça parait édifiant dit comme ça, mais c'est quand même une abstraction étrange qui considère que le public a vocation à l'universalité. Le public, c'est DES publics, la scène, DES scènes, au final si sur les millions d'auditeurs il y a 500 chemins particuliers (au doigt mouillé, j'en sais rien, je soupçonne bien davantage), on revient à des chiffres moins hallucinants.
En sachant que le même genre de proportions doit exister pour les bouquins par exemple (avec moins de lecteur, mais un temps de lecture par unité décuplé).
Bref, sur cette partie là, pour moi ça ne démontre pas grand chose, les plates formes sont de grands hubs logistiques centralisés et je ne suis pas sur que ça fasse sens, sinon pour se faire peur, d'additionner les carottes et les choux.


C'est bien des choux qui sont additionnés à des choux et ça fait sens si l'on parle de métiers du son, et donc d'industrie.

D'abord parce qui si l'industrie a dans les années 90 pensé qu'en travaillant la longue traine (l'ensemble des niches), il y aurait de l'argent à se faire (et donc des emplois, de la richesse), dans les faits, ça n'a pas du tout fonctionné : la somme des niches qui végètent ne vaut pas une Beyoncé en termes de business, de sorte qu'on laisse désormais les niches se démerder pour n'investir dedans que par opportunité, une fois que le boulot a été fait par les artistes eux-mêmes. J'avais eu une discussion avec le DG de la SACEM qui m'expliquait d'ailleurs que le gâteau des droits n'avait pas grandement augmenté depuis les années 60, alors que le nombre de sociétaires avait été multiplié par 20 : du coup, ils faisaient des chèques annuels de quelques euros pour 80% des artistes dont il géraient les droits.

Bref, produire toujours plus n'amène pas plus de richesse à l'industrie, ce qui est important si l'on se pose la question des emplois.

Mais on peut parler de l'impact culturel et sociétal aussi de cette surproduction. Quand tout le monde dispose de sa propre niche, de son propre silo, l'art ne fait plus ciment social. Chacun sa série, chacun ses films, chacun sa musique, chacun ses livres : s'organisent alors des communautés virtuelles qui vivent en parallèle, et qui n'ont rien à sa dire, des voisins qui n'ont rien à se dire, parce que l'art, la culture, ne sont plus un fait commun mais une consommation individualiste. L'industrialisation massive a de fait complètement castré la parole artistique en la morcelant. Picasso peindrait les demoiselles aujourd'hui qu'il aurait 3 like sur son Insta.

Et dans tous les cas, cette surproduction a une empreinte environnementale, en termes de ressources, d'eau potable, d'artificialisation des sols. Pour schématiser, on abat des forêts pour que tout le monde puisse publier son livre que personne ne lira, parce qu'on estime que c'est un droit de pouvoir écrire un livre, de l'imprimer en x exemplaires, tant qu'on peut payer pour le faire. Concernant la musique, c'est moins visible vu qu'à l'heure de la dématérialisation, le stockage en ligne et le streaming défoncent l'environnement bien loin de chez nous.

Or avec l'IA, on se propose de démultiplier tout cela : rien que sur les émissions de gaz à effet de serre, on double, sachant que ça n'est pas là le plus gros problème environnemental que pose la tech. Et je repose la question : pour quoi ? Dans quel but ? Qu'est ce que ça amène en matière artistique sinon de produire plus vite, plus, et de noyer un Picasso sous une masse de bruit, de saturer le silence. Est-ce qu'on a besoin d'une fusée pour aller acheter une baguette de pain ? Non. Est-ce qu'on a besoin d'une pelleteuse générative pour produire plus d'art ? Encore moins. L'ONU demande aux nations d'user de l'IA avec parcimonie, en conscience des dommages qu'elle produit, et nous on l'utilise pour faire de la musique ?

https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/recit/lia-pose-un-probleme-environnemental-voici-ce-que-le-monde-peut-faire

D'ailleurs, ce discours consensuel qui voudrait que l'outil ne soit pas mauvais en soi mais dépende de l'utilisation qu'on en fait, je suis pas sûr qu'on l'ait bien rodé sur ce sujet... Déjà parce que l'IA n'est pas un outil mais un travailleur (et c'est tout le sens de cette révolution telle que l'homme n'en a pas connu depuis l'invention de l'écriture : au lieu d'écrire ce post, je pourrais ordonner à une IA de suivre la discussion pour moi en lui donnant des consignes d'opinion). Ou pour le moins, convenons que c'est un outil qui remplace des travailleurs, comme la moissonneuse batteuse a remplacé les moissonneurs autrefois. Et alors, la modernisation de l'agriculture après-guerre, elle donne quoi finalement ? On en est content ? De la qualité de ce qu'elle produit, de son empreinte environnementale, du bonheur actuel des agriculteurs qui ont "appris par refus d'immobilisme" ?

Pour recentrer sur le sujet, 70% des musiciens professionnels ont un revenu inférieur au salaire annuel net médian en France (source : Ministère de la Culture), vous pensez vraiment que l'IA, quand bien même ils s'y formeraient, ne va pas les appauvrir encore ? À combien vont-il devoir vendre une session de studio pour être compétitifs face à Ace Studio et Suno ?

Dans l'article il est dit : "l’ar­ri­vée du sampleur qui devait tuer les orchestres". Ben dans les faits, c'est complètement vrai. Si l'on parle des orchestres pros en laissant les amateurs qui font du loisir, ils subsistent péniblement grâce aux subventions et au mécénat pour l'essentiel, les revenus commerciaux étant dérisoires. Il faut dire que quand on fait une musique "orchestrale" pour l'audiovisuel, au mieux on va l'enregistrer en Bulgarie quand la plupart du temps, on en restera à des samples. Donc oui, d'un point de vue professionnel, les orchestres, s'ils ne sont pas morts, ne sont pas bien vivants car tout un secteur d'activité qui leur était dévolu est passé à la trappe. Or les subventions, elles baissent de plus en plus, vu qu'on investit 130 milliard dans l'IA et 17 dans la culture...

C'est l'évolution naturelle des choses pourra-t-on objecter, des activités disparaissent, d'autres se créent, ce sont des vases communicants : admettons, même si en 29, on se souvient de la misère qui a accompagné l'automatisation des métiers manuels. De fait, je suis très dubitatif sur le fait que les 5 millions de personnes qui vont perdre leur tafs dans les 4 années qui viennent vont se mettre au prompt pour produire des choses dignes de valeur marchande, au point qu'elles en vivent, et soyons fou, dignes d'intérêt...

D'ailleurs :
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/26/licenciements-perte-de-sens-risques-pour-la-democratie-dans-la-silicon-valley-le-blues-de-la-generation-ia_6715756_4500055.html?srsltid=AfmBOoo-QurfBALwZ_3VDdTcfPDkgLVwEd9uM4BO_YWWsTM3xQAi3GhZ

https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/pour-99-des-patrons-sondes-l-ia-provoquera-des-licenciements-a-court-terme-dans-leur-societe-un-discours-que-jensen-huang-patron-de-nvidia-trouve-paresseux-simpliste-et-irresponsable_AV-202605290036.html

Mais dans le monde merveilleux de la musique, il suffirait d'apprendre à prompter pour que tout se passe bien ? Je ne parierai pas là-dessus...

__________________________________________________________________________________
Le GIEC chiffre à 3,3 milliards le nombre de victimes du réchauffement climatique. On en parle ?

 

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Si deja l'enseignement d'un instrument de musique faisait partie du cursus scolaire - mais pas avec la pedagogie made in France qui est un vaccin contre l'apprentissage - Je pense que pas mal de jeunes gens arriveraient a se prémunir naturellement contre le poison de la consommation excessive de produits pré-chiés



... je reformule :

Si deja l'ouverture a une veritable identité culturelle faisait partie du cursus scolaire ... etc ....
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Citation :
C'est bien des choux qui sont additionnés à des choux et ça fait sens si l'on parle de métiers du son, et donc d'industrie.

Ok, je n'avais pas senti que tu parlais du marché. Mais du coup, si tu relis un peu ton texte, le problème c'est pas l'IA. C'est le marché.
La partie sur la culture commune vs silo est intéressante par contre, d'ailleurs si tu connais des textes la dessus ça m'interesse assez, c'est un pressentiment que j'ai aussi mais j'ai pas encore vraiment de quoi alimenter ma reflexion.
Je vais regarder ce que je trouve sur le sujet mais déjà avec les réflexions de l'art sur Aristote dans la Poétique, l'importance de la Catharsis, il y a de quoi réfléchir : l'importance du vécu commun de l'art pour purger la société de ses haines et ses passions, je suis pas sûr qu'on le vive chacun sous notre casque avec notre playliste faite sur mesure.

Je me souviens aussi enfant du retentissement qu'avaient la diffusion télé de tel film ou telle émission sur nous, le lendemain à l'école, et probablement nos parents au boulot. Quand Bobby est mort dans Dallas, quand Belphegor faisait frémir toute la France, quand Orson Welles jetait la panique sur la BBC avec la Guerre des Mondes. Tout cela était un vécu commun, comme encore la sortie du dernier Pink Floyd qu'on s'invitait à venir écouter chez les voisins. La multiplications des médias (d'abord les radios et les chaînes) puis la consommation de contenu à la demande ont suivi un axe qu'épousent les réseaux sociaux : ce qui est au centre, ce n'est plus la société, le projet commun, mais me, myself and I, un monde fait pour mesure pour moi avec mes contenus pensés par des algo pour mes goûts et opinions.

Mais je vais chercher d'autres textes...

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Le GIEC chiffre à 3,3 milliards le nombre de victimes du réchauffement climatique. On en parle ?

 

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La partie culture commune, j'ai, c'est davantage sur la bascule que je me sens démuni à la fois pour quantifier et pour mettre en pespective. J'ai eu par exemple une impression d’archipélisation aux premiers temps d'internets, avec des nations sans terres qui se retrouvaient autour de leurs cultures de niche. Comme si la niche devenait une culture commune justement, mais sans ses effets de bord positifs dans le réel, et sans le territoire qu'aurait un festival permanent. Parfois j'ai l'impression qu'on est passé d'une bulle qui existait dans les replis de la culture commune, à une culture commune à laquelle on se plie parfois avec inconfort aux frontières de notre bulle qui s'est étalée comme jamais. ça me fait penser à certaines pages d'Ada Palmer.
Merci pour l'excellent article. Chacun réagit a sa manière. Pour ce qui est de la composition, suis-je donc le seul à juger que les créations par IA sont de la m... Il y aurait largement matière à déterrer JP Coffe. Je n'ai à ce jour entendu aucune compo qui tient la route. Et ce n'est pas prêt de s'améliorer. Il faudrait revenir sur ce qu'est une composition. Ce n'est pas passer des millions d'extraits existants dans une moulinette, secouer et faire sortir le produit magique pour que ça devienne un chef d'oeuvre. Je viens du classique, et je conçois une composition comme une unité indivisible consitué de motifs/ voix propres, exposés, développés, agrandis, rétrécis etc. Sans parler de l'esprit créatif, l'intuition, le talent qui permet de réaliser des oeuvres originales. L' IA peut "faire illusion", et rien de plus.
Je suppose que le ressenti en terme de pertinence dépend largement du degré de complexité : pour faire un accompagnement sonore fonctionnel, voire même une chanson pop entière ayant pour modèle les prods mondiales actuelles (quel niveau !- non je déconne, si on compare aux années dorées des années 70/80/90), mais si le gros de chansons actuelles étaient de meilleure qualité, si elles se ressemblaient pas -déjà- toutes, si elles n'utilisaient toujours les mêmes recettes toutes faites et simplistes (on plaque 3 accords et on chante dessus, les séquences répétées ne dépassent jamais 4 mesures grand max etc...) l'IA serait incapable de produire quoi que ce quoi de bon. C'est aux musiciens d'élever le niveau, à la fois sur le plan technique (composition) que créatif.
Je ne prends pas ici en considération les paramètres économiques qui sont bien développés dans l'article.

C´est à cet emplacement que je devrais mettre une citation intelligente 

Trés bon article, dans son analyse pragmatique sans jugement. Bon survol de la profession.
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  • Belford
(Composition et IA)

Face aux critiques qui qualifient la GenAI de médiocre, qu'en est-il réellement de la musique "hybride" ?

En effet, dans le monde professionnel, Suno est régulièrement utilisé pour créer des bases musicales, composer des chansons ou générer des idées mélodiques et harmoniques. Ces créations servent déjà de point de départ à des musiciens et chanteurs humains, qui les adaptent et les finalisent pour produire des œuvres complètes.

Voici mes sources :
  • Rick Beato, l'influenceur musical des boomers,
  • Warren Huart, Produce Like A Pro,
  • Harvey Mason Jr., PDG de la Recording Academy / Grammy Awards,
  • Ryan Tedder, chanteur et leader de OneRepublic, également reconnu pour ses talents de compositeur et producteur auprès de nombreux artistes internationaux,
  • Étienne Guéreau, Piano Jazz Concept.

Pour ne citer qu’eux...

Il existe donc désormais une forme de musique que l’on peut qualifier d’hybride.

Aussi, la musique contenant des éléments générés par IA est "absolument éligible" à une nomination aux Grammy Awards, par exemple. En revanche, seule la partie créée par l'humain peut être récompensée. L'IA en elle-même ne recevra jamais de prix.

Le principe de la contribution "significative" : Pour qu'un morceau hybride soit nommé, la contribution humaine doit être majeure et non minimale

Ça peut tout à fait être un outil comme les autres parmi tant d'autres fonctions

Beat Thang iz Dead 

Merci Los Teignos !
De la même façon qu'il va falloir commencer à parler autrement aux climatosceptiques et à ceux qui trouvent toujours toutes les raisons du monde pour relativiser la gravité de notre situation, je pense qu'il faut arrêter de discuter de l'IA comme si c'était "un nouvel outil" ou comme si c'était pas très différent de ce qui s'est passé auparavant. J'ai apprécié que dans ton post #60 tu mettes un peu les points sur les i...

Mon seul espoir (malheureusement pas très joyeux), c'est que la bulle de l'IA s'effondre rapidement parce que ça n'est pas rentable et que les ressources deviennent de moins en moins disponibles (ce qui n'est une bonne nouvelle pour personne), alors que l'IA en consomme beaucoup.
Nous avons passé les 4 derniers siècles dans une orgie de destruction de ressources (merci le génocide américain, le commerce triangulaire transatlantique puis le colonialisme), et tout le XXe siècle (avec ses deux guerres mondiales dans sa première moitié et sa croissance à deux chiffre dans sa seconde moitié) a été un orgie de pétrole. Maintenant la fête est finie (en témoigne la défaite des USA face à l'Iran : pas par manque de force de frappe, mais par manque de cartouches et peur de l'étranglement économique) et il va simplement falloir en prendre conscience.

Je pense malheureusement qu'on va vite se rendre compte que brûler autant de ressources pour des conneries aussi triviales n'est pas tenable.
Et je pense aussi que les choses peuvent aller très vite et s'emballer, et changer plus brutalement que l'on croit : je pense que les deux dernières canicules (en un mois) commencent à faire bouger les lignes dans l'opinion publique. Le simple fait que certaines personnalités politiques que je ne citerai pas (mais qui sont des canailles, pour rester poli) croient bon d'invoquer le GIEC alors qu'elles crachaient dessus il n'y a pas 6 mois est certes à la fois comique, tragique et infect, mais c'est surtout le signe que le déni ne peut plus fonctionner : nous avons été des millions d'européens à expérimenter le cauchemar du futur, et à comprendre que ça ne pourra pas aller mieux, juste moins pire...
Maintenant il faut en prendre acte et en tirer les conclusions qui s'imposent politiquement...
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  • kosmix
Libre à moi de l'utiliser, la vie suit son cours

Beat Thang iz Dead 

Citation de Belford (voir le message) :
(Composition et IA)

Face aux critiques qui qualifient la GenAI de médiocre, qu'en est-il réellement de la musique "hybride" ?

En effet, dans le monde professionnel, Suno est régulièrement utilisé pour créer des bases musicales, composer des chansons ou générer des idées mélodiques et harmoniques. Ces créations servent déjà de point de départ à des musiciens et chanteurs humains, qui les adaptent et les finalisent pour produire des œuvres complètes.

Voici mes sources :
  • Rick Beato, l'influenceur musical des boomers,
  • Warren Huart, Produce Like A Pro,
  • Harvey Mason Jr., PDG de la Recording Academy / Grammy Awards,
  • Ryan Tedder, chanteur et leader de OneRepublic, également reconnu pour ses talents de compositeur et producteur auprès de nombreux artistes internationaux,
  • Étienne Guéreau, Piano Jazz Concept.

Pour ne citer qu’eux...

Il existe donc désormais une forme de musique que l’on peut qualifier d’hybride.

Aussi, la musique contenant des éléments générés par IA est "absolument éligible" à une nomination aux Grammy Awards, par exemple. En revanche, seule la partie créée par l'humain peut être récompensée. L'IA en elle-même ne recevra jamais de prix.

Le principe de la contribution "significative" : Pour qu'un morceau hybride soit nommé, la contribution humaine doit être majeure et non minimale



Par curiosité, j'ai essayé il y a quelques semaines Suno. Pour voir si ça pourrait être une source d'inspiration.
Eh bien, j'en suis resté à cet essai et n'y toucherai plus. Pourquoi ?! Parce que dans mon cas et de mon point de vue, c'est justement tout le contraire d'une source d'inspiration. Même si mon essai généré par Suno s'est basé sur l'upload d'un brouillon d'une de mes compos, j'étais pas emballé.
Non pas que ça ait mal sonné, mais plutôt que le résultat ne m'a pas plu et me gênait. Comme si quelqu'un d'autre avait remixé ma compo ou plutôt m'en avait dépossédé, en en faisant quelque chose qui ne correspond pas à ma sensibilité / mon style. Même en ajustant le "prompt" pour pousser un peu plus le test, ça passait pas, avec le sentiment de faire fausse route.
Et franchement si j'avais osé me baser sur le morceau généré IA pour ma compo, j'aurais eu intérieurement honte de déléguer la partie créative à une machine. Avec sans doute le sentiment d'être un imposteur. Rien qu'avec les synthés, j'évite de recourir aux trucs pré-mâchés qui sortent du Korg Wavestate où avec une seule touche, t'as quasiment toute l'instrumentation, rythmique incluse. Alors Suno, non merci. Celui qui se prétend musicien / compositeur en étant très aidé par l'IA, c'est juste de l'imposture. Si on veut composer, mais que l'on a des difficultés (ou que l'on ne sait pas), soit on apprend / on expérimente, soit on passe à autre chose...
C'est le problème actuel de notre société, où prime la satisfaction immédiate, sans avoir à ressentir de frustration ou à fournir d'efforts.
Me concernant, je préfère pondre un truc imparfait, mais qui reflète ma sensibilité musicale. Plutôt qu'un truc IA qui risque fort de ressembler à des centaines d'autres et dont au final je ne serais pas le créateur. Sans IA, j'ai la satisfaction de moi même "cuisiner", avec tout le cheminement qui mène au résultat final.

Toutefois, je ne rejette pas totalement l'IA. Qui selon moi doit juste être un outil. Non pas un outil créatif, mais permettant d'automatiser certaines tâches ou faire certaines choses impossibles sans. Par exemple la création de stems à partir d'une source stéréo / amélioration d'un vieil enregistrement. Ou encore la création de voix pour maquetter comme avec Synthesizer Studio / Ik Resing, quand on a une voix de chiotte (comme moi), en attendant qu'un véritable chanteur ou chanteuse pose sa voix.

https://www.youtube.com/@Nico-D-zik

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  • kosmix
  • Belford
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Hors sujet :
Je me lève comme un lundi matin avec l'intelligence artificielle sur les accents. Parce que je dors très mal, je suis confus, et de voir cet article audiofanzine et ses commentaires ressemblaient à un livre, je me déteste. Oui, je suis mauvais à faire de la musique dans ma chambre pendant que les rédacteurs de la communauté subissent un désastre, une vérité à pâlir, un monde qui s'écroulera demain. Mais comme moi, vous pensez sûrement pas à l'intelligence artificielle ? C'est de l'artistiquement parlant, de la poésie, et un rêve. Alors laissez-moi vous dire deux mots :

à avoir relu les écrits de tous.tes je crois que la vérité apparaît : je me sens brûlé comme l'amour à la plage. Déchiré comme une lettre renversée par un verre d'alcool. Attendez, cela fait bien plus de deux mots ?

Les métiers du son en parle t-on réellement ? Pour moi, c'est mon quotidien fascinant de faire tout comme, et l'IA l'imagine, je suis à les nerfs à vif. Et surtout, un calme, comme pour voir les couleurs de ce nouvel horizon.

Mon avis, parce qu'on y comprend plus rien ! Ils veulent la guerre ? nous divisé ? et nous ? Je crois que le café attendra alors voilà ce que j'en pense. YA YA YA :fleche:


Pour être un peu plus sérieux, je crois qu'on est dans une démesure politique et écologiquement désastreuse. C'est à dire que le savoir et la créativité, des uns comme des autres, a atteint une zone de danger. Pour l'intelligence aujourd'hui, c'est de mieux réviser ses capacités que de comprendre un monde qui ne fonctionnera que pour quelques illuminés.
La musique doit garder l'esprit rock, et un mental d'eau douce. C'est pas aujourd'hui qu'on va permettre à des gens qui ont sortit le portefeuille de mettre le point d'exclamation.

On peut envisager un retour à des formations de zicos, des lieux d'écoutes privés, des communautés qui ont prit la parole en fait, simplement.

On peut beaucoup espérer, mais sortez moi ce mal de tête qui lorsque je veux découvrir de la musique, l'instant est pourri par l'Intelligence Artificielle.





La musique comme un trésor, une soudaine envie de repenser à l'archipel. Je relativise, d’habitudes en mouv sur Mars, j'explore cet univers sonore sans laisser de désordre. Mon Soundcloud Limone16

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  • manson.reznor
Los Teignos :
Citation :
100% d'accord aussi : l'IA n'entamera jamais le plaisir et le désir de musique chez l'homme.
Il ne s'agit pas seulement de la simple notion de" plaisir"
. J'aurais toujours autant de plaisir à tapoter sur mes claviers dans mon salon, avec plus ou moins d'inspiration, et même avec l’arrivée de l'IA. Cette IA, a bien y réfléchir, ne me dérange pas tant que ça, en fait, car elle ne va pas me priver de mon emploi, étant retraité. Par contre, c'est plus inquiétant au niveau des génération futures, tous ces artistes qui vont prendre cette chose en pleine face, concurrencés par des machines, et l’extrême facilité de créer. Je m’étonne d'ailleurs que sur un site comme AF, on fasse autant sa promotion, sans rire, de quelque chose qui va faire à terme autant de mal au son, à la musique. Je peux aussi me tromper....Une génération de personnes scotchées à leur portable, au lieu d'apprendre le solfege. Après, il y a peut être un milieu a trouver entre faire 5 heures de piano , à choper des ennuis musculaires, ou cing heures à s'abimer les yeux sur son smartphone, par jour, je sais pas.
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  • manson.reznor
L'IA générative est aujourd'hui le sampling d'hier

L'IA générative est aujourd'hui ce que le sampling était dans les années 1980. Il suffit de remplacer un terme par l'autre dans les polémiques de l'époque pour constater que les arguments, les peurs et parfois même le vocabulaire sont presque identiques.

Le sampling est un parasitisme technologique

Citation :
Nous faisons face à une contrefaçon pure et simple du talent humain. L'échantillonnage permet à des individus sans aucune formation musicale de s'approprier le travail, la sueur et l'identité sonore de professionnels qui ont passé leur vie à maîtriser leur instrument. Chaque fois qu'un producteur utilise un sample de batterie ou une section de cuivres préenregistrée sur une disquette, c'est un musicien de studio que l'on prive de son salaire et que l'on jette au chômage. Le public doit comprendre que ces machines ne créent rien : elles volent la vie des morceaux existants pour nourrir des usines à tubes sans âme. Le slogan est clair : "Keep Music Live" — Détruisez les machines, ou elles détruiront les musiciens. — Manifeste de la Musicians' Union, 1986


Citation :
La musique est entrée dans l'ère des pilleurs de tombes. On assiste aujourd'hui à la consécration de "morceaux-vampires" qui ne tiennent debout que parce qu'ils sucent le sang des chefs-d'œuvre du passé. C'est le triomphe des techniciens de surface de la console de mixage sur les véritables créateurs. — Rock & Folk, 1987


Avec quarante ans de recul, ces textes paraissent excessifs. Pourtant, ils exprimaient une inquiétude sincère face à une technologie qui semblait menacer la création musicale elle-même. Aujourd'hui, le sampling est devenu un langage artistique à part entière. Il n'a pas détruit la musique ; il en a transformé les pratiques.

Les débats sur l'IA générative suivent une trajectoire étonnamment similaire.

Cette "guitare-planche" ne remplacera jamais une vraie guitare

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une innovation musicale est accueillie avec mépris. Lorsque la Telecaster de Fender apparaît en 1950, certains fabricants traditionnels la surnomment ironiquement plank guitar (guitare-planche), tandis que d'autres la tournent en dérision comme une pelle à neige ou un siège de toilettes avec des cordes . À leurs yeux, une véritable guitare ne pouvait être qu'un instrument façonné par un luthier, doté d'une caisse de résonance ; cette simple planche de bois équipée de micros semblait annoncer la fin de la musique authentique. Soixante-quinze ans plus tard, la Telecaster est devenue l'un des instruments les plus emblématiques de l'histoire de la musique populaire. Les technologies changent ; les prophéties de la fin de l'art, elles, se ressemblent souvent.

"Les maths sont cuites"

Les musiciens auraient peut-être intérêt à observer ce qui se passe dans un autre domaine créatif : les mathématiques.

Le 20 mai 2026, le médaillé Fields Tim Gowers écrivait, à propos de la réfutation par OpenAI de la conjecture d'Erdős sur les distances unitaires :

Citation :
Au cas improbable où les progrès de l'IA en mathématiques cesseraient soudainement, nous serions tout de même probablement entrés dans une ère où il devient très difficile pour les êtres humains de rivaliser avec l'IA dans la résolution de problèmes mathématiques.


Cette phrase est saisissante. Pourtant, le véritable tournant n'est peut-être pas encore là.

En mathématiques, la rupture historique ne serait pas seulement la démonstration de conjectures prestigieuses comme l'hypothèse de Riemann ou le problème P vs NP. Elle surviendrait lorsqu'une IA élaborerait une théorie entièrement nouvelle, dotée d'une puissance explicative comparable à la théorie de Galois, à la relativité d'Einstein ou à la géométrie algébrique de Grothendieck.

La musique pourrait connaître un basculement analogue. L'événement décisif ne serait pas qu'une IA termine de manière convaincante la Xe Symphonie de Beethoven. Ce serait qu'elle invente un langage musical inédit, ouvrant un continent esthétique nouveau, comme Beethoven, Wagner, Debussy ou Stravinsky l'ont fait en leur temps.

Autrement dit, le moment historique ne sera peut-être pas celui où l'IA démontrera qu'elle sait reproduire les chefs-d'œuvre du passé, mais celui où elle commencera à créer des formes que nous n'avions jamais imaginées.

L'histoire récente montre d'ailleurs que les avancées de l'intelligence artificielle ne condamnent pas nécessairement les activités humaines qu'elles dépassent. La prédiction de la structure des protéines par AlphaFold a valu à ses concepteurs le prix Nobel de chimie en 2024 et il y a encore des chimistes. De même, si les machines ont fini par surpasser les meilleurs joueurs d'échecs puis de go, cela n'a pas empêché les humains de continuer à jouer, à progresser et à se passionner pour ces disciplines.

J'ai lu récemment un éditorial du New York Times dont l'idée centrale était, en substance : Oui à l'IA générative, sauf pour les tâches créatives.

Cette position a le mérite de la cohérence, mais elle repose peut-être sur une exception difficile à justifier. Pourquoi l'IA pourrait-elle contribuer à la découverte scientifique, à la médecine ou aux mathématiques, mais devrait-elle s'arrêter précisément aux portes de la création artistique ? L'histoire des technologies suggère plutôt que les outils qui bouleversent une pratique finissent rarement par la faire disparaître ; ils en déplacent les frontières et ouvrent des formes d'expression inédites.

(Texte corrigé et amélioré par endroits avec l'aide de ChatGPT)
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  • Mr Caillou
Citation :
Je m’étonne d'ailleurs que sur un site comme AF, on fasse autant sa promotion, sans rire, de quelque chose qui va faire à terme autant de mal au son, à la musique.

De quelle promotion parles-tu ? Trouves-tu vraiment qu'il y a une forme de promotion de l'IA sur AF ?
Il y a une différence entre promotion et information. Difficile de passer sous silence une technologie qui nous bouscule tous.

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