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Techniques du Son

réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?

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Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?
6169.jpg
Plugins qui mixent seuls, IA compositeurs et studios transformés en Airbnb : le milieu de l'audio est sous tension. Entre l'automatisation des tâches techniques et l'émergence de la création générative, nos métiers sont-ils condamnés ?


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Ce thread a été créé automatiquement suite à la publication d'un article. N'hésitez pas à poster vos commentaires ici !

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Citation de chapolin (voir le message) :
Ce qui est inquiétant, c'est la perte du rapport physique à la musique, le côté sensuel, il y a une différence immense d'expérience entre sentir sa colonne d'air, la mettre en œuvre, puis les lèvres sur le bois ou le métal ou le plastique, les doigts qui se coordonnent sur l'instrument et le son qui jailli, s'organise, le rythme qu'on crée, la musique etc ... et , donc la différence avec la machine qu'on allume, les boutons sur lesquels on appuis pour les programmer, de fait des motifs presque toujours répétitifs, un peu comme des bruits d'usine, mécaniques, des boutons sur lesquels on appuies pour créer des probabilités de notes etc etc, finalement des gens incapables de faire de la musique vivante sur un instrument "simple", mais plutôt des gens qui s'amusent, un peu comme des petits chimistes ...
Après quand le musicien s'empare de l'outil évidemment c'est une autre histoire mais il me semble que c'est mieux de commencer par de la pratique musicale empirique. D'autre part le matin, je me lève, je me fais un café et je vais sur mon piano, c'est simple, j'ai pas tellement envie de convoquer une IA reliée à des complexes énergétiques et autres pour jouer à ma place en me donnant l'illusion que je la pilote et fait de la musique par son entremise, je trouve çà profondément malsain, surtout par temps de canicule.


Si on est d'accord sur l'IA, c'est assez caricatural ton opinion sur la musique "répétitive", il y a des gens qui aiment ça ! Pour avoir tourné pas mal à une lointaine époque sur la scène Goa Trance, on s'éclatait autant sur scène que dans le public. Moi j'adore me lever le matin, allumer deux ou trois machines et lancer ma TR09 ou la RD8mk2 et lancer des arpèges sur le Juno 60, me faire une petite ligne de basse sur le SE02, ou alors partir d'un son que j'ai fait. Je peux aussi me passez un bon petit Rubycon de Tangerine Dream on un "Neu" ! Même les Floyd ont essayé, tu verras la répétition ça passe bien !
:clin:

Old School et Electronica

Deux filles Arc en Ciel

croulebarbe,

Ce n'est pas "faux" ni "trop généraliste", c'est une extrapolation factuelle qui met en lumière le goulet d'étranglement financier du milieu.

Bref, le secteur de la musique n’a pas attendu l’IA pour être en difficulté. L'IA est un défi récent, mais les crises profondes du secteur sont là depuis bien longtemps.

J'ai déjà cité, parmi les défis que pose le numérique et qui me semblent plus structurels et plus déterminants que la simple apparition de Suno, l'arrivée d'Internet et son piratage, ainsi que la démocratisation de la production qui a pour corollaire l'hyper-saturation du marché. L'IA fait que, au lieu de noyer l'artiste émergent dans une mer, elle le noie désormais dans un océan de contenus. À cela s'ajoute un danger plus insidieux de l'IA : les algorithmes. Certes, il s'agit d'une forme d'IA plus primitive, mais ce sont eux qui détiennent aujourd'hui le véritable "pouvoir" de prescription, après avoir complètement évincé l'éditeur humain.
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  • BBmiX
  • Maxxou32
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.
Citation de darklinux (voir le message) :
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.



Lisser & améliorer, cad le conformisme et le dogme de l’efficience sans aucune autre considération , l’IA n’est pas le problème c’est ce que les utilisateurs en attendent qui me pose problème,

Quid de nos failles, de nos fragilités, bref de tout ce qui fait le sel de notre propre production artistique ?

Et ça dépasse le secteur musical, on se dirige de plus en plus vers une hyper optimisation généralisée, et je ne vois pas où l’humain y a sa place, pire encore il semble que l’IA dans la façon dont elle est systématiquement mise en avant va toujours dans le sens de considérer l’humain comme une donnée nuisible qui doit être retirée de l’equation,

Pourquoi devrait on être lissés ou améliorés, nous sommes à ce point détestables ? D’où vient cette misanthropie quasiment institutionnalisée relayée de toute part, ne pouvons pas recommencer à nous aimer un minimum pour ce que nous sommes avant d’embrasser l’usage que nous ferons de l’IA ?

Quel est donc le but de ce nihilisme sinon l’aboutissement du post modernisme et de l’absence de sens qui le caractérise ?



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  • BBmiX
Y'a aussi l'enrichissement de ceux qui la possèdent et qui sont rarement des philanthropes .
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  • DocK'S
  • Kibouille
Citation de Shantee (voir le message) :
Citation de darklinux (voir le message) :
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.



Lisser & améliorer, cad le conformisme et le dogme de l’efficience sans aucune autre considération , l’IA n’est pas le problème c’est ce que les utilisateurs en attendent qui me pose problème,

Quid de nos failles, de nos fragilités, bref de tout ce qui fait le sel de notre propre production artistique ?

Et ça dépasse le secteur musical, on se dirige de plus en plus vers une hyper optimisation généralisée, et je ne vois pas où l’humain y a sa place, pire encore il semble que l’IA dans la façon dont elle est systématiquement mise en avant va toujours dans le sens de considérer l’humain comme une donnée nuisible qui doit être retirée de l’equation,

Pourquoi devrait on être lissés ou améliorés, nous sommes à ce point détestables ? D’où vient cette misanthropie quasiment institutionnalisée relayée de toute part, ne pouvons pas recommencer à nous aimer un minimum pour ce que nous sommes avant d’embrasser l’usage que nous ferons de l’IA ?

Quel est donc le but de ce nihilisme sinon l’aboutissement du post modernisme et de l’absence de sens qui le caractérise ?




Que de grands mots pour pas grand-chose. Donc : contre le passage de la viole de gambe au violoncelle, contre le passage du clavecin au pianoforte et son évolution au piano à cadre d'acier , contre le passage du moine copiste à l ' imprimerie, contre le passage du monopole des studios à la création du home studio. Intéressante façon de penser, il me semble . Failles et fragilité ? des excuses de collégiens et lycéens qui pleurnichent à cause de leurs mièvreries . Les arts , comme le reste a toujours été darwinistes. Pour un Léonard de Vinci , combien de médiocres disparus ? Pour un Kurt Cobain , combien de fragiles qui n'ont pas réussi à se faire repérer par un label ?
À tester : l'outil AI Watchdog de The Atlantic intègre désormais la musique !

Après avoir référencé les livres et d'autres contenus, l'outil de The Atlantic permet désormais de rechercher des morceaux présents dans quatre immenses jeux de données totalisant plus de 21 millions de pistes, offrant ainsi davantage de transparence sur les données qui circulent dans l'écosystème de l'IA.

Citation :
AI Watchdog
L'enquête en cours de The Atlantic sur les livres, les vidéos et d'autres contenus utilisés par les plus grandes entreprises technologiques du monde pour entraîner leurs modèles d'intelligence artificielle.


Vu dans (attention, accent australien en vue !) :

Citation de darklinux (voir le message) :
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.


Il me semble qu'il y a quand même un paquet d'arguments qui sont développés sur ces 19 pages... Sans parler de tout ce qu'on peut lire sur le sujet si on se documente un peu.
La moindre des choses serait de parcourir le sujet avant de poser une question quand même très naïve...
En quelques mots :
- perte de savoir faire
- transformation d'une activité fondée sur le plaisir, les interactions humaines et la pratique instrumentale en une activité fondée sur la seule recherche d'efficacité, sans nécessité de savoir-faire, de réflexion ou d'expérience. On passe, au sens propre, d'un art à une industrie, mais avec une activité pour laquelle industrialiser un process n'a absolument aucun sens (un peu comme si on payait pour que des robots fassent du sport à notre place).
- uniformisation de la création
- concentration du contrôle de l'outil dans des mains réduites
- problèmes géopolitiques liés à la souveraineté
- utilisation excessive de ressources (eau, électricité, terres rares...)
- technologie fondée sur le vol pur et simple de travail humain à grande échelle (exploitation des données sans aucune contrepartie)
- destruction ou bouleversement (a priori négatif) de tous les ecosystèmes professionnels concernés (pas seulement la musique)
- destruction d'emplois et de revenus pour des millions de personnes
- tous les investissements délirants dirigés vers l'IA ne vont pas irriguer d'autres secteurs qui en auraient bien besoin (transition énergétique, recherche, innovation, social, faim dans le monde, etc. etc.)
- le prix des disques durs et de la RAM ont triplé en quelques mois et ça va durer encore des années.
- etc. etc. etc.

Est-ce que quelqu'un peut faire une liste des avantages de l'utilisation de l'IA dans le domaine de la musique, et les mettre en regard de tous ces problèmes.
Franchement il suffit de faire l'exercice pour constater que c'est une absurdité totale.
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Citation :
Maxxou32
Si on est d'accord sur l'IA, c'est assez caricatural ton opinion sur la musique "répétitive", il y a des gens qui aiment ça ! Pour avoir tourné pas mal à une lointaine époque sur la scène Goa Trance, on s'éclatait autant sur scène que dans le public. Moi j'adore me lever le matin, allumer deux ou trois machines et lancer ma TR09 ou la RD8mk2 et lancer des arpèges sur le Juno 60, me faire une petite ligne de basse sur le SE02, ou alors partir d'un son que j'ai fait. Je peux aussi me passez un bon petit Rubycon de Tangerine Dream on un "Neu" ! Même les Floyd ont essayé, tu verras la répétition ça passe bien !
:clin:



Tu prêches un convaincu car je fais aussi de la musique comme tu la décris. D'ailleurs un Déluge viens d'arriver dans mon studio il y a quelques jours et j'en profite bien. Mais cette pratique ne peut se substituer à la pratique et l'assimilation corporelle et mentale du rythme et des sons, de jouer de la musique. Tourner un potard pour programmer laborieusement notes après notes la probabilité des évènements sonores (et tâcher ainsi de donner une apparence organique humaine), çà n'a rien à voir avec le fait de jouer, de vivre une série de gestes musicaux, d'improviser par exemple des choses réclament des niveaux de dextérité, de surfer sur la vibe. Ce n'est pas non plus le même apprentissage du son, de la "danse", du rythme, ni la même implication temporelle, physique et intellectuelle. Pas la même façon de vivre, pas non plus le même enseignement, ni engagement à donner aux enfants. En bout de chaîne il y a la musique mécanique ou pas. Je ne pense pas qu'il faille l'une ou l'autre, il faut les deux. Vu la difficulté de la musique "empirique" je ne suis pas sûr (et je parle de pratique de madame et monsieur tout le monde) que ce soit ce qui prédomine aujourd'hui.
Citation de darklinux (voir le message) :
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.


Je suis hostile à l'IA a cause de sa tendance à l'envahissement. Par exemple mon Kronos en est infesté: je l'allume pour jouer (!!!) de la musique et je me retrouve à devoir triller tout un tas de commandes et d'outils qui alourdissent (pour un musicien) très fortement la machine. C'est vraiment très pénible, au point que je n'allume mon Kronos qu'en cas d’extrême besoin, c'est à dire très très rarement.
Citation de Calagan (voir le message) :
Citation de darklinux (voir le message) :
Pourquoi êtes-vous hostile à l ' IA ? Il n ' y a ni conscience, ni imagination. Bref ces particularismes de " l ' humain" . De par les lois en vigueur, vous restez maîtres de vos travaux. Les agents IA embarqués sur Cubase et autre Ableton , ne vont pas changer vos workflow . Par contre , cela va lisser vos travaux , les améliorer.


Il me semble qu'il y a quand même un paquet d'arguments qui sont développés sur ces 19 pages... Sans parler de tout ce qu'on peut lire sur le sujet si on se documente un peu.
La moindre des choses serait de parcourir le sujet avant de poser une question quand même très naïve...
En quelques mots :
- perte de savoir faire
- transformation d'une activité fondée sur le plaisir, les interactions humaines et la pratique instrumentale en une activité fondée sur la seule recherche d'efficacité, sans nécessité de savoir-faire, de réflexion ou d'expérience. On passe, au sens propre, d'un art à une industrie, mais avec une activité pour laquelle industrialiser un process n'a absolument aucun sens (un peu comme si on payait pour que des robots fassent du sport à notre place).
- uniformisation de la création
- concentration du contrôle de l'outil dans des mains réduites
- problèmes géopolitiques liés à la souveraineté
- utilisation excessive de ressources (eau, électricité, terres rares...)
- technologie fondée sur le vol pur et simple de travail humain à grande échelle (exploitation des données sans aucune contrepartie)
- destruction ou bouleversement (a priori négatif) de tous les ecosystèmes professionnels concernés (pas seulement la musique)
- destruction d'emplois et de revenus pour des millions de personnes
- tous les investissements délirants dirigés vers l'IA ne vont pas irriguer d'autres secteurs qui en auraient bien besoin (transition énergétique, recherche, innovation, social, faim dans le monde, etc. etc.)
- le prix des disques durs et de la RAM ont triplé en quelques mois et ça va durer encore des années.
- etc. etc. etc.

Est-ce que quelqu'un peut faire une liste des avantages de l'utilisation de l'IA dans le domaine de la musique, et les mettre en regard de tous ces problèmes.
Franchement il suffit de faire l'exercice pour constater que c'est une absurdité totale.
Tu peux répondre en déconstruisant les arguments un par un, en montrant qu'une partie relève davantage de l'émotion, du biais de confirmation ou de l'amalgame que d'une analyse du sujet.

Je trouve intéressant que tu me reproches une question "naïve", tout en alignant une liste où la moitié des points n'ont qu'un rapport très indirect avec l'IA dans la musique.

On regarde ?

* **"Perte de savoir-faire."** C'est un argument qui revient à chaque innovation. Le synthétiseur devait tuer le piano, la boîte à rythmes le batteur, les DAW les studios analogiques, l'autotune le chant, les samplers les musiciens... Pourtant, on continue d'enseigner le conservatoire, le jazz, l'orchestration et la prise de son.

* **"On passe de l'art à l'industrie."** L'industrie musicale existe depuis des décennies. Les majors, le mastering automatisé, les banques de samples, les plugins qui corrigent une prise en un clic, la quantification, le pitch correction... tout cela vise déjà l'efficacité. L'IA n'a pas inventé cette logique ; elle s'y insère.

* **"Uniformisation de la création."** C'est paradoxal. Les mêmes personnes utilisent depuis vingt ans les mêmes banques Kontakt, les mêmes presets Serum, les mêmes packs Splice et les mêmes chaînes de mastering YouTube. Si tout le monde sonne pareil, ce n'est pas parce qu'il existe une IA ; c'est parce que beaucoup choisissent les mêmes outils. L'outil ne remplace jamais le goût.

* **"Concentration du contrôle."** Là, je suis presque d'accord... sauf que cela dépend des choix technologiques. Entre des modèles fermés appartenant à quelques acteurs et des modèles open source exécutés localement, il y a un monde. Critiquer certains modèles économiques n'est pas critiquer l'IA en tant que technologie.

* **"Souveraineté."** Justement, c'est un argument en faveur du développement de modèles européens, ouverts et auditables, pas contre l'IA.

* **"Consommation d'eau, d'électricité et de terres rares."** Sujet réel, mais alors soyons cohérents : on parle aussi du streaming vidéo 4K, des cryptomonnaies, des réseaux sociaux, des jeux vidéo, du cloud, du renouvellement annuel des smartphones et des GPU dédiés au gaming. Pourquoi l'IA serait-elle la seule technologie sommée de justifier son existence énergétique ?

* **"Vol du travail humain."** Ici, il faut distinguer les modèles entraînés sans autorisation et ceux qui reposent sur des licences, des données ouvertes ou des jeux de données consentis. Mélanger toutes les approches sous une même accusation revient à dire que toute photographie est un plagiat parce qu'il existe des contrefaçons.

* **"Destruction des métiers."** C'est probablement le point le plus sérieux, mais il mérite mieux qu'un slogan. Certaines tâches disparaîtront, d'autres évolueront, de nouveaux métiers apparaîtront. C'est exactement ce qui s'est produit avec la MAO, le numérique, Internet ou le streaming. La vraie question est celle de l'accompagnement, pas celle de l'interdiction.

* **"On devrait investir ailleurs."** Faux dilemme classique. Ce n'est pas parce qu'une entreprise investit dans l'IA qu'elle retire mécaniquement de l'argent à la recherche médicale ou à la lutte contre la faim. Les budgets, les investisseurs et les objectifs ne sont pas interchangeables.

* **"Le prix de la RAM et des SSD a explosé à cause de l'IA."** Sérieusement ? Les marchés des semi-conducteurs dépendent des cycles industriels, de la mémoire HBM, des centres de données, de la demande en GPU, des tensions géopolitiques, des capacités de production... Réduire cela à "c'est la faute de l'IA" est une simplification assez audacieuse.

Au fond, ce qui me frappe, c'est que beaucoup des arguments avancés ne sont pas dirigés contre l'intelligence artificielle, mais contre la numérisation, l'industrialisation, le capitalisme de plateforme, les modèles économiques des grandes entreprises technologiques ou certaines pratiques d'entraînement.

Ce sont des débats parfaitement légitimes. Mais les attribuer exclusivement à l'IA revient à accuser le piano d'être responsable de la mauvaise musique.

L'IA n'a ni intention artistique, ni ego, ni inspiration. Elle reste un outil. Comme tous les outils, elle peut produire le meilleur comme le pire selon celui qui l'utilise.

Et si elle est vraiment incapable de créer quoi que ce soit d'intéressant, comme on l'entend souvent, alors je me demande d'où vient cette peur qu'elle remplace les artistes.


Citation de darklinux (voir le message) :

Perte de savoir-faire


L'influence de l'intelligence artificielle sur les capacités cognitives de ses utilisateurs constitue une question bien réelle, désormais documentée par la recherche scientifique.

Citation :
Plusieurs travaux scientifiques suggèrent que l'usage intensif de l'intelligence artificielle peut affecter les capacités cognitives de ses utilisateurs. La revue de Macnamara et al. (2024) met en avant le risque de skill decay (érosion des compétences), c'est-à-dire une perte progressive des savoir-faire lorsqu'ils sont moins sollicités par la pratique. En médecine, la littérature évoque également un risque de deskilling, où la dépendance aux systèmes d'aide à la décision pourrait affaiblir, à long terme, le développement et le maintien de l'expertise clinique. D'autres travaux mettent en évidence le phénomène de déchargement cognitif (cognitive offloading), par lequel les utilisateurs délèguent à l'IA une partie de leurs processus de réflexion, de mémorisation ou de résolution de problèmes. Enfin, plusieurs études, notamment en radiologie, décrivent un biais d'automatisation (automation bias) : lorsqu'une IA fournit une recommandation erronée, les utilisateurs peuvent lui accorder une confiance excessive et adopter cette erreur au détriment de leur propre jugement. Si ces phénomènes restent encore à confirmer par des études longitudinales, ils constituent aujourd'hui des préoccupations largement reconnues dans la littérature scientifique.
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  • Calagan
darklinux
J’ai répondu avec une liste non argumentée parce que j’ai déjà abondamment écrit dans ce sujet et argumenté à propos de la plupart des points évoqués. Et j’ai quand même autre chose à faire de mes journées.

Une partie de tes arguments revient à un argument unique qui revient sans arrêt à chaque innovation, l’argument d’antériorité : ça existait déjà avant, on a déjà crié au loup avant et rien ne s’est passé, c’est simplement un biais conservateur qui te fait critiquer cette nouvelle technologie etc etc.
Or :
- le fait que des trucs pas cools soient déjà arrivés dans le passé n’empêche pas qu’il faut critiquer des truc pas cool qui arrivent encore. Le meurtre n’est pas une innovation, mais le meurtre avec des fusils plutôt que des armes de corps à corps n’a pas vraiment amélioré la situation et conduit à tout un tas de problèmes civilisationnels, politiques, culturels etc etc (cf. Les films de samouraïs)
- quand on voit l’évolution de la musique mainstream on ne peut que constater une incroyable simplification esthétique, le curseur étant mis sur la prod (le timbre) au détriment de tous les paramètres musicaux classiques (Melodie, harmonie, rythme…)
Les Beatles étaient number one dans les années 60. Consulte les charts aujourd’hui : c’est à pleurer (et je précise que j’écoute beaucoup plus de musique contemporaine que vintage, mais ce que j’écoute est complètement niche, alors que j’apprécie beaucoup certains des musiciens célèbres et mainstream du passé.)
Cette simplification est clairement liée aux évolutions technologiques de ces 50 dernières années et au passage de l’instrument à l’ordinateur comme outil’musical principal (et je précise encore que je joue essentiellement de l’ordinateur plutôt que d’un instrument classique donc je sais de quoi je parle)
- dans les années 1920-30-40 il y avait des musiciens partout et notamment parce qu’on ne pouvait pas écouter autrement de la musique (avec un son correct). La sono a détruit le jazz dans les clubs aussi sûrement que les banques de sons ont détruit le business des orchestres pour la musique de film. L’IA arrive pour poser le clou sur le cercueil…
- tu vas me dire que pourtant il ya toujours des musiciens. il y aura évidemment toujours des musiciens et de la créativité mais je me tue a essayer de nuancer et des questions comme la tienne reviennent comme si je n’avais rien écrit. Le problème n’est pas blànc/noir ou on/off. Le pb c’est que l’IA va simplement aggraver considérablement des problèmes déjà existants. Je connais plein de musiciens qui gagnaient confortablement leur vie dans les années 80-90-2000 j’en connais moins aujourd’hui. La crise force les salles de concert à privilégier les duo et les solo : mais sans technologie, ces instrumentations n’auraient aucune possibilité d’exister dans le contexte des musiques actuelles. Un ordi, un clavier maitre, des séquences et roule ma poule (je précise encore
Que j’utilise un ordi sur scène : encore une fois je sais de quoi je parle)
- vérifie le coup des disques dur. C’est 100% certain que l’ia est en cause. Le/ prix baissent continuement depuis 30 ans. Ils ont triplé en quelques mois à cause des data centers…
- le coup des investissements : renseigne toi et intéresse toi à l’économie. Les milliers de milliard de dollars investis dans l’IA ne vont mécaniquement pas aller dans d’autre secteurs. L’argent est bien un peu magique, mais pas tant que ça quand même…et quand la bulle va exploser, elle va foutre le monde entier dans la merde…
- enfin tu ne réponds pas à ma question : tout ça pour quoi faire ?
Même les samples et l’ordi on apporté plein de trucs positifs en meme temps que des problèmes.
C’est quoi le truc positif de l’IA ? Plus besoin d’être musicien pour faire de la musique ? C’est quoi le plan en fait ?
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  • Ny Batteri
  • croulebarbe
Les boites d'IA feront fortune sur le dos de secteurs entiers de la création / réalisation / production qui feront simplement faillite. Donc, avant reconversion dans le manuel, il y sura sans doute des dizaines de millions de chômeurs.
D'accord avec toi Callagan

Ma chaîne electro YouTube

<<<<<<<< Hú Li >>>>>>>>

Calagan,

Comparer la pop actuelle aux Beatles relève avant tout d'un biais de survie (un biais cognitif qui consiste à se focaliser sur les personnes qui ont réussi un processus de sélection) : on oublie les centaines de morceaux oubliables qui encombraient les ondes dans les années 1960 pour ne retenir que les œuvres marquantes.

Quant à l'idée d'une simplification de la musique contemporaine, elle me paraît largement contestable. Les progressions harmoniques sont peut-être devenues plus épurées (et encore), mais la complexité ne s'est pas évaporée : elle s'est déplacée. Aujourd'hui, l'innovation se joue davantage dans le travail du son, le sound design, la spatialisation, le traitement du timbre, la richesse texturale et le niveau de précision de la production, qui atteint un degré de sophistication inédit.

De la même façon, rendre l'IA responsables de la précarisation des artistes revient à confondre l'outil avec les causes réelles du problème. La crise actuelle est celle d'un modèle économique, pas celle de l'évolution technologique.

À mon avis, les avantages des LLM compensent les problèmes.
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  • Shreddator
Citation de darklinux (voir le message) :
L'IA n'a ni intention artistique, ni ego, ni inspiration. Elle reste un outil.


Sauf que pas vraiment, n'est-ce pas ? C'est d'ailleurs en cela qu'elle propose un énorme changement paradigmatique : jusqu'ici l'outil ou un instrument avait une destination plus ou moins specialisée mais toujours circonscrite (tu ne peux pas vraiment ouvrir une boite de conserve avec une clef à six pans, tu ne peux pas produire le son d'un orchestre avec un harmonica). Donc son usage, même dans les mains d'un utilisateur inventif, finissait toujours par rencontrer une limite qui lui était intrinsèque.

Mais l'IA a beau être programmée pour quelque chose, elle bénéficie également de capacités d'apprentissage qui lui sont "propres" (plus elle apprend et travaille, plus elle apprend à apprendre et à travailler). En cela, il me semble même qu'elle va plus loin qu'un simple robot. Elle est plus comme toi et moi, pourrait-on dire. Elle a donc plus les qualités d'un ouvrier que d'un outil.

Citation de darklinux (voir le message) :
Et si elle est vraiment incapable de créer quoi que ce soit d'intéressant, comme on l'entend souvent, alors je me demande d'où vient cette peur qu'elle remplace les artistes.


C'est une question intéressante, et je suis plutôt d'accord avec l'idée qu'elle sous-tend. La création musicale se deploit aujourd'hui sur un champ qualitatif immense, et les musiques que je me permettrais de juger comme "intéressantes" se font avec souvent peu d'exigence de succès, dans le cadre de projets simples, avec des moyens souvent limités volontairement, et ou l’arrivée de l'IA va probablement avoir peu de conséquences, car le but n'y est pas la production d'un contenu musical exploitable, mais la création avec son processus, ses difficultés, ses plaisirs. Bref, je crois que l'IA, au niveau de la création, va (et a déjà commence à) trouver son terrain dans les musiques, disons poliment, commerciales.

Personne n'est obligé d’écouter ça. Personne n'est forcé d'allumer la radio sur des chaines musicales commerciales, de regarder la télévision, d'écouter la musique diffusée au supermarché (vive les in-ears).

Les pertes d'emplois dans les métiers du son, c'est autre chose...
Citation :
mais la complexité ne s'est pas évaporée : elle s'est déplacée. Aujourd'hui, l'innovation se joue davantage dans le travail du son, le sound design, la spatialisation, le traitement du timbre, la richesse texturale et le niveau de précision de la production, qui atteint un degré de sophistication inédit.


Si on compare l’écriture de Chopin à celle d'Einaudi on peut effectivement parler d'évaporation ;)
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  • dreamstar
  • Belford
Cela fait un moment que tu peux faire jouer un orchestre avec un ordinateur

Beat Thang iz Dead 

chapolin,

Je pensais plutôt à la prod pop.

Edit. Apparemment, nous avons échappé à Sofiane Pamart.
  • Clin d’œil
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  • Ny Batteri
Citation de Belford (voir le message) :
Calagan,

Comparer la pop actuelle aux Beatles relève avant tout d'un biais de survie (un biais cognitif qui consiste à se focaliser sur les personnes qui ont réussi un processus de sélection) : on oublie les centaines de morceaux oubliables qui encombraient les ondes dans les années 1960 pour ne retenir que les œuvres marquantes.

Quant à l'idée d'une simplification de la musique contemporaine, elle me paraît largement contestable. Les progressions harmoniques sont peut-être devenues plus épurées (et encore), mais la complexité ne s'est pas évaporée : elle s'est déplacée. Aujourd'hui, l'innovation se joue davantage dans le travail du son, le sound design, la spatialisation, le traitement du timbre, la richesse texturale et le niveau de précision de la production, qui atteint un degré de sophistication inédit.

De la même façon, rendre l'IA responsables de la précarisation des artistes revient à confondre l'outil avec les causes réelles du problème. La crise actuelle est celle d'un modèle économique, pas celle de l'évolution technologique.

À mon avis, les avantages des LLM compensent les problèmes.


Alors en tout premier lieu, quels sont donc ces avantages ? Parce que tout le monde attaque mes arguments, mais personne ne parvient à articuler le moindre avantage ou aspect positif qui ne soit pas purement trivial. Ou qui, un tant soit peu développé, ne vienne appuyer mes arguments.

Ensuite, concernant la complexité de la musique populaire aujourd'hui, on ne doit pas vivre dans le même monde. Ou peut être que tu n'as pas d'enfants et que tu ne sais pas ce qu'écoutent les gamins d'aujourd'hui.
Le biais de survie dont tu parles n'existe pas : regarde les charts d'aujourd'hui, et compare aux charts des années 50-60-70-80-90-2000.
Radiohead atteignait régulièrement la première place des ventes partout dans le monde dès qu'ils sortaient un album (avec des rythmiques en 7/4, des progressions harmoniques super cheloues et des modes à transposition limités un peu partout). On peut autant parler des Beatles que de Björk, des Pink Floyd, de Kate Bush, de Michael Jackson, de Supertramp, etc. etc. C'est tout simplement documenté et objectivé dans les ventes de disques.
Maintenant tu prends un artiste contemporain qui fait des trucs barges et complexe mais assez connu, comme Sufjan Stevens, sa meilleure position c'est 6e en UK, 10e dans son propre pays, 11e en Australie, 50e en France et en gros 30e dans les pays non anglo-saxons. Pour son album le plus "accessible" (Carrie & Lowell).
Encore une fois, trouve moi un artiste dans le top 5 à chaque sortie d'album qui ne soit pas Drake, Taylor Swift, BTS ou Sabrina Carpenter (câd de la soupe).
Il y a bien quelques rappeurs ou rappeuses américains qui y parviennent de temps en temps et que je considère comme artistiquement valables : Kendrick Lamar, Tyler the Creator, Doja Cat etc. mais c'est rare, c'est limité au seul rap et par exemple en France, ces gens là sont totalement inconnus.
Si on prend Gazo, Jul ou Nakamura (parmi les trucs mainstream français pourris que je connais), on est quand même à un niveau assez bas de musicalité et tout ça est excessivement générique et sonne abominablement identique. Non seulement il n'y a pas de progression harmonique, mais tout est super stéréotypé, quasi interchangeable d'un morceau et d'un artiste à l'autre. Sans parler des thématiques abordées dans les textes.

Alors on peut trouver que la richesse texturale compense la pauvreté rythmique, mélodique et harmonique, mais ça aussi c'est un poncif : je ne vois pas beaucoup plus de richesse texturale dans Sabrina Carpenter que dans Radiohead.
Duke Ellington et Stravinsky, dans les années 20, y allaient autrement en termes de richesse texturale, uniquement avec des instruments acoustiques.
Et on trouve effectivement beaucoup de musique électronique ou teintée d'électronique avec une immene richesse texturale, mais ça fait des dizaines d'années que c'est le cas (encore une fois, Björk et Radiohead c'est les années 90), et je ne vois pas vraiment d'évolution positive de ce côté.

Tu parles en 3e point de crise dont l'IA n'est pas responsable. Encore une fois je ne comprends pas ce type d'argument : l'IA n'a PAS ENCORE TOUT DÉTRUIT. Elle vient à peine d'arriver. La question n'est pas d'être inquiet de ce qu'elle a détruit, mais de ce qu'elle va détruire. Oui le système est en crise (et je conchie ce capitalisme toxique qui nous envoie droit dans le mur, c'est simplement de plus en plus clair). Et l'IA va clouer les clous du cercueil en rajoutant encore une couche de merde sur la situation déjà catastrophique...

Cette discussion me fait penser aux discussions que j'avais avec les climatosceptiques il y a 10 ans : "ouais mais non, ça se réchauffe pas, c'est pas vrai, c'est pas la faute du CO2, c'est pas grave, l'été sera plus cool dans le nord, les vacances plus sympa" bla bla bla bla
Résultat, après 40 ans de déni, on se prend un mur de merde dans la gueule et on se demande si on pourra continuer à cultiver des légumes en Bretagne dans 10 ans.
L'IA pour moi c'est exactement pareil

Et enfin, toujours la même sempiternelle question (et après je prends des vacances, parce que j'ai l'impression de toujours répéter les mêmes trucs auxquels personne ne répond) : quels sont les points positif !!!! Où sont-ils !!!! S'il te plait, une liste qu'on puisse comprendre pourquoi il est si important de tout détruire avec l'IA...
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J'ai remarqué que souvent on nous sort des formules à respecter pour que notre musique corresponde à la norme et qu'elle puisse avoir un certain succès. Et d'un seul coup il y a un extraterrestre qui arrive, il ne respecte aucun code et c'est le gros succès... Les exemples précédemment cités (Radiohead etc) sont de très bons exemples.
Soudain les mêmes inventent de nouvelles formules à partir de la musique de ces extraterrestres et ça boucle.
L'IA ne saura pas sortir de cette boucle amha.

La musique habille le silence

Les règles, c'est fait pour être contourner, et là l'IA s'en sort bien

Beat Thang iz Dead 

Calagan,

Je ne veux pas te laisser l'impression que j'essaie d'esquiver tes questions, mais il y a tout de même un point important : si je veux te donner des exemples positifs de l'IA, je suis obligé de sortir du cadre de la musique.

Dans la musique, avec les modèles actuels (je parle à technologie constante), j'ai plutôt l'impression que l'IA est un clou supplémentaire dans un cercueil déjà bien amoché. En revanche, je reste convaincu que le besoin de créer et de s'exprimer est un vampire tenace : il survivra à cette période comme il a survécu à bien d'autres.

Pour les charts, je me rappelle avoir écouté tous les Top 100 de fin d'année sur trois décennies. Ce qui m'avait frappé, c'est à quel point une bonne partie de la musique entre les années 80 et le début des années 90 me semblait fade. Avec le recul, c'était peut-être simplement une période de transition. On est peut-être en train de vivre la même chose aujourd'hui : une période "pré-Nirvana", en quelque sorte.

Si j'ai bien lu ton profil, le Jazz est ce que tu écoutes le plus. Connaissant l'aversion pour la répétition qu'ont généralement les musiciens de jazz, je me vois mal essayer de te convaincre, analyse harmonique à l'appui, que l'harmonie de la pop actuelle est un peu plus q’une simple boucle I–V–vi–IV.

Oui, Stravinsky reste l'un des sommets de la richesse texturale. Et tout cela sans les gimmicks du studio : "uniquement" avec les ressources de l'orchestre symphonique, qu'il a poussées bien plus loin qu'on ne l'imaginait à son époque.

Pour finir, si je devais citer trois réussites qui me semblent vraiment marquantes de l'IA actuelle, ce seraient celles-ci :

1. AlphaFold a prédit la structure tridimensionnelle de la quasi-totalité des protéines cataloguées connues de la science, soit plus de 200 millions de protéines, mises gratuitement à disposition de toute la communauté scientifique.

2. Un modèle de raisonnement a réfuté une conjecture de Paul Erdős vieille de près de 80 ans sur le problème des distances unitaires dans le plan.

3. Un modèle généraliste de raisonnement a atteint un niveau médaille d'or à l'Olympiade internationale de mathématiques 2025, en résolvant cinq des six problèmes dans les conditions de la compétition.

Bref, si je regarde l'IA à travers le seul prisme de la musique, j'y vois surtout une goutte de plus dans un vase déjà bien rempli. Si je la regarde à l'échelle de la science en général, il est difficile de nier qu'on est en train d'assister à quelque chose d'assez exceptionnel.

Edit. Billboard Hot 100 — semaine du 4 avril 1964
“Can’t Buy Me Love” — The Beatles
“Twist and Shout” — The Beatles
“She Loves You” — The Beatles
“I Want to Hold Your Hand” — The Beatles
“Please Please Me” — The Beatles
“Suspicion” — Terry Stafford
“Hello, Dolly!” — Louis Armstrong
“The Shoop Shoop Song” — Betty Everett
“My Heart Belongs to Only You” — Bobby Vinton
“Glad All Over” — The Dave Clark Five

Par exemple, les Dave Clark Five (DC5) faisaient partie de la British Invasion, en concurrence directe avec The Beatles aux États-Unis, sont membres du Rock and Roll Hall of Fame, et sont aujourd’hui surtout connus des amateurs de rock des années 60 (Merseybeat etc.).

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  • Pipidede
C'est un outil polyvalent. Ce peut être une arme, ou un moyen d'investiguer, de calculer etc etc C'est une extension technologique humaine. C'est un milliard de choses à la fois. Mais pour ce qui est de l'acte de jouer du piano, ou du violon ou de la flûte, ou bien de faire un footing ou un milliard d'autres choses, l'IA ne m'est d'aucune utilité, au contraire cela est susceptible de constituer une matière à dispersion.

Avec l'effondrement à venir des ressources fossiles je pense qu'il est probable que des limites énergétiques viennent entraver le bon fonctionnement et le déploiement des IA ...
Citation de chapolin (voir le message) :
C'est un outil polyvalent. Ce peut être une arme, ou un moyen d'investiguer, de calculer etc etc C'est une extension technologique humaine. C'est un milliard de choses à la fois. Mais pour ce qui est de l'acte de jouer du piano, ou du violon ou de la flûte, ou bien de faire un footing ou un milliard d'autres choses, l'IA ne m'est d'aucune utilité, au contraire cela est susceptible de constituer une matière à dispersion.

Avec l'effondrement à venir des ressources fossiles je pense qu'il est probable que des limites énergétiques viennent entraver le bon fonctionnement et le déploiement des IA ...


Je pense justement que le débat écologique autour de l'IA souffre d'un biais assez classique : le **biais de focalisation**. On regarde un seul poste de consommation énergétique, en oubliant l'ensemble du système.

Oui, entraîner de très grands modèles demande des ressources importantes. Personne ne le conteste.

En revanche, plusieurs points méritent d'être nuancés.

* L'entraînement d'un modèle est un coût ponctuel. Son utilisation quotidienne représente souvent une consommation bien plus faible, surtout avec des modèles spécialisés ou exécutés localement sur des machines modernes.

* L'immense majorité de l'électricité mondiale n'est pas consommée par l'IA. Selon l'International Energy Agency, les centres de données représentent aujourd'hui quelques pourcents de la consommation électrique mondiale, et l'IA n'en constitue qu'une partie. Les transports, le chauffage, l'industrie lourde ou encore la climatisation restent de très loin les principaux postes de consommation.

* On entend souvent parler de l'eau utilisée pour refroidir les centres de données. C'est une réalité. Mais pourquoi cette préoccupation disparaît-elle lorsqu'il s'agit du streaming vidéo en 4K, des réseaux sociaux, des jeux en ligne, des cryptomonnaies ou des milliards de vidéos visionnées chaque jour ? L'empreinte environnementale du numérique ne commence pas avec l'IA.

* Il existe également un biais consistant à considérer uniquement le coût énergétique, sans regarder les gains potentiels. L'IA est déjà utilisée pour optimiser les réseaux électriques, réduire les pertes industrielles, améliorer les prévisions météorologiques, concevoir de nouveaux matériaux, optimiser les bâtiments ou encore accélérer la découverte de médicaments. Une technologie se juge aussi à ce qu'elle permet d'économiser.

* Enfin, parler d'un "effondrement des ressources fossiles" comme si cela condamnait mécaniquement l'IA est une vision très déterministe. Les feuilles de route énergétiques de l'IEA montrent au contraire une électrification croissante de l'économie, accompagnée d'une montée en puissance des énergies bas carbone. Si demain l'énergie devient plus rare ou plus chère, ce ne sera pas seulement l'IA qui sera concernée : l'ensemble du numérique, de l'industrie et de nos usages quotidiens le seront.

Le véritable enjeu n'est donc pas "IA ou pas IA".

La vraie question est :

* quelles architectures sont les plus sobres ;
* quels modèles sont réellement nécessaires ;
* peut-on privilégier des modèles plus petits, spécialisés et exécutés localement ;
* comment alimenter les centres de données avec une électricité bas carbone ;
* comment recycler plus efficacement les équipements électroniques.

Autrement dit, le débat devrait porter sur la **sobriété numérique** dans son ensemble, et non faire de l'IA le bouc émissaire de tous les problèmes environnementaux.

Comme souvent avec une technologie émergente, on confond l'outil avec les choix industriels qui l'accompagnent. L'empreinte écologique est un sujet sérieux. Mais elle mérite une analyse fondée sur des données, pas sur une focalisation sélective.

**Références :**

* International Energy Agency, *Energy and AI* (2025).
* International Energy Agency, *Electricity 2025*.
* United Nations Environment Programme, travaux sur l'empreinte environnementale du numérique.
* European Commission, stratégie pour des centres de données climatiquement neutres et économes en ressources.

Cette approche évite un autre écueil fréquent : remplacer un discours militant pro-IA par un discours militant anti-IA. Elle reconnaît le coût environnemental réel de l'IA, tout en le replaçant dans le contexte plus large des consommations énergétiques et des usages du numérique.