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Techniques du Son

réactions au dossier Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?

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Commentaires sur le dossier : Les métiers du son en sursis ?
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Plugins qui mixent seuls, IA compositeurs et studios transformés en Airbnb : le milieu de l'audio est sous tension. Entre l'automatisation des tâches techniques et l'émergence de la création générative, nos métiers sont-ils condamnés ?


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Citation de Silicon Machine Extended (voir le message) :
Citation :
mais dire que c'est c'est un truc de bourgeois est aussi inexact que de dire que la sécurité sociale est un truc de bourgeois.

La sécurité sociale ne privatise rien, je crois.
On peut défendre/rémunerer les créateurs de tas de manières, il a fallu qu'on en choisisse une qui entrave la libre circulation des idées (au dela du droit d'auteur, on peut voir les effets de la propriété intellectuelle sur le monde du vivant, par exemple).
Par ailleurs, les auteurs, ce n'est pas que l'industrie du divertissement que tu décris.
On reproche à l'IA de piller, au piratage de "voler", il me semble que le choix lexical n'est pas anodin.

Citation :
Par ailleurs, je ne vois pas trop ce qui est cadenassé aujourd'hui : comme jamais dans l'histoire de l'humanité, absolument n'importe qui peut avoir accès gratuitement

Mais pas l'IA??


Soit tu joues avec les mots de façon un peu malhonnête, soit tu envisages la notion de propriété privée (ou de privatisation) d'une façon extrêmement réduite idéologiquement.
Si je disais pour qui je vote, on me situerait dans le camp de la "gauche radicale" (qui n'est pas beaucoup plus radicale que la gauche gouvernementale des années 80, du moins avant qu'elle commence à ne pas appliquer son programme). Mais je n'ai pas seulement lu Marx, j'ai aussi lu Simone Weil, Kropotkine, Castoriadis et toutes les critiques de gauche du bolchevisme russe. La propriété privée n'est pas "bourgeoise" par essence (et donc entâchée du pire qualificatif pour les gens de gauche, avec celui de fasciste) : toutes les sociétés du passée et d'autres horizons ont, ou ont eu, des conceptions très variées de la propriété privée. Le "communisme primitif" des sociétés traditionnelles, tel que conceptualisé par les anthropologues, ne signifie pas que tel collier ou tel objet n'appartient pas à telle personne, mais définit de façon plus nuancée les règles sociales complexes qui conditionnent le partage du butin de chasse, l'utilisation des terres, la construction des maisons etc. etc. En Amazonie comme en Afrique, les gens aiment utiliser et conserver leur bâton de marche, leur pirogue ou je ne sais quoi d'autre.
Pour en revenir au droit d'auteur, il privatise certes l'usage d'une oeuvre de l'esprit. Mais quelle est la différence avec l'utilisation d'un objet matériel ? L'artisan qui a créé une chaise a peut-être le droit d'être rémunéré pour son travail quand il la vend, non ? Idem pour un ouvrier, qui est payé pour produire des biens qui sont ensuite vendus, pas offerts gratuitement à la collectivité. Sont-il de vils et abominables bourgeois lorsqu'ils réclament d'être payés correctement pour leur travail ?
Après, tu peux rêver d'une société idéale où les choses se passeraient autrement. Mais dans l'état actuel des choses, critiquer le droit d'auteur c'est simplement donner un coup de barre à mines dans les jambes déjà frêles des artistes.

Je suis souvent confronté à cette situation lors des concerts que je donne : les gens dépensent sans compter pour leur bière, mais se sentent volés et sont indignés quand il s'agit de payer10€ pour l'entrée d'un concert. La musique ne vaut rien, et les musiciens devraient jouer gratuitement et sans être rémunérés. Par contre payer son demi de bière 4€, et en boire une demi-douzaine, ne pose généralement pas le moindre problème et n'est jamais questionné.

Donc merci à toi, mais ton histoire de droit d'auteur comme abomination bourgeoise qui prive l'humanité de l'usage libre et gratuit des oeuvres de l'esprit, je veux bien mais uniquement quand les fabricants et vendeurs de bière, de nourriture, de téléphone portable ou de quoi que ce soit d'autre offriront gratuitement le fruit de leur travail. C'est un argument qui m'énerve chaque fois que je l'entend (pour rester poli).
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  • BBmiX
  • Maxxou32
  • manson.reznor
Citation de Calagan (voir le message) :
Citation de Silicon Machine Extended (voir le message) :
Citation :
Ceux qui sont à l'origine des textes et de la musique sont forcément crédités. Dans le cas contraire, c'est un pur plagiat.

Cette considération est strictement conventionnelle: le droit d'auteur, ce truc de bourgeois qui permet d'établir une propriété, et surtout une rente (parce que sinon on s'en fout), de flatter l'égo de l'intellect qui se donne l'impression de pondre son truc ex nihilo et s'asseyant très fort sur la culture qui l'a précédé, est un pur produit du capitalisme. Il n'a pas du tout de valeur universelle, et il n'est pas en soi la marque d'un progressisme averé. Y'a rien de plus con, en terme d'intelligence collective, que de cadenasser des idées.


Sauf si tu essaies péniblement de vivre de la production d'idées... Mais peut-être s'agit-il aussi pour toi d'une vie bourgeoise et parasitaire, sans la saine relation à la matière qu'expérimentent les travailleurs en usine.
On peut légitimement critiquer la façon dont le droit d'auteur est conçu (il y a sans doute des dizaines de problèmes, liés à la façon dont le droit est écrit dans tel ou tel pays, et en France on ne peut pas dire que la Sacem rencontre une sympathie universelle), mais dire que c'est c'est un truc de bourgeois est aussi inexact que de dire que la sécurité sociale est un truc de bourgeois. Effectivement, en Amazonie ou dans la Grèce Antique il n'y a pas de sécurité sociale, parce que d'autres institutions sociales assurent la sécurité des malades ou des personnes âgées. En régime industriel/capitaliste, c'est l'État qui s'occupe d'une multitude d'institutions auparavant assurées de façon organique par la communauté (comme l'école), avec une tension entre le libéralisme ("que les pauvres se démerdent avec leurs problèmes") et le socialisme ("l'État doit assurer un certain nombre de services essentiels, financés par l'impôt").
C'est dans ce contexte que la sécurité sociale est née en plein capitalisme, précisément pour contrebalancer la boucherie sociale de ce système et pas vraiment pour faire plaisir aux élites bourgeoises.
Idem pour le droit d'auteur : c'est une institution qui vise à régler des problèmes qui se posent dans nos sociétés industrielles capitalistes, et notamment le rapport de force extrêmement inégal qui existe entre les artistes/créateurs et les détenteurs des moyens de production (producteurs, télés, éditeurs... etc.).
Son propos n'est pas de cadenasser les idées, mais d'assurer aux créateurs d'oeuvre des revenus lorsque celles-ci sont exploitées. Encore une fois, dans un contexte où à l'inverse des 300 000 ans qui ont précédé, le problème principal est la fluidité et la rapidité des échanges depuis l'invention de la radio, de l'enregistrement et de la photographie, ça ne me semble pas complètement débile. Aujourd'hui plus que jamais, le droit d'auteur permettrait de ralentir un peu la machine, et reste un enjeu déterminant dans la régulation de l'IA.

Par ailleurs, je ne vois pas trop ce qui est cadenassé aujourd'hui : comme jamais dans l'histoire de l'humanité, absolument n'importe qui peut avoir accès gratuitement (légalement ou pas) à des millions d'oeuvres de l'esprit. Si les gens passaient leur temps à s'élever spirituellement plutôt qu'à s'occuper l'esprit avec des conneries, tout le monde parlerait 5 langues, connaîtrait sur le bout des doigts l'histoire, la philosophie, la science moderne ou la scène musicale viennoise du tournant du XXe siècle, ou que sais-je encore. Tout est disponible sur le net pour ce faire (par exemple, le site canadien "classiques des sciences sociales" met à disposition gratuitement un nombre colossal d'oeuvres libres de droit en français qui remplirait convenablement toute une vie consacrée à l'étude).
Or, on n'assiste pas vraiment à ça, malgré l'immense fluidité et disponibilité des oeuvres de l'esprit aujourd'hui. C'est même plutôt l'inverse. A ma connaissance, la vidéo musicale qui a fait le plus vues historiquement sur youtube, et qui donc selon les critères de notre société est la plus populaire et représente le plus le goût du public mondial, est "Baby Shark". Ça donne le ton de la nourriture spirituelle qui fait le quotidien de nos contemporains...
Donc le problème n'est pas que les idées soient cadenassées (ce qu'elles ne sont pas, par ailleurs). Le problème (encore une fois, désolé) c'est le système économique, avec son fondement juridique et politique, qui conditionne leur circulation. C'est sûr que c'est pas avec CNews et les milliardaires d'extrême droite complètement décérébrés qui contrôlent 80% des médias aujourd'hui en France que le niveau culturel va s'élever dans ce pays...



Pour moi tout est lié ou tout du moins beaucoup de choses sont en rapport ou peuvent s'éclairer les unes les autres. Pour ce qui est de la propriété intellectuelle et des brevets cela pose en tout cas de très sérieux problèmes. J'écoutais récemment une émission sur France culture à propos du prix des médicaments et de leur coût de production.
Ils donnait un exemple avec un nouveau médicament de grande utilité publique très prometeur (je ne cite pas lequel) : en gros le coût réel de production jusqu'à la distribution du traitement mensuel se monte à 3 ou 4€. Il était proposé à quelque chose comme les 1000€ et l'état français à négocié le tarif à 150€ mensuel. On va en prescrire de milliers, probablement des centaines de millier.
Prenons le cas du traitement contre l'hépatite C qui a défrayé la chronique il y a quelques années et qui coûtait 41 000 euros par patient en France en 2016. Aujourd'hui entre 24 905 € et 37 158€ suivant les "dealers", alors que le coût de production est estimé entre 63 et 127€. Sous la pression internationale (...) le coût serait de 700€ actuellement pour 91 pays en développement ...
Il faut à la lumière de ces chiffres bien avoir à l'esprit que le développement de ces médicaments peut effectivement émaner de la recherche industrielle pharmaceutique mais tout aussi bien de la recherche publique universitaire, donc avec notre tune (CNRS etc).
Donc faites les calculs de ce que tout çà coûte en fin de compte, de à qui çà profite, de qui peut y avoir accès, de qui pourrait y avoir accès et ce que cela pourrait représenter de progrès humain (si on était raisonnable) et on comprend vite qu'on l'a profondément dans le c...
Je ne vais pas détailler mais c'est la même chose pour la musique, les droits d'auteur, de comment on faisait de la musique avant etc et je suis totalement d'accord avec la citation de croulebarbe ... prenez vos copies, vous avez 4 heures.




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  • BBmiX
  • Maxxou32
  • Shreddator
Citation de Soot_and_Stars (voir le message) :
Pourquoi tu laisses chat gpt écrire pour toi ?
En fait j'ai l'impression que tu fais la promo de l'IA sur le forum. Je me trompe peut-être.

Ce texte a été écrit personnellement moi-même .


Tu as lu la note trop vite si ta conclusion est celle que tu viens d'écrire !

Maintenant, est-ce que je fais la promotion de l'IA sur le forum ? J'espère que non. En revanche, si j'ai un début de ligne éditoriale, c'est la suivante :
1) Indiquer que l'IA (Suno, en pratique) fait déjà partie du paysage musical professionnel.
2) Suggérer que l'IA seule (Suno, en pratique) n'est pas l'unique responsable des difficultés du secteur.

Dans le billet auquel tu réponds, j'essayais de montrer comment les droits moraux et financiers des chansonniers étaient ignorés dans une société éminemment... bourgeoise, celle du XIXe siècle. Et il m'a plu de comparer, je pense à juste titre, Suno avec La Clé du Caveau. À ceci près que Suno ne plagie pas les mélodies ; La Clé du Caveau, si, ad litteram.

Note. ChatGPT a corrigé surtout la ponctuation, la cohérence des temps et la formulation finale. ChatGPT a aussi passé ad litteram en minuscules (usage habituel dans une phrase) :clin:
Citation de chapolin (voir le message) :

Je ne vais pas détailler mais c'est la même chose pour la musique, les droit d'auteur, de comment on faisait de la musique avant, etc.


C'est dommage parce que c'est justement là qu'on t'attendait au tournant. J'ai lu tout ton développement sur les marges immenses que se font les labos sur les médocs en me disant "je me demande comment il va articuler ça aux droits d'auteurs", et je reste sur ma faim.
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  • Maxxou32
Mon cher professeur, ce que je voulais dire c'est que le problème est systémique. Le capitalisme, pressure, assèche le monde, qui de fait se meurt (...)) au profit d'une certaine forme de performance, d'une culture de la performance et du statut, une culture prédatrice : on voit bien ce que cela produit pour le monde pharmaceutique, comme illustré plus haut, mais dans mille autres domaines aussi puisque le phénomène est tel, en fin de compte, que notre monde se meurt. Le monde capitaliste, dont la propriété est un verrou essentiel, le monde capitaliste en général ... donc le monde capitaliste de la musique y échapperait ? mais par quel miracle ?
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  • BBmiX
  • Shalako
  • Maxxou32
Ouais alors bien sûr, les droits de propriété intellectuelle peuvent être très abusifs. Mais ça ne remet pas en cause la notion même.
Si il n'y a plus de droits de propriété intellectuelle, qui va investir des millions d'euros pour développer un médicament contre la maladie X si il n'y a aucun retour sur investissement et que le voisin pourra commercialiser la même molécule tranquilos sans avoir jamais investi quoi que ce soit ?
Et qui va payer les chercheurs si leur fruit de leur travail n'est pas protégé contre la copie et que tout le monde peut se l'approprier.
C'est un exemple qui montre que les marchandises immatérielles sont aussi des marchandises. Le fait qu'elles puissent être reproduites à l'infini pose un problème, auquel le droit de propriété intellectuelle tente de répondre.
Maintenant, il y a des négociations et une régulation qui sont spécifiques à chaque secteur et à chaque pays, et qui peuvent effectivement être toxiques : par exemple l'IA (protégé contre toute régulation par les USA, sous peine de sanctions de tous types) ou le secteur de la santé (une pompe à fric délirante ultra protégée et qui parasite de nombreux États).
Concernant le prix des médicaments, il me semble qu'il y a des négociations à chaque fois, qui dépendent donc de multiples facteurs (et pas uniquement de des lois concernant la propriété intellectuelle).

Ensuite, et pour en revenir à la musique, il y a des aspects vraiment compliqués, qui pourraient nécessiter des aménagements. Par exemple être sociétaire de la Sacem et travailler en tant que compositeur dans le secteur des jeux vidéos est très très compliqué : les USA ont imposé au niveau mondial la culture du "buy out" (on paye l'artiste pour sa musique et la totalité de ses droits, et ensuite on ne veut plus entendre parler de lui et on peut faire ce qu'on veut avec sa musique), alors qu'en France (et plus généralement en droit européen) c'est légalement impossible. En tout cas, si on est sociétaire de la Sacem. La Sacem a essayé d'évoluer sur ces questions, mais les developpeurs de jeu sont très frileux dès qu'un compositeur se dit sociétaire de la Sacem : il semble que les négociations sont très complexes et très longues, et ils préfèrent ne pas se prendre trop la tête. Sur ce point par exemple, il y a une lourdeur de la Sacem très déplaisante, qui se comporte un peu comme une mafia qui protégeraient les compositeurs. Légalement, en tant que sociétaire, on a même pas le droit de diffuser sa musique sur bandcamp (en écoute gratuite), parce que normalement il devrait y avoir un contrat et des droits d'utilisation. La Sacem laisse couler parce que c'est totalement absurde, mais légalement elle pourrait attaquer l'artiste en justice...
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  • Belford
Calagan,

Mes chiffres (bien que datés) sont les suivants : 1 971 sociétaires professionnels parmi les 132 000 sociétaires de la SACEM, soit 1,49%.

Pour obtenir le statut de sociétaire professionnel, il faut avoir perçu un montant minimal de droits d’auteur au cours de 3 des 4 dernières années précédant la demande. Pour les auteurs et compositeurs, le seuil historique se situe aux alentours de 14 000 € à 15 000 €. À titre de comparaison, le SMIC brut annuel (en 2026) est de 22 404 €.

Corollaire : Moins de 1,5% des sociétaires atteignent le niveau de revenus réguliers requis pour acquérir ce statut professionnel, ce qui illustre la forte concentration des répartitions de la collecte. Par conséquent, parler de droits d'auteur reste un exercice purement théorique pour 98,5% des auteurs et compositeurs.

Edit : Si les chiffres déjà cités un peu plus haut sont vrais, 60 personnes font professionnellement de la musique savante accessible. La France compte environ 52 milliardaires (selon le classement Forbes 2025). La probabilité d’écrire de la musique néo-tonale serait donc équivalente à celle de devenir milliardaire.

Si les chiffres de Beffa sont toujours vrais, à savoir qu’environ 10 compositeurs de musique savante gagnent leur vie en pratiquant uniquement leur art, et que la France a connu 6 Premiers ministres sous Macron, alors la probabilité de gagner sa vie en tant que compositeur de musique "classique" serait comparable à celle de devenir Premier ministre.

Et là, Suno n’y est pour rien.

Les sportifs de haut niveau inscrits dans les dispositifs officiels sont autour de 4 000 à 5 000. La musique savante professionnelle est donc probablement des milliers de fois plus rare que le statut de sportif professionnel.

Et là, Suno ne peut pas jouer à la baballe. :8)
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  • dreamstar
Citation :
Si il n'y a plus de droits de propriété intellectuelle, qui va investir des millions d'euros pour développer un médicament contre la maladie X


Et bien ceux qui investiront ne seront plus ceux d'hier, qui veulent faire un max de profit (et de gloire) et qui de fait, fondamentalement éliminent les autres alternatives, mais d'autres dont la motivation, par exemple, est d'aider son prochain dans un monde sain et paisible, confortable (pour ne pas reparler des investissements "collectifs" déjà en cour dans le monde de la recherche universitaire, à l'origine probablement de la plupart des découvertes). Et puis il faut cesser de penser naïvement high tech à grande échelle pour tout: une petite usine à taille "artisanale" peut produire bien des choses, dont médicaments utiles ... et high tech (héhé) ou instruments de musique électronique etc. Il faut cesser de brandir la menace que pour tout produire il faut des complexes industriels à la Blade Runner ...

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  • Maxxou32
  • Shreddator
Citation de Belford (voir le message) :
Calagan,

Mes chiffres (bien que datés) sont les suivants : 1 971 sociétaires professionnels parmi les 132 000 sociétaires de la SACEM, soit 1,49%.

Pour obtenir le statut de sociétaire professionnel, il faut avoir perçu un montant minimal de droits d’auteur au cours de 3 des 4 dernières années précédant la demande. Pour les auteurs et compositeurs, le seuil historique se situe aux alentours de 14 000 € à 15 000 €. À titre de comparaison, le SMIC brut annuel (en 2026) est de 22 404 €.

Corollaire : Moins de 1,5% des sociétaires atteignent le niveau de revenus réguliers requis pour acquérir ce statut professionnel, ce qui illustre la forte concentration des répartitions de la collecte. Par conséquent, parler de droits d'auteur reste un exercice purement théorique pour 98,5% des auteurs et compositeurs.

Edit : Si les chiffres déjà cités un peu plus haut sont vrais, 60 personnes font professionnellement de la musique savante accessible. La France compte environ 52 milliardaires (selon le classement Forbes 2025). La probabilité d’écrire de la musique néo-tonale serait donc équivalente à celle de devenir milliardaire.

Si les chiffres de Beffa sont toujours vrais, à savoir qu’environ 10 compositeurs de musique savante gagnent leur vie en pratiquant uniquement leur art, et que la France a connu 6 Premiers ministres sous Macron, alors la probabilité de gagner sa vie en tant que compositeur de musique "classique" serait comparable à celle de devenir Premier ministre.

Et là, Suno n’y est pour rien.


Je ne sais pas d'où tu tiens ces chiffres mais c'est n'importe quoi.
Ma compagne, uniquement en faisant de la scène et en tant que compositrice/interprète, a confortablement completé ses revenus d'intermittente avec la Sacem à l'époque où elle a beaucoup tourné.
Tous les musiciens qui font de la musique de film, et il y en a un paquet, gagnent essentiellement leur vie avec des droits d'auteurs, dont une part appréciable provient de droits Sacem. idem avec ceux qui sont très écoutés en ligne, ceux qui font de la synchro, ceux qui font de la musique de "library"... etc. etc.
Je ne parle pas de millionnaires, mais des smicards ou un peu mieux qui gagnent leur vie essentiellement avec des droits d'auteurs, et donc aussi en grande partie avec les reversements Sacem, il y a en beaucoup plus que 50...
L'IA c'est cool, mais elle raconte malheureusement beaucoup de conneries, et quand on ne maîtrise pas le sujet à propos duquel on la sollicite, on s'expose à croire ces conneries sans les questionner...
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  • dreamstar
  • croulebarbe
  • Miraflor
  • Mr Caillou
Citation :
si il n'y a aucun retour sur investissement et que le voisin pourra commercialiser la même molécule tranquilos sans avoir jamais investi quoi que ce soit ?

ça fait partie des grands principes de la recherche, oui, depuis un bail maintenant, et même si c'est remis en cause justement par des politiques liberales depuis quelques années.
Citation de chapolin (voir le message) :
Citation :
Si il n'y a plus de droits de propriété intellectuelle, qui va investir des millions d'euros pour développer un médicament contre la maladie X


Et bien ceux qui investiront ne seront plus ceux d'hier, qui veulent faire un max de profit (et de gloire) et qui de fait, fondamentalement éliminent les autres alternatives, mais d'autres dont la motivation, par exemple, est d'aider son prochain dans un monde sain et paisible, confortable (pour ne pas reparler des investissements "collectifs" déjà en cour dans le monde de la recherche universitaire, à l'origine probablement de la plupart des découvertes). Et puis il faut cesser de penser naïvement high tech à grande échelle pour tout: une petite usine à taille "artisanale" peut produire bien des choses, dont médicaments utiles ... et high tech (héhé) ou instruments de musique électronique etc. Il faut cesser de brandir la menace que pour tout produire il faut des complexes industriels à la Blade Runner ...


Cite moi une seule personne que tu connais ou dont tu aurais entendu parler qui fait de la recherche appliquée en médecine sans que ça soit sa profession - je veux dire, sans être payé...
Une seule personne...
Franchement les gars, c'est quoi votre vie : vous êtes tous rentiers ou quoi ?

Développer un médicament ça demande des années de tests sur des patients, du matériel et un environnement professionnel etc. etc. Et donc un budget conséquent.
A priori, les pays pauvres ne brillent pas par leur recherche et développement. Pas parce que les gens qui y vivent sont plus cons qu'ailleurs, mais tout simplement parce que tout ça demande énormément de sous...
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  • Mr Caillou
Mais non, ce sont les chiffres de la SACEM. Je les ai obtenus en 2019. Ils sont donc un peu datés, mais je pense que l'ordre de grandeur reste le même en 2026. Pour la musique savante, les chiffres sont ceux de Karol Beffa, 2015.

Attention à ne pas confondre les statuts, notamment celui d'intermittent avec celui de sociétaire professionnel de la SACEM. De la même manière, il ne faut pas confondre les différents secteurs de création, par exemple la musique à l'image et la musique savante accessible. J'essaie, autant que possible, d'être précis dans les termes que j'emploie.

Bref, l'idée est la suivante : la crise économique de la création musicale ne commence pas avec l'IA. L'IA arrive dans un écosystème dont les revenus étaient déjà extrêmement concentrés.

Edit

Allez, je me mouille : je pense que le numérique en général, l'Internet et la démocratisation des DAW, a déjà plus profondément bouleversé et fragilisé cet écosystème que ne le fait l'IA, du moins pour l'instant avec des outils comme Suno.

Par ailleurs, je suis donc d'accord avec toi sur le fait qu'il existe bien plus de 50 personnes vivant en partie des droits SACEM. Ce n'est simplement pas ce que j'affirme.
Citation :
Cite moi une seule personne que tu connais ou dont tu aurais entendu parler qui fait de la recherche appliquée en médecine sans que ça soit sa profession - je veux dire, sans être payé...

La recherche appliquée publique existe, et les gens sont payés et c'est leur boulot, pourquoi cette question?
MAJ 2025, basé sur des calculs à partir des chiffres issus de l'étude annuelle menée par le Centre National de la Musique (CNM) portant sur la diversité et la mixité dans le secteur La place des femmes dans la filière musicale - Édition 2025 (CNM), page 7 :

1,67% (+12,1% par rapport aux chiffres de 1,49% de 2019)

Commentaire : Une "professionnalisation" en hausse mais un ordre de grandeur équivalent.
Le fait que Beffa fasse partie des rares à toucher des droits d'auteur montre bien que ça paye mieux de faire de la soupe que des choses intéressantes
Shreddator,

Ce n'est pas ce que dit Beffa. Dans Les coulisses de la création (2015), il rappelle qu'une enquête de la SACEM recensait environ 2 800 compositeurs de musique savante, dont 800 ayant composé au moins une œuvre dans l'année, et qu'une dizaine seulement arrivaient à vivre exclusivement de la composition. Il précise ensuite que son cas est différent, puisqu'il fait partie des compositeurs qui "choisissent volontairement de ne pas faire que composer" : il explique qu'il tient à enseigner, jouer en concert et écrire pour ne pas s'enfermer dans la seule activité de compositeur.

Autrement dit, il ne dit pas qu'il fait partie de cette dizaine de compositeurs vivant uniquement de leur activité de compositeur, il explique au contraire qu'il a choisi de conserver plusieurs activités.

Il précise aussi que sa musique est très rarement jouée par les ensembles spécialisés de musique contemporaine et qu'elle est surtout programmée dans des concerts destinés à un public de mélomanes. Les compositeurs joués dans ces circuits spécialisés lui reprochent d'ailleurs souvent d'écrire une musique "trop accessible" ou "trop commerciale".

Personnellement, j'ai été assez surpris de découvrir que le métier le plus difficile aujourd'hui semble être celui de compositeur de musique savante… accessible. Si tu écris une musique d'avant-garde, tu peux au moins espérer bénéficier, même modestement, du soutien des institutions (commandes, ensembles spécialisés, festivals, aides, etc.). En revanche, si tu écris une musique savante qui s'adresse à un public plus large sans relever de ces circuits, tu te retrouves souvent entre deux mondes : ni soutenu par les institutions de la musique contemporaine, ni porté par les mécanismes économiques de la musique populaire.

D'où ma proposition, qui semble inaudible sur le forum :

vivre uniquement de son art en composant une musique savante accessible 
relève d'une rareté comparable au fait de devenir Premier ministre.
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  • dreamstar
OK mea culpa j'ai compris de travers !

Bon après je sais pas trop ce qu'on entend par "musique savante", parce que si je lis bien entre les lignes (c'est pas toujours le cas) j'y mettrais une bonne partie de la musique de film, qui elle rencontre un grand succès. Et je trouve que dès qu'on parle d'art "accessible" ça révèle surtout un mépris du public puisque ce terme est toujours utilisé par la bourgeoisie (en premier lieu les institutions culturelles) pour imposer des productions de basse qualité aux classes populaires, comme si elles n'étaient pas largement capables de développer leurs propres formes artistiques.

Quand à Beffa, pour moi c'est juste un tâcheron qui a patiemment acquis un savoir technique et comme ses créations n'intéressent pas grand monde il se raconte que c'est parce que ça serait trop "accessible" (alors que c'est juste chiant), mais vraiment je pense pas qu'il y ait une seule personne qui ait fait ce reproche.
Shreddator,

La "musique savante" est une catégorie employée par la SACEM et le Centre national de la musique pour distinguer la musique classique et contemporaine de la musique de variétés. Elle ne désigne pas un niveau de qualité ou d'intelligence. Quant à la musique de film, elle relève généralement d'une autre catégorie dans les statistiques professionnelles.

Sur le terme "accessible", je comprends qu'il puisse agacer, mais dans le cas de Beffa il ne sert pas à opposer un public "cultivé" à un public "populaire". Il le définit par des caractéristiques musicales assez précises : une musique consonante, pulsée et thématique. Il emploie également les termes néo-tonale et anti-tonale, ce dernier désignant chez lui les langages qui se construisent en opposition à la tonalité. Il s'agit donc d'une caractérisation esthétique, pas d'un jugement sur les capacités du public.

Enfin, sur le fait que personne ne lui aurait jamais reproché d'être "trop accessible", c'est précisément l'inverse qu'il raconte. Dans le livre, il écrit : "Les compositeurs qui y sont joués nous reprochent souvent d'écrire une musique trop accessible, trop commerciale. Pour un peu, elle relèverait pour eux du registre de la prostitution." On peut penser qu'il exagère ou contester son témoignage, mais ce n'est pas une reconstruction a posteriori : c'est bien ainsi qu'il décrit les critiques qu'il dit avoir reçues.

Pour les termes comme pulsée, je t'invite à consulter la section Controverses de la page Wikipédia de Karol Beffa.

Et, plus largement, cette tension n'a rien d'anecdotique. Dans le documentaire Maestro Ennio, Ennio Morricone passe un long moment à expliquer, presque à s'excuser, d'avoir choisi la voie de la mélodie, plutôt que de répondre aux exigences esthétiques de certains de ses maîtres du Conservatoire de Rome. C'est une tension assez récurrente chez les compositeurs qui ont eu le "malheur" de naître au XXe siècle.

Aussi, Morricone distingue la "musique absolue" et la "musique appliquée". Pour le maestro italien, la première désignait la musique de concert, qui correspond en somme à la "musique savante", tandis que la seconde qualifiait la musique soumise aux contraintes d'un autre art, comme le cinéma. Il souffrait du fait que le grand public ne le connaissait que pour ses films.
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  • dreamstar
  • Mr Caillou
je parlais de personnes qui existent vraiment et qui ont un nom, parce que je ne trouve aucune critique publique qui fait usage de ces termes. Dans son monde imaginaire Beffa est la victime d'une avant-garde qui contrôle tout (peut-être pour justifier son manque de succès) alors que c'est juste que personne ne le calcule et que les oppositions musique tonale/atonale n'intéressent plus grand monde et que la notion de dissonance est extrêmement variable dans l'histoire et la géographie.

Citation de Belford (voir le message) :
C'est une tension assez récurrente chez les compositeurs qui ont eu le "malheur" de naître au XXe siècle.


Il y a toujours eu des conservateurs, au XXème siècle ou avant, le malheur ce n'est pas de se construire en opposition avec la musique de son temps ou de dialoguer avec les œuvres du passé (et pour ça on vit vraiment à une époque géniale, avant l'invention de l'enregistrement les gens avaient principalement accès à la musique de leur époque). Le malheur c'est juste quand on est aigri et qu'on n'a rien d'intéressant à proposer, ce qui n'est pas le cas de Ennio Morricone qui lui, n'est pas prêt d'être oublié.
Regarde le film, il en souffrait. Son témoignage est fort. On sent chez lui une blessure sincère, celle d'un compositeur tiraillé toute sa vie entre le désir d'être reconnu par ses pairs de l'avant-garde et son amour de la mélodie populaire, un héritage qui lui venait d'ailleurs directement de sa mère.
Un excellent article qui dresse un constat plus qu'alarmant ! Cela fait déjà un bon moment que le monde de la création musicale : ubérisation, outils numériques, baisse des budgets de l'Etat, plateformes d'écoutes, nouvelles habitudes des auditeurs, modèle économique, ...
On l'avait dit il y a deux ans, la vitesse de développement des IA est inquiétante et c'est une vague, cela va très vite et les géants de la tech cherchent à nous imposer une nouvelle vision de la société très inquiétante.
Je trouve que Calagan a parfaitement résumé la situation: nous allons devoir faire des choix ! Et si je regarde ce qui se passe dans le domaine de la défense, c'est flippant! L'IA s'impose à coup de centaines de milliards sur l'idée que le pays qui passera à côté de cette techno, perdra la guerre de demain !
Mais là où le vent peut tourner, c'est avec le chômage, collectivement quand on va voir les régiments de chômeurs et nos sociétés impactées réagiront. L'être humain est au sommet de la chaîne alimentaire, son instinct de survie le poussera à réagir !
Ce qu'il faut comprendre c'est que l'IA en elle-même n'est pas l'ennemi de l'Homme, c'est un outil qui peut nous aider à progresser mais le problème c'est le modèle économique dominé par des humains qui se fichent totalement de savoir si la majorité de l'humanité pourra vivre dignement de son travail ! Ce qui compte pour eux c'est de s'en mettre toujours plus plein les poches. Mais leur créature pourrait bien se retourner contre eux ! Avec le réchauffement climatique qui s'accélère, jamais la menace d'une sixième extinction n'a été aussi proche. Je pense qu'il nous faudrait une IA développée par des gens indépendants et humanistes qui pourrait apporter une autre vision histoire de ne pas laisser le terrain aux GAFAM. Pour l'instant, l'opinion publique n'a pas encore bien compris l'ampleur de la menace.
A vous lire, je constate que le monde de la création musicale en est beaucoup plus conscient !
:clin:


Citation de Calagan (voir le message) :
En fait l'IA c'est un peu comme l'immortalité, mais à propos du savoir-faire.

Si par malchance un jour l'humain devenait immortel grâce à l'évolution technique, non seulement il perdrait tout goût à la vie et deviendrait peu à peu un zombie sans aucun enthousiasme ni tension vitale (en tout cas c'est mon avis, un peu trop complexe à développer ici), mais en plus les conséquences sociales, économiques et écologiques d'une telle transformation seraient tout simplement impossibles à assumer et deviendrait analogues à un cancer pour la société comme pour la planète. En devenant immortel, l'être humain se suiciderait en quelque sorte (en amenant avec lui la planète sur laquelle il vit, mais bon ça c'est pas vraiment nouveau)...

L'IA est la réalisation concrète de cette dystopie, mais au niveau du travail et du savoir faire.
D'une part, en assumant comme n'importe quelle machine des tâches que l'être humain peut réaliser lui-même, mais en les réalisant infiniment plus vite, elle conduit à une perte de savoir faire. Un chasseur cueilleur sait faire beaucoup de choses, beaucoup plus qu'un agriculteur, et infiniment plus qu'un parisien - qui bénéficie d'un système de spécialisation des tâches qui voit de multiples autres êtres humains assumer à sa place les tâches de recherche et préparation de nourriture, de construction de logements et d'outils techniques, de connaissance de la nature et de son environnement etc. etc.

Cette spécialisation technique n'est pas trop problématique si l'humanité préserve de cette "évolution" des aspects qui lui semblent importants : l'activité physique avec le sport (pour le bien être physique), le bricolage (la création d'outils techniques à la maison, la modification artisanale de son environnement), la lecture, la pratique artistique, l'apprentissage de nouvelles compétences, l'exercice de la pensée (dans la spiritualité, la politique, la métaphysique)... etc. etc.
Le problème avec l'IA, c'est qu'elle s'invite précisément dans les aspects intellectuels et créatifs de ces domaines préservés, pour les "remplacer". Un peu comme si une machine faisait du sport à notre place (ce qui n'aurait évidemment aucun sens), elle fait de la musique à notre place, rédige des rédactions à notre place, fait des synthèses de livre et donc lit à notre place, ou même de plus en plus souvent remplace un ami, un confident ou un psy (c'est particulièrement notable, et inquiétant, chez les jeunes). Ce faisant, elle détruit des "savoir-faire" qui sont pourtant essentiels à notre équilibre psychique et spirituel, un peu comme si dans le domaine corporel plus personne ne faisait de sport.
Si nous laissons l'IA envahir ces domaines sans réagir, nous deviendrons des impotents de l'esprit.

D'autre part, comme si ça n'était pas suffisamment grave, l'IA bouleverse complètement l'économie et la société - et pas uniquement le monde de la musique évidemment. Ces problèmes rencontrés par les musiciens et leurs partenaires ingé-sons, ils se répètent partout chez les avocats, les expert-comptables, les ingénieurs, les médecins, les scientifiques... J'écoutais récemment une émission radio consacrée aux changements apportés par l'IA dans la recherche unviersitaire en mathématiques : les progrés sont évidemment rendus plus rapides, mais cela bouleverse profondément l'éducation des étudiants en mathématiques et l'évaluation de leur travail (par exemple l'évaluation de leur travail de doctorat), mais aussi leur recrutement futur et même la pertinence de consacrer tellement de temps à la maîtrise d'un tel domaine si complexe quand des machines peuvent travailler à la place des humains, avec des problèmes ethiques, économiques et finalement métaphysiques qui sont réellement vertigineux et très inquiétants.
Comment on fait si la moitié, ou les 2/3 de l'humanité, se retrouve au chômage, considérée comme inutile dans le procès de production actuel ? La seule utilité de l'être humain étant finalement de porter des caisses ou d'aider des machines à produire d'autres machines...

Enfin, les conséquences écologiques de l'IA ne sont plus à démontrer. Les investissements délirants dans l'IA assèchent des milliers d'autres domaines qui devraient être mieux financés. Les matières premières, les disques durs et la RAM ont vu leur prix augmenter, et par conséquent affecter l'inflation du coût de la vie. Alors qu'on étouffe sous la chaleur parce que notre mode de vie créé des problèmes qu'on essaie même pas de surmonter, on accélère dans le mauvais sens pour avoir des machines qui joueraient de la musique à notre place et liraient des livres à notre place.

Donc les vraies questions pour moi sont celles du politique et de l'économique : pourquoi nous impose-t-on cette technologie ? Pourquoi de tels investissements y sont-ils consacrés ? Et pourquoi acceptons-nous cette situation, quand les bénéfices immédiats pour nous (en tant qu'individus) semblent si triviaux (nous aider à composer ? nous aider à rédiger une rédaction sur Victor Hugo ? Franchement ?) et que les conséquences semblent si inquiétantes...

Old School et Electronica

Deux filles Arc en Ciel

Citation :
MAJ 2025, basé sur des calculs à partir des chiffres issus de l'étude annuelle menée par le Centre National de la Musique (CNM) portant sur la diversité et la mixité dans le secteur La place des femmes dans la filière musicale - Édition 2025 (CNM), page 7 :
1,67% (+12,1% par rapport aux chiffres de 1,49% de 2019)

Ce chiffre est faux car beaucoup trop généraliste !

Ma bible est "Musiciennes, Enquête sur les femmes et la musique" Editions Autrement.
Extraits : 16% des femmes se font une place parmi les musiciens professionnels, 8% dans le jazz, 40% chez les violonistes et 65% chez les chanteurs.

Ma chaîne electro YouTube

<<<<<<<< Hú Li >>>>>>>>

Est-ce si dangereux que cela l ' IA dans la musique ? je fais mon beotien , mais personne ne pleurait quand Notator est sorti sur le marché , quand le direct-to-disc est devenu bon marché , quand les VST , il y a plus de trente ans, permettaient d'avoir du Minimoog pour trois DVD ...Le problème , n ' ai pas et ne sera pas la technologie , mais comment l'utiliser.
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  • saturix
Ce qui est inquiétant, c'est la perte du rapport physique à la musique, le côté sensuel, il y a une différence immense d'expérience entre sentir sa colonne d'air, la mettre en œuvre, puis les lèvres sur le bois ou le métal ou le plastique, les doigts qui se coordonnent sur l'instrument et le son qui jailli, s'organise, le rythme qu'on crée, la musique etc ... et , donc la différence avec la machine qu'on allume, les boutons sur lesquels on appuis pour les programmer, de fait des motifs presque toujours répétitifs, un peu comme des bruits d'usine, mécaniques, des boutons sur lesquels on appuies pour créer des probabilités de notes etc etc, finalement des gens incapables de faire de la musique vivante sur un instrument "simple", mais plutôt des gens qui s'amusent, un peu comme des petits chimistes ...
Après quand le musicien s'empare de l'outil évidemment c'est une autre histoire mais il me semble que c'est mieux de commencer par de la pratique musicale empirique. D'autre part le matin, je me lève, je me fais un café et je vais sur mon piano, c'est simple, j'ai pas tellement envie de convoquer une IA reliée à des complexes énergétiques et autres pour jouer à ma place en me donnant l'illusion que je la pilote et fait de la musique par son entremise, je trouve çà profondément malsain, surtout par temps de canicule.